687 avant J-C Jérusalem. Nabuchondonosor vient de prendre la ville. Des milliers de familles sont déportées en Babylonie. Un événement inattendu va se produire, un événement majeur dans l’histoire des juifs et de l’humanité toute entière : Les multiples tribus dispersées jusqu’alors dans le pays de Canaan sont regroupées dans les mêmes villes, dans les mêmes quartiers de l’Empire et vont maintenant constituer un peuple.

Les Juifs se regroupent derrière la famille royale et les grands prêtres, conscients d’être les derniers représentants d’une nation en voie d’extinction. Pourtant, ils ne veulent pas assister impuissants à l’annihilation de leur culture. Il leur faut une identité nationale, une histoire commune, couchée sur le parchemin : les grands prêtres vont s’atteler à cette tâche. Une mythologie du peuple hébreux, largement inspirée des cultes sumériens, va ainsi voir le jour. Ce sera l’ancien testament.

Les jours dangereux du culte babylonien vont ainsi devenir le sabbat, le déluge de l’épopée sumérienne de Gilgamesh, le déluge biblique.

Noé et Out-napishtim

Voici par exemple le mythe sumérien du déluge qui ressemble à s’y méprendre aux aventures de Noé : Out-napishtim déclare à Gilgamesh :

« les dieux ont décidé d’inonder l’humanité. Démolis ta maison, construis un bateau. Laisse les possessions, ne recherche que les choses vivantes. Prends à bord les semences de toutes les choses vivantes, dans le bateau. Alors, il mit à bord toute sa famille, du bétail de la plaine, des bêtes sauvages de la plaine, toutes sortes d’artisans… Durant six jours et sept nuits, le vent souffla, tempête et inondation submergèrent le pays ; quand vint le septième jour, la tempête, l’inondation et la tuerie, qui avaient lutté comme une femme en travail, s’évanouirent. La mer se calma, le vent Imhoullou s’apaisa, l’inondation s’arrêta. Il regarda le temps dehors ; le silence régnait. Car toute l’humanité était redevenue argile. La plaine d’inondation était plate comme un toit. Il ouvrit un hublot et la lumière tomba sur ses joues. Il pleura.Il laissa sortir une colombe, puis une hirondelle , et toutes deux revinrent. Il envoie alors un corbeau qui, lui, ne revit pas. C’est signe que les eaux s’étaient enfin retirées… »

Ainsi, pendant l’exil babylonien, la peur de disparaître a conduit les grands prêtres hébreux à se doter d’une identité nationale, d’une histoire, l’ancien testament.

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Joindre la conversation 1 commentaire

  1. […] JC. Les Juifs furent déportés (ils en profitèrent pour écrire la Torah) puis, libérés par Cyrus le Perse en 536 avant JC,  revinrent en […]

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