Linz, 1908. Le jeune Adolf, veut être architecte. Mais voilà, son talent n’est pas évident. Il parvient tout juste à vendre quelques dessins et son train de vie se réduit. Bientôt, il couche sous un pont, au milieu des poux et de la vermine. Il n’était pas grand chose, il n’est plus rien. 1914, la guerre lui donne un uniforme, un logis et le couvert même si, sur le font de la Somme, le quotidien se résume souvent aux haricots. L’armistice, un coup de poignard dans le dos, sonne la fin de l’interlude. Il n’était qu’à quelques encablures de Paris et voilà que ces incapables de généraux rendent les armes. Une trahison. Il est caporal, distinction remise par un officier juif, mais, avec la paix revenu, en fait pas grand chose, un soldat désoeuvré qui erre dans les rues de Munich, assistant impuissant aux affrontements des rouges et des SA. Il accepte d’être informateur des autorités locales. Il va entrer en politique, comme le renard entre dans le poulailler et devenir, en un peu plus de dix ans, le maître d’une grande partie de l’Europe. Mais au fait, qui a permis cette ascension ?

Son père, Aloïs ?

Novembre 1899, Branau-am-Inn, au coeur de l’Empire austro-hongrois. Aloïs Hitler, tout jeune retraité des douanes, est fier de présenter à ses anciens collègues douaniers, son fils Adolf.
– Vois-tu, mon fil, auprès de cette fenêtre qui donne sur la cour, était mon bureau, un bureau modeste certes, mais dont je suis fier… Un jour, peut-être, il sera tien. A condition que tu travailles à l’école !
Le Jeune Adolf ne répondit pas. Il se contenta d’observer autour de lui les douaniers affairés dans cette pièce lugubre à tamponner, et tamponner encore, des formulaires…
– Tu m’écoutes mon fils ?
Une fois de plus, Adolf resta muet. Il s’imaginait, dans cette pièce, dans quelques années, embrigadé comme un lion dans sa cage. Il ne répondit pas mais le pensa très fort : « Il me venait des nausées en pensant que je serai un jour enfermé dans un bureau que je ne serai pas libre, mais contraint de remplir ainsi des imprimés toute ma vie. »  MEIN KAMPF.

Le maire de Vienne, Karl LUEGER ?

Vienne, 1912. Le jeune Adolf, étudiant en art, vagabonde dans les rues de Vienne, comme une âme en peine. Sur la grand-place, un homme harangue la foule. Intrigué, il s’approche d’un groupe d’agités qui tiennent à la main un tract. De plus en plus curieux, il s’adresse au premier badaud :
– Qui est cet homme ?
– C’est le docteur LUEGER, le maire de la ville.
Il s’approche alors de l’homme que l’on dit si dynamique, un personnage de stature moyenne, élégant lui fait face et vocifère :
– Tout ça c’est la faute des Juifs, ces rats qui nous volent notre pain et leurs alliés français et anglais. Guerre ! Je la demande avec vous aujourd’hui, guerre !
Et la foule de reprendre en coeur :
– Guerre, guerre!
Plus tard, dans Mein Kampf, Hiltler écrira  «Je fis la connaissance de l’homme et du parti qui décidèrent du sort de Vienne : le Dr Karl Lueger et le parti chrétien-social. Je leur étais très hostile à mon arrivée à Vienne. L’homme et le parti étaient à mes yeux réactionnaires. Mais un sentiment de justice élémentaire devait modifier ce jugement, lorsque je connus mieux l’homme et son oeuvre, j’eus pour lui une admiration déclarée. Ce fut le plus éminent bourgmestre allemand de tous les temps. Combien de mes préjugés furent balayés par un tel revirement d’opinion vis-à-vis du mouvement chrétien-social ? »

Un officier politique ?

1918, Münich. Le jeune caporal Hitler vient d’être démobilisé. Ces derniers mois de guerre, il les a passés dans un lit d’hôpital, pour soigner ces yeux brûlés par les gaz, quelque part en Belgique. C’est là, qu’il a appris la nouvelle terrible de la capitulation des armées allemandes. Ce fut comme un coup de poignard dans le dos : Il souhaitait, comme beaucoup, continuer à se battre, persuader que la victoire était à portée de fusil. C’était une évidence, les vrais Allemands avaient été trahis par l’arrière, par un complot à la solde des Juifs, que l’on ne voyait jamais sur le front et qui défendait ainsi leurs intérêts.
Il divague dans les rue de Münich en proie à des troubles incessants, partie visible de le lutte que se livre les bolchéviques et les corps francs, les SA.  Il se rend à la caserne où il rencontre un officier chargé de proposer un semblant d’avenir à tous ces malheureux démobilisés parfois estropiés : C’est ainsi qu’on lui propose un poste d’agent de renseignement. Son objectif  : infiltrer les groupuscules révolutionnaires qui pullulent, en particulier ceux qui se réclament des Rouges, à commencer par le parti des travailleurs allemands, le NSDAP. Hitler accepte, il n’a rien de mieux à faire.Il sera en charge de surveiller ce NSDAP, un parti nationaliste, anticapitaliste et antisémite qui tient une assemblée régulière dans une brasserie, le Braükeller. Il accepte et, sans le savoir, engage ainsi sa carrière politique. Il fera bien plus qu’infiltrer le NSDAP, il en deviendra le membre le plus influent après avoir écarté Anton Drexler, son fondateur. Ses talents d’orateur seront alors révélés, à lui même d’abord, puis aux masses.

Dietrich Eckart ?

Août 1919, brasserie de Braükeller. Le jeune Hitler assiste à un discours d’Eckart. Il est subjugué par ce petit homme qui développe ainsi des théories si proches des sienne : la théorie du coup de poignard dans le dos, le complot juif, la génie supérieur du peuple allemand, du vrai Allemand… Quelques années plus tard, Hitler écrira dans Mein Kampf : « Et je veux ranger parmi eux comme un des meilleurs, l’homme qui a consacré sa vie à réveiller son peuple, notre peuple, par la poésie et par la pensée, et finalement par l’action : Dietrich Eckart « .

Ernts Hanfstaengl ?

1921,  brasserie de Braükeller, 1921.  Hitler vient d’entamer une plaidoirie violente contre le Diktat, le traité de Versailles, imposant à l’Allemagne humiliée des réparations aux dommages de guerre exorbitantes, insupportables économiquement. Dans la salle, un homme écoute attentivement. Au coeur de cette brasserie ouvrière, il n’est pas dans son monde fait de paillettes et de strass. Mais il écoute, attentivement, ce petit homme chétif qui semble hypnotiser la foule surexcitée. Erns Hanfstaengl, éditeur de beaux livres, revient tout juste de New York et s’est installé à dans une maison bourgeoise de Munich. Il se joint maintenant aux applaudissements nourris qui viennent ponctuer la fin de ce discours fascinant. Qui est cet homme ?  Il doit le savoir. La salle ce vide petit à petit, et  bientôt, il ne reste plus qu’Hitler et lui. Il doit lui parler  :
– Herr Hitler, je peux faire de vous un homme populaire.
Mais Hitler n’écoute pas Il est comme en transe, prenant des postures étranges, les poings serrés sur sa poitrine.
– Herr Hitler ?
Ernst a entendu Hitler évoquer Wagner, une musique d’une force exceptionnelle, qui exprime la pureté et la force du peuple allemand. Alors, il se met au piano et joue un mouvement du compositeur. Il parvient ainsi à capter l’attention de son interlocuteur muet. Il reprend alors :
– Je peux faire de vous un homme respecté.
Hanfstaengl introduira Hitler dans les milieux bourgeois lui assurant ainsi un financement précieux.

Le Duce ?

Rome, 28 octobre 1922. Mussolini et ses faisceaux marchent sur Rome. Il souhaite prendre le pouvoir par la force. Il y parviendra. Hitler est un admirateur du Duce. Sa tentative de putsch avorté (dit de la brasserie), le 8 novembre 1923, qui prend la forme d’une marche sur Berlin a probablement été inspirée par le Duce.

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Du même auteur

Le roman inspiré de MEIN KAMPF racontant l’irrésistible ascension d’HITLER. Le crépuscule des idéaux, la référence sur l’origine du nazisme, vous plonge dans l’Allemagne d’après guerre, tiraillée par les maux du siècle : le péril rouge et la peste brune… A commander ici sur Amazon

 

 


 

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Joindre la conversation 8 commentaires

  1. Salut, je viens de lire ce que vous avez écrit concernant Hitler. J’ai l’impression que le sujet vous intéresse mais je le trouve incomplet et « truffé » de petite érreurs. Exemple: La SA n’existé pas en 1918,1919, vous confondez certainement avec les Corps francs. Le NSDAP n’existé pas non plus à cette époque, le DAP fut transformé en NSDAP une fois Drexler ecarté. Je trouve que vos sources sont pas des référence en tout cas pour ce qui est du film « Hitler, la naissance du mal » qui n’est qu’une parodie de la vie du Fuhrer. Pour ce qui est de l’autre source Mein Kampf, Hitler a volontairement déformé son autobiographie c’est de notoriété publique. Je tiens a ajouter que Dietrich Eckart a dit avant de mourir: « Suivez Hitler. Il dansera, mais c’est moi qui ai écrit la musique. Nous lui avons donné les moyens de communiquer avec Eux. Ne me regrettez pas : j’aurai influencé l’histoire plus qu’un autre Allemand ».[

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    • en effet. Il s’agissait d’un article de jeunesse. Je vous invite à lire mon livre : le crépuscule des idéaux. je serai heureux de vous l’offrir si vous me donnez votre adresse.

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  2. Salut, je viens de lire ce que vous avez écrit concernant Hitler. J’ai l’impression que le sujet vous intéresse mais je le trouve incomplet et « truffé » de petite érreurs. Exemple: La SA n’existé pas en 1918,1919, vous confondez certainement avec les Corps francs. Le NSDAP n’existé pas non plus à cette époque, le DAP fut transformé en NSDAP une fois Drexler ecarté. Je trouve que vos sources sont pas des référence en tout cas pour ce qui est du film « Hitler, la naissance du mal » qui n’est qu’une parodie de la vie du Fuhrer. Pour ce qui est de l’autre source Mein Kampf, Hitler a volontairement déformé son autobiographie c’est de notoriété publique. Je tiens a ajouter que Dietrich Eckart a dit avant de mourir: « Suivez Hitler. Il dansera, mais c’est moi qui ai écrit la musique. Nous lui avons donné les moyens de communiquer avec Eux. Ne me regrettez pas : j’aurai influencé l’histoire plus qu’un autre Allemand ».[

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    • en effet. Il s’agissait d’un article de jeunesse. Je vous invite à lire mon livre : le crépuscule des idéaux. je serai heureux de vous l’offrir si vous me donnez votre adresse.

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Adolf Hitler, Histoire des mathématiques, Histoire du Nazisme, Nazisme

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