Paris, 2010 années après le Christ. Stéphane GUILLON, saltimbanque des temps modernes, terreur de l’homme politique, caricaturiste passé maître dans l’art du portrait au vitriole est penché sur le micro Europe 1.

Paris, 2010 années après le Christ. Stéphane GUILLON, saltimbanque des temps modernes, terreur de l’homme politique, caricaturiste passé maître dans l’art du portrait au vitriole est penché sur le micro Europe 1. Les dernières accords du dernier Pep’s viennent (enfin) de se taire et il écoute religieusement à la question du journaliste, un bienheureux qui reçoit dans son studio « The spécialiste du rire », celui qui ne s’interdit aucun tabou. 4, 3, 2, 1, c’est à nous :

– Stéphane, pouvez dire à nos auditeurs si il est possible de rire de tout ? Après une brève hésitation,, Stéphane, un ancien de Camus, se penche encore un peu plus sur le micro Europe 1. Il se gratte nerveusement les poils du menton avec toutefois la nette intention de répondre le plus clairement possible à une si pertinente question.

– « Et bien non, je n’ose pas rire de tout. Pas de religion, surtout si elle n’est pas la mienne… »

Stupeur dans le studio ! Voici donc le grand retour de l’obscurantisme où on ne l’attendait pas, la peur des représailles qui lie les langues, le renoncement à toute aventure engagée sur les sentiers trop escarpés du langage libre lorsqu’il porte sur des thèmes religieux. Une autocensure dictée par notre inconscient qui nous envoie en boucles les images floues des caméras de surveillance, quatre jeunes ordinaires, propres sur eux, serrant contre leur poitrine un précieux colis chargé de clous, l’index sur la détente, avançant sur le quai, nonchalants, chargés de leur mission divine qui leur commande d’emmener dans leur folie meurtrière une mère de famille, un étudiant, un SDF et quelques autres… Le mieux n’est-il en effet pas de se taire, de rebrousser chemin vers des terres moins hostiles où les lieux communs sur le thème de la liberté de pensée ont leur pleine légitimité ? Même si la liberté, on vient de s’en priver…

André MALRAUX avait dit en son temps que le XXIème siècle sera religieux ou ne sera pas. Le XXIèmesiécle est. Rions pour qu’il ne soit pas religieux.

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Joindre la conversation 2 commentaires

  1. Rire de tout ? On ne peut certainement pas rire de l’infirmité ou du handicap de quelqu’un. Élevé dans le catholicisme, éduqué dans l’École « libre » jusqu’à l’âge de 15 ans, tout ce fatras de règlements,dogmes, rites, costumes qui singent les lois et réglements de la société organisée me semblent d’un ridicule insurpassable. Michel Onfray, dans la préface du Traité d’Athéologie, nous montre les origines des religions du Livre – Judaïsme, Christianisme et Islam – dans un texte d’une rare beauté. Que je ne résiste pas à reproduire ici pour vos lecteurs qui ne le connaîtraient pas. La mémoire du désert. Après quelques heures de piste dans le désert mauritanien, la vision d’un vieux pasteur avec deux dromadaires, sa jeune femme et sa belle-mère, sa fille et ses garçons sur des ânes, l’ensemble chargé de tout ce qui constitue l’essentiel de la survie, donc de la vie, me donne l’impression de rencontrer un contemporain de Mahomet. Ciel blanc et brûlant, arbres calcinés et rares, buissons d’épines roulés par les vents de sable sur des étendues infinies de sable orange, le spectacle m’installe dans l’ambiance géographique – donc mentale – du Coran, aux époques intempestives des caravanes de chameaux, des camps nomades, des tribus du désert et de leurs affrontements. Je songe aux terres d’Israël et de Judée-Samarie, à Jérusalem et Bethléem, à Nazareth et au lac de Tibériade, autant de lieux où le soleil brûle les têtes, assèche les corps, assoiffe les âmes, et génère des désirs d’oasis, des envies de paradis où l’eau coule, fraîche, limpide, abondante, où l’air est doux, parfumé, caressant, où la nourriture et les boissons abondent. Les arrière-mondes me paraissent soudain des contre-mondes inventés par des hommes fatigués, épuisés, desséchés par leurs trajets réitérés dans les dunes ou sur les pistes caillouteuses chauffées à blanc. Le monothéisme sort du sable.

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