Alexandrie, 310 années après le Christ. Arius, petit homme, s’avance pénitent dans l’église, puis s’agenouille simplement devant l’autel. Il est chétif, mais savant. C’est un ascète chrétien, diacre libyen, homme vertueux parmi les vertueux.  Il va bientôt être ordonné prêtre… Il connaît les textes, les textes sacrés j’entends, et a toujours suivi, avec toute la foi qui le caractérise, l’enseignement des Écritures. Mais, aujourd’hui, notre petit homme est tourmenté. Depuis la veille, une question le tourmente, tourne dans sa tête de Saint-Homme comme un lion en cage, une souffrance extrême, feu douloureux attisé par l’incohérence du Texte qu’il vient de mettre à jour.

Arius le sait depuis toujours. Il n’y a qu’un seul Dieu, notre Créateur, l’Eternel qui est tout et dans toute chose. Il a créé le monde, les animaux et les hommes, les femmes et,… Jésus, son fils. Jésus a donc été engendré par le Père et, en conséquence, est d’une substance inférieure. Cette substance ne peut être de nature divine, car il ne peut y avoir qu’un seul Dieu, le Père.

323 années après le Christ.
Arius, le petit prêtre d’Alexandrie, a mûri. Après des années de tourments, il a décidé d’énoncer sa vision des choses au monde chrétien, sa doctrine révolutionnaire qu’il sait en parfait désaccord avec les postulats du Saint-Siège  : Comment Dieu peut-il être un et trois à la fois ? Le Père, le Fils auquel il vient d’ajouter le Saint-Esprit. Le verbe, c’est à dire le Christ, est selon lui une créature, une créature suprême, mais une créature quand même. Son Père, le créateur, seul inengendré, et le Fils ne sont pas de la même substance. Seul le Père est de substance divine. Il vient, malgré lui, de provoquer le premier schisme de l’église chrétienne que l’histoire retiendra sous le nom d’arianisme. Une partie de la chrétienté prend parti pour lui, mais d’autres lui demandent de reconnaître à la nature divine du Christ, la seule possible.

Nicée, 325 années après le Christ
Constantin vient, en avalant les rites païens, de faire du christianisme la religion officielle de l’Empire, subterfuge garant de son unité. Il ne tolérera pas de division. Il convoque alors chacun des évêques d’Orient et d’Occident à Nicée (Asie Mineure). Les débats, on le comprendra, sont houleux et durent plusieurs jours. Finalement les thèses d’Arius sont condamnées et le malheureux exilé. On proclame que le Fils est consubstantiel au Père. Jésus est le Verbe qui s’est fait chair. Dieu a choisi de prendre forme humaine pour sauver les hommes du péché originel commis par Adam et Eve.
Le Christ est à la fois homme et Dieu. Il n’y a plus de problème, 1 et 1 font bien 1. La Sainte Trinité : le Père, le Fils et le Saint-Esprit vient d’être votée.
Arius meurt en 336 en exil, impénitent.

 

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Joindre la conversation 2 commentaires

  1. Dans l’Église, quand on ne comprend pas quelque chose, que cela semble impossible, ou contradictoire, on dit que c’est un « mystère ». Et que c’est la « foi », qui est une grâce, qui permet au croyant d’accepter les « mystères ». … Il a eu beaucoup de chance, votre ami Arius. D’autres ont eu droit au bûcher pour moins que ça ! … Rubbish!

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    • Effectivement, invoquer le mystèe ou le caractère impénétrable des voies du Seigneur est un moyen pratique de s’en sortir lorsque l’on se touve devant une inconfortable contradiction.

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