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Certes, Hitler fit de grandioses funérailles nationales à l’auteur d’Humain, trop humain. Et alors ? Est-on responsable de l’exploitation posthume de notre image ? Non, bien entendu…

Mais la question demeure. Et l’individu a, semble-t-il, pris (consciemment ou non) un malin plaisir à fausser les pistes. Cherchons donc à extraire, parmi les milliers de pages, les bonnes feuilles susceptibles de nous éclairer (même si chacun sait que le texte sans son contexte n’est rien) :

Après avoir idolâtré Wagner, notre philosophe moustachu fustige (dans Nietzsche contre Wagner) son antisémitisme. Il reproche ensuite à sa sœur d’avoir épousé un antisémite. Il condamne l’impertinence de la presse allemande qui propose « de mener les Juifs à l’abattoir comme les boucs émissaires de tous les maux possibles (Humain, trop humain). ». Nous voilà donc renseignés : il n’aimait guère les antisémites. Il faisait même du peuple juif (dans Humain, trop humain) « le peuple le plus remarquable de l’histoire universelle, auquel on doit l’homme le plus noble (Le Christ), le plus sage (Spinoza) et la loi morale la plus pertinente. Bon. Preuve est donc faite. La prêtraille : non ! Mais le judaïsme : oui ! Même si la pitié, sentiment hérité du Judaïsme (via le Christianisme), était un sentiment qu’il exécrait par dessus-tout. (car c’est l’arme qu’utilise les esclaves pour déstabiliser les aristocrates (les meilleurs au sens étymologique du terme) en leur administrant le puissant poison de la culpabilité : c’est également la raison pour laquelle il détestait la démocratie.

Continuons tout de même à lire quelques pages du penseur et voyons pourquoi notre ami se disait si malin dans le livre du même nom : « Périssent les faibles et les ratés et qu’on les aide encore à disparaître ». Ah ? Qui sont ces ratés ? Beaucoup ont écrit sur ce sujet et je vous laisse seuls juges (lire le cas Socrate dans le crépuscule des idoles). On peut imaginer qu’il désignait les ratés de l’existence, ceux qui ne cultivaient pas le grand style… Admettons. Un autre texte qui a fait couler beaucoup d’encre, également sorti du Crépuscule, « créer une nouvelle responsabilité, celle du médecin, pour tous les cas où le plus haut intérêt de la vie dégénérescence, par exemple, en ce qui concerne le droit de naître, le droit de vivre ». Est-ce une métaphore ? Faut-il le prendre au pied de la lettre ? Cela rejoindrait-il la définition d’un eugénisme (méthodes et pratiques visant à transformer le patrimoine génétique de l’espèce humaine dans le but de le faire tendre vers un idéal déterminé) actif ? Mystère. Mais on comprend en quoi Hitler a pu être séduit par ses thèses. Pourtant, notre bonhomme n’aimait pas les Allemands : « une race déraisonnable ». Il était même franchement pro-européen. Pas facile, n’est-ce pas ? résumons : haine de la pitié, de la démocratie, des idéaux en général, des antisémites, des nationalistes, mais volonté d’une surhumanité, en faisant pourquoi pas appel à l’eugénisme actif,… Qu’en conclure ?

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Joindre la conversation 3 commentaires

  1. La pitié, arme des esclaves pour destabiliser les aristocrates ?!? Nietzsche reproche à la religion chrétienne d’être une religion d’esclaves, au sens où elle est construite de façon à rendre aux esclaves et aux pauvres la vie plus supportable, à les réconforter dans leur status. En gros, il reproche à la religion chrétienne de dire aux « faibles » de rester faibles parce que de toute façon, après la mort, les premiers seront les derniers. Il lui reproche de découler du mépris de la vie des faibles, et de la volonté d’une « élite » de conforter les faibles dans leur faiblesse, notamment parce que c’est bien pratique. Et s’il se pose en grand ennemi du christianisme, c’est parce qu’il estime que le christianisme est ce qui éloigne le plus l’homme du surhumain. Le surhumain, en passant, c’est pas une sorte de super-aryen ou autre : c’est un homme qui vit, qui créé. Quelqu’un qui apprécie la vie sans limite, qui créé des valeurs, qui est grand dans son bonheur comme dans son malheur.

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  2. Blog(fermaton.over-blog.com),No-25. -THÉORÈME NIETZSCHE. – Pourquoi ne rêves-tu pas lion bêlant ?

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  3. C’est compliqué….

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Les Allemands, Nazisme, Nietzsche

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