« L’intérêt joue toutes sortes de rôles, même celui du désintéressé » Helvétius

« L’intérêt joue toutes sortes de rôles, même celui du désintéressé » Helvétius.

Les restos du coeur vus par Hevetius et La Rochefoucauld

Claude Adrien HELVETIUS, fermier général (ou percepteur si vous préférez) et moi même, François, Duc de LA ROCHEFOUCAULD, aimerions appeler toute votre belle attention sur cette aimable assemblée, que nous appelons, bien modestement ma foi, les RESTOS DU COEUR. Car voilà une bien belle assemblée. Guirlandes et paillettes noient notre petit écran et tout ça sous un torrent de décibels. Un incroyable plateaux de milliardaires chantant la misère, une belle brochette d’égos qui s’agitent autour des chansons populaires, notre beau répertoire de la chanson française. Dieu que c’est beau, aurait sans doute cautionné Daniel B.. Vive donc les RESTOS DU COEUR et son père fondateur, Michel C. ...

Et tant pis si la charité permet de faire durer l’injustice. Voilà une prise en charge bien ordonnée des tâches qui devraient revenir à l’Etat ! Il est vrai que je suis Duc et donc que je suis mal placé pour faire de tels ironiques commentaires . Mais, comme je l’ai dit par le passé, « nous aurions honte de nos plus belles cations si le monde savait tous les motifs qui les produisent ». Car enfin, quel motif motive une humoriste également gros propriétaire du nouveau monde ? Quel élan de générosité pousse une chanteuse en mal de notoriété à se secouer ainsi devant un parterre d’invités ? Je vous l’ai déjà dit, mais certains n’écoutent pas :

«  L’intérêt parle toutes sortes de langues et joue toutes sortes de personnages, même celui du désintéressé. » Helvétius.

Ainsi donc, le mot est lâché : « l’intérêt». Voici une sortie pas très politiquement correct… Je sais donc l’occasion, au point où j’en suis, pour pousser le bouchon un peu plus loin ; « Les vertus se perdent dans l’intérêt comme les fleuves dans la mer. » Qu’en penses-tu cher HELVETIUS ?

Eh bien, en tant que percepteur des impôts, je suis également loin d’être idéalement placé pour juger ces élans de charités, top élancés d’ailleurs pour être sincères. Mais, dans l’ensemble je te rejoins. N’est-ce pas, pour ces-gâtés-par-la-vie, une bien belle occasion de soulager une conscience bien mise à mal ? Sans doute. Mais, ont-ils le choix ? Ont-ils décidé ? Sont-ils, cher Duc, responsable de la nature humaine ? Peut-on ainsi les charger des travers de la génétique ? Certes non. « L’homme (ou la femme) n’est jamais désintéressé dans ses actes… ». C’est ni bien, ni mal, c’est comme ça… Tout est le résultat d’une arithmétique complexe, souvent inconsciente. Certains font la charité, car ils aiment se voir généreux.

D’autres cherchent à calmer la douleur qu’ils ressentent en constatant les spectacles de la misère.. Alors, ils donnent et calment, par la même occasion, le mal qui les ronge. Certains, ont un intérêt plus direct, nous dirons vénales. J’irais même plus loin : dans l’amour, même, je ne vois que de l’intérêt : l’amour, le mariage, sont autant de promesses de jouissances, de plaisirs à venir. Et puis, qui n’est pas flatté, une belle femme ou un bellâtre, à son bras ? Pour l’amitié, c’est du pareil au même. Pourquoi les riches, les beaux, les talentueux, ont-ils toujours plus d’amis que les pauvres, moches et benêts ? « Il faut se dire beaucoup d’amis, mais s’en croire peu ». Ce qui résume le mieux notre propos, cher Duc, est un aphorisme de mon ouvrage posthume, « De l’esprit » car, comme toi, je suis mort, mais tellement actuel « Pour aimer les hommes, il faut en attendre peu.

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