marx

Marx

Le capitalisme contient en lui les germes de sa propre disparition. Moody’s donnerait-elle raison à Marx ? En effet, en abaissant, chaque semaine un peu plus, les notes des pays de la zone euros, Moody’s (et ses consœurs) oblige les Etats à emprunter à des taux de plus en plus élevés, générant une augmentation de la dette, qui provoque à son tour une baisse de la note… Jusqu’où ? Selon Marx, jusqu’au communisme… Car, après tout, le capitalisme n’est qu’une transition dans la longue histoire des échanges qui aboutira, c’est une certitude, au communisme. Démonstration ? 

société sans-classe

Les premiers hommes, archétypes de la société sans-classe, ont inventé le troc et puis la monnaie (certainement quelques coquillages rares (donc chers)) qui ont grandement facilité les échanges. Et oui : on s’est vite rendu compte que d’avoir en permanence une peau de mammouth sur soi n’était pas chose aisée… Lorsque ces premiers hommes ont substitué à la cueillette et à la chasse, toujours aléatoires, l’agriculture, plus fiable, ils ont inventé, dans le même temps, la propriété privée.

Société féodale

Rousseau attribuait au premier planteur de clôture la naissance de ce ce grand malheur que l’on appelle aujourd’hui le capitalisme. Avec cette propriété privée (dans un premier temps des moyens de production) sont apparues les fameuses classes : la classe de ceux qui possèdent ces moyens et la classe de ceux qui les font fonctionner.

On arrive alors à une société féodale avec :

  • dans le rôle des premiers de la classe, les aristocrates qui se refilent de générations en générations, les moyens de production ;

  • dans le rôle des dindons de la farce, les serfs qui n’ont pour eux que leurs bras.

Notons au passage que le travail est alors réservé uniquement aux basses couches de la société (comme c’était également le cas dans l’ancienne Grèce où le travail était considéré comme ignoble (pas noble)).

Société de classe

La révolution, heureusement, a redistribué les cartes. Les fainéants d’aristocrates sont raccourcis et les moyens de production (notamment ceux de l’église alors immensément riche) vendus. A qui ? A ceux qui pouvaient les acheter, c’est à dire les bourgeois aisés. Ne croyons-pas, comme c’est souvent le cas, que le partage fut équitable ! La révolution fut celle des petits chefs (les bourgeois aisés) qui visaient la place des grands chefs (les nobles). Et ils ont réussi leur coup : les serfs ont changés de maîtres (et de nom : ils sont devenus des prolétaires) mais sont restés esclaves. Ce fut la grande époque du capitalisme avec la révolution industrielle du XIXème siècle. Avec 1789, on venait d’inventer le renard libre dans le poulailler libre.

Naissance des droits sociaux

Quelques années plus tard (1848 puis 1871), d’autres révolutionnaires se sont rendus compte que la déclaration des droits de l’homme méritait d’être complétée par une déclaration des droits sociaux ou des droits des travailleurs. La grande aventure du socialisme et du communisme pouvait commencer. Car Marx entrait dans la danse. Il expliqua, d’abord, comment le capitalisme courait à sa perte. Il suffisait d’attendre. Car, pour survivre, l’entrepreneur sait une chose : si demain, son métier à tisser n’est pas plus performant que celui de son voisin il est mort ! Le progrès au nom de la liberté ou du bonheur, c’était fini ! On entrait dans ce que Max Weber appela le monde de la technique. C’est à dire un monde dans lequel le progrès fut mis au service de lui même (et celui de l’engraissement des entrepreneurs), sans fin ni objectif clairement identifiés. On courait de plus en plus vite, mais on ne savait plus vers quoi, ni pourquoi (Luc FERRY). Notre époque actuelle est, à cet égard, caractéristique : qui peut imaginer que le prochain Iphone (le 5, si j’ai bien suivi) le rendra plus libre, plus heureux ou plus épanoui ? Steve Jobs, paix à son âme, n’inventait pas des Iphones pour libérer l’homme ou pour le rendre plus heureux. D’ailleurs, j’ai personnellement du mal à identifier le carburant qui fait tourner le moteur de tels hommes. Plus d’argent ? Avec ce qu’il avait, 500 000 années étaient garanties financièrement. Plus de notoriété ? Peut-être. Mais la sienne était déjà immense. Alors quoi ? Je ne sais pas.

Le capitalisme contient sa propre fin : la crise de surproduction

Le savait-il lui-même ? Mais, fermons la parenthèse, pour revenir à la fin du capitalisme. La concurrence acharnée conduisit naturellement à la mort des plus faibles (qui n’ont pas su innover ou produire moins cher) et la raréfaction des forts. Ce fut l’ère du Darwinisme social. Marx décrivit le monde en devenir où les pauvres étaient toujours plus pauvres et toujours plus nombreux et les forts étaient toujours plus riches et toujours moins nombreux. Et le fruit fut juste assez mur pour tomber tout seul : plus assez de riches pour faire vivre le marché et nous voilà dans une crise de surproduction. Les faillites se suivent et les pauvres descendent dans la rue.

Le capitalisme conduit naturellement au communisme

C’est la révolution, enfant naturel du capitalisme, qui conduit au communisme. Pour accélérer le mouvement, Marx préconise un syndicalisme à grande échelle (International). Il a en effet analysé l’échec de la Commune de Paris (1871) et a montré combien le Capital restait fort si le prolétariat n’était pas uni. Pour Marx, l’ouvrier devait s’approprier les moyens de production (enlever les clôtures de nos ancêtres et distribuer les cochons à tous). Mais comment devait être gérée la production ?

Un schisme apparut alors dans l’histoire du socialisme : certains (Proudhon, Bakounine, Luxembourg,…) furent pour confier les clefs du château aux ouvriers ou aux paysans qui, regroupés en Conseils (Soviets), s’autogéreraient. D’autres, Lénine, Trotski puis Staline pensèrent plutôt à une avant-garde éclairée du prolétariat qui déciderait pour le reste du monde. On aurait du écouter les premiers.

La déclaration des droits de l’homme au service du capitalisme

Marx montra enfin comment l’État bourgeois fit tout pour se maintenir., allant jusqu’à inscrire dans la déclaration des droits de l’homme de 1789 le droit à la propriété privée et à la sûreté. En d’autres termes, que chacun soit libre de commercer, l’État étant cantonné aux missions purement régaliennes que sont le maintien de l’ordre et la justice. Marx n’avait pas fait une lecture de la déclaration inscrite dans son contexte : on venait de l’absolutisme où le monarque s’appropriait ce qu’il voulait sans indemnité et arrêtait ceux qu’il voulait (lettres de cachet dénoncées par Voltaire). Les révolutionnaires cherchaient donc, par leur déclaration, à mettre des barrières à cette toute puissance de l’État, d’où ces droits inaliénables à la propriété privée et à la sûreté. Marx aurait pu par exemple mettre en lumière le droit d’opinion (pas très bourgeois) et la liberté de la presse (pas très bourgeois non-plus) prévus par cette même déclaration. Aurait-il fait une lecture partiale ?

 

Publicités

Joindre la conversation 1 commentaire

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

CATÉGORIE

Non classé

Mots-clefs

, ,