La question paraît, en première approche étrange et pourtant, Tocqueville (1805-1859) nous donne l’occasion de nous la poser dans son formidable ouvrage « La révolution et l’ancien régime ».

Pourquoi diable remonter au roi Soleil ? Parce que l’État, c’était lui !

Mais avant d’être l’État, notre petit Louis fut un petit garçon qui échappa deux fois à la mort avant d’affronter, alors majeur, deux fois encore, la Fronde, la révolte des Seigneurs contre son autorité pourtant indiscutable puisque de droit divin. Échaudé, Louis, suivant l’exemple initié par Richelieu, décida alors d’attirer ces Grands agitateurs à la cour de Versailles, c’est à dire de leur retirer leur épée et de leur substituer une robe… La Noblesse de Robe était née.

Le résultat escompté fut atteint puisque Fronde il n’y aura plus. Tocqueville montre alors comment, dans les provinces, l’administration fut confiée à des fonctionnaires et, en particulier, au premier d’entre-eux : l’intendant, nommé et payé par le Roi.

Dans le même temps, Tocqueville montre comment la classe aisée des bourgeois se rapproche, sans la toucher, de la petite noblesse par ses gouts, sa culture, sa façon de s’habiller. C’est à cette bourgeoisie qu’est confiée l’administration. Elle achète pour cela « des offices », en fait des postes de fonctionnaires, mises en vente depuis 1692 par le pouvoir pour renflouer les caisses de l’État.

Dans la France pré-révolutionnaire se constitue alors deux classes, très semblables en termes de culture, mais très éloignées en termes de privilèges… La première ne fait à peu près rien et vit de ses rentes. La seconde travaille et paye des impôts.

Les privilèges de la noblesse étaient, avant cette triste époque, à peu près tolérés : en contre-partie, les Nobles n’assuraient-ils pas la défense de leurs serfs, ne rendaient-ils pas la justice, n’assuraient-ils pas l’ordre public ?

En montant à Versailles, en confiant leurs terres aux paysans (50% étaient alors propriétaires) et en délégant, dans le même temps, leurs anciennes tâches aux intendants, les Nobles ont fini par agacer la petite bourgeoise qui ne comprit plus les raisons justifiant leurs privilèges. Le Noble était passé du statut de Seigneur tout-puissant sur ses terres à celui de premier rentier.

Aussi, en 1789, c’est de la petite bourgeoisie qu’est parti l’incendie qui détruira l’œuvre du grand Louis.

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