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Germinal  de Claude BERRI

GERMINAL fait partie du cycle des Rougon-Macquart, inauguré par ZOLA dans l’Assommoir. Ce cycle est l’occasion de peindre un tableau du second Empire (1851-1870) et de la troisième république qui lui succède, à partir de 1871.

Pourquoi GERMINAL ? C’est une référence, bien sûr, au calendrier révolutionnaire, car nous sommes ici en plein drame ouvrier.

J’ai lu pour vous Germinal d’Emile ZOLA

Mais GERMINAL est aussi une référence au printemps, printemps des peuples après les rudesses de l’hiver de la condition ouvrière.

L’histoire en deux mots : Étienne LANTIER (issu de la branche MACQUART des ROUGON-MACQUART) arrive aux mines de MONTSOU dans l’espoir d’un travail après des mois de chômage. Ouvrier débrouillard, il est hébergé chez les modestes MAHEU. Il tombe secrètement amoureux de la fille Catherine. Malheureusement, Catherine devra épouser une brute de la mine : CHAVAL.

Étienne, petit-à-petit, s’imprègne de la culture révolutionnaire, héritière des Jacobins de 1789, de la Commune de Paris de 1871 et des théories de Marx sur le Capital. Il s’indigne des conditions de travail, des salaires de misère et décide de prendre la tête de la lutte, organisant un vaste mouvement de grève, écrasé par les balles de l’armée républicaine.

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Germinal de Claude BERRI

L’époque

A MONTSOU, on meurt de faim… Le patron, également propriétaire de la mine, organise la vie du peuple, de la naissance à la mort. Il loge (mal), il soigne (à peine), il paye (très mal), la classe ouvrière qui devient alors « sa chose », prisonnière à son bon vouloir. Il a mis la classe ouvrière sous perfusion, lui donnant juste assez pour régénérer sa force de travail et  pour qu’elle se reproduise, dans l’objectif de préparer sa prochaine génération d’ouvriers qui viendra à son tour mourir dans sa mine.

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Germinal de Claude BERRI

GERMINAL d’Emile ZOLA – fiche de lecture

La lutte des classes

ZOLA décrit ce que Marx appelle la lutte des classes : deux sociétés aux objectifs bien différents s’affrontent :

  • d’un côté, les Bourgeois, dont l’objectif est de maintenir les inégalités pour assurer son train de vie par des profits toujours plus importants
  • et de l’autre, la classe ouvrière, qui veut la collectivisation des moyens de production et le partage des jouissances.

C’est la recherche de profits excessifs qui déclenche la grève. Le mécanisme décrit par ZOLA avait été vu dans LE CAPITAL de Marx : dans un marché concurrentiel, le patron, pour survivre, doit être le moins cher. Les seules variables d’ajustement sont le salaire et la productivité. Le patron de MONTSOU jouera sur les deux et provoquera une révolution.

GERMINAL d’Emile ZOLA – fiche de lecture

Étienne

Il incarne le communiste à tendance marxiste. Il veut l’égalité et la solidarité, la collectivisation des moyens de production. Il n’hésite pas au recours à la violence.

SOUVARINE

Héritier de PROUDHON et de FOURRIER, il représente l’anarchiste. Il refuse toute autorité organisée. Il veut l’autogestion en petites communautés. A noter l’anecdote qui illustre le fameux aphorisme de MARX:

Ce n’est pas la conscience de l’homme qui fait son être social, mais, au contraire, c’est son être social qui fait sa conscience politique. Marx.

SOUVARINE en effet ouvre le journal et constate qu’un ouvrier, qui a gagné à la loterie, décide de placer son argent dans une rente et devenir ainsi… un bourgeois, oubliant au passage ses principes égalitaires.

Les GREGOIRE

Les propriétaires de la mine. Voici une brochette gratinée de représentants du Grand Capital. La caricature extrême est incarnée par Madame, plus soucieuse de ses petits chats que de la condition ouvrière dont elle se contrefout du moment que sa fille ait un beau mariage.

Les MAHEU

Ils sont là pour illustrer les conditions de vie des mineurs. Le tableau de cette famille confirme que les privilèges, malgré la nuit du 4 aout 1792, sont toujours là et bien là.

Paul NEGREL

Le chef de la mine permet de montrer le caractère héréditaire des privilèges : Il est le neveu du directeur. La classe dominante se reproduit, mais uniquement entre-elle, comme à la grande époque de la Monarchie. Il est insupportable : il présente à chaque fois les réductions de salaires comme autant d’éléments nécessaires au bonheur des mineurs : « c’est pour votre bien… ». « C’est pour sauver la mine. » Pendant ce temps, au château, on mange de la brioche (comme Marie-Antoinette à la veille de la Révolution).

Ce thème est présent dans le Manifeste du parti communiste (Marx 1808) : si le bourgeois réduit les salaires, c’est pour que l’usine survive ; c’est donc pour le bien du prolétariat. Si le bourgeois demande toujours plus d’efforts à l’ouvrier, plus de sacrifices, c’est aussi pour son bien…

Finalement, et en une phrase, si le bourgeois est un bourgeois, c’est pour le bien du prolétariat.

GERMINAL montre donc que, malgré les révolutions à répétitions (3 depuis 1789), les gens modestes sont toujours exploités, au moins autant que sous l’ancien régime.

Les Bourgeois, en inscrivant, dans la déclaration des droits de l’homme, le droit à la propriété, ont réussi à remplacer les Aristocrates, en tant que classe dominante. Les serfs sont devenus des ouvrières mais sont restés des esclaves.

La république est devenue l’instrument politique de la classe dominante comme Marx l’avait prévu.

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GERMINAL de Claude BERRI

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Joindre la conversation 11 commentaires

  1. Beau résumé de la vie du plus grand auteur réaliste !! passionné par Emile Zola, je vous invite à visiter le site que je lui ai consacré : ww.emile-zola-les-rougon-macquart.fr Cordialement

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  2. […] Ce fut la grande époque du capitalisme avec la révolution industrielle du XIXème siècle décrit dans Germinal. […]

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  3. […] Ce fut la grande époque du capitalisme avec la révolution industrielle du XIXème siècle décrit dans Germinal. […]

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  4. […] la grande époque du capitalisme avec la révolution industrielle du XIXème siècle décrit dans Germinal. Le capitaliste assurait la survie, et juste la survie, de ses prolétaires pour préparer la […]

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