Avant tout, un mot sur l’auteur .

D’abord enthousiaste devant la vague révolutionnaire qui engloutit la Russie de 1917, Boris, artiste accompli (peintre, écrivain, musicien), n’admit pas la main mise des dirigeants sur l’art. En retrait passif de la vie politique, il ne se démarqua franchement du régime qu’à l’occasion du procès Boukharine en 1938.

Le docteur JIVAGO de PASTERNAK

sur le même sujet

Isolé, évacué du cercle des poètes russes, il sembla donner au docteur JIVAGO le soin d’être son-porte parole. Il écrivit en cachette et proposa à quelques éditeurs russes son docteur JIVAGO qui bien entendu, stalinisme oblige, refusèrent. Le manuscrit déborda des frontières pour atterrir en Italie où il emporta l’enthousiasme. Prix Nobel, Boris du renoncer à son prix. Ce ne fut qu’à l’occasion de la Perestroïka voulue par Gorbatchev que l’union des écrivains russes le réhabilita…

 Le livre

C’est une chronique des années terribles de la Russie, de 1910 environ jusqu’en 1929, date du décès du bon docteur. Pour être tout à fait complet, il convient de préciser qu’un épilogue couvre les décennies suivantes au travers des yeux de ses proches camarades qui découvrent ses écrits.

C’est aussi un ballet entre des personnages récurrents qui se croisent, se recroisent et se recroisent encore sur un fond de Russie dévastée par la guerre civile.

JIVAGO (Iouri ANDREIEVITCH) a une enfance difficile puisque son père se suicide dès son plus jeune âge, probablement poussé à l’inévitable par le sombre KOMAROVSKY. Il est accueilli chez les GROMEKO où pousse une jolie plante de son âge prénommée de TONIA (Antonia ALEXANDROVNA). Sur le lit de mort de la mère (Anna IVANOVNA) de la belle, Iouri promet d’épouser Tonia.

LARA ( Larissa FIDORVNA ANTIPOV) a également une enfance difficile puisque sa mère meurt également et qu’elle se retrouve sous l’influence néfaste du sombre KOMAROVSKY qui, semble-t-il, lui prend ce qu’elle a de plus chère alors qu’elle n’est pas encore femme.

Tout se petit monde passe Noël 1911 à Moscou chez SVENTISKI, lorsque Lara décide de mettre fin à l’objet de son tourment en tirant une balle sur le sombre KOMAROVSKY, qu’elle manque bien sûr. Heureusement, Pacha (Pavel POVLOVITCH ANTIPOV), un individu influent du petit monde moscovite, la prend sous son aile protectrice avant de l’épouser. JIVAGO, témoin de la scène, n’est pas resté insensible aux charmes de la farouche jeunette en détresse, mais c’est Tonia qu’il épouse.

1914 : la guerre. Notre petit monde est déplacé sur le front. Lara, infirmière, perd son mari de vue, (peut-être-est il mort en brave ?) et croise une nouvelle le chemin du bon docteur devenu militaire. Un amour qui n’ose pas de reconnaître s’interpose entre les deux êtres faits l’un pour l’autre. Mais il patientera car Lara rentre auprès de sa fille Katia.

1917 : la révolution. La Russie quitte la guerre pour se consacrer à ses ennemis de l’intérieur : les armées blanches de feu le tsar Nicolas II, depuis longtemps quelques pieds sous terre. Iouri retrouve sa femme qui le persuade de quitter Moscou trop exposée à la dictature du prolétariat naissante qui menace les classes bourgeoises dont ils font partie. Et le quatuor se déplace encore, cette fois-ci vers Iouratine. C’est une succession de paysages ravagés qui se dévoile sous les yeux ébahis de la famille JIVAGO appuyée contre les vitres du chemin de fer chaotique qui tente de se frayer un chemin, de gares détruites en ville incendiées. Le bon docteur, traîné devant un commissaire zélé du peuple STREKINOV (en fait ANTIPOV, alias Pacha, le mari de Lara qui finalement est bien vivant) échappe de peu à ma mort. A Iouratine, la petite famille JIVAGO (complétée par Sacha) touve refude dans une maison isolée près de Iouratine. Le docteur se fait poète et fréquente la bibliothèque municipale ou,…. devinez ?, il recroise le chemin Lara. Cette fois-ci, le fruit est consommé. Mais l’époque n’est pas à la romance qui dure… Le brave JIVAGO en enrôlé de force dans les armées rouges qui se battent

sur les arrières des armées blanches. Ils y passent quelques saisons, occupant son temps entre le typhus et la dysenterie. Il finit par échapper à ses geôliers pour retrouver… Lara. Son épouse légitime (Tonia), enceinte, est quant à elle réfugiée à Paris. Nos deux amants peuvent vivre tranquillement leur idylle, mais pas longtemps. Le sombre KOMAROVSKY surgit de nulle part pour prévenir les tourtereaux du danger imminent qui les menace. Mais Iouri ne veut rien devoir à KOMAROVSKY qu’il tient comme responsable de la mort de son père. Il n’emmènera que Lara. Fin de l’idylle. Début d’une triste déchéance. STREKINOV (ANTIPOV, alias Pacha, le mari de Lara) réapparait d’on ne sait où pour se confesser au bon docteur avant de se suicider. JIVAGO rentre à Moscou comme un vagabond qu’il est redevenu. Il aura une troisième femme avant de mourir brutalement (d’un arrêt cardiaque ?) sans jamais avoir revu ni Tonia (qui lui écrit pourtant pourtant sans rancune pour lui rappeler la naissance de sa fille Macha) ni Lara partie avec son bourreau.

 Mais peu importe les hésitations amoureuses du bon docteur ballotté par l’époque chahutée. L’essentiel n’est pas là. L’essentiel est dans la peinture de l’époque, d’abord plein d’espoir (fin des privilèges scandaleux des amis de Nicolas), avant de sombrer dans la guerre civile, pour s’achever sur une société policière et meurtrière ravagée par la famine et la maladie. Car on finit par tuer des gens pour faire leur bonheur… PASTERNAK fut peut-être le premier qui sut, de l’intérieur, garder un esprit critique sur la révolution en marche en anticipant les dérives inévitables d’une dictature du prolétariat qui fut, avant tout,une dictature…

Publicités

Joindre la conversation 7 commentaires

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

CATÉGORIE

Littérature

Mots-clés

,