François LENGLET a le mérite d’énoncer crument ses idées sans s’embrasser des circonvolutions habituelles du « politiquement correct ».

QUI VA PAYER LA CRISE ? de François LENGLET

Aussi je déconseille aux lecteurs sensibles la lecture de son livre (notamment les retraités et les soixante-huitards). Le mensonge originel Les concepteurs de la monnaie unique (dont un certain François M. de Paris qui a échangé avec un certain Helmut K. de Berlin la réunification allemande contre la fin du mark) nous ont menti : ils nous ont vendus la monnaie unique en nous promettant une Europe solidaire et unie.

On avait des riches, on avait des pauvres, mais l’Euro parviendrait, grâce aux transferts de richesses qu’il autoriserait, à réduire naturellement les déséquilibres, comme cela fonctionne si bien aux USA : a-t-on jamais vu un Californien (un riche compétitif) laisser tomber son compatriote du Middle-West (un peu moins riche et un peu moins compétitif) ? Mais voilà l’origine du problème.

Ce qui est possible aux USA en raison du fort sentiment d’appartenance nationale n’est pas transposable chez nous. Un Allemand se demandera toujours si ces « fainéants du sud » méritent une quelconque mansuétude et encore moins de l’argent. L’idée était pourtant séduisante sur le papier. Elle mettait fin aux dévaluations compétitives entre pays européens (qui pénalisait surtout les économies compétitives comme celle de l’Allemagne) et permettait aux pays du sud d’emprunter à des taux allemands. Et dans un premier temps, c’est ce qui s’est passé.

L’Europe du sud a pu bénéficier de taux faibles pour acheter les produits allemands compétitifs. L’Euro est devenu une monnaie forte indexée sur l’économie allemande. Comment a-ton pu imaginer que ça pourrait durer ?

Privés de la possibilité de dévaluer, privés du recours à l’inflation (outil souvent utilisé par François M. de Paris pour raboter la dette), les économies latines (+l’Irlande) ont perdu, lentement mais sûrement, des points de compétitivité, des points de croissance, et ont creusé, toujours plus profondément, leur dette en empruntant à taux faibles. La spéculation entre les monnaies a bien disparu mais les marchés ont trouvé de quoi avantageusement la remplacer : la spéculation sur la dette, ou plus exactement sur les taux d’intérêts consentis aux États emprunteurs. Un peu de crise immobilière en Espagne, un peu de Subprimes américaines (2007) pour secouer le fragile édifice, et tout s’est effondré.

Le thermostat

François LENGLET aime les métaphores. Il compare la régulation de l’Euro à la régulation de la température d’un appartement où l’on aurait placé le thermomètre dans la pièce la mieux chauffée : l’Allemagne !
Cette dernière a pu pleinement profiter d’un euro fort pour gonfler ses excédents commerciaux permis par son industrie compétitive. Ce qui a fait la force de l’Allemagne a fait le malheur du sud qui n’est plus parvenu à vendre ses produits devenus trop chers (à cause de la valeur de l’euro).

La perte de compétitivité a conduit à une croissance molle, puis à une moindre rentrée fiscale et à une dette qui se creuse… Les pays du sud ont commencé à chercher toujours plus d’argent pour boucher les trous. Le hamster L’Allemagne avait pensé à tout.  Voyant le coup venir, elle avait habilement introduit dans le traité de Rome l’exigence d’un financement des États uniquement sur les marchés et ceci pour éviter de faire de l’inflation qui ruine ses excédents et ses capitaux placés en lieux sûrs (à la BCE notamment) : les marchés, bien sûr, n’attendaient que ça , les taux ont commencé à augmenter. En parallèle, pour réduire la dette, les pays du sud ont décidé (2007-2012) une cure d’austérité qui a supprimé les dernières marges de manœuvres des entreprises et des ménages. Les rentrées fiscales ont continué à dégringoler creusant les déficits, etc : un hamster qui s’excite dans sa roue.

François LENGLET et les vieux (A ne lire que si on ne bénéficie pas d’une retraite)

Les baby-boomers ! Ceux qui sont nés vers 1948 : voilà une classe de nantis qui se cache. Voilà une foule de sexagénaires (et plus) qui se sont nourris sur la bête (le budget de l’Etat) pendant des années ne laissant que les os aux générations futures chargées de payer leurs pensions. Résultat, selon François LENGLET, nous avons des papis en pleine forme qui garnissent les carnets de commandes de COSTA CROISIÈRES et des tas de jeunes sous le seuil de pauvreté. 1948 : année bénie entre-toutes.

Elle fut suivie par trente années de croissance ininterrompues qui leur ont offert le plein emploi, une inflation à 15 % (merci monsieur Valéry G-D. de Paris) qui leur a permis d’acheter de l’immobilier à bon comptes, une retraite garantie et anticipée et maintenant un pouvoir d’achat qui ferait blêmir n’importe quel étudiant… Car tout ça a couté fort cher : depuis monsieur Valéry, il a fallu payer la quatrième, puis la cinquième semaine de congés, la retraite à soixante ans, les trente-cinq heures. Ce fut fort agréable pour le quotidien de ces gens-là, mais la promesse de serrement de ceintures pour les suivants car ils se sont offerts tout ça à crédit ! Et qui est le pays le plus vieux en Europe ? Je vous laisse le soin de le deviner pour savoir à qui profite le crime.

Les fausses bonnes solutions

L’Europe fédérale (ou les euro-bonds) Mauvaise idée : c’est la solution de François H. de Tulle. Elle permettrait aux cancres de continuer à s’endetter : les bonds seraient émis aux taux allemands (donc bas) et on continuerait à danser sans se soucier du quotidien. Bref, la cigale plutôt que la fourmi. Combien de temps ? D’autant plus que le cœur n’y est plus.
Demandez aux Grecs ce qu’ils pensent de leurs cousins germains…

La sécession Mauvaise idée aussi : on retournerait dans des marchés insignifiants et recommencerait la valse des dévaluations compétitives. Par ailleurs, Lenglet cite l’exemple de l’Angleterre, hors zone euro, qui va : « on ne peut plus mal ». Et quand on lui oppose les exemples scandinaves, il rétorque que leur économie n’a rien à voir… Bon… L’Allemagne paiera ? Mauvaise idée encore : on a essayé avec le traité de Versailles en 1919. Et on a eu la seconde guerre mondiale…

Pour une fois, les créanciers participeraient au festin : car le renflouement des banques imprudentes (pour ne pas dire criminelles) a toujours été réalisé avec de l’argent public. Pour gérer la crise, les gouvernements ont transféré une dette privée vers une dette publique. Voir Nicolas S. de Neuilly-sur-Seine.

Pourquoi s’obstiner dans l’Euro ? Comme l’a bien analysé Jacques SAPIR, on peut se demander en effet l’intérêt du maintien du statu quo : l’euro devait nous protéger (voir les mensonges de François M. de Paris) ; il nous a conduit à une quasi-faillite. Mais Lenglet le sauve tout de même : il garantit la fluidité des échanges à l’intérieur de la zone (pour l’instant au fort avantage de l’Allemagne) ; il permet (en principe seulement), une solidarité entre les Etats ; il permet de peser. En conclusion Mille milliards ont déjà été dépensé en pure perte. L’Europe va moins bien qu’avant la crise (contrairement aux dires de François H. de Tulles).

Lenglet propose donc un moratoire, au moins temporaire, sur le remboursement de la dette, le temps de reprendre quelques forces. Mais avant toute chose, il veut
sauver l’euro.

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  1. […] Aimé Qui va payer la crise ? du m^me François LENGLET. J’ai adoré Tant pis ! Nos enfants […]

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Economie, Société

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