Freud, contrairement à ce qu’il a aimé afficher, ne découvre pas l’inconscient. Il puise ses trouvailles dans le vivier laissé par ses illustres prédécesseurs, Schopenhauer et Nietzsche notamment, qui avec « le vouloir vivre » pour le premier et « la volonté de puissance » pour le second avaient défini l’essentiel de édifice qui constitue l’inconscient.femme2

MALAISE DANS LA CIVILISATION de Sigmund FREUD (1929)


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Freud, contrairement à ce qu’il a aimé afficher, ne découvre pas l’inconscient. Il puise ses trouvailles dans le vivier laissé par ses illustres prédécesseurs, Schopenhauer et Nietzsche notamment, qui avec « le vouloir vivre » pour le premier et « la volonté de puissance » pour le second avaient défini l’essentiel de édifice qui constitue l’inconscient.

Freud (comme avant lui Schopenhauer et Nietzsche ) s’oppose à Descartes qui stipulait, en tant que certitude absolue : je pense donc je suis. Descartes voyait l’homme comme intégralement « transparent à lui-même », sans partie qui lui serait cachée, sans entité inconsciente qui échapperait à son contrôle.

Freud (rendons lui cette trouvaille originale) met en place assez clairement les trois instances de la personnalité :

1. Le « ça » (das es)

Le « ça » de FREUD est notre système d’exploitation d’origine, celui qui équipe notre cerveau à la naissance. Il n’obéit qu’à un seul principe : celui du plaisir : il lui faut tout et tout de suite ! Luc FERRY donne, à ce titre, le merveilleux exemple du petit enfant, qui court derrière son ballon et qui veut le récupérer à tout prix, y compris si l’objet de sa convoitise traverse l’autoroute et qu’un trente-huit tonnes se précipite sur la chaussée.

Le « ça » est ce qui nous reste de l’instinct animal, un programme qui ne supporte aucune entrave, aucune frustration. Il est pur égoïsme.

2. Le « sur-moi » (über ich)

Si le « ça » est essentiellement inné, le « sur-moi » est essentiellement acquis. Il se construit au cours de l’enfance et ne connaît qu’un seul principe : le respect des règles de la morale. Il est donc là pour interdire au « ça » de faire n’importe quoi.

3. Le « moi » (das ich)

Il est l’image de ce que nous sommes en société. Il fonctionne selon le principe de réalité. En permanence, il cherche à régler les conflits qui interviennent entre :

  • le « ça », qui, par exemple, tente de convaincre le « moi » de tout le plaisir que l’on pourrait tirer de la voisine (ou le voisin) de pallier et
  • le « sur-moi », qui rappelle au « moi » que la morale interdit ce genre de pratique, surtout chez un homme (ou une femme) marié.

Conflits possibles entre les trois instances de la personnalité chez FREUD

Si le « moi » tranche en faveur du « ça », le « sur-moi » est refoulé (sous la forme d’une éventuelle culpabilisation) et la voisine (ou le voisin) d’à côté (si elle ou il est d’accord) passera un bon moment.

Si le « moi » tranche en faveur « sur-moi », notre mariage sera sauvé, mais le « ça » sera frustré. Une blessure sera intériorisée.

Si le moi ne parvient pas à décider les symptômes de la maladie apparaissent. L’être devient incapable de « jouir et d’agir », hésitant entre culpabilisation et frustration.

Force est de constater que :

  • chez l’homme, le « ça » l’emporte très souvent ;
  • et chez la femme, c’est plutôt le contraire.

Dans « Malaise dans la civilisation », Freud explique comment la société, en empilant les règles de morale, génèrent des frustrations et induit les névroses. La culture, notamment, tend à nous éloigner de l’état animal, et renforce les motifs d’intervention du « sur-moi ».

La frustration peut être évitée si le sujet est capable de « sublimer », c’est-à-dire, de reporter sa libido sur un objet similaire à l’objet désiré.

Cet objet peut être :

  • une femme (ou un homme), ressemblant à l’être désiré mais inaccessible ;
  • la religion, si toutes les femmes (ou les hommes) se refusent ;
  • la science, le sport, le travail, l’art, la culture…

Si la sublimation n’est pas possible, alors la maladie apparait.

La théorie des rêves

Elle met en scène, elle-aussi, les trois instances de la personnalité : le rêve permet de réaliser les désirs du « ça » (par exemple coucher avec la voisine), mais en les codant (en remplaçant la voisine par une autre personne inconnue, ou une fleur, ou un papillon, ou un gâteau). Ce codage permet ainsi d’échapper à la vigilance (un peu niaise) du « sur-moi » et d’apaiser la frustration…. et de continuer à dormir. Si le « sur-moi » n’est pas trompé, le rêve, trop explicite, devient cauchemar et l’on se réveille en sueur, honteux d’avoir ainsi mis en péril son mariage.

Les quatre stades de la personnalité chez FREUD

Les trois instances de la personnalité de construisent au cours de l’enfance essentiellement.

  1. Le stade Oral. Dans le ventre de sa mère, puis pendant l’allaitement, l’univers de l’enfant se résume à lui-même et à sa mère. Tout (notamment le plaisir et le désir) passe par la bouche. Le narcissisme domine.
  2. Le stade sadique-anal. Les zones érogènes se déplacent. Il prend conscience du contrôle possible de son corps et l’influence qu’il peut avoir sur son environnement (morsure par exemple).
  3. Le stade phallique. Les zones érogènes se déplacent encore. Il est dans l’auto-érotisme. Il se détache, petit-à-petit, du premier objet de son désir (sa mère).
  4. Le stade génital. Il a achevé son détachement et projette son désir sur autrui.

La névrose

Il se peut que des difficultés l’empêchent de passer d’un stade à l’autre. Par exemple, il tombe amoureux d’une femme (ou d’un homme) qui le (ou la) rejette. Il se réfugie alors à un stade inférieur, un stade qui ne lui avait laissé que de bons souvenirs. Ce stade peut-être phallique ou sadique…

Voilà en quelques mots de quoi faire votre propre analyse.


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Freud, Les Allemands, Philosophie

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