Il est incontestable (et je renvoie à l’excellent site de MANICORE) que croissance rime avec émissions de gaz à effet de serre (GES) :

La Croissance et les gaz à effet de serre

Il est incontestable (et je renvoie à l’excellent site de MANICORE) que croissance rime avec émissions de gaz à effet de serre (GES) : « Si nous nous tournons vers l’avenir, une simulation faite par le Ministère de l’Industrie montre qu’avec un modeste 2% de croissance par an en Europe occidentale, si nous ne changeons rien par ailleurs (pas de substitutions entre énergie, et pas de gain d’efficacité énergétique, notamment pour les ménages), les émissions de gaz à effet de serre de l’Europe de l’Ouest feraient un bond de 50% entre 1990 et 2020. »

En d’autres termes, lorsqu’un gouvernement prône la croissance (et je n’en connais pas qui prône le contraire, y compris lorsque les écologistes y siègent), il prône (mais le sait-il ?), dans le même temps, l’augmentation des émissions de GES.

Ce constat est terrible. Il est même renforcé lorsque la question de la transition énergétique s’en mêle.

La transition énergétique et les gaz à effet de serre

50 % de nucléaire. Telle est la part réservée au nucléaire par le Président HOLLANDE. Un simple calcul montre qu’il faut donc touer (pour compenser l’arrêt nécessaire de réacteurs) 25 % d’électricité ailleurs.

L’hydraulique serait un bon candidat. Malheureusement, les marges encore disponibles sont très faibles, et loin des enjeux ici considérés.

L’éolien en serait un autre. Mais il est intermittent, perturbe la stabilité du réseau et nécessiterait la couverture de plusieurs départements pour compenser l’arrêt des réacteurs. En off-shore, c’est son coût qui est rédhibitoire.

Le solaire ? Son cout est très élevé (5 fois celui du nucléaire). Outre qu’il pose les mêmes problèmes que l’éolien (surfaces immobilisés, intermittences), hors subvention de l’État, il n’y a point de salut.

Les économies d’énergie. Tout ce qui peut se faire dans ce domaine doit l’être. Toutefois, le gisement n’est pas infini. D’autre part, la croissance mange systématiquement les gains réalisés.

Restent les énergies fossiles. Les Allemands ont fait ce choix. Ils ont mis 300 milliards d’euros sur la table. Et ils ont augmenté très sensiblement leurs émissions de CO2 (le double des émissions françaises par habitant) en compensant par du gaz naturel russe et en redémarrant des centrales au charbon ou au lignite.

Croissance, transition énergétique et gaz à effet de serre

Quelle est l’idée qui se cache derrière la tête du Président ?

Arrêter FESSENHEIM est le plus facile. Ce fut, pendant la campagne, une décision de nature politique (et certainement pas technique) prise dans l’unique but de récupérer les les verts (comme le fut l’arrêt de Super-phénix au temps de madame VOYNET). Mais ce fut aussi une erreur. Une erreur qui nous coutera très cher. La centrale est aujourd’hui largement amortie. Elle n’est pas moins sûre que les autres (voir les rapports de l’ASN).

Et ensuite ? Les choses vont se compliquer pour le Président. Car la logique qui l’a conduit à l’arrêt de FESSENHEIM devrait logiquement l’amener l’arrêt progressif des centrales qui atteindront le même âge. Un à deux réacteurs par an… Et après ?

 

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Joindre la conversation 1 commentaire

  1. excellent article !!

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Economie, Invités, Nucléaire

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