J’ai lu pour vous En cherchant MAJORANA d’Etienne KLEIN

Invité de la grande librairie de France 3, le pauvre Étienne KLEIN, coincè entre un Michel ONFRAY bougon et un François CHENG épuisé, n’a pas eu le temps de nous faire partager l’intensité de sa passion pour Etorre MAJORANA. J’avais aimé son Discours sur l’origine de l’Univers alors j’attendais beaucoup.

Je fus un peu déçu par l’émission. Déçu par la brièveté du propos d’Étienne KLEIN et par le débat qui n’est jamais venu entre lui et le champion des athées. Michel ONFRAY aurait peut-être compris que l’athéisme n’est pas une position raisonnable (au sens premier du terme). Klein lui aurait prêté un exemplaire de son fameux discours, un discours qui l’aurait raisonnablement conduit vers l’agnosticisme. Bref…

Le lendemain, j’achetai En cherchant MAJORANA.

Le célèbre docteur en physique, directeur du laboratoire de la matière du CEA, grand vulgarisateur de la mécanique quantique, m’avait jusque-là habitué aux récit imagés du big-bang ou des mers de particules.

Il livre ici un essai situé quelque part entre une enquête policière, un portait de l’Italie des années 20 et de l’Autriche d’avant-guerre, une quête archéologique sur les traces d’un disparu, un physicien de génie cher à son cœur, Etorre MAJORANA, une singularité dans le monde de la science, celui qui lui a donné la passion de l’infiniment petit.

Etorre est à la physique ce que John LENON est à la musique : un génie en avance sur son temps original et mort bien trop tôt. Nietzsche pensait qu’il était solitaire parce que l’on ne comprendrait sa philosophie que plus tard… Lorsque la populace aurait enfin saisit son message ». Ettore MAJORANA semble être de cette même étoffe. Il corrige les copies des prix Nobel, comme un instituteur corrige les copies de ses élèves : DIRAC, CURIE, HEISENBERG, tous nobelisés, feront les frais de sa plume impitoyable. C’est un génie d’avant-garde et, comme tous ses ovnis de la science, un solitaire, un autiste même qui redoute le contact d’autrui.

Pour Étienne Klein, la physique des années 2000 doit beaucoup au Sicilien.

Mais l’intérêt de son livre est ailleurs. Je l’ai trouvé dans l’émotion qui se cache entre les lignes, lorsque Étienne Klein découvre sur son ordinateur un mail de son mentor, tout droit surgi d’outre-tombe, lorsqu’il marche sur les pavés de Naples que MAJORANA a foulé 80 ans plus tôt, lorsqu’il embarque sur le bateau qui emmena l’Italien de 30 ans vers une mort programmée, annoncée à ses amis dans des messages mystérieux :  » d’eux tous, je conserverai un heureux souvenir au moins jusqu’à onze heures ce soir et, si cela est possible même après » ou  » la mer m’a refusé « .

Mais le fin dresseur de particules reprend le dessus sur le conteur : il compare MAJORANA à un objet quantique, à la fois vivant et mort (comme le chat de Schrödinger), à plusieurs endroits à la fois (tels deux photons intrigués), empruntant simultanément plusieurs chemins (comme les particules de YOUNG), en superposition d’états quantiques…

Un livre qui se lit comme un roman que je conseille à tous.

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