Cette écoute est extraite de la collection SAGESSE D’HIER ET D’AUJOURD’HUI, publiée par Le Point et Le Figaro, que je recommande vivement.

La peur aux sources de l’écologie

Luc FERRY introduit son ouvrage par une intéressante remarque sur l’évolution de valeur accordée au sentiment de peur. Réservée, il y a encore peu de temps, aux petits enfants, caractéristique principale de l’immaturité, elle a, depuis les années 50, délaissé son statut honteux pour devenir aujourd’hui une qualité, notamment en politique, synonyme de sagesse. Cette évolution a permis l’émergence de l’écologie politique.

Différents courants au sein de l’écologie

Au sein même de l’écologie, deux courants majeurs s’affrontent : les réalistes et les fondamentalistes. Luc FERRY ici fait un parallèle avec le même type de clivage qui existe entre les courants de gauche, avec d’un côté les réformistes (les socialistes) et, de l’autre, les révolutionnaires (les communistes).

  1. Faut-il simplement réformer notre modèle de société ou faut-il complètement le revoir ?
  2. Faut-il accorder à l’humanité un statut supérieur ? Ou au contraire considérer l’homme comme « non-nécessaire », voire nuisible ? Dans cette dernière perspective, sa disparition est, pour les plus radicaux, une option.

Les réalistes

Les réalistes ne visent pas à remettre en cause notre modèle de développement, mais plutôt à corriger ses excès par la mise en place de normes, de règlements (sur la pollution de l’air, de l’eau, des sols, la gestion des déchets, l’agriculture…).

Leur objet principal est l’homme. La protection de la planète est une politique qui se justifie seulement parce qu’elle garantit de facto la protection de l’espèce humaine. Ils parlent ainsi d’environnement (c’est-à-dire ce qui entoure l’homme).

Notre code de l’environnement français est donc inscrit dans la mouvance réaliste. Le développent durable est également une notion parfaitement réalisto-compatible.

Les fondamentalistes

Pour les fondamentalistes, le développement durable, vendu par tous nos gouvernements, n’est ni possible ni souhaitable. Ils veulent un autre monde et s’intitulent ainsi eux-même altermondialistes. La modernité est à rejeter. Leur hymne pourrait être « Foule Sentimentale » d’Alain Souchon.

Leur objet principal est la nature. A la rigueur, l’homme arrive en dernier dans leur ordre de priorité, car il est le seul à pouvoir la détruire.

La nature est un sujet de droit. Un parc naturel (plus exactement ses représentants), la mer, la côte bretonne, une espèce menacée, peuvent porter plainte contre un individu ou une usine.

La déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui définit la liberté comme le fait de n’être en aucun cas restreint […] seulement par la liberté du voisin, est vue comme promoteur de la destruction de la planète.

Un représentant illustre des fondamentalistes : Le commandant Cousteau

L’élimination des virus relève d’une idée noble, mais elle pose à son tour d’énormes problèmes. Entre l’an I et l’an 1400, la population n’a pratiquement pas changé. A travers les épidémie, la nature compensait les abus de la natalité par des abus de mortalité […]. Nous voulons éliminer les souffrances, les maladies, l’idée est belle, mais n’est peut-être pas tout à fait bénéfique sur le long terme. C’est terrible à dire mais il faut que la population mondiale se stabilise et pour cela il faudrait éliminer 350 000 hommes par jour […].

On le voit les fondamentalistes vont jusqu’à souhaiter une mortalité excessive pour réduire nos effectifs et ainsi notre impact sur la nature.

La peur comme outil au service de la propagande des écologistes

Le mythe de Frankenstein

Luc FERRY cherche à comprendre les raisons qui font que 80% des Français ont peur des OGM. Sont-ils dangereux pour la santé ? Aucune étude ne le montre. Alors ? Luc FERRY montre comment les écologistes s’y prennent en s’appuyant sur le mythe de du docteur Frankenstein. Ce dernier assemble des morceaux de cadavres pour fabriquer sa créature. Il pêche par hybris (comme auraient dit les Grecs), car il se croit l’égal de Dieu en donnant ainsi la vie. Il sera donc puni et sa créature lui échappera avant de menacer la terre entière.

Pour les écologistes, MONSANTO pêche par hybris en créant des espèces de maïs de toutes pièces. MONSANTO verra sa créature lui échapper et menacer à son tour la terre. Nous sommes ici dans une logique pleinement religieuse, punitive (voir aussi l’article : l’écologie est-elle une religion ?).

Le cas du réchauffement climatique

Voir mon article à ce sujet (le cinquième rapport du GIEC).

Luc FERRY pense que la question n’est pas là. Les chiffres du GIEC conduisent-ils à la catastrophe annoncée ? Quelques îles englouties ? L’humanité a connu, avec le nazisme, les khmer rouges, des catastrophes bien plus terribles. La vraie question porte sur la raréfaction des ressources.

L’antinomie de l’écologie

La croissance éternelle est impossible.

L’empreinte écologique de la France est de 5 hectares par habitant. Ce qui signifie que 3 planètes seraient nécessaires si tout le monde consommait comme les Français. Jacques Chirac.

La décroissance est invendable.

Je ne crois pas que le changement puisse résulter du fait que je me présente aux élections en mettant au programme la décroissance, en proposant une réforme, un projet de loi. […]. Il faut que se produise une vraie catastrophe humaine. […]. Il faut qu’il y est un désordre social, un chaos ou une guerre civile pour que se produise un sursaut. […]. Aucune population ne se laisse mourir en se disant que c’est la fin du monde. Yves COCHET

Les propositions de Luc FERRY

  1. Moins d’enfants, mais mieux éduqués ;
  2. Le recyclage pour pallier la rareté des matières premières ;
  3. L’innovation (notamment en termes d’énergie) ;
  4. La création d’une instance mondiale de régulation ;
  5. En finir avec l’écologie punitive (voir sur ce sujet mon article : l’écologie est-elle une religion ?

L’écologie punitive, l’écologie de la décroissance ne marchera jamais. Il n’y a que lorsque l’écologie sera intégrée à l’économie qu’elle donnera de réels effets. Luc FERRY

Merci Cher Luc FERRY pour cette collection.

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

CATÉGORIE

Ecologie

Mots-clefs