cabu2Extrait du blog : le déclin de la presse écrite

La presse écrite reste un média majeur, touchant l’ensemble de la population mondiale : c’est la source d’information principale, quasi-quotidienne, portant sur l’actualité proche et lointaine, de centaines de millions d’individus.

Pressus est l’étymologie latine du terme « presse » qui signifie, comme on peut le deviner, « comprimé ». La « presse écrite » a donc été baptisée ainsi avec l’invention de l’imprimerie par Gutemberg.

La presse désigne les moyens de diffusion écrite de l’information. On distingue la

  • presse quotidienne et hebdomadaire (à laquelle nous nous attacherons plus particulièrement) ;
  • la presse « magazines », en général plus ciblée et souvent plus luxueuse.

Du XIXème siècle à la moitié du XXème siècle, la presse écrite a connu une croissance et un essor considérables, avant que la radio et la télévision prennent une place de plus en plus importante sur le marché de l’information.

A partir des années 80, internet a fait son apparition et dès les années 90 son accès au grand public s’est élargi de manière fulgurante. Cette croissance exponentielle du nouveau média correspond aux premiers signes de déclin de la presse écrite.

Quel fut l’impact d’internet sur la presse écrite ?

1. Brève histoire de la Presse française

Chaque jour, 35 millions de Français lisent la presse écrite. Elle contribue à l’information des citoyens de manière primordiale ainsi qu’à la diffusion d’opinions et de nouvelles idées. Sa lecture est devenue une habitude.

Comment est-elle, dans un premier temps, devenue un média majeur ?

Dès le XVème siècle se multiplient les « occasionnels », pièces d’actualité de large diffusion sous forme de bulletins d’information, de brochures, de placards. Ils annoncent les grands événements comme les faits divers, avec un goût pour l’extraordinaire.

En 1631, le premier périodique (hebdomadaire) français, La Gazette, fut créé par Théophraste Renaudot. Un prix littéraire, le prix Renaudot, créé en 1925, perpétue la mémoire du fondateur de la presse française. La Gazette est ainsi le premier « vrai » journal français.

Pendant cette période, très encadrée par le pouvoir royal, la presse s’est développée lentement dans les sociétés de cour. Elle a connu avec « les Lumières » en 1777 un premier essor, marqué par le Journal de Paris qui fut le premier quotidien français. Ce journal traitait principalement d’évènement culturels et de faits divers. Il couvrit notamment la Révolution et remporta un important succès auprès de la population parisienne.

Suite à cette révolution et grâce à la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, la presse devint libre entre 1789 et 1792. En 1791, les journaux de toutes tendances se multiplièrent et leur audience s’accrut.

La censure du Directoire de l’Empire fut le premier obstacle qui entrava son développement, provoquant la faillite de plusieurs titres.

La presse périodique illustrée est née en France sous la monarchie de Juillet à l’imitation des « magazines » anglais. Les « magazines », publiés à un prix modéré, comblèrent un vide éditorial et connut un succès immédiat et durable.

De la monarchie de Juillet (1830-1848) jusqu’à 1914 la « Civilisation du journal » apparut. C’est au cours du XIXème siècle que la presse se développa réellement en France, devenant ainsi un canal d’information de masse. Ce siècle fut sans conteste l’âge d’or de la presse écrite. Diverses innovations industrielles et économiques, telles que les rotatives ou la linotypie, firent du journal, vers 1900, un produit rentable et de bonne facture.

Si l’invention de la typographie par Gutenberg a permis d’éditer des imprimés un peu partout en Europe occidentale, il fallut attendre la Révolution industrielle et les progrès de l’instruction pour que la presse écrite se développe.

Le 29 Juillet 1881 les médias devinrent libres, devenant, peu à peu, le « quatrième pouvoir » redouté des politiques.

La presse française fut la première au monde en 1914, avec une distribution de 250 exemplaires pour 1000 habitants. La presse écrite connut son apogée après la première guerre mondiale. Les journaux ne connaîtront plus jamais ce même niveau de diffusion et d’efficacité : La presse dut faire face à de nombreuses difficultés : insuffisance de main-d’œuvre, pénuries de papier, le ministère de la Guerre contrôlant les titres, les photographes n’ayant pas accès au front…
Cette censure se doubla d’une participation de la presse à la propagande, qui décrédibilisa la profession. Sa diffusion commença à stagner avec l’après-guerre puis à lentement décliner. Le public se détourna notamment des titres considérés comme « pro-allemands ». Il manifesta son intérêt pour les informations non-officielles, faisant ainsi le succès de la presse résistante, pourtant illégale : Défense de la France, Combat ou Libération, lus par plusieurs centaines de milliers de personnes en 1944. Ces titres, pourtant illégaux, permirent à la presse écrite de maintenir un bon niveau de diffusion.

A la fin du XIXème siècle et au début du XXème, les journaux occupaient encore une position dominante.

L’apparition des nouveaux médias

Cette place dominante fut contestée par l’apparition de nouveaux médias, tels que la radio et la télévision. La presse obtint toutefois une garantie d’indépendance des pouvoirs, ce qui encouragea la diffusion de nouveaux titres.

Ainsi, la couverture des guerres d’Indochine et d’Algérie permit-elle à des titres tels que l’Express, France Observateur ou Témoignage chrétien de connaitre un réel succès. On vit également la spécialisation et l’apparition d’illustrations dans la presse d’information.

Ces succès ne furent toutefois pas suffisant pour empêcher la crise à venir : entre 1970 et 1990, le nombre de lecteurs de la presse quotidienne fut divisé par deux. Les quotidiens nationaux furent les plus touchés ; de grands titres disparurent, comme Combat. Le nombre des quotidiens français passa de 203 à 69 !

La situation de la presse ne fit qu’empirer pour la presse généraliste. Elle trouva dans le Web un nouveau support de diffusion, en profitant de ses avantages : facilité d’accès, gratuité, illustrations nombreuses, articles synthétiques…

Les générations nées avec les nouvelles technologies se tournèrent presque exclusivement vers le Web pour chercher l’information : Moins de 20 %parmi des 15-24 ans lisent encore la presse écrite conte , contre 36% en 1973 !

L’apparition des journaux « gratuits » en 2002, comme Métro ou 20 Minutes, accentuèrent encore la diminution de l’audience pour les journaux payants de la presse écrite. Avec 155 quotidiens diffusés pour 1000 habitants en 2007, la France arrivait en 58ème position dans le monde ; ce qui fait une nette et importante différence par rapport à 1914.

La presse quotidienne nationale payante est lue par un Français sur six, les hommes (21,4%) étaient presque deux fois plus nombreux que les femmes (12,1%) en 2006. Concernant les magazines, 46,6 millions de Français lisent au moins un magazine au cours de sa parution, soit 97% de la population française de plus de 15 ans. Sa diffusion a progressé de 60% en 20 ans.

Voici le top 10 des journaux quotidiens français les plus lus par les 15 ans et + :

1er : 20 Minutes : 2 759 000 lecteurs

2ème : Metro : 2 401 000 lecteurs

3ème : L’Equipe : 2 347 00O lecters

4ème : Le Parisien / Aujourd’hui en France : 2 206 000 lecteurs

5ème : Le Monde : 1 823 000 lecteurs

6ème : Direct Matin : 1 807 000 lecteurs

7ème : Le Figaro : 1 220 000 lecteurs

8ème : Libération : 754 000 lecteurs

9ème : Les Echos : 609 000 lecteurs

10ème : La Croix : 476 000 lecteurs

D’après l’étude EPIQ Audipress TNS SOFRES – 04/2011

Au total, la presse écrite a perdu 15 % de sa diffusion depuis 2001.

En 2006, le total des ventes du Monde (125 000), du Figaro (140 000), de Libération (75 000) et même du Parisien (90 000) équivalait à celle de France-Soir en 1981 (430 000 exemplaires) !

Mais afin d’enrayer ce mouvement, beaucoup de journaux développent des suppléments, tels que Figaro magazine, Le Monde 2, etc., se concentrant sur des sujets de société ou de loisirs.

Tandis que la presse écrite tente de trouver des solutions à son déclin, certaines agences de presse développent des journaux en ligne qui n’existent que sur Internet, comme Rue 89 ou alors Bakchich. D’autres éditeurs évoluent avec de nouveaux concepts de publications tel que les reportages (XXI, Le Tigre…) ou alors la photographie (Polka) afin de donner une approche différente de l’information, sous de nouvelles formes et conquérir le public actuel.

La suite sur : le blog

 

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