lingerie 1Réfléchir sur la morale revient à s’interroger sur la (ou les) fin(s) de l’existence humaine.

En effet, toute action, bonne ou mauvaise, est effectuée dans un but précis, selon un objectif, une fin.

Le bac philo du petit-père COMBES : la morale

Réfléchir sur la morale revient à s’interroger sur la (ou les) fin(s) de l’existence humaine. En effet, toute action, bonne ou mauvaise, est effectuée dans un but précis, selon un objectif, une fin.

La moraleLa morale

Plusieurs axes ont été explorés par nos pères :

I] L’eudémonisme : le bonheur

Quelques illustres représentants :

Helvétius

Les moines ont la triste singularité de se priver de plaisir sans faire moins de crimes. Helvétius.

Jérémy BENTHAM et Adam SMITH :

Une action est bonne si elle procure le maximum de bonheur au plus grand nombre. Jérémy BENTHAM.

Dans ce contexte, une action morale vise à maximiser la somme des bonheurs individuels ; elle peut donc, au niveau d’un individu isolé, avoir l’effet inverse (le rendre malheureux).

Le libéralisme entre dans cette logique : il fait progresser la richesse d’une société dans son ensemble. Même s’il y existe d’outrageantes disparités, même si certains restent au bord de la route, la somme des richesses augmente, et même l’ouvrier, avec son petit salaire, en bénéficie. Spéculer est donc ici une action morale.

II] L’hédonisme: le plaisir

Quelques illustres représentants :

Épicure, qui limite toutefois le plaisir aux désirs simples et naturels, plaisirs qui peuvent être atteints par la simple raison :

« Être heureux, c’est savoir se contenter de peu. » Épicure

Lucrèce

Tant que l’objet que nous désirons n’est pas là, il nous paraît supérieur à tout ; à peine est il à nous, nous en voulons un autre et notre soif reste la même. Lucrèce

Michel ONFRAY propose de retenir la définition de la morale de Chamfort :

« Jouis et fais jouir, sans faire de mal ni à toi, ni à personne, voilà je crois, toute la morale. » Chamfort

Bref, ici toute action visant son plaisir égoïste, ou le plaisir d’un tiers, est morale si elle n’entame pas le plaisir du voisin.

III] L’absurdité

Un troisième axe peut également être identifié : la vie est absurde, dépourvue de sens (Camus, Sade). Pour Sade, cet absence de sens conduit à l’absence de morale et au tout est permis.

Le bonheur n’est que dans ce qui agite, et il n’y a que le crime qui agite : la vertu, qui n’est qu’un état d’inaction et de repos, ne peut jamais conduire au bonheur. Sade

Ici, tout est morale du moment que l’on en tire du plaisir. La vie est absurde, sans fin, ni Dieu.

Si Dieu n’existe pas alors tout est permis ! Dostoïevski – Les frères Karamasov

IV] La promesse de l’au-delà

On est bien entendu dans la promesse religieuse : le monde ici-bas est méprisable. Seul compte la vie après la mort. Aussi, toute action est-elle morale si elle augmente les chances d’un au-delà meilleur. La morale est parfaitement codifiée, la liste des péchés étant gravés dans le marbre des textes sacrés.

Le plaisir est ici immoral car trop terrestre. Les valeurs sont renversées par rapport à celle mise en avant dans l’hédonisme. La douleur (parcours de la croix) est glorifiée, ainsi que la frugalité en tout, y compris en plaisirs sexuels ou alimentaires. Ce qui fait plaisir au corps est par définition mauvais. C’est une morale contre-nature. Il faut vivre dans l’objectif unique de préparer sa mort.

Car c’est une grâce que de supporter, par égard pour Dieu, des peines que l’on souffre injustement. Saint-Paul

Kant contre Nietzsche

Une loi (kantienne) permet de définir la morale : « Agis d’après une maxime telle que tu puisses toujours vouloir qu’elle soit une loi universelle.  » (Fondement de la métaphysique des mœurs). Cette loi est partagée par tous, car présente en chacun de nous. Par exemple, « tuer » ne peut être une action morale, car elle détruit le lien social et ne peut donc être universellement souhaitable. La maxime est érigée en loi car elle est indiscutable, c’est un impératif catégorique dans le vocabulaire de Kant. Mais Kant va plus loin en introduisant la notion de désintéressement. Pour que l’action soit morale, elle doit également être désintéressée. Par exemple, un chauffeur de taxi qui vous emmène à votre rendez-vous ne respecte pas une loi mais le fait par intérêt. Son action, bien que très bénéfique, n’est pas « morale » à proprement parler.

Kant met l’égalité en tête des vertus morales.

Nietzsche ne voit dans cette morale kantienne rigoriste qu’un moyen d’abêtir l’humanité, d’en faire un véritable troupeau d’individus informes, déjà morts, dépourvus de plaisirs, renonçant même à l’existence. Pour Nietzsche (et pour le petit-père Combes), Kant a repris à son compte la morale chrétienne (sous la forme impérative des tables de la loi : tu ne tueras pas, tu ne violeras pas la femme du voisin, tu ne voleras pas…), en la débarrassant simplement de sa dimension divine. Il y voit également les travers de la démocratie issue de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui ont mis tous les individus sur un pied d’égalité. Il s’agit de la victoire des forces réactives (la populace), celle qui se vengent des puissants en instillant le poison de la démocratie. Une telle approche pour Nietzsche conduira inévitablement à l’affaiblissement, à la décadence de l’espèce humaine en donnant la part belle aux ratés (le crépuscule des idoles). Les valeurs morales de Nietzsche sont synonymes de noblesse, de courage. Le surhomme est celui qui parvient à dépasser l’autre par ses talents (Federer) à faire preuve de noblesse, en un mot, c’est un grand Hélène, un Léonidas affrontant un millions de perses aux Thermopyles.

L’homme morale est donc pour Nietzsche est à la fois grand (au sens noble du terme) et laisse parler son corps pour y faire entrer la joie (la vraie, pas la joie chrétienne), le plaisir, en un mot la vie.

Le bien et le mal

Pour choisir entre le bien et le mal, encore faut-il être libre. En effet, si nous sommes complètement déterminés (comme le pense Spinoza), incapables de choix, la notion de bien et de mal perd tous son sens et avec la notion de culpabilité. Ceci explique pourquoi la scolastique (la pensée chrétienne) s’est toujours opposée au déterminisme. En effet, pour qu’un être soit pécheur, il faut qu’il ait péché et donc qu’il ait choisi le mal en son âme et conscience. Par exemple, un lion ne choisit pas de tuer une gazelle ; déterminé par sa nature de lion, par son instinct, il l’égorge pour se nourrir, sans haine, sans joie, de manière totalement mécanique. Il n’y a donc pas de dimension morale dans son meurtre.

Rousseau avait mis en évidence cette différence entre l’homme et l’animal dans son discours sur l’origine de l’égalité entre les hommes.

Il en est de même pour l’enfant, encore dépourvu d’éducation, qui agit par instinct et n’hésite pas, par exemple, à écraser une mouche. Il n’y a pas de dimension immorale là-dedans, mais simplement une dimension amorale.

Bref, l’éducation, qui intervient pour tordre le cou aux instincts primaires (l’intérêt particulier), met en place les éléments qui permettront à l’enfant de distinguer le bien et le mal. La désobéissance sera alors coupable !

Supposons que l’homme est libre

S’il est libre, pourquoi choisit-il le mal ? Peut-être a-t-il simplement mal interprété les notions inculquées par ses tuteurs lors de son éducation ? Socrate donnait cette excuse au pauvre pécheur. Saint-Augustin en fera de même. En effet, la créature de Dieu (a priori bon) ne peut pécher volontairement.

Saint-Paul, le pire de tous (notamment sur le plan de la misogynie), verra les choses autrement en introduisant la culpabilité : l’homme peut choisir le mal et c’est tant-pis pour lui et tant mieux pour le gardien des enfers. Kant, encore une fois, penchera vers cette approche paulinienne. L’homme est sensible au vice et doit donc en permanence lutter contre ses vils instincts qui sommeillent en lui. Le bien est un combat !

Morale ou religion ou Thomas d’Aquin contre Kant

Pour le premier, la religion suffit. Philosophie et morale sont à son service, ne sont là que l’expliquer.

Kant veut couper ce lien en partant de l’homme : en fondant une morale de l’homme pour l’homme en utilisant la seule raison (pratique). Manifestement, il s’est planté. Les raisonneurs de tous les continents sont arrivés à des principes biens différents, loin d’être universels.

Cela permet de s’interroger sur la pertinence d’institutions, comme le comité Nobel, qui définissent, de manière universelle, la notion de bien et de mal. Nul doute que s’ils étaient interrogés, les individus, même les plus athées, donneraient des réponses bien différentes.

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