Définir autrui revient à définir ce qui n’est pas moi (même si pour Rimbaud : « je » est déjà un autre… Mais ceci est une autre histoire).

Le bac philo du petit père COMBES : autrui

Autrui eut des débuts difficiles

Depuis que l’homme est homme, il s’est organisé en groupes homogènes. La question de l’autre, de celui qui ne faisait pas partie du groupe, de la différence, s’est donc très tôt imposée. Comment considérer celui qui ne faisait pas partie de la famille, de la tribu, du village, dans un monde dangereux où tout était menace ?

Les Grecs auraient inventé la démocratie… Certainement. Mais Périclès avait pris soin d’exclure de sa démocratie les 3/4 de la cité, les esclaves (l’autre inférieur) et les femmes.

Les Romains résolurent la question : l’étranger était un « barbare ». Vaincu il était réduit aussitôt en esclavage, dans un état inférieur de sous-homme ; il devenait une marchandise que l’on pouvait échanger contre un sac de blé… L’alter n’était pas ego. Il y avait donc deux humanités.

Le christianisme sombra dans les mêmes abîmes : la découverte par les conquistadors d’indigènes stupéfia l’Europe du XVème siècle et fut le point de départ de la controverse de Valladolid, un débat passionné autour de la question de leur appartenance à l’humanité. La réponse négative inaugura une longue ère d’esclavage. Là encore l’autre était marchandise négociable sur le premier marché du coin.

La monarchie de droit divin hissa au rang de dogme la hiérarchie naturelle des êtres, l’idée selon laquelle certains étaient nés plus nobles que d’autres (alors ignobles). Le Roi disposant du droit de vie et de mort sur « ses » sujets (sa propriété) était sans ambiguïté au-dessus des autres.

La conquête de l’ouest montra (mais en doutait-on encore ?) que l’autre, lorsqu’il nous est étranger, inconnu, pouvait être exclu de l’humanité pour autoriser son extermination légale, sans scrupules : on ne tuait pas des hommes mais, au mieux, des animaux. L’indien était « autre ». On affirmait son altérité, sa différence, son infériorité pour justifier son massacre.

Même effort de pédagogie dans Mein Kampf, dans lequel Hitler dégrada le Juif pour l’exclure de l’humanité pour finalement organiser son éradication légale. On ne tuait pas des hommes mais des Juifs.

La question de l’humanité des femmes est encore aujourd’hui d’actualité dans certains pays du monde, notamment en Inde.

Alter ego

Dans alter ego, s’exprime l’idée d’un autre semblable à moi, occupant certes un espace différent, mais doté d’une conscience, de sentiments proches des miens, littéralement un autre moi, digne d’intérêt, disposant des mêmes droits et des mêmes devoirs.

Voilà une belle utopie.

Ai-je besoin de l’autre ?

Il est évident que mon être subit, tout au long de son histoire, l’influence de l’autre. Je me construis au contact des autres ; j’appends (à mes dépends) que ma liberté s’arrête où celle des autres commence. Les autres s’inscrivent donc dans mon inconscient comme un paramètre essentiel conditionnant ma vie.

L’autre est en moi.

Connaître l’autre

Pour que l’alter devienne l’ego, le dialogue est impératif : on a peur de ce que l’on ne connaît pas. L’alter, avant d’être accepté, est une menace pour l’ego. Sa connaissance en fait un être respectable, enfin en théorie.

Le maudit intérêt particulier

Helvetius en était convaincu : l’intérêt joue toute sorte de rôle, toute sorte de personnage, même celui du désintéressé. Car la tentation de se servir de l’autre est prégnante. En ligue et en procession, FERRAT était de tous les combats ; j’évoque l’intérêt général, l’égalité, la solidarité. Mais syndicaliste, politicien, je passe mon temps à tirer la couverture à moi. Je défends d’abord ma retraite à 55 ans au nom du légitime combat contre le capital, pour l’avènement du socialisme, mais encore et toujours, je défends, sans en avoir parfaitement conscience, mon intérêt. L’homme soigne en premier lieu ses proches, puis ses voisins, sa nation. Plus l’autre est loin, moins il est digne d’intérêt.

La prise en compte de l’autre comme un égal n’a rien de naturel. C’est un combat incessant qui vise à mettre de côté la peur de la différence et de l’inconnu et la tendance à privilégier notre « Cher moi », comme disait FREUD.

Pour terminer, deux citations d’un grand philosophe Michel C.

« Les hommes naissent libres et égaux, c’est après que ça se gâte. »

« les hommes sont égaux, mais certains plus que d’autres. »

Tout est dit.

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Philosophie, Sujet du bac philo

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