L’histoire de la haine envers les pratiques sexuelles non-orthodoxes (l’homosexualité notamment) commence avec le récit de la colère divine contre la cité de Sodome, relatée dans le livre I de l’ancien Testament : LA GENESE.

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Lisons donc l’extrait en question pour comprendre les motivations belliqueuses de ces mères de famille en souliers cirés :

Les deux anges arrivèrent dans la soirée à SODOME. Loth (le neveu d’Abraham, premier patriarche (commun à l’islam et au judaïsme)) était assis aux portes de la ville. Il vit les anges et se leva pour les accueillir. Il s’agenouilla, face contre terre, et leur dit :

 » Mes Seigneurs, entrez je vous en prie ! Entrez dans la maison de votre serviteur (on note ici la soumission au divin) pour vous reposer et vous laver les pieds. Vous vous lèverez à l’aube et vous pourrez ainsi poursuivre votre route. « 

Les hommes refusèrent l’invitation, préférant dormir dans la rue. Mais Loth insista et ils finirent par accepter. Loth leur offrit un festin et ils se restaurèrent.

Les villageois (de SODOME) encerclèrent alors la maison. Il y avait-là toute la ville, jusqu’aux enfants et aux vieillards. Ils interpellèrent Loth :

 » Où sont les hommes qui sont entrés chez toi cette nuit ? Fais-les sortir pour que nous les connaissions ! « 

Loth sortit de la maison. Puis il referma la porte derrière-lui. Il répondit aux villageois :

 » Mes frères, je vous en prie, ne faites pas le mal ! J’ai deux filles qui n’ont point connu d’hommes : je vous les amènerai dehors et vous leur ferez ce qu’il vous plaira (le brave père !!) . Seulement, ne faites rien à ces hommes puisqu’ils sont venus à l’ombre de mon toit (et tant pis pour ses filles). »

Les villageois lui répondirent :

 » Retire-toi ! Tu es étranger et tu te poses en juge ! Eh bien, nous te ferons pis qu’à eux ! »

Pressant Loth, ils brisèrent la porte. Mais les hommes (les anges) saisirent les mains de Loth et le firent entrer dans la maison. Ils refermèrent la porte. Immédiatement, les villageois perdirent la vue, et devinrent incapables de retrouver la porte. Les hommes (toujours les anges) invitèrent alors Loth à sortir de la maison :

 » Nous allons détruire SODOME, parce que le cri contre ses habitants est grand devant le Seigneur. Et celui-ci nous a envoyés pour la détruire !  »

SODOME et tous ses habitants seront ensevelis sous une pluie de soufre par la volonté de Dieu (on note ici le côté colérique de Dieu qui ne supporte pas que sa créature se comporte mal à propos ; il est également colère dans l’épisode de Noé où, ne faisant l’économie d’aucun sacrifice : il noie la terre entière sous les eaux parce que les hommes l’ont fâché). Notons aussi que Dieu peut se tromper puisqu’il a créé l’homme et que l’homme se révèle déviant, méchant, capable du mal…

Voilà donc les quelques lignes qui ont déclenché, depuis des siècles et des siècles, les foudres ecclésiastiques contre les homosexuels !

Tout repose sur l’impératif : « Fais-les sortir vers nous, pour que nous les connaissions ! » et plus précisément sur le sens du verbe « connaître ». S’agit-il d’une simple « connaissance » au sens état-civil du terme (Nom, prénom et date de naissance) ? Ou une « connaissance » plus approfondie (sans jeu de mots) ?

En effet, le terme « connaissance » est souvent utilisé, dans l’ancien Testament, comme un synonyme de  » relation sexuelle ». Ainsi, dans la Genèse, on n’évoque jamais directement l’acte sexuel, mais, par exemple, l’arbre de la « connaissance » du bien et du mal. Il s’agirait donc, dans ce passage, d’une volonté manifeste des villageois d’avoir des rapports sexuels avec les étrangers et, par conséquent, des rapports homosexuels.

La réaction de Loth (qui offre ses filles vierges aux villageois) laisse effectivement penser que c’est la deuxième hypothèse qui est la bonne et que l’état-civil n’a rien à faire ici. Au passage on note que le protégé de Dieu (Loth) n’est guère attentif aux desiderata de ses héritières… Doit-on conclure que le fait d’offrir ses filles en pâture à la foule est moins grave que l’homosexualité, voire un acte parfaitement insignifiant ?

Peut-on imaginer que tous les habitants de SODOME soient homosexuels ? En effet, il convient de rappeler que toute la ville est là, y compris les enfants et les vieillards. C’est difficilement concevable. Que penser également des gendres de Loth. Sont-ils, comme les autres habitants de SODOME, homosexuels ? En outre, dans la tradition juive, le crime est plutôt lié à in-hospitalité des villageois envers les étrangers.

Bref, le doute est permis. Les exégètes se disputent sur l’interprétation de ce passage de la Genèse.

Pourtant, au fil des âges, la condamnation de l’homosexualité s’est imposée. La parole de Saint-Augustin fut prépondérante : Le grand évêque d’Hypone écrivit ces quelques lignes qui sonnèrent le début du calvaire des homosexuels :

Les péchés contre la nature, et notamment le péché de sodomie, sont abominables et doivent être punis. [..] En effet, les liens que nous avons avec Dieu sont violés lorsque la nature que Dieu nous a donnée est désacralisée et pervertie par la luxure.” Saint-Augustin.

Le doute ici n’est plus permis. L’homosexualité est un péché envers l’homme, un péché envers la nature et envers celui qui l’a créé : Dieu.

Or, si péché il y a, intention il doit y avoir : l’homosexualité n’est pas vu comme une anomalie génétique dont la nature serait la seule responsable, contrairement à ce que pensera, bien plus tard, le grand Charles :

Nul n’a le droit en vérité ; De me blâmer de me juger et je précise ; Que c’est bien la nature qui Est seule responsable si Je suis un  » homme oh  » comme ils disent. Charles AZNAVOUR – COMME ILS DISENT

…mais bien un vice, dont l’auteur, parfaitement libre, est le seul responsable, donc coupable.

Dans la tradition chrétienne, on ne naît pas homosexuel, on le devient par vice… On voit une fois de plus pourquoi les pères fondateurs des religions ont dû, très tôt, supposer l’existence du libre arbitre ; il fallait dédouaner Dieu des actes odieux commis par sa créature. L’homme peut faire le mal, mais Dieu n’y est pour rien. Il a donné à l’homme la possibilité de choisir.

Le petit-père COMBES rejette toutes ces belles théories. Il a connu nombre d’homosexuels, honteux de leur penchant pour le même sexe, refoulant au plus profond de leur être leur amour coupable, refusant l’évidence, se niant à eux même leur homosexualité, au péril de leur vie.

Entre Saint-Augustin et le grand Charles, le petit-père COMBES choisit, sans ambiguïté le grand Charles.

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