MACHIAVEL, CAHUZAC et le FN

Qui s’intéresse à l’histoire, sait que « les affaires » pavent son chemin tortueux.

MACHIAVEL, CAHUZAC et le FN

Qui s’intéresse à l’histoire, sait que « les affaires » pavent son chemin tortueux. Même sans remonter à l’époque des galères, temps jadis regrettés où l’on hésitait pas à tuer son père ou sa mère pour une parcelle de pouvoir ou quelques sesterces, on peut facilement trouver, dans notre histoire récente, et en particulier dans les cahiers de nos personnages les plus illustres, quelques mélanges sulfureux entre pouvoir, sexe et argent.

Clemenceau, par exemple trempa dans l’affaire de Panama, Émile Combes (président du Conseil), dans l’affaire des fiches (constitution d’un fichier secret sur les opinions politiques de personnes importantes), Jules Grévy, dans l’affaire des décorations (favoritisme), Giscard, dans les diamants de BOKASSA… pour ne citer que des affaires d’argent.

Pourtant le phénomène FN est récent. Alors ?

Si on n’y regarde de plus près, une différence majeure saute aux yeux ! Sous la IIIème république, une casserole accrochée aux fesses d’un homme politique était synonyme de démission (ou de limogeage). Aujourd’hui, en politique, aucune faute n’est définitive, aucun comportement, même le plus immoral, n’est rédhibitoire. On peut être condamné, emprisonné, soupçonné de corruption, de vol d’abus de biens sociaux ; on peut financer sa campagne de manière frauduleuse, mentir, puis présenter sans état d’âme devant les électeurs avec le secret espoir que l’élection lavera l’honneur (injustement) sali.

C’est comme si le suffrage universel avait remplacé la justice.

Alors, on tripatouille dans les urnes, on finance-occulte, on place ses proches aux postes gratifiants et bien rémunérés, on achète des votes, on fait des alliances contre-nature pour gagner deux portefeuilles ministériels, on met sa carrière au-dessus de l’intérêt général, on ne tient jamais ses promesses électorales… Et on dénonce aussi le « tous pourris » des médias, en corrigeant, le cas échéant par : « tous pourris sauf moi ! »

Pourtant, comme pour les prises de cannabis ou de cocaïne, on peut imaginer, sans gros risque de se tromper, que les affaires qui remontent à la surface ne sont qu’une infime fraction de ce qui coule tout au fond du cloaque politique.

Relisons MACHIAVEL pour excuser CAHUZAC

L’homme vise à conquérir le monde. Sa volonté de puissance (au sens Nietzschéen) ou son vouloir vivre (au sens Schopenhauerien) ou son ego (au sens Freudien) n’ont pas de limite. Cette quête permanente du pourvoir constituerait, pour MACHIAVEL, le fondement même de la société.

MACHIAVEL va plus loin : pour lui, la morale n’a rien à faire en politique : elle conduit systématiquement à la chute des gouvernants qui en usent. Les outils du Prince sont plutôt à rechercher dans d’autres trousses à outils, moins vertueuses, pleines de ruse, de violence, d’hypocrisie et de trahison. L’efficacité étant le maître-mot, rien n’interdit, d’avoir recours au mal. C’est même encouragé car gage de stabilité.

MACHIAVEL nous le dit : c’est la fonction qui fait le Prince. C’est son titre et son pouvoir qui le dotent de toutes ses tares immorales. Chers lecteurs, ne condamnez donc pas le Prince CAHUZAC : à sa place vous en auriez fait autant. D’ailleurs, à votre petite place, dans votre modeste condition, ne cherchez-vous pas à favoriser vos proches, à dissimuler trois francs et six sous au fisc ? L’homme est par nature mauvais et vous l’êtes aussi. Le Prince ne l’est qu’un peu plus. Ce n’est donc pas une question de nature mais de degré.

La politique n’est qu’une stratégie, une ruse mise en œuvre par un homme particulièrement habile dans le seul but de conquérir le pouvoir puis de le conserver. L’intérêt général n’a rien à voir la-dedans. Si l’homme politique en parle parfois, c’est que ça lui est utile dans a conquête du pouvoir.

La démocratie fatiguée du PRINCE

Lorsque la volonté de servir l’intérêt général s’efface devant la tentation de soigner son intérêt particulier, la démocratie chancelle. L’élection consiste, comme l’avait anticipé SIEYES, a délégué à « plus compétent », à « plus disponible », son pouvoir de discuter des lois. Elle repose donc sur la confiance. Confiance dans l’étique de nos représentants. Lorsque ces derniers se vautrent dans le favoritisme, l’enrichissement personnel, la diffamation, le mensonge,… la confiance est brisée et la méfiance se généralise.

L’heure du FN

Le FN, toujours à l’écart du pouvoir, est vierge de tout soupçon. Et il le sait. Il surfe sur cette image du « tous pourris sauf nous. » Dans les temps difficiles que nous traversons, sa virginité est un sacré atout. Il s’amuse de la bataille de chiffonniers à laquelle se livrent les autres partis qui s’accusent mutuellement d’immoralité. Il n’a qu’a attendre. Encore deux ou trois affaires CAHUZAC ou deux scandales GAYET et son heure sera venu : la pomme du pouvoir, trop pourrie, tombera toute seule dans son panier.

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :