Poutine et Nicolas premier

Le parallèle est saisissant entre le Tsar oublié (on se souvient plus de Nicolas II, dernier des Romanov) et son successeur du Kremlin. Le petit-père Combes vous propose dont un petit rappel historique qui, il l’espère, permettra de mieux comprendre la crise ukrainienne.

Poutine et Nicolas premier

Nicolas Ier

Le Tsar Nicolas Ier fut élevé parmi les officier, dans la tourmente des dernières campagnes napoléoniennes (son frère, le Tsar Alexandre Ier fut le tombeur de l’Empereur des Français). Nicolas Ier resta, tout au long de son long règne, imprégné de valeurs militaires, qui guidèrent sa conduite des affaires politiques.

Ses premières années de Tsar sont mouvementées. Il affronte les revendications révolutionnaires des partisans de l’abolition du servage qui souhaitent aussi l’adoption d’une Constitution ! Ni une, ni deux, Nicolas fait donner la troupe pour faire taire ces prétentieux irrévérencieux !

La Russie est et restera une monarchie. L’État, c’était lui !

Il musèle ensuite l’Aristocratie (les Apparatchik de l’époque), s’appuie sur l’armée et la police) pour tenir le pays en laisse, censure, réprime les manifestations, interdit les contre-pouvoirs et notamment la presse d’opposition.

La ligne politique de Nicolas Ier est donnée officiellement en 1833 par Sergueï Ouvarov (le penseur du régime) et tient en trois points :

  • La monarchie (pouvoir d’un seul)

Car elle est le seul régime politique compatible avec l’esprit russe. Un seul s’occupe et décide de tout, ce qui libère le reste de l’humanité pour d’autres tâches et garantit la stabilité du pays (en 1917, on constata qu’il se trompait).

Nicolas Ier n’admet pas la chute, en 1830, de Charles X, roi de France. Il intervient en Hongrie pour faire cesser les mouvements révolutionnaires. Nicolas Ier fut un monarque dans le plein sens du terme.

  • L’orthodoxie

Rome a été pillée par les barbares au IVème siècle, puis corrompue par le catholicisme latin. Avec la conversion de Constantin, l’empire romain d’Orient s’est trouvée une nouvelle capitale (Byzantium en grec ou Constantinople (aujourd’hui Istanbul)), gardienne de la vrai foi. En 1453, après la conquête de Constantinople par Mehmet II (en turc : Mohammed II, 7e sultan de l’empire ottoman), les orthodoxes (en grec : le vrai dogme) ont émigré à l’Est, notamment vers Moscou. Pour eux, la capitale russe est la nouvelle Rome, la troisième du nom ! Nicolas Ier voit dans l’orthodoxie un ciment de la société. Les orthodoxes voient dans le Tsar le garant de la foi. Ils travaillent donc ensemble à « protéger » le peuple et notamment contre les risques de déviances occidentales.

D’ailleurs, Nicolas Ier ne se prive pas d’affaiblir l’empire Ottoman, dès que l’occasion se présente. En 1828, il déclare la guerre à la Turquie. Il souhaite s’imposer en protecteur des tous les chrétiens vivant en territoire ottoman (notamment les Grecs). Ce qui le conduira à la guerre de Crimée en 1854 et, avec la chute de Sébastopol (qui donnera son nom à une station de métro parisienne) et à sa propre mort.

  • Le nationalisme

Nicolas Ier fut un protecteur du nationalisme slave, dans ses frontières mais aussi en-dehors. Il imposa un protectorat sur la Moldavie et garantit l’accès à sa marine à la Méditerranée.

Le nationalisme russe et né en 1854, déjà avec la Crimée

Il tient en quelques principes : surveillance de la société (notamment pour éradiquer toute de déviance sens « occidental » du terme) et protection des minorités russes de l’étranger, défense de la foi chrétienne.

Aujourd’hui, le Kremlin

  • dénonce les mœurs occidentales, notamment lorsqu’ils sont synonymes de mariage gay ;
  • fustige la faiblesse des démocraties occidentales (à commencer par la France) lorsqu’il s’agit des chrétiens de Syrie ou du Moyen-orient en général ;
  • s’intronise défenseur des Russes de Crimée ou de Donetsk ;
  • souhaite un accès maritime à la Méditerranée.

Vladimir Poutine, élevé également dans l’esprit militaire, ne serait-il pas le nouveau Nicolas Ier ?

 

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