Le triste scénario christique du block-buster américain

Encore un MARVEL ! le dixième en six mois… Et toujours le même scénario,

tristement répétitif. Passés maîtres dans l’art de l’image, nos amis d’outre-mer sont devenus aussi les champions de la réécriture du nouveau testament. Les décors changent, le nom du héros aussi, mais l’histoire est toujours la même, la lutte entre le bien et le mal.

Les méchants sont très méchants et les gentils seulement gentils : on est en pleine résurgence du manichéisme (on qualifie aujourd’hui de manichéenne une pensée ou une action sans nuances, voire simpliste, où le bien et le mal sont clairement définis et séparés). Bref, les US ne font pas dans la nuance et chacun peut clairement se ranger du du super-héros, sans risque de se tromper.

Mais quelle est cette histoire ?

Un peuple, une ville sont paisiblement installés lorsque le mal surgit. Il ne vient pas de nulle part. Il est souvent associé à de mauvais comportements, des dérives d’individus vers de mauvais sentiments : l’attrait du pouvoir, la cupidité, la jalousie. Bref, le peuple a péché, mis de côté les vrais valeurs pour adorer des veaux d’or. Le mal menace alors la cohésion du groupe. Il frappe sans distinction (comme à Sodome) ; il est sur le point d’asservir le peuple, de le priver de liberté. Mais, lorsque tout semble perdu, arrive le sauveur, celui que l’on attendait pour libérer la ville du mal personnifié dans le super-vilain. Le bien finit, bien entendu, par l’emporter et les hommes sont sauvés par le sacrifice du super-héros.

Le super-héros à l’image du Christ

Le super-héro est attendu (parfois annoncé par les écritures comme dans MATRIX ou Star-Wars) pour sauver le monde.

Le super-héros a des valeurs, des principes, un dogme avec lesquels il ne transige jamais : il est magnanime, généreux, désintéressé, fidèle… Il aide les personnes âgées à traverser (il ne va pas jusqu’à redonner la vue aux aveugles mais presque).

C’est un protecteur du faible (Heureux les affligés, car ils seront consolés : les béatitudes), celui qui n’a pas les moyens de se défendre. Il n’est pas l’ami du pouvoir en place, romain ou pas.

Il est souvent solitaire (Bat-man, Spider-man, Die Hard..), reconnu seulement par quelques-uns (une petite amie, un serviteur, un colonel…). Ces apôtres le comprennent, le suivent, défendent ses principes. Certains le trahissent.

Le super-héros a des « pouvoir », des éléments surnaturels qui le rendent supérieurs à l’homme de la rue. Il vole, grimpe aux murs (au lieu de marcher sur l’eau) ; il dispose d’une force herculéenne (au lieu de multiplier les pains) et il comprend le monde mieux que quiconque.

Il est parfois tenté par le mal (Spider-man III) mais, au dernier moment, reconnait le Malin et le repousse (comme le Christs lors de son séjour dans le désert)

Le peuple

La masse est prête à se soumettre pour un peu de tranquillité, comme les Juifs à l’époque du second temple, sous Hérode. Le super-héros devient alors un paria (vilipendé dans les journaux comme dans Spider man III), car il contrarie le pauvre pécheur qui, effrayé par la lutte qui s’annonce douloureuse, s’est résigné depuis longtemps à la servitude volontaire. Le super-héros prêche dans le désert.

La lutte entre le bien et le mal

En incompris, parfois trahis, le super-héros monte seul au combat. Il risque sa vie pour sauver l’humanité. Il soufre dans sa chair, souvent il saigne ; il parcourt sa via Dolorosa, son chemin de la souffrance (en latin). Il est alors sur le point de succomber (sa carapace est défoncée, son costume déchiré) lorsqu’il renait de ses cendres. Dans cette sorte de résurrection, il est alors plus fort que jamais et terrasse (souvent dans un décor lugubre) le super-vilain. Le monde est sauvé et la lumière éclaire de nouveau les décors. Un sentiment de paix, d’équilibre et de joie envahit l’écran.

Le super-vilain : l’image du diable

Nous sommes dans le manichéisme, aussi le super-vilain est-il l’antithèse parfaite du super-gentil. Il met ses intérêts (souvent le pouvoir) au-dessus de tout. Sa couleur est souvent le noir ; il est souvent associé au feu. Il n’a, bien entendu, ni foi, ni loi : seul le pouvoir compte.

En conclusion

Le petit-père Combes prie messieurs les évangélistes du box-office d’avoir un peu d’imagination…

Les Béatitudes (Matthieu 5, 3-12)

Heureux les pauvres en esprit,
car le Royaume des Cieux est à eux.
Heureux les doux,
car ils recevront la terre en héritage.
Heureux les affligés,
car ils seront consolés.
Heureux les affamés et assoiffés de la justice,
car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux,
car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs,
car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix,
car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux les persécutés pour la justice,
car le Royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on vous calomnie de toutes manières à cause de moi.
Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux.

Les béatitudes selon saint-Mathie

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