Si CLEMENCEAU fut l’homme politique français du XXème siècle, Winston CHURCHILL fut certainement son alter-ego outre-manche.

Rufus FEARS voit même dans ce personnage atypique, « le plus grand homme d’État britannique de tous les temps ! Et il va plus loin . Il voit en CHURCHILL un grand écrivain (prix Nobel), un peintre de talent (exposé dans les plus grandes galeries londoniennes), un homme d’esprit, auteurs de bons mots inoubliables. N’a-t-il pas osé son savoureux :

« Une pomme chaque matin, éloigne le médecin… à condition de viser juste ! » Winston CHURCHILL

ou encore

« Le libéralisme, c’est beaucoup de voitures et peu de parking, le communisme, c’est plein de parkings, mais pas de voitures ! » Winston CHURCHILL

Winston CHURCHILL

 

Pour Rufus FEARS, CHURCHILL reste, dans l’imaginaire collectif, l’un des personnages dont l’action politique eut le plus grand impact sur l’issure de la seconde guerre mondiale : Alors que son antithèse politique (Neville CHAMBERLAIN, premier ministre britannique) voyait en 1938 dans Hitler « un homme avec qui l’on pouvait discuter « , CHURCHILL, écarté du pouvoir depuis la crise des Dardanelles (1915), mettait dès 1930 en garde sa nation contre le péril Nazi. Je ne résiste pas au plaisir de rapporter ici le savoureux dialogue entre les deux hommes qui eut lieu au retour de Munich, en 1938, alors que la délégation alliée (Chamberlain pour la Grande-Bretagne et Daladier pour la France) venait d’abandonner la Tchécoslovaquie à son triste sort en signant les fameux accords de Munich avec Hitler et Mussolini :

Chamberlain : mes bons amis, pour la seconde fois dans notre histoire, un premier ministre britannique revient d’Allemagne, apportant paix et honneur. Je pense que nous avons obtenu la paix. Rentrez-chez vous et dormez bien. Churchill : vous aviez le choix entre la guerre et le déshonneur. Vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre !

L’histoire donna raison à CHURCHILL. Il semblait connaître HITLER. Il avait suivi sa carrière depuis le berceau et surtout avait pris la précaution de lire Mein Kampf, livre prothétique (1921-1922) où HITLER avait déjà annoncé son programme, de la prise du pouvoir à l’Anschluss, de la revanche sur la France jusqu’à la conquête de l’Est , de sa politique pangermaniste à l’extermination industrielle des Juifs.

La jeunesse de Winston CHURCHILL

Descendant du duc de Marlborough (qui s’illustra dans la guerre que la Grande Bretagne mena contre la toute-puissance de la France de Louis XIV), Winston CHURCHILL fut peu doué pour les études, rechignant à apprendre le latin, ne dépassant pas l’apprentissage de l’alphabet grec, refusant d’apprendre l’Allemand : « cette langue bestiale ». Il annonça à son père son attrait pour les armes, ce qui le conduit, naturellement, vers l’académie militaire.

Winston CHURCHILL : l’homme d’action

Très vite, Winston CHURCHILL se prend d’une réelle passion pour l’empire britannique :  » 91 fois plus étendu que la Mère-Partie » et il se dit prêt à consacrer sa vie à sa défense. Mais il veut de l’action. Il regarde avec dédain ses collègues militaires s’ennuyer dans des jeux de cartes sans intérêt. Il part pour Cuba, aux Indes, au cœur de l’action, au Soudan. Il est à la fois militaire et correspondant de guerre pour le Morning Post. Il est fait prisonnier en 1899 en Afrique du Sud, pendant la guerre des BOERS (soulèvement des fermiers flamands contre l’occupant britannique) où s’illustre Lord KITCHENER que nous reverrons lors de a crise des Dardanelles. Il s’échappe et devient un héros de guerre.

Winston CHURCHILL : le député du parti conservateur

Dès son retour d’Afrique du sud, Winston CHURCHILL intègre le parti conservateur et est élu à la chambre de députés en 1901 (comme son père avant lui) ; il a 26 ans. Il rejoint l’ennemi de toujours : le parti libéral, même si, à cette époque, la distinction politique entre les lignes politiques des deux parties n’est pas évidente !

Son art de la rhétorique le pousse au devant de la scène et on lui confit ses premiers porte-feuilles ministériels, dont un sous-secrétariat aux colonies qui le conduit en Israël, aux côtés de Lawrence d’Arabie. Il sera un ardent avocat de la création d’un État sioniste (pour garantir aux Juifs le droit de vivre en sécurité). Winston CHURCHILL se dira « sioniste ».

Winston CHURCHILL : le premier Lord de l’amirauté (1914)

Son cœur reste militaire. Ses premiers succès le conduisent naturellement vers l’amirauté. Nous sommes aux prémices de la première guerre mondiale. Il est, en tant que civil en charge de la surveillance de la flotte militaire, l’une des plus importantes aux mondes, un des personnages majeurs de l’État britannique.

Winston CHURCHILL et la grande guerre

L’Archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie (Habsbourg) est assassiné à Sarajevo par un extrémiste Serbe. Nous sommes en 1914. La Serbie accepte d’enquêter mais l’Autriche veut la guerre. L’Allemagne alliée à l’Autriche lui emboîte le pas. La Russie garantit la protection de la Serbie. La France, alliée de la Russie, déclare à son tour la guerre à l’Allemagne, suivie de peu par la Grande-Bretagne. la Turquie (empire Ottoman) se rallie à l’Allemagne et l’Italie rejoint le camp des alliés : la guerre est mondiale. Ce méli-mélo politico-stratégique jette un trouble immense sur la lecture du conflit : dans les tranchées de Verdun, on ne sait plus très bien pourquoi on fait la guerre aux Allemands.

En tant que premier Lord de l’amirauté, Winston CHURCHILL propose d’affaiblir l’Allemagne en attaquant le maillon faible de la coalition ennemie : l’empire Ottoman. Avec l’approbation du cabinet, il lance l’opération des Dardanelles : son objectif est d’occuper Constantinople (Istanbul) et sortir ainsi la Turquie du conflit. C’est un fiasco en raison du refus de l’État-major (Lord Kitchener que nous avons vu) d’envoyer des troupes d’occupation et une boucherie pour le corps franco-britannique, découpé par les mitrailleuses allemandes des forces ottomanes bien retranchées. Cet échec le poursuivra, tout au long de se carrière. Il sera sans cesse apostrophé à l’assemblée par ses opposants politiques avec le célèbre : « souvenez-vous des Dardanelles « ! ».

Winston CHURCHILL sorti du gouvernement

Winston CHURCHILL quitte, contraint et forcé, le gouvernement. Ces années de liberté, il les consacre à la peinture.

1917, la Russie, déstabilisée par la révolution d’octobre, quitte le conflit et libérant, du même coup, les troupes allemandes qui se massent à l’ouest. Mais l’arrivée des Américains permet aux alliés de remporter la guerre.

Déjà Winston CHURCHILL met en garde le gouvernement contre la nouvelle menace : le bolchevisme. Il est encore temps : si un soutien militaire est apporté aux armées blanches (restées fidèles au Tsar Nicolas II), les communistes peuvent encore être renversés. Mais las de la guerre, le gouvernement ne l’écoute pas, : après des années de guerre, le peuple veut la paix. Winston CHURCHILL sait pourtant le caractère conquérant de cette nouvelle religion sans dieu, une religion liberticide, qui pour fonctionner doit s’appuyer sur une police omniprésente. Il dira :

« En Angleterre, tout est permis, sauf ce qui est interdit. En Allemagne, tout est interdit, sauf ce qui est permis. En France, tout est permis, même ce qui est interdit. En U.R.S.S., tout est interdit, même ce qui est permis. » Winston CHURCHILL

Winston CHURCHILL dénonce aussi le Traité de Versailles (1919), dans lequel il voit les germes du prochain conflit : l’Allemagne y est rendue seule responsable du conflit ; elle est saignée par les indemnités de guerre et humiliée au plan militaire : pour Winston CHURCHILL, il est évident qu’elle cherchera à se venger. Il devient donc partisan du réarmement, mais pas le premier ministre : Neville Chamberlain qui préconise une politique d’apaisement (il dira plus tard : « si j’avais alors dit la vérité, si j’avais demandé le réarmement de l’Angleterre, j’aurais perdu les élections de 1935 ; ce fut un choix politique ».)

Caricaturant la politique d’apaisement de Chamberlain, Churchill dira :

« Un conciliateur c’est quelqu’un qui nourrit un crocodile en espérant qu’il sera le dernier à être mangé. » Winston CHURCHILL

La guerre ! WINSTON CHURCHILL a encore eu raison !

Dunkerque. Les armées allemandes et françaises sont prisonnières sur les plages. Les chars de Guderian attendent l’ordre d’Hitler pour les écraser. Il ne vient pas. Hitler, avec ce geste magnanime, espère amener l’Angleterre à la table de négociation. Et beaucoup, pour ne pas dire la majorité des Anglais, persuadés de la victoire de l’Allemagne, sont prêts à négocier les conditions de la paix. Churchill, encore une fois, est isolé. Il ne croit pas qu’Hitler s’arrêtera ainsi aux portes du Royaume-Unis.

Après un discours à la chambre des Lords, il renverse une opinion sceptique, et devient l’homme providentiel.

« Plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur. » Winsaton CHURCHILL

Winston CHURCHILL forme en mai 1940, à la demande du roi (George VI), un gouvernement d’union nationale. L’Angleterre est alors seule face à l’Allemagne, toute puissance sur le continent. Fidèle à ses convictions (dire toujours la vérité ce qui est ma foi rare en politique), il ne promettra à la Nation que ce qu’il peut promettre : du sang, des larmes, de la sueur et…. la Victoire. Il rallie la nation derrière lui. La bataille d’Angleterre commence. La Luftwaffe de Goering est sur le point d’éradiquer la Royal Air Force. Mais l’aviation britannique tient bon. CHURCHILL rend hommage aux pilotes :

Ce fut la première fois dans l’histoire, que tant (d’hommes) durent autant à si peu (la poignée de pilotes)

Il sait que l’Angleterre ne gagnera pas seule. Il cherche à impliquer les États-Unis dans le conflit. Puis, il prévient un Staline incrédule (qui fournit encore des matières premières à l’Allemagne nazie) de l’imminence de l’opération Barbarossa (1941), frappe le ventre mou de l’Allemagne (l’Afrique du Nord) où il envoie Montgomery (face au maréchal Rommel et son célèbre Afrika Korps). Tenir l’Egypte et le canl de Suez est capital ! La victoire l’El Alamein est la première victoire alliée. Il reprend la Sicile. Les Américains, qui entrent dans le conflit suite à Pearl Harbour, veulent débarquer en Normandie. Winston CHURCHILL lance la plus formidable opération d’intoxication militaire : FORTITUDE. Jouant de toutes les ruses (agents doubles comme Joan PUJOL, fausse opération militaire (bombardement de Calais), positionnement de fausses armées en face de Calais (commandée par un vrai général (PATTON) pour garantir sa crédibilité), l’opération fonctionnera à merveille, les Allemands massant leur meilleures troupes (la XVème armée) près de Calais, laissant le champ libre aux alliés en Normandie.

Et puis, c’est la victoire. Comme toujours, il voit lus loin : il est le premier à voir le péril rouge en évoquant dans son discours de Fulton en 1946 le « rideau de fer qui s’abat sur l’Europe ».

Malgré tout, il est battu aux élections !!! Les Anglais veulent (comme en France) du social. Winston CHURCHILL, toujours attentif aux plus démunis, n’étant guère socialiste :

« Le vice inhérent au capitalisme consiste en une répartition inégale des richesses. La vertu inhérente au socialisme consiste en une égale répartition de la misère. » Winston CHURCHILL « Christophe Colomb fut le premier socialiste : il ne savait pas où il allait, il ignorait où il se trouvait… et il faisait tout ça aux frais du contribuable. » Winston CHURCHILL

Premier ministre en 1951, il rend son tablier en 1955, gagné par la maladie (il buvait beaucoup). Il écrit ses mémoires et est honoré du prix Nobel.

« Après la guerre, deux choix s’offraient à moi : finir ma vie comme député, ou la finir comme alcoolique. Je remercie Dieu d’avoir si bien guidé mon choix : je ne suis plus député ! » Winston CHURCHILL

L’avis du petit-père COMBES

Winston CHURCHILL fut un homme extra-ordinaire, au sens étymologique du terme : un homme politique qui possédait les qualités essentielles pour l’exercice de cette tâche (qualités devenues devenues si rares aujourd’hui…) :

L’honnêteté

Sa plus grande qualité, à mes yeux, fut de toujours dire la vérité, si difficile fusse-t-elle à entendre. Il fut honnête dans tous les cas, même si cette vérité pouvait être la garantie d’une défaite électorale. Il promis ainsi en 1940 du sang et des larmes, ne cherchant pas à dissimuler les difficultés qui s’annonçaient.

La vision de l’avenir

Il fut également un grand visionnaire, le premier à comprendre le risque que présentait la montée du nazisme (1921), puis du Communisme (1946). Il fut partisan de l’interventionnisme, convaincu que le Diable ne se limite jamais à des frontières et qu’il convenait donc de lui couper la tête au plus tôt, avant qu’il n’en déborde.

En 1918, il fut, seul contre tous, l’avocat du soutien aux armées restées fidèles au Tsar, sous peine d’une expansion incontrôlable du communisme. La suite lui donna raison. Privées de soutien, les armées blanches furent écrasées par Staline qui avala la moitié l’Europe.

Pendant la crise des Sudètes (1938), alors que la majorité des Britanniques considérait qu’il s’agissait d’une affaire intérieure à la Tchécoslovaquie et qu’il convenait, en conséquence, de s’en désintéresser, Winston CHURCHILL demanda un soutien officiel du gouvernement à ce pays désespéré qui était son allié. Il avait lu Mein Kampf et savait que Hitler ne tiendrait pas ses promesses. Comme prédit par Winston CHURCHILL Chamberlain eut le déshonneur, puis la guerre.

La responsabilité

Toujours, il assuma ses décisions, ne cherchant jamais à dévier les critiques sur d’autres. Accusé d’être le seul responsable du fiasco des Dardanelles, il ne chercha pas à esquiver les coups (alors que tous les membres du cabinet et le chef de l’État-major avait également approuvé l’opération). Il accepta la sanction politique.

« La responsabilité est le prix à payer du succès. » Winston CHURCHILL

La persévérance

« Il ne sert à rien de dire “Nous avons fait de notre mieux”. Il faut réussir à faire ce qui est nécessaire. » Winston CHURCHILL

 

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  1. […] Anglais (Loyd GEORGES et CHURCHILL) se sentant fort redevable, lui proposèrent le pseudo-trône d’Irak en 1921. Il accepta ce […]

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  2. […] Churchill fut le premier a avancé l’idée européenne, y voyant le garant de la paix. Dès 1946, il avança même, au cours d’un discours américain, le principe de la réconciliation franco-allemand ! L’idée mit du temps à se concrétiser. […]

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  3. […] Anglais (Loyd GEORGES et CHURCHILL) se sentant fort redevables, lui proposèrent le pseudo-trône d’Irak en 1921. Il accepta ce […]

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Histoire, Nazisme

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