J’ai lu pour vous Nicolas Ier de Henri TROYAT

Henri Troyat est né à Moscou, en 1911 et a donc traversé, encore jeune enfant, la révolution bolchevique.

Nicolas Ier de Henri TROYAT

Un mot sur l’auteur pour comprendre son intérêt pour la Russie des Tsars.

Henri Troyat est né à Moscou, en 1911 et a donc traversé, encore jeune enfant, la révolution bolchevique. Son père, commerçant bien installé, a été contraint par les Rouges à l’exil,vers la région caucasienne, puis vers la Crimée, la mer Noire, Constantinople, et enfin l’Italie, puis Paris en 1920, où il obtint la nationalité française.

Tout en poursuivant une carrière dans l’administration à la préfecture de la Seine, il se lança dans l’écriture, accumulant les prix jusqu’au Goncourt en 1938. Il décéda à Paris en 2007.

Son Nicolas Ier (1796-1855)

Il s’agit de la biographie d’un Tsar, frère et successeur de l’illustre Alexandre Ier (son frère), le vainqueur de Napoléon Ier et, à ce titre, monarque vénéré en Europe.

L’assassinat politique faisant partie du décor des cours européennes de l’époque, personne ne fut surpris lorsque son père Paul Ier, tomba raide-mort, victime d’une conspiration, laissant Nicolas, 5 ans, orphelin ; orphelin mais loin d’être abandonné, son grand frère Alexandre, le nouveau Tsar, assurant avec brios le rôle de tuteur.

Le Tsar est le terme russe pour César. En effet, après la chute de Rome (476), victime des hordes barbares, la filiation romaine de Jules César (mort en 44 avant Jésus-Christ) fut transférée vers les Empereurs de Constantinople (ou Byzance), la seconde Rome, suite à la conversion (312) au christianisme de Constantin. Constantinople disposa de son propre patriarche, de sa propre interprétation du dogme (l’orthodoxie : étymologiquement « dans la droite ligne de la loi ») et se détacha donc de l’autorité du pape. En 1453, les armées ottomanes prirent la ville et la diaspora orthodoxe dut fuir notamment vers Moscou, considérée alors comme la troisième Rome. Les Tsars se considérèrent alors, à la fois comme les successeurs de Constantin (à cet égard de second frère de Nicolas s’appelait Constantin), mais aussi d’Alexandre-le-Grand (nombre de Tsars prirent le nom d’Alexandre).

Nicolas, admirateur de la chose militaire, regretta que son frère, le Tsar Alexandre Ier, ne l’emmenât pas sur les champs des batailles napoléoniennes. Au décès de son frère (1825), Nicolas avait trente ans et, pourtant, aucune expérience militaire ! Jamais associé au pouvoir, il ne connaissait pas non-plus les rouages de la machine d’État.

Constantin, son second frère, et successeur naturel d’Alexandre, refusa, à la surprise générale, le trône ! Ce fut une première dans l’histoire russe. Nicolas, toutefois, hésita a prendre cette couronne qui lui tendait les mains.

Mais la vacance du pouvoir, comme à chaque fois, attisa les ambitions et les révoltes. D’ailleurs, les ennemis des Romanov, porte-paroles des idées révolutionnaires à la française, commencèrent à s’organiser, à s’agiter. Nicolas accepta alors de devenir le nouveau César. Les esprits pourtant ne se calmaient pas. La troupe, déjà, était aux ordres de Nicolas et n’attendait plus qu’un signe de sa part pour tirer. Nicolas ne voulait pas commencer son règne dans un bain de sang. Il hésita encore… Finalement, il donna l’ordre tant attendu : 70 morts… parmi ceux que l’histoire retiendra sous le nom de Décembristes.

De son accession douloureuse au trône, il retiendra les méfaits de ces idées révolutionnaires : des outils à décapiter les têtes couronnées.

En digne héritier des empereurs de Constantinople, nouveau croisé, il se posa d’entrée comme rempart contre les hordes musulmanes : son premier objectif fut donc de mater les Turcs. Ne voulait-il pas aussi accéder ainsi à la Mer Noire contrôlée par les Ottomans ? Sans doute… En tout cas, il convoita (quelques années avant Poutine) la Crimée !

Seulement, les Français et les Anglais ne voulaient pas de Russes dans cette région du monde. Napoléon III associé au plus grand ennemi de son Oncle, la perfide Albion, lança l’expédition (1853-1856) qui conduira à la débâcle russe de Sébastopol et donnera quelques noms à des stations de métro parisiennes (dont Malakoff, Crimée et Sébastopol).

De cette défaite, Nicolas Ier, ne se relèvera pas. Il mourut en 1855. Cet autocrate n’était, semble-t-il, plus adapté au siècle. Il ne pouvait s’imposer que par la terreur.

Les Décembristes furent-ils les pères des révolutionnaires qui firent tomber, 70 ans plus tard, l’empire des Romanov ? Nicolas II, lointain successeur du premier Nicolas, ne paya-t-il pas l’addition mal réglée par son prédécesseur ? C’est certainement l’avis du petit-père Combes.

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