Dans le contexte tristement habituel des conflits israélo-arabes, les pluies de roquettes du HAMAS s’abattent sur les crânes innocents des civils israéliens, en représailles aux missiles de Tsahal dont l’objectif est de faire taire ces maudites batteries, mais qui s’abattent en fait sur les crânes innocents de civils Palestiniens…

 

Une histoire, vielle de 1500 ans… A l’époque, David (futur roi des Juifs et père de Salomon dont on connait le Temple) affrontait Goliath, le géant Philistin. Commencée avec des cailloux, la guerre continue aujourd’hui avec des avions et des explosifs artisanaux.

Qu’est ce que le HAMAS ?

On en connait seulement quelques images furtives, des hommes cagoulés de noir, munitions en bandoulière, brandissant vers le ciel des Kalachnikov et promettant la vengeance divine. On sait aussi qu’ils défendent la cause palestinienne. Et c’est à peu près tout…

Le HAMAS est à l’origine un mouvement palestinien de résistance à Israël. Autrement dit, si l’État hébreux n’existait pas, le Hamas n’existerait sans doute pas non-plus.Comme déjà évoqué, le terme « Palestiniens » dérive du terme « Philistins », dont Goliath fut le plus illustre (et malheureux..) représentant. Mais ceux que l’on appelle « Palestiniens » aujourd’hui n’ont plus grand chose à voir avec ces lointains ancêtres. Ces Philistins étaient présents à Canaan (Israël actuelle) depuis des temps immémoriaux (entre le premier et le second millénaire avant Jésus-Christ). Pour fixer quelques repères,

  • l’histoire dAbraham (le premier patriarche commun aux Hébreux et aux Musulmans) date de 2000 avant JC ;
  • l’histoire de Moïse, qui conduisit les Hébreux en terre promise, est, quant à elle, située entre 1400 à 1270 avant Jésus-Christ. Les premiers heurts entre Hébreux et Philistins datent donc de cette époque.

Nul doute que de nombreux brassages de populations soient intervenus parmi les Philistins, le territoire ayant connu nombre d’envahisseurs (Égyptiens Ramsés II), Hébreux (Josué), Assyriens, Babyloniens (qui exilèrent les Hébreux à Babylone), Macédoniens (d’Alexandre-le-Grand), Grecs, Romains, Arabes (Mahomet), Français…).

Mais revenons au HAMAS

Ethnologiquement, HAMAS signifie : « zèle ». Le mouvement a été créé en 1987 (première intifada ou guerre des pierres) par les frères musulmans (mouvement sunnite). Son berceau est bien Gaza, mais il s’est depuis développé et à déborder largement de ses frontières naturelles.

Pourquoi le Hamas a-t-il été créé par les Frères ?

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Guerre des six jours en 1967

En 1967, l’Égypte (mais aussi les autres pays arabes bordant Israël) essuyèrent une cuisante défaite lors de la guerre des six jours. Israël prit à cette occasion le contrôle de la vielle ville de Jérusalem, qu’elle considérait (et considère toujours) comme sa capitale, et occupa des territoires dits « palestiniens ».

Les frères musulmans créèrent dans ses territoires occupés un véritable tissu social, fondé notamment sur l’Islam, pour venir en aide aux populations : Ils gagnèrent en influence et en sympathie et se présentèrent bientôt comme une alternative crédible aux gouvernements arabes impuissants, ainsi qu’au FATAH de Yasser ARAFAT. En 1973, un personnage emblématique, le cheikh Ahmed Yassine (mort en 2004, pulvérisé par un missile israélien) fonda à Gaza un centre islamique. Ce centre devint le quartier général des frères. Ahmed Yassine, tétraplégique, fut un adversaire farouche de toute solution négociée avec Israël et surtout un des partisans les plus mobilisateurs des attentats suicides.

Qu’est ce que le HAMAS ? Un mouvement sunnite.

En bons sunnites, les frères musulmans reçurent l’appui financier de la grande puissance sunnite : l’Arabie Saoudite (ainsi que des autres pays du Golf, tous sunnites).

Israël ne s’inquiétait pas encore, le mouvement œuvrant toujours sur le terrain social. Par ailleurs, il faisait concurrence au FATAH, à l’époque particulièrement actif dans l’opposition à la création de l’Etat d’Israël.Mais la tranquillité, pour ne pas dire la passivité, du FATAH ne plaisait pas à tout le monde musulman, surtout aux jeunes générations. Comme souvent dans les mouvements de résistance, une branche armée se détacha du tronc principal ; cette branche donna naissance à son fruit le plus violent : le HAMAS.

Lors de la première Intifada (1987), le HAMAS décida de passer à l’action. Prenant appui sur le tissu social créé par les frères, il rallia des partisans et lança ses premières actions meurtrières. Le FATAH ne disposait pas de la même assise religieuse et risquait de se faire déborder par ce nouveau mouvement populaire.Le HAMAS exposa officiellement son programme en 1988 dans sa charte : on retrouvait, pour l’essentiel, les thèmes chers à l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine), comme :

  • la libération de la Palestine ;
  • la non-reconnaissance d’Israël ;

Article 11 de la Charte du HAMAS – 18 aout 1988Le Mouvement de la Résistance Islamique considère que la terre de Palestine est une terre islamique, pour toutes les générations de musulmans jusqu’au jour de la résurrection. Il est illicite d’y renoncer en tout ou en partie, de s’en séparer en tout ou en partie : aucun État arabe n’en a le droit, ni même tous les États arabes réunis ; aucun roi ni président n’en a le droit, ni même tous les rois et présidents réunis ; aucune organisation n’en a le droit, ni même toutes les organisations réunies, qu’elles soient palestiniennes ou arabes. La Palestine, en effet, est une terre islamique pour toutes les générations de Musulmans, jusqu’au jour de la résurrection et qui donc pourrait prétendre jouir de la pleine délégation de pouvoir de toutes les générations islamiques jusqu’au jour de la résurrection ?

Mais aussi des considérations clairement antisémites : notamment un thème commun au Nazisme : la dénonciation de la volonté juive de dominer le monde, décrite dans le fameux Protocole des Sages de Sion. Ce document est un faux, écrit à Paris en 1901 par un agent du Tsar Nicolas II pour l’inciter à se méfier des Juifs. A noter que ce protocole fut également utilisé par la société de Thulé à l’origine du NSDAP (parti nazi) dans l’Allemagne des années 30 pour justifier la Shoah.

Qu’est ce que le HAMAS ? Un mouvement radical fermé à tout compromis avec Israël

En 1993, le HAMAS refusa les accords d’OSLO (reconnaissance mutuelle d’Israël et de l’OLP et abandon de la lutte armée), ce qui délimita une ligne de fracture nette avec le FATAH (Yasser ARAFAT s’était alors clairement engagé dans ce processus de paix et avait d’ailleurs reçu le prix Nobel pour cette initiative).

En 1994, l’autorité palestinienne (dirigée toujours par Yasser ARAFAT) s’installa à Gaza. Un rapprochement semblait se dessiner entre le FATAH et le HAMAS.Mais en 1995, le meurtre de Itzhak Rabin (premier ministre israélien) et en 1996 la vague d’attentats suicides qui répondit à l’extension de la colonisation Israélienne dans les territoires occupés, redistribuèrent les cartes.

Une aile militaire vint s’ajouter au HAMAS : les brigades Al-Qassam (fondée par Yahya Ayyash). L’objectif fut de bloquer par tous les moyens, notamment militaires, la mise en œuvre des accords d’Oslo.En 2000, une nouvelle Intifada éclata. Le HAMAS, ralliant des partisans grâce à sa proximité avec la population, prit de plus en plus d’initiatives violentes. Il s’engagea aussi sur le terrain politique, présentant des candidats aux élections de 2006…. qu’il emporta ! devant un FATAH de Mahmoud Abbas (successeur d’ARAFAT décédé à Paris) à bout de souffle : Le FATAH fut en effet convaincu de corruption et fut desservi par l’absence de résultats concrets obtenus par les accords d’OSLO : l’Etat palestinien n’existait toujours pas… Le HAMAS prit le contrôle de GAZA, laissant la Cisjordanie au FATAH.

Depuis, c’est tirs de roquettes contre raids israéliens mais également guerre larvée entre les deux frères ennemis : le HAMAS et le FATAH.Le HAMAS est aujourd’hui inscrit sur la liste des organisations terroristes par l’EU et UE. Tout contact est donc impossible sauf à ce que le HAMAS :

  • reconnaisse Israël ;
  • renonce à la violence ;
  • accepte les accords d’Oslo.

ce qui semble aujourd’hui hors de portée.Avec l’intervention Bordure Protectrice décidée par Israël en juillet 2014, en représailles aux meurtres de trois adolescents palestiniens, le HAMAS semble embourbé dans une politique jusqu’au-boutiste, cherchant à légitimer son action en se présentant comme le seul rempart face aux provocation israélienne. Chaque mort gazaoui le renforce. Il est l’occasion de répéter en boucles le message de haine et de refus du compromis.La paix n’est sans doute pas possible.

 

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Joindre la conversation 8 commentaires

  1. Au premier jour de vraie trêve avec le HAMAS, l’armée se replie derrière la frontière et les généraux commencent à raconter leurs souvenirs de guerre. Ils évoquent un "ennemi cynique" prêt à utiliser les jardins d’enfants, les écoles et les hôpitaux comme base pour le stockage des roquettes ou comme accès cachés pour leurs tunnels ; sachant pertinemment que cette stratégie est perceptible de causer des morts civils. Une source de mardi décrivait comment l’armée avait découvert un abri débouchant sur un tunnel traversant la frontière. Il faisait surface dans une maison tout proche d’un jardin d’enfants de Gaza. Il menait directement dans un Kibutz (Netiv Ha’asara) où des hommes armés du HAMAS envisageaient de tuer des civils. D’autres unités ont retrouvé des lanceurs de rockets dans des écoles. A l’entrée de Beit Hanun, la plupart des maisons étaient piégées. La plupart des destructions est ont été provoquées par ces pièges du HAMAS. Un brigadier a vu sept bâtiments presque entièrement détruits, lorsque les bombes de l’armée ont provoqué l’explosion des bombes du Hamas cachées à l’intérieur. Il a raconté avoir vu les bâtiments sauter et s’effondrer, bien que les bombes de l’armée ne peuvent causer autant de dégâts. Dans les derniers jours, l’armée a été sous le feu incessant des mortiers du HAMAS et lorsque l’on a cherché à retracer l’origine de ces tirs on s’est aperçu qu’ils venaient d’un jardin d’enfants de Gaza ! Ce genre de pratique nous a forcés à prendre des risques inconsidérés et on a dû freiner certaines interventions. Dans certains cas, nous n’avions pas le choix et il a bien fallu répliquer aux tirs. Les soldats ont évoqué des découvertes des sites de lancements de missiles anti-chars dans des chambres d’enfants et des armes automatiques juste à côté. Il y a certaines choses que l’on considérait comme impensable avant de les avoir vues. On ne peut pas comprendre ; Seulement dans le combat vous pouvez apprendre certaines choses. Ces constats expliquent pourquoi l’offensive terrestre a été nécessaire pour la destruction des tunnels. La menace souterraine était connue depuis des années, mais seulement récemment l’armée a réalisé comment le HAMAS planifiait des raids simultanés de centaines de terroristes, qui seraient entrés dans le sud d’Israël pour massacrer les habitants. Plus de 900 militants du HAMAS ont été tués et le ratio civils/combattants est finalement assez bas, comparé à des intervenions similaires. Si l’on regarde plus avant, les officiels de l’armée ont dit qu’ils s’attendaient à voir une animosité contre Israël grandir, à la fois à Gaza et au Liban. Le HAMAS va devoir se poser des questions : les tunnels sous nos maisons étaient-ils pertinents ? Les officiers ont cité des dommages aux chaines de commandement du HAMAS qui utilisaient leurs maisons comme quartier général : aujourd’hui ils n’ont plus de maisons ! Un commandant en chef a ajouté : Gaza est totalement différent maintenant. Le HAMAS ne peut plus activer ses moyens de destruction.

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  2. […] HAMAS et le FATAH se disputent , depuis 1987, la légitimité du leadership palestinien. Malgré un […]

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  3. […] HAMAS et le FATAH se disputent , depuis 1987, la légitimité du leadership palestinien. Malgré un […]

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  4. […] se bat aussi contre Israël au sud (plateau du Golan), comme le fait son frère-ennemi, le Hamas (d’obédience sunnite, soutenu par les frères musulmans) dans la bande de Gaza […]

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  5. […] palestinien, le Djihad islamique et le Hamas (dont la charte prévoit la disparition d’Israël) lancèrent des campagnes […]

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  6. […] dans leur lecture du Coran. Parmi ces groupes, figurent les frères musulmans d’Égypte (dont le Hamas se revendique) et les Salafistes ou Wahhabites implantés en Arabie […]

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  7. […] in their reading of the Koran. These groups are the Muslim Brotherhood of Egypt (which Hamas calls itself) and the Salafis or Wahhabis located in Saudi […]

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Islam, Les groupes djihadistes, Palestine, Société

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