gaza.jpgComment en-est on arrivé là ?  Comment cette « bande » de quelques kilomètres carrés où s’entassent aujourd’hui, dans la misère, plus d’un million de personnes a-t-elle pu voir le jour ? Comment s’est construit ce territoire enclavé, sous perfusion internationale, à la merci du bon vouloir d’Israël et de l’Égypte ? Pourquoi Musulmans et Juifs se disputent-ils ce bout de terre ? Qui était là le premier ?

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La bande de Gaza et la Cisjordanie – guerre des 6 jours en 1967

L’histoire de la bande de GAZA

La question de l’héritage

Hébreux et Musulmans ont, d’après l’ancien testament, un ancêtre commun : ABRAHAM. Profitons-en pour rappeler que

  • ABRAHAM est un descendant de SEM, fils de Noé, qui donnera son nom aux peuples sémitiques ;
  • le terme « HEBREUX » dérive directement du nom de ce premier patriarche, qui conduisit son peuple de Sumer (en Irak actuelle) vers la terre promise (Canaan : Israël actuelle) ;
  • cet évènement (lexode) eut lieu 2000 ans avant notre ère et, qu’en conséquence, ABRAHAM et son peuple ne furent pas les premiers à s’installer à Canaan, une terre déjà occupée par une multitude d’autres communautés.
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Abraham et son fils Isaac

ABRAHAM eut deux fils :

  • Isaac, avec son épouse légitime (Sarah, alors âgée de plus de 90 ans) et
  • Ismaël, avec sa servante (Agar).
  1. Les Juifs se réclament du premier. Isaac sera le père de Jacob dont le second nom sera Israël. Jacob aura lui-même 12 fils qui seront à l’origine des « douze tribus d’Israël » ;
  2. Les musulmans se réclament du second.

ABRAHAM se soumet à Dieu en acceptant d’égorger « son unique fils ». Pour les Juifs, il s’agit d’Isaac (le seul fils légitime) ; et pour les Musulmans, il s’agit d’Ismaël (qui fut le premier et donc, avant la naissance de son demi-frère, le seul).

A qui revient-donc l’héritage de la terre promise laissée par ABRAHAM ? A Isaac et donc aux Juifs ? A Ismaël et donc aux Musulmans ? La question n’est, semble-t-il, toujours pas tranchée.

L’histoire de la bande de GAZA

La réponse par l’histoire

L’héritage biblique ne donnant rien, voyons si une réponse peut être apportée par l’histoire. La première peuplade occupant Gaza fut, semble-t-il, et jusqu’à preuve du contraire apportée par l’archéologie, les Philistins (d’où dérive le nom « Palestinien »), environ 1200 ans avant Jésus-Christ. Leur histoire est notamment connue par l’ancien Testament.

Les premiers arrivés furent les Philistins : ils n’ont rien à voir avec les Palestiniens d’aujourd’hui, essentiellement descendants des tribus arabes de Mahomet qui ont conquis ce territoire presque 2000 ans plus tard.

Mais revenons aux Philistins. Au début du premier millénaire avant Jésus-Christ, David (futur roi des Juifs et père de Salomon qui construira le premier Temple) est victorieux de sur Goliath (le champion des Philistins). La terre promise et donc Gaza sont débarrassés des derniers ennemis. Les Hébreux règnent en maître pendant environ 300 ans.

Le royaume (David puis Salomon sont effectivement des Rois) fut ensuite le théâtre de multiples invasions : les Assyriens (700 av JC), les Babyloniens de Nabuchodonosor (600 av JC,), les Perses de Cyrus (500 av JC), les Macédoniens d’Alexandre (350 av JC), les Romains de Tiberus (100 av JC), ces derniers installant sur le trône de Jérusalem un roi fantoche (Hérode-le-Grand)., avant de détruire le Temple quelques années plus tard

Puis, ce fut l’époque des premières communautés chrétiennes.

Après la chute de Rome (476), une période byzantine (Constantinople) fut l’occasion de l’installation d’autres communautés chrétiennes (orthodoxes). A partir de 622 (l’Hégire), l’Islam naissant s’installa dans la région, puis fut balayé par les croisades à partir de l’an 1000, avant de revenir après la dernière d’entre-elles.

Les Palestiniens actuels sont issus d’un mélange de multiples envahisseurs avec toutefois une forte dominante arabe intervenue au VII ème siècle après Jésus-Christ.

Afficher l'image d'origineEn 1517, la nouvelle puissance émergente de l’Islam, l’empire OTTOMAN, planta son drapeau sur Gaza. Un bref passage de Napoléon (1799) changea momentanément la donne, mais n’empêcha pas l’Égypte de mettre la main sur le petit territoire au XVIIIème siècle, avant de le céder de nouveau aux OTTOMANS.

Mais ces derniers, associés en 1914 pour leur malheur à l’Allemagne de Guillaume II, virent en 1920 (traité de Sèvre) leur empire s’écrouler, puis dépecer par les Alliés à la faveur des accords secrets de Sykes-Picot en 1916. Les Anglais avaient pourtant plus ou moins promis aux Arabes (d’HUSSEIN) une certaine indépendance (création d’un califat sur les terres libérées par les tribus arabes) en échange de leur participation à l’effort de guerre contre les OTTOMANS ; promesse qui ne fut jamais tenue.

La Palestine fut placée en effet sous mandat britannique (1922). L’ONU prévoyait également la création de deux états indépendants, le premier juif et le second arabe (contenant Gaza). Mais les pays arabes voisins ne voulurent pas d’un état juif : dès la création d’Israël (1948), la Jordanie, l’Égypte et la Syrie lui déclarèrent la guerre.

Les troupes égyptiennes envahirent Gaza. Israël sortit victorieuse de cette confrontation et un armistice (dit armistice de 1949 fut signé).

C’est dans les termes de l’armistice de 1949 entre l’Égypte et Israël que sont définies, pour la première fois, et seulement sur des bases militaires, les limites géographiques de la bande de Gaza, qui resta sous l’autorité (et occupation) égyptienne.

Les réfugiés Palestiniens (qui fuirent les zones nouvellement contrôlées par Israël) arrivèrent en masse dans des camps et constituèrent le premier noyau (250 000 âmes) des 1.5 millions d’habitants de Gaza aujourd’hui.

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Gamal Abdel NASSER

En 1956, le colonel égyptien NASSER (champion du panarabisme hérité des OTTOMANS) décida de nationaliser le canal de Suez, entrainant la furie et l’intervention militaire conjointe des Français, des Anglais et des Israéliens, ces derniers en profitant pour réoccuper Gaza,… peu de temps,… car pressés par les USA et de l’URSS, ils furent contraints de se retirer.

En juin 1967, Israël sortit de nouveau victorieuse d’une guerre avec ses voisins arabes… et réoccupa Gaza.

En 1994, suite aux accords d’Oslo (1993), l’administration fut confiée à l’autorité palestinienne. Yasser ARAFAT (signataire des accords d’Oslo et président de l’autorité palestinienne) fut accueilli en héros à Gaza.

Les accords furent bien vite torpillés par les extrémistes des deux camps :

  • côté juif, Rabin, signataire des accords et premier ministre d’Israël, fut assassiné par un étudiant ;
  • côté palestinien, le Djihad islamique et le Hamas (dont la charte prévoit la disparition d’Israël) lancèrent des campagnes meurtrières.

L’installation de colonies juives sur le territoire palestinien continua en outre d’alimenter le ressentiment palestinien.

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Isaac Rabin

L’époque des tirs aveugles de roquettes QASSAM (notamment sur ASHKELON), des attentats-suicides et des ripostes de Tsahal ne faisait que commencer (en 2004, le chef spirituel du HAMAS, le cheikh YASSINE, fut tué par une bombe israélienne). Ce fut aussi l’époque de la guerre fratricide entre le FATAH et le HAMAS.

L’emprise du HAMAS sur la bande de GAZA (février 2008)

En 2005, Ariel SHARON (premier ministre d’Israël) décida unilatéralement le retrait des colonies juives de Gaza. Ce retrait fut revendiqué comme une victoire par le HAMAS. Celui-ci édicta sa charte (2006) qui prévoyait (et prévoit toujours) la destruction d’Israël. Le HAMAS gagna les élections en 2007 et arriva au pouvoir à Gaza (au détriment du FATAH de Mahmoud ABBAS).

Depuis 2008, le blocus de Gaza est organisé, générant une grande précarité (notamment en ce qui concerne l’accès à l’eau). Les roquettes du HAMAS tombent de plus en plus profondément à l’intérieur des terres israéliennes. Tsahal riposte par des bombardements,… pas toujours ciblés.

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L’histoire de la bande de GAZA

Extrait du rapport de l’ONU (dit PALMER) de septembre 2011

Article 71 : « Israël a fait face et continue de faire face à une menace réelle pour sa sécurité en raison d’attaques des organisations islamistes de Gaza depuis 2001 et du fait que plus de 5000 roquettes, missiles et obus de mortiers ont été tirés entre 2005 et janvier 2009. Ces attaques ayant été régulièrement condamnées par la communauté internationale du fait des dommages à la population d’Israël, la commission a considéré par conséquent qu’il semble assez évident que faire cesser ces actes de violence était une mesure nécessaire qu’Israël devait prendre afin de se défendre et protéger sa population, tout en notant que les mesures prises par Israël ont eues à leur tour de graves répercussions sur la population civile à Gaza.

Article 72 « Le panel entérine les conclusions du rapport de la commission d’enquête israélienne qui a déterminé que « le blocus de Gaza était une mesure nécessaire afin de défendre son territoire et sa population  »

Plusieurs tentatives pour briser le blocus ont été menées, soient pas des membres du HAMAS pour perpétrer des actions sur le sol Israélien, soit par des soutiens extérieurs pour entrer dans Gaza. A chaque fois, les ripostes israéliennes sont plus terribles encore… Bref, sont recensés, de part et d’autre de la frontière, de nombreuses violations des droits de l’homme.

Depuis 2012, environ, le HAMAS dispose de roquettes à plus longue portée (75 km) capable d’atteindre Tel-Aviv. De son côté Israël a mit en place son « dôme de fer ».

L’histoire de la bande de GAZA

En deux mots

L’héritage biblique de Gaza (et de la terre promise) ne peut être tranché par la lecture de l’ancien testament qui reste flou sur le sujet.

Quant à l’histoire, elle nous dit que les premiers arrivés furent les Philistins, suivis par les Hébreux d’Abraham et de David et enfin les Arabes de Mahomet. Mais peut-on considérer que le premier arrivé est forcément légitime ?

Bref, le petit-père Combes a fait choux blanc.

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Joindre la conversation 6 commentaires

  1. […] son frère-ennemi, le Hamas (d’obédience sunnite, soutenu par les frères musulmans) dans la bande de Gaza […]

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  2. […] du Yémen et intervient, essentiellement financièrement, auprès du HAMAS stationné dans la bande de Gaza et qui est une excroissance sunnite des frères musulmans égyptiens. Elle combat, et ça pourrait […]

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  3. […] Sunni tends Wahhabi , supports the government Sunni Yemen and funding the Hamas stationed in the Gaza Strip, which is an outgrowth Sunni Egyptian Muslim Brotherhood. It fights and it might seem surprising, […]

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  4. […] Le communiqué publié dimanche 17 septembre par le mouvement islamiste armé, qui contrôle la bande de Gaza, offre un léger espoir, sans certitude de lendemain, en vue d’une réconciliation entre factions […]

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Histoire, moyen-orient, Palestine, Par pays

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