La prochaine victime du conflit en Syrie et en Irak étant, très probablement, le Liban, les éditions des Chavonnes ont souhaité replonger dans ses livres d’histoire. Lorsque l’on se penche sur l’histoire du Liban, on se rend compte qu’elle est l’image de l’histoire de la région : au carrefour des grands empires régionaux, le Liban fut, de tout temps, le théâtre d’affrontements incessants entre puissances rivales, par milices interposées.

Un résume de l’histoire du Liban

Jusqu’à l’émergence de l’Islam (VIIème siècle), les conflits furent essentiellement d’ordres territoriaux, l’idée étant la conquête de territoires pour s’accaparer ses richesses. Ils ont ensuite évolué pour intégrer la dimension religieuse. Ils ont opposé

  • les chrétiens et les musulmans, notamment à partir du XIème siècle avec le début des croisades visant la reconquête des lieux saints (Jérusalem notamment) :
  • entre musulmans, et notamment entre ses deux principales composantes Chiites et Sunnites qui se rencontrèrent au pays du Cèdre pour mieux se faire la guerre.

Le récent conflit en Syrie n’échappe pas à cette règle qui tisse au Liban un inextricable sac de nœuds confessionnel :

  • le Hezbollah, milice chiite du sud-Liban soutenue par l’Iran chiite, se bat depuis 2012 en Syrie aux côtés de Bachar al-Assad, un Alaouite se réclamant également du Chiisme, contre les révoltés sunnites de l’Etat islamique, soutenus par des mécènes sunnites du Golf (Qatar, Koweït, Arabie saoudite) et par certains Sunnites libanais des banlieues de Beyrouth ;
  • le Hezbollah se bat aussi contre Israël au sud (plateau du Golan), comme le fait son frère-ennemi, le Hamas (d’obédience sunnite, soutenu par les frères musulmans) dans la bande de Gaza ;
  • les milices chrétiennes, essentiellement maronites, soutenues par les États-Unis et, dans une moindre mesure, par la France historique, affrontent les milices chiites notamment du parti Amal ;
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Implantation des groupes religieux au Liban

Le Liban est aujourd’hui la synthèse de son histoire, une mosaïque de communautés vivant plus ou moins en bonne entente, des descendants de peuples sémitiques, de Grecs, de Croisés, d’Arabes, d’Arméniens, de Français,… se croisent, s’entrechoquent, dans un pays aux institutions fragiles mais démocratiques, mais qui soufre de ces conflits incessants dont l’origine est très souvent extérieure.

Nous allons le découvrir en déroulant sa brève histoire.

Un résume de l’histoire du Liban

Les navires phéniciens

Le Liban est-il notre berceau ? Sans doute. Via la Grèce, puis Rome, de nombreuses inventions venant du pays du Cèdre sont arrivés jusqu’à nous. Les Phéniciens, peuple sémitique érigèrent ici une des premières grandes civilisations.

Carte Les Phéniciens

Mais le Liban, coincé entre plusieurs grandes puissances régionales, fut ensuite traversé par des vagues successives d’envahisseurs :  les Phéniciens furent chassés par les Assyriens (venus du nord), les Égyptiens, les Babyloniens, pour n’en citer que quelques-uns.

Vers 300 avant Jésus-Christ, Alexandre mit finalement tout le monde d’accord en chassant les Perses de Darius et en imposant au Liban la culture grecque. Elle se perpétuera avec l’installation des Ptolémée (dynastie égyptienne issue de Ptolémée, brillant général d’Alexandre devenu Pharaon).

La conquête romaine, de nouveau, remit les compteurs à zéro.

Un résume de l’histoire du Liban

les sabres de Mahomet

Comme toute la région, le Liban bascula dans le Christianisme à partir du Ier et au second siècle. L’empire Romain, sous l’impulsion de Constantin (372), en fit de même et déplaça sa capitale de Rome à Byzantium (nom grec de Constantinople et actuelle Istanbul).

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Saint Maron

Le VIIème siècle vit déferler les hordes arabes (de Mahomet), qui poussèrent les communautés chrétiennes vers les montagnes : se constitua ainsi au nord, la communauté maronite (disciples de saint Maron) toujours présente au Liban.

D’autres les rejoignirent, comme les Musulmans Druzes, persécutés car trop hétérodoxes aux yeux du Prophète de l’islam.

L’Islam semblait alors tout puissant. Après le Maghreb, la péninsule ibérique, le royaume Franc était en vue.

En terre sainte, la principale résistance (outre Constantinople) est à mettre au crédit de la communauté chrétienne des Mardaïtes, qui repoussa les vagues islamiques jusqu’aux Croisades et conserva ainsi sa culture, et notamment sa langue, l‘Araméen, la langue du Christ.

Avec les Croisades (XIème siècle), le Liban retourna dans le giron chrétien. Il fut intégré au royaume de Jérusalem,… jusqu’aux reconquêtes de Saladin.

Un résume de l’histoire du Liban

le glaive Ottoman et la protection française

Le XVIème siècle est au Levant essentiellement OTTOMAN, la puissance musulmane sunnite venue de l’actuelle Turquie qui domina pendant quatre siècle (jusqu’en 1920) le monde musulman.

 

La France se distingua en se présentant comme le garant de la sécurité des communautés chrétiennes. Le Français s’installa comme la langue de la rue. Le Liban connut alors une période de relative stabilité.

Mais dès 1840, de nouvelles tensions tiraillèrent des deux principales :

  • les Maronites (chrétiens), au nord
  • et les Druzes (musulmans), au sud.

Comme elle le fit en Arménie, (voir l’article sur le génocide arménien), la Turquie décida de désarmer les Chrétiens, autorisant ainsi le massacre des Maronites par les Druzes (de 1840 à 1860).

S’en fut trop pour les grandes puissances chrétiennes qui imposèrent à l’empire OTTOMAN une certaine autonomie des communautés maronites.

Un résume de l’histoire du Liban

la trahison franco-britannique

Le traité de Sèvres (1920) et, avant-lui, l’accord de SYKES PICOT  (1916), confia à la France un Mandat sur la Syrie et sur le Liban. Voilà qui déstabilisa la région, jusque-là muselée par le joug et la poigne ottomanes.

carte traité de sevre

Carte issue du traité de Sèvre

En effet :

  1. Les Arabes se sentirent trahis : ils avaient accepté de participer, aux côtés des Alliés, à l’effort de guerre contre les OTTOMANS (associés à l’Allemagne de Guillaume II et à l’Autriche), en échange d’une promesse d’indépendance ; indépendance dont, bien entendu, ils ne virent jamais la couleur ;
  2. Le patriarche maronite Hoyek réclama l’indépendance du Liban (avec le secret espoir d’un soutien actif de la France) ;
  3. les Druzes se soulevèrent.

Le 22 novembre 1943, au cœur de la seconde guerre mondiale, et après de multiples rebondissements, le Liban (après notamment un intermède Vichyste) devint toutefois indépendant .

Un résume de l’histoire du Liban

la démocratie branlante

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Nasser

1956 voit, avec le colonel NASSER (président Égyptien), naître le panarabisme (volonté de créer un état arabe trans-frontière). Le point d’orgue fut la nationalisation du canal de Suez, en 1956, par le colonel égyptien, qui déclencha l’intervention armée et simultanée de la France et de l’Angleterre (et d’Israël).

Expulsés de leurs terres par les Israéliens, les Palestiniens virent dans le Liban (mais aussi dans la Jordanie) une terre d’accueil. Cet afflux de réfugiés, qui furent regroupés dans des camps qui devinrent autant de nids de djihadistes, déséquilibra le Liban et dressa les communautés musulmanes (agités par les réfugiés palestiniens) contre les communautés chrétiennes.

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AEntrer une légende

Les FEDAYINS (ceux qui sont prêts à se sacrifier) tournèrent leurs fusils vers Israël. Les camps devinrent un véritable État dans l’État. De son côté Israël lança plusieurs opérations au sud Liban (où s’illustrera notamment Ariel SHARON).

Un résume de l’histoire du Liban

L’anarchie sanglante

1975 : les prémices de la guerre civile

 

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Pierre GEMAYEL

Pierre GEMAYEL (droite chrétienne), chef du parti phalangiste, inaugura, le 13 avril 1975, une église : des tirs ! Deux morts… L’après-midi s’ouvrit sur des sanglantes représailles : un bus palestinien fut ciblé par les phalangistes : 27 morts !

Le conflit entre les milices chrétiennes et musulmanes ne faisait que commencer.

Malgré l’installation de troupes syriennes, la situation dégénéra, Israël, par ses incursions répétées, envenimant la situation déjà compliquée.

En 1982, les deux armées (israélienne et syrienne) s’affrontèrent dans la plane de la Bekaa. En octobre de la même année, le président Béchir GEMAYEL (le fils de Pierre) fut assassiné (il était favorable à l’expulsion des combattants palestiniens). Le massacre continua avec les représailles sur les camps palestiniens tristement célèbres de Sabra et Chatila. Bien que présente, l’armée israélienne (commandée par Ariel SHARON) ne bougea pas.

Le massacre de Sabra et Chatila (1982)

Deux camps de réfugiés palestiniens de Beyrouth-Ouest ont fait l’objet d’un véritable massacre attribué à une milice libanaise chrétienne(les phalangistes), sous les yeux impassibles, pour ne pas dire complices de l’armée israélienne. L’objectif  était de neutraliser des combattants palestiniens qui s’y cachaient.

1982-1988 : Amine GEMAYEL et le Jihad

Le Liban fut le théâtre involontaire du conflit israélo-arabe. Amine GEMAYEL souhaitait que cela cessât et obtint le retrait simultané des deux armées ennemies.

Sa présidence vit aussi apparaître

  • un nouveau genre de menace : le Djihad islamique (porté par le Hezbollah chiite soutenu par l’Iran, victime en 1979 d’une révolution islamique) ;
  • et un nouveau mode d’action : l’attentat-suicide.

On ne comptait alors plus les assassinats d’occidentaux ou de politiques.

1988 – 1989 : Michel AOUN et les avions d’Hafez

 

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Michel AOUN

Michel Aoun devint le gouverneur (par intérim) et décida de débarrasser le Liban de la présence Syrienne (d’Hafez el-Assad, le père de Bachar) soutenue par l’URSS.

Les quartiers chrétiens furent aussitôt bombardés par les avions d’Hafez et le Liban demanda l’aide de la France.

François Mitterrand envoya bien quelques bateaux, mais ce furent bien les forces chrétiennes qui arrêtèrent l’avancée syrienne

Un résume de l’histoire du Liban

L’anarchie meurtrière

1991 : BUSH m’a tué

La guerre d’IRAK vit la fin des espoirs de Michel AOUN : Suite à l’invasion du KOWEIT, G-W BUSH ayant besoin de l’appui syrien pour mener à bien sa guerre personnelle contre l’Irak de Sadam HUSSEIN, lâcha le pauvre AOUN et ferma les yeux sur les exactions de l’armée syrienne au Liban. Jusqu’en 2005, le Liban serait donc sous occupation syrienne avec la bénédiction américaine, alors amie des HASSAD (ça n’allait pas durer…)

2000 : les mains libres du HEZBOLLAH

Ce fut un Hezbollah triomphant qui s’installa au sud-Liban : il afficha, bien entendu, le retrait israélien comme une victoire. Le Liban n’était plus que l’ombre de lui-même, occupé au nord par l’armée syrienne et au sud par la milice chiite soutenue par l’Iran.

Malgré les agitations diplomatiques, notamment onusiennes, une sorte d’équilibre explosif s’installa.

2005 : les avions d’OLMERT

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Rafic HARIRI

L’ancien premier ministre Premier ministre Rafic Hariri fut assassiné. Tout le monde vit dans l’attentat le bras armé de la Syrie (dominée par le parti alaouite, un avatar du chiisme) !

Les manifestations anti-syriennes (Sunnites, Druzes et Maronites) devinrent quotidiennes et s’opposèrent aux contre-manifestations pro-syriennes organisées par les milices chiites du Amal et du Hezbollah. Le statu quo volait (une fois de plus) en éclats.

Aoun, exilé en France, sentit que l’heure du retour avait sonné. Les forces syriennes, lentement mais sûrement, commençait à se retirer.

Dans le même temps, on assistait à une violente vague d’attentats contre des personnalités de l’opposition syrienne. Sous pression de l’ONU, l’enquête sur le meurtre de Rafic HARIRI avançait et se rapprochait de généraux libanais pro-syrien. Michel AOUN et le Hezbollah arrivaient pourtant à un compromis en 2006.

L’enlèvement de deux soldats israéliens par le Hezbollah ralluma les braises à peine éteintes à la frontière sud : Ehud OLMERT, premier ministre israélien, lança ses avions vers Beyrouth. Avant que la situation ne dégénère, la FINUL (force diligentée par l’ONU) vint s’interposer entre les belligérants.

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Pierre-Amine GEMAYEL

Et un autre GEMAYEL tomba (Pierre-Amine) : le petit fils de l’ancien président et actuel ministre du gouvernement, Pierre (en référence au grand-père) – Amine (en référence au père) était assassiné. La guerre civile repartait de plus belle, mais l’armée connut de francs succès contre la guérilla islamique.

2009-2011 : le temps du fils

Malgré une coalition contre nature entre le Hezbollah et les maronites de Michel AOUN, Saad HARIRI, le fils de Rafic, devint le chef du gouvernement de Michel Sleiman. Mais, faute de majorité, il démissionna en 2011, laissant la place encore chaude à Najib Mikati,

2012 : Les avions de Bachar

Dès 2012, Bachar al-Hassad, le fils d’Hafez, de confession chiite, se démenait comme il le pouvait contre les milices sunnites qui s’agitaient au nord de la Syrie. Comme toujours, les affaires syriennes trouvèrent un écho au Liban qui accueillait alors plus de 200 00 réfugiés syriens.

Par ailleurs, le Hezbollah chiite, pro-syrien, soutint Bachar et mena, à ses côtés, la lutte conte L’état islamique au levant (EIL) de Ali al Bagdhadi, soutenu par les émirats du golfe notamment.

Un résume de l’histoire du Liban

LE MONDE du 3 aout 2014

Le conflit syrien menace de s’étendre au Liban voisin. Selon une source militaire, 16  soldats libanais ont été tués lundi 4 août et 13 autres sont portés disparus, à la suite de combats les ayant opposés à des hommes armés près de la frontière syrienne, amenant le premier ministre libanais à presser la France d’honorer un contrat d’armement passé entre les deux pays.

Ces violences ont commencé samedi à Ersal, une ville de la Bekaa, après l’arrestation d’un membre présumé du Front Al-Nosra (voir ci-contre), la branche syrienne d’Al-Qaida, particulièrement active dans les combats contre le régime de Bachar Al-Assad. Il s’agit des affrontements les plus graves à toucher cette zone du nord-est du Liban depuis le début, en mars 2011, du conflit en Syrie.

« LIVRAISON DES ARMES DÉJÀ APPROUVÉE »

Le premier ministre libanais, Taman Salam, a rejeté tout compromis avec les djihadistes et insisté pour que la France accélère ses livraisons d’armes conformément au contrat passé entre les deux pays.  Le premier ministre a assuré aussi que le gouvernement ne négligera « aucun effort pour fournir à l’armée de ce dont elle a besoin pour défendre le Liban ».

« J’ai demandé aux autorités françaises d’accélérer la livraison des armes déjà approuvée dans le cadre de l’accord d’armements financé par l’Arabie saoudite », a-t-il insisté. Fin décembre, Riyad s’était engagé à octroyer 3 milliards de dollars à l’armée libanaise afin que celle-ci, faiblement équipée, puisse se procurer des armes françaises.

UNE ATTAQUE PRÉMÉDITÉE, SELON L’ARMÉE

Le commandant en chef de l’armée libanaise, Jean Kahwaji, a souligné que la situation dans la région d’Aarsal, frontalière de la Syrie, était « extrêmement dangereuse », et a déclaré que l’attaque contre l’armée avait été préméditée.

L’armée libanaise continue à tirer au canon sur les collines surplombant la ville et où se trouvent un grand nombre d’insurgés et le bruit d’armes automatiques est entendu à la lisière de cette localité sunnite du nord-est du Liban, tenue en grande partie par les insurgés syriens.

Ces douze derniers mois, les islamistes ont été repoussés dans la zone frontalière par les forces gouvernementales syriennes épaulées par le Hezbollah chiite libanais. On estime à 3 000 le nombre de combattants dans le secteur.

 

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  1. FOX-NEWs aout 2014 Les renforts de l’armée libanaise sont arrivés dans les environs d’ARSAL, une ville à dominante sunnite, près de la frontière syrienne, dans l’est du Liban. Des milliers de civils libanais et syriens ont fui dans des voitures surchargées la frontière submergée par des combattants syriens. Des combats ont eu lieu avec l’armée libanaise après l’échec d’un cessez-le-feu. Les officiels musulmans se sont efforcés à obtenir une trêve. L’ancien premier ministre du Liban a annoncé que l’Arabie saoudite a accordé 1 milliard de dollars en aide pour l’armée libanaise. 17 soldats libanais ont été tués et 22 autres, ainsi que des policiers, n’ont pas été retrouvés. 10000 civils ont fui les zones de combat. La capture d’Arsal est une première, dans le conflit syrien qui dure maintenant depuis quatre ans, L’ancien premier ministre ,Saad Hariri a visité Jiddah. Les fonds de l’Arabie saoudite sont notamment destinés à l’acheminement d’armes françaises . Hariri, un leader sunnite au Liban, a été cité dans la presse saoudienne : "l’aide est destinée à renforcer la sécurité du Liban". pendant ce temps, l’Union Européenne se dit préoccupée par les questions de sécurité et par les chalengeuse politiques et économiques auxquels devra faire face le Liban. Les militants présents à Arsal appartiennent au Front AL-NUSRA affilié à Al Quaida.

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  2. […] la révolution islamique (chiite) iranienne de 1979 et en réaction à l’invasion israélienne du Liban. Il est dirigé par Nassan Nasrallah. Il dispose d’une branche politique qui joue un rôle actif […]

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Histoire, moyen-orient

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