Histoire moyen-orient

Qui est DAECH (l’état islamique ) ?

daeshDrapeaux noirs et lettres d’or fouettés par les vents venant de Syrie, pick-up chargés de gros-calibres, l’Etat Islamique  (IS en anglais et anciennement l’état islamique au levant et en Irak ) est aujourd’hui maître du nord de l’Irak (du chiite Nouri AL MALIKI) et de la Syrie (de l’Alaouite HASSAD).

Qui est DAECH (l’état islamique ) ?

Mais qui sont ces barbes sombres cagoulées de noir, ces soldats garnis de kalachnikovs, ces dix-mille hommes gonflés de munitions qui menacent Bagdad.

Abou Bakr al Bagdadi

Qui est l’Etat Islamique ?

Une organisation sunnite

L’Etat Islamique est une organisation sunnite, la banche majoritaire (90%) de l’Islam, au pouvoir dans tous les états musulmans, sauf :

  • en Syrie (les Alaouites de Bachar al HASSAD se réclament de la branche chiite) ;
  • en Irak (les Chiites de Nouri Al MALIKI sont arrivés au pouvoir après la chute, en 2003, du sunnite Sadam HUSSEIN qui s’était illustré, pendant son long règne, par sa répression brutale des minorités kurdes et chiites) ;
  • en Iran (depuis la chute en 1979 du Shah).

L’Etat Islamique souhaite constituer, au nord de l’Irak et en Syrie, un Califat sunnite. Le Calife est étymologiquement  « celui qui vient après (le prophète) ». Le premier Calife fut Abou Bakr, l’un des tous premiers compagnons du Prophète et, à ce titre, père spirituel des Sunnites.

Le Califat, vers 600, couvrait un territoire qui, grosso-modo, comprenait (en vert sur la carte) l’Iran, L’Irak, la Syrie, la péninsule Arabique, le Libye, la Palestine, la Jordanie, Le Maghreb.

L’objectif de Etat Islamique est donc de reconstituer ce Califat perdu après la chute de l’empire Ottoman en 1918 et sa liquidation par les Alliés suite aux accords Sykes-PICOT (1916) et le traité de Sèvres (1920) qui a suivi.

Le principal ennemi de l’état islamique : la branche chiite de l’islam

Les Chiites ne reconnaissent pas la légitimité d’Abou Bakr. Ils se réclament d’Ali, le gendre du prophète. Ils sont très minoritaires dans le monde musulman, à l’exception notable de l’Iran et de l’Irak, où les élections (et l’intervention américaine voulue par Georges BUSH jr) les ont conduits au pouvoir (avec comme premier ministre en Irak Nouri al-Maliki),  ce dernier s’est illustré par par son ostracisme, refusant d’associer les Sunnites au pouvoir.

L’Etat Islamique est donc un ennemi juré de tous les chiites et notamment du pouvoir en place en Irak et en Syrie.

L’Etat Islamique : un organisation tournée vers la guerre sainte

L’Etat Islamique se veut djihadiste (porteur de la guerre sainte). Son chef actuel est le mystérieux Abou Bakr (on voit ici la filiation avec le premier Calife) al-Baghdadi, un homme très pieux, dont on ne sait pas grand chose.

Malgré sa récente apparition sur la scène médiatique, il semble que L’Etat Islamique soit déjà ancien.

Tout aurait commencé en 2003, avec l’invasion de l’Irak par les troupes de Georges BUSH jr. L’organisation se constitua, notamment sur la base d’éléments en déroute de l’armée de Saddam HUSSEIN et prit, dans un premier temps, le titre d’Etat Islamique en Irak (ISI). Son programme consista à résister

  • d’une part à l’envahisseur américain, par le biais d’attentats notamment suicides et
  • et, d’autre part, de s’opposer à la main mise des Chiites (de Nouri AL MALIKI) sur le pays.

Dès son origine, l’Etat islamique fut financièrement soutenu par les grandes monarchies sunnites pétrolières, à commencer par l’Arabie saoudite, qui ont toujours redouté la constitution d’un « croissant chiite », qui partirait de l’Iran pour aller jusqu’au Liban (ou exerce déjà le Hezbollah chiite) en passant par l’Irak et la Syrie.

Ce premier embryon de l’Etat islamique fut décapité par les forces spéciales américaines, qui ont ainsi laissé la champ libre au fameux Abou Bakr qui, dès 2010, prit le contrôle de l’organisation.

Bien vite, Abou Bakr se révéla un grand chef de guerre.

Mais ce furent les événements syriens (du printemps arabe) qui firent décoller son autorité : De l’autre côté de la frontière, en Syrie, une rébellion, également sunnite, gagnait chaque jour du terrain.

En 2013, Abou Bakr eut l’idée de fusionner les deux mouvements. Il envoya des proches pour fonder, dans un premier temps, le Front al-Nusra pour combattre Bachar Al-HASSAD mais aussi l’armée syrienne libre.

Bizarrement,  l’Etat islamique et le front al-Nusra vont commencer par s’affronter sur le terrain idéologique : la vision du djihad de l’Etat islamique d’Abou Bakr se voulait, dès le départ, transfrontière et, en tout état de cause, dépassait largement le seul contexte syrien.

Cette vision élargie lui permit de recruter bien au-delà de son terreau historique, jusqu’en Europe, aux Etats-Unis ou en Australie ! Sa puissance commença même à faire inquiéter le grand-frère Al-Qaida.

D’un affrontement idéologique, l’Etat islamique et le front al-Nusra sont bien vite  passés à une véritable guerre, al-Nusra (affiliée à Al-Qaida) reprochant à l’Etat islamique  son extrême brutalité, notamment contre les civils, son interprétation ultra-rigoureuse de l’Islam et sa volonté dominatrice.

Qui est l’Etat Islamique ?

Et maintenant ?

L’Etat islamique vise maintenant la suprématie des deux côtes de la frontière et même au-delà. Ce qui se dessine aujourd’hui pourrait générer une partition de l’Irak, qui, rappelons-le, fut une invention occidentale, créée par les Alliés en 1920 à l’occasion du traite de Sèvres suite à l’écroulement de l’empire OTTOMAN (les frontières avaient été dessinées dès 1916 à l’occasion d’un accord franco-britannique dit Sykes-Picot) ; la partition pourrait ainsi être la suivante :

  • au nord-est, un état Kurde (qui s’étaient illustrés lors du génocide arménien) ;
  • au sud, un état chiite sous la protection de l’Iran ;
  • au nord Ouest, et débordant sur la Syrie, un califat sunnite.

Qui est l’Etat Islamique ?

Et les Américains ?

La position américaine est ubuesque : après avoir soutenu l’opposition syrienne, contre le régime de Bachar Al-Assad soutenu par Moscou, ils s’opposent maintenant à cette même opposition du côté Irakien, soutenant à demi-mot le régime en place de Nouri al-Maliki ; lui-même soutenu par l’Iran amie de Moscou. Bref, d’un côté de la frontière, les EU sont du côté des Russes et de l’autre, contre les mêmes Russes. Ils envisagent même une opération conjointe avec l’Iran après l’avoir inscrite dans la colonne des états voyous.

Par ailleurs, les EU sont depuis toujours alliés à l’Arabe Saoudite (ennemie de l’Iran) qui soutient l’Etat islamique… ennemie de l’Amérique !

Comprenne qui pourra !

Qui est l’Etat Islamique ?

Le 3 septembre 2014

L’Etat islamique est un état virtuel qui contrôle un territoire, des frontières, et collecte des taxes, par exemple sous forme de péages routiers. Il paye des fonctionnaires, en l’occurence des combattants, commerce avec les autres Etats, notamment sur le marché du pétrole.

Les forces de l’état islamique

En Syrie : 50.000 combattants, (20.000 venant du Golfe, de Tchétchénie, d’Europe).

En Irak : 8.000 et 10.000 combattants (60% Irakiens).

Le territoire de l’état islamique

En Syrie, 45 000 km2, soient 20% du terriroire.

En Irak, 170.000 km2, soit 40 % du territoire.

Le financement de l’état islamique

1. Les pays du Golfe , notamment le QATAR

2. la collecte des taxes

3. le traffic de pétrole et d’armes

4. les fonds volés dans les banques de MOSSUL ;

Les BUSH, Barak OBAMA et l’état islamique

« Nous ferons ce qui est nécessaire. Il y a unanimité pour dire que l’Etat islamique est une menace significative et que nous devons agir. Nous allons affaiblir et, in fine, détruire l’Etat islamique (…), comme nous l’avons fait pour Al-Qaida. »

Il est clair qu’OBAMA receuille en Irak  les fruits pourris de la politique de BUSH-jr. Son père (BUSH-sr) avait eu la sagesse, en 2001, lors de la première guerre en Irak, de s’arrêter aux frontières du pays tenu par Sadam HUSSEIN. Le fils, sur la base de fausses informations, pour ne pas dire de mensonge (Sadam HUSSEIN aurait des liens avec Al-Quaida et disposerait d’un arsenal d’armes de destruction massive) a cru pouvoir transféré la démocratie directement de Washington DC à Bagdhad. Il a constaté bien vite qu’un Etat, certes policier et oppresseur, valait mieux que pas d’Etat du tout… La démocratie s’append. Il a fallu un siècle et trois révolutions à la France pour s’en convaincre. L’anarchie a remplacé l’Etat en Irak, un pays où tout le monde se bat contre tout le monde, où chaque communauté s’est promis d’éradiquer sa voisine. La majorité chiite, oppressée par la minorité sunnite de Sadam HUSSEIN, a tenu quelques temps sa revanche, jusqu’à la montée en puissance de l’Etat islamique.

Extrait d’un article du Washington Post du 7 septembre 2014

Le Président Obama a dit qu’il est temps pour les Etats-Unis de prendre des initiatives pour stopper l’avance de l’état islamique au Moyen-Orient. La prochaine étape exigera des ressources supplémentaires dans la région. Des éléments militaires ont feront partie. Et ce que je veux que les gens comprennent, c’est que dans les mois qui viennent, nous allons être capables de contrer l’état islamique. Nous allons méthodiquement réduire sa capacité de nuisances. Nous allons reprendre les territoires aujourd’hui sous son contrôle. Et finalement nous allons le détruire. »

Les commentaires d’OBAMA arrivent alors que les EU viennent de lancer une série de bombardements ciblés, samedi dernier, contre l’état islamique, qui menaçait le second barrage qui alimente le pays en électricité et assure son irrigation. Le Président n’a pas détaillé les opérations militaires prévues, mais il a confirmé qu’il n’engerait pas de gros bataillons de soldats américains au sol : « Ce n’est pas équivalent à la guerre en Irak. »

C’est le début d’une clarification de la stratégie de la Maison Blanche visant à contrer l’Etat Islamique qui s’est illustré par sa capacité militaire et son extrême brutalité.

Au cours de l’émissions « Etat de l’union » de CNN, le Sénateur Dianne Feinstein de Californie qui avait critiqué la timidité de l’approche d’Obama a dit :  “ Je veux féliciter le Président. Il est maintenant passé à l’offensive. Il a mis en place une coalition de neuf Nations. Et il multiplie les contacts pour en incure d’autres. C’est un changement majeur de politique visant à lutter contre l’Etat islamique. »

OBAMA,  qui en a appelé aux pays sunnites de la région pour participer à la réponse militaire n’a pas précisé s’il autoriserait des actions militaires en Syrie. Au contraire, il a souligné qu’il ferait appel aux combattants locaux. En Syrie, où il a appelé à la démission de Bashar al-Assad, le Président OBAMA a suggéré qu’il chercherait à modérer les forces rebelles, y compris l’armée syrienne libre, dont les buts ne sont pas clairs.

 » Je pense qu’il est important que le Congrès comprenne ce qu’est le plan, d’en prendre connaissance et d’en débattre.  »

Il a souligné l’importance du message délivré par les autres Etats sunnites qui doit contrer le message de l’état islamique qui délivre une fausse image de l’Islam. « C’est une distorsion, une abomination qui a tiré l’Islam vers une sorte de nihilisme que toutes les Nations doivent s’efforcer d’éliminer. »

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