La Syrie est dirigée, pour le moins brutalement, depuis 5 décennies par la famille ASSAD ; une famille issue d’une minorité religieuse, celle des Alaouites, qui a su, contre vents et marées, se maintenir au pouvoir.

bachar

Bachar El Assad

Qui est Bachar El-ASSAD ?

La Syrie est dirigée, pour le moins brutalement, depuis 5 décennies par la famille ASSAD ; une famille issue d’une minorité religieuse, celle des Alaouites, qui a su, contre vents et marées, se maintenir au pouvoir. Son secret ? Cultiver les divisions nationales, religieuses notamment, pour neutraliser les ennemis, en s’appuyant sur :

Hafez el Assad

 

  • la communauté des Alaouites, cette branche du chiisme ultra-minoritaire en Syrie, haïe par la majorité sunnite qui ne la considère pas comme faisant partie de la grand famille de l’Islam ;
  • en noyautant l’armée, encore et toujours indispensable instrument du pouvoir dans ce pays en guerre permanente avec Israël.

Aujourd’hui, la Syrie semble disposer de tous les attributs de la démocratie (partis politique, diversité religieuse, élections) mais est en fait une dictature aux mains d’un seul homme Bachar El-Assad, le fils de son dictateur sanguinaire de père, Hafez El-Assad.

Qui est Bachar El-ASSAD ?

Hafez El-Assad

Ce qui est curieux dans la carrière politique fulgurante de Hafez El-Assad, c’est de constater qu’il ne disposait au départ d’aucun atout : il est né dans une famille de paysans modestes, au sein d’une communauté très minoritaire : les Alaouites.

Nous sommes à la fin de la première guerre mondiale. L’Empire Ottoman, qui avait choisi, pour son plus grand malheur, le camp des Empires centraux, est disloqué par les alliés. Par les accords secrets de Sykes-Picot (1918), puis par le traité de Sèvre (1920), la Syrie actuelle est dessinée et est rangée sous le protectorat français (comme le Liban). L’empire Ottoman avait su, pendant quatre siècles, appuyer son emprise sur la Syrie en soignant la majorité sunnite. Avec les Français, tout va changer. Cherchant à imposer les idéaux de 1789, ils imposent l’égalité. Enfin, les Alaouites peuvent sortir de leurs campagnes et beaucoup intègrent l’armée et la police. La fin du protectorat français, en 1943, donne l’accès de l’éducation à tous.

En 1946, Hafez est adolescent. Un parti nationaliste et socialiste se crée : le parti Bass, sur le modèle du parti de Gamal Abdel NASSER en Égypte (il convient de noter que le monde Arabe, à la sortie de la seconde guerre mondiale, est bien plus nationaliste qu’il n’est religieux). Israël a vu le jour et le lendemain, ses voisins arabes ont pris les armes dans le fol espoir de rejeter les Juifs à la mer… Hafez, comme beaucoup de jeunes, acceptent un job dans l’armée, ou rapidement, il va grimper les échelons, éliminant méthodiquement tout personnage susceptible de lui faire un peu d’ombre.

1963. Le parti BASS, par un coup d’État (il y en a alors souvent en Syrie) prend le pouvoir. Les Alaouites ont déjà beaucoup de postes importants dans l’armée et ils vont maintenant contrôler l’État. L’armée est épurée et Hafez devient ministre de la défense ! Après avoir fait le ménage dans l’armée, il s’occupe du parti jusqu’à tout contrôler !

1970. Hafez El-Assad s’empare du pouvoir et se fait acclamer en 1971 par plébiscite. Il met en place une société stalinienne fondée sur le culte de sa personnalité : ses portraits sont partout affichés aux murs. Le parti est vidé de sa substance jusqu’à devenir une plaisanterie devant le réel pouvoir confié au militaire à la solde d’Hafez. Hafez ne s’arrête pas là. Ne se fiant à personne, surtout pas à ses amis, il crée un service de renseignements surpuissants où tout le monde contrôle tout le monde. Les prisons se remplissent.

Qui est Bachar El-ASSAD ?

Bachar El-Assad

Mais le vieux loup n’est pas immortel. En 2000, il meurt subitement d’une crise cardiaque. c’est de Londres, que son second fils Bachar (le premier est mort d’un accident de la route) va apprendre l’heureuse nouvelle ; il est alors étudiant en ophtalmologie et ne connaît rien à la chose militaire qui, comme on l’a vu, est essentiel pour tenir un pays comme la Syrie en laisse. Peu importe, il est nommé colonel et décoré. Il devient président le 10 juillet 2000.

Il commence par faire un peu de ménage, remerciant peu à peu les derniers fidèles de son père. L’occident croit rêver : le jeune Président fait preuve d’ouverture, jusqu’à installer internet dans les foyers et amener l’eau et l’électricité dans les régions les plus reculées. Ce ne fut qu’un feu de paille. Bien vite, il marche dans les traces encore humides de son père, enfermant les opposants en prison.

En 2005, le premier ministre Libanais Rafic Hariri est assassiné. L’occident montre du doigt le régime syrien, à coup sûr impliqué dans l’attentat. Alors qu’elle occupait le nord du Liban depuis toujours, l’armée syrienne est obligée de se retirer.

Alternativement combattu puis soutenu par la France, le Président perd nettement du crédit international au début du printemps arabe lorsqu’il organise une violente répression contre l’opposition alors démocrate, faisant notamment usage de gaz de combat sur les civils.

L’émergence d’une autre opposition, nettement moins présentable, va redonner du crédit à Bachar : l’état islamique est devenu en 2014 le meilleur ennemi de l’occident. Les États-Unis sont prêts à faire alliance avec ses ennemis d’hier (Iran, Syrie) pour nettoyer le Moyen-Orient du cancer (selon les mots du Président Obama) islamique.

Les jours de Bachar ne sont finalement peut-être plus à compter, maintenant que son plus grand ennemi veille sur lui…

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Joindre la conversation 7 commentaires

  1. […] Syrie (les Alaouites de Bachar al HASSAD se réclament de la branche chiite) […]

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  2. […] Syrie (les Alaouites de Bachar al HASSAD se réclament de la branche chiite) […]

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  3. […] la Turquie et la Russie. L’intervention voulue par Poutine en Syrie pour soutenir le régime de Bachar-al-Assad irrite au plus haut point Ankara. La violation de l’espace aérien turque par les avions russes […]

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  4. […] et décida de débarrasser le Liban de la présence Syrienne (d’Hafez el-Assad, le père de Bachar) soutenue par […]

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  5. […] la grande puissance chiite, soutient le gouvernement actuel irakien (chiite), mais aussi Bachar Al-Assad, un alaouite (branche du chiisme) et la rébellion Houthi au Yémen. Au nord Liban et au sud Syrien […]

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  6. […] the great power Shiite supports the Iraqi government (Shia), but Bashar al-Assad , an Alawite (a branch of Shiism ) and the Houthi rebellion in Yemen. North Lebanon and the […]

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