La seconde guerre mondiale a fait comprendre au monde combien le pétrole était devenu le nerf de la guerre : Hitler l’appris à ses dépens, notamment lors de sa contre-offensive des Ardennes avortée faute de carburant.

Les Etats-Unis, l’Arabie saoudite, ARAMCO et le pétrole

Au lendemain de la guerre, sur la pile des milliers de dossiers à traiter, les gouvernements en ont ajouté un de plus : la sécurisation de leur approvisionnement en pétrole.

À l’époque, le géant du pétrole s’appelle Rockfeller, il est Américain et sans doute l’homme le plus riche du monde. Il eut l’idée géniale de distribuer dans les foyers américains, presque gratuitement, des lampes à pétrole qui ne fonctionnaient qu’avec un pétrole standard, son pétrole. La Standard Oil (ou SO, voire ESSO) prenait son envol. Mais l’arrivée de l’électricité mit un sérieux coup d’arrêt à l’aventure. Ce fut un autre Américain génial, Henri Ford, qui, en lançant en 1908 sa Ford T, sauva la Standard Oil. Rockfeller amassa des milliards, vendant du pétrole aux deux camps pendant les deux guerres mondiales ! Bien vite le pétrole devint aussi nécessaire à l’irrigation de l’économie que le sang peut l’être au corps humain

En 1945, celui qui sécuriserait ses approvisionnements en or noir prendrait un avantage concurrentiel évident dans la guerre économique qui s’annonçait. Les Américains tirèrent les premiers. Les canons étaient encore chauds lorsque Franklin ROOSEVELT invita, en grandes pompes, le roi d’Arabie Saoudite Abd Al Aziz, à bord du Quincy qui croisait par chance sur le canal de Suez. Certes ce ne fut pas pour lui faire admirer cette merveille de la flotte US que le Président se donna tout ce mal. Au menu des discussions du jour, un seul item : la question du pétrole !

Les deux pays avaient, en effet, tout pour s’entendre : les Américains, auréolés de leurs victoires en Europe et en Asie, disposaient de la meilleure armée du monde, mais avaient une fringale de pétrole dont ils manquaient cruellement. L’Arabie saoudite, de son côté, regorgeait de pétrole, mais était entourée d’ennemis et surtout ne disposait pas des moyens techniques nécessaires à son exploitation.

Franklin ROOSEVELT proposa donc la sécurité et les moyens techniques en échange d’un droit à l’exploitation de l’or noir saoudien. Banco !

ARAMCO (Arabian American Oil Company)

Une société fut créée de toutes pièces : l’ARAMCO (Arabian American Oil Company) qui n’eut, dans un premier temps, d’arabe que le nom. L’Arabie saoudite récupéra une partie du pétrole exploité, mais aussi des dividendes qui se révélèrent essentiels à son programme de modernisation du pays. Ce fut donc un contrat win-win (gagant-gagnant). En outre, les Américains construisaient au cœur du Moyen-Orient, un bastion allié qui se montrerait fort utile pendant la guerre froide.

La famille Saoud se rendit progressivement compte du joyau enfoui sous ses pieds. En manœuvrant habillement les vannes, elle pouvait, à elle-seule, faire varier le cours du brut et, de là, piloter l’économie mondiale !

Elle chercha alors à renégocier, au cours des années 40, le contrat trop à l’avantage des Américains : en 1950, les termes furent donc modifiés et l’Arabie saoudite put compter sur 50 % des revenus du pétrole, une manne financière.

Au cours des années 60, puis 70, l’Arabie saoudite joua un rôle de modérateur des cours, augmentant ou réduisant sa production en fonction de la demande et assurant ainsi à l’occident un pétrole pas cher.

Mais cet état de fait ne plu pas aux milieux conservateurs, en particulier religieux (Wahhabites), qui virent dans le contrat Américain, la main mise du Grand-Satan sur le Royaume. A partir des années 90, des attentats visant des intérêts américains, ensanglantèrent le pays. Le point critique fut atteint le 11 septembre 2001, lorsque le monde apprit la nationalité de la plupart des terroristes : des citoyens saoudiens. L’Arabie se méfia des États-Unis comme les États-Unis se méfièrent de l’Arabie Saoudite. Mais les liens tissés depuis 45 étaient solides et puis, chacun avait besoin de l’autre, les premiers pour faire tourner leur économie, les seconds pour maintenir un haut niveau de sécurité. Ce fut de Ryad que les jets américains s’envolèrent lors, de la première et la seconde guerre du Golfe.

 

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Joindre la conversation 1 commentaire

  1. […] L’Arabie saoudite, comme on le sait, est une monarchie pétrolière sunnite, à tendance Wahabite, dont la puissance financière met en péril les équilibres mondiaux. Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, il en est ainsi. Alors que rien ne les rapproche, Les États-Unis et la monarchie saoudienne  ont conclu un pacte d’assistance mutuelle :  le pétrole pour l’un, le le parapluie militaire pour l’autre. […]

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Economie, moyen-orient

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