jaurès

Jaurès

A l’évidence, il s’agit plus qu’une biographie de plus sur l’homme qui inventa la Gauche de progrès, un homme singulier dans notre paysage politique,c ité encore aujourd’hui, comme une référence humaniste, à droite (par SAROKZY notamment lors de sa campagne de 2007), comme à gauche, sans jamais avoir eu de portefeuille ministériel ! Jean-Pierre RIOUX dans un langage clair nous présente un véritable essai sur la pensée de JAURES et sur l’impact qu’il eut sur son temps.

Originaire du Tarn, JAURES est né et a grandi dans la ruralité où il s’est construit une conviction d’homme de gauche, désintéressée, au service des plus fragiles, mais aussi anti-militariste, renonçant à la violence comme mode d’action. Il n’aurait certainement pas cautionné les exactions des Révolutionnaires de 1789 ! A cette violence, il préférait l’éducation.

Le Socialiste

Ses débuts politique, il les fit à côté de CLEMENCEAU, dans les colonnes de La Dépêche où il prit la défense des mineurs de Carmaux contre qui le gouvernement de Sadi CARNOT avait envoyé la troupe. Il dénonce ce gouvernement vendu à la finance, au capitalisme et qui ignore la personne humaine. La lutte des mineurs de Carmaux a fait de JAURES un socialiste (qui n’a encore une fois rien à voir avec le socialisme de notre Président d’aujourd’hui!

Il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience. Jean JAURES

C’est avec l’affaire DREYFUS (1899) que JAURES devient le leader du socialisme français. Pourtant, ses premiers pas dans « l’affaire » sont hésitants, croyant dur comme fer à la culpabilité du Capitaine. Mais il se reprend et devient un pilier de la défense (avec ZOLA et CLEMENCEAU). Mais c’est probablement plus par amour pour la démocratie que par haine de l’anti-sémitisme qu’il s’engage ainsi.

En 1902, il crée le parti socialiste français, en 1904 l’Humanité et en 1905 la SFIO (Section Française de l’Internationale Socialiste) avec Jules GUEDES.

Jaurès contre MARX sur l’idée de Nation

Le socialisme du XIXème sicle n’avait pas grand chose à voir avec notre socialisme d’aujourd’hui. Il se réclamait de MARX, de la lutte des classes (en fait leur abolition), de la fin des Nations à l’origine des guerres, de la complète égalité entre les citoyens débarrassés de leurs titres ostentatoires.

Donner la liberté au monde par la force est une étrange entreprise pleine de chances mauvaises. En la donnant, on la retire. Jean Jaurès

Pour MARX, les prolétaires devaient s’unir sans considération patriotique : un ouvrier allemand valait bien son collègue français et ensemble ils renverseraient le patronat oppresseur. Pas pour Jaurès ! Ce dernier revendiquait l’idée de Nation, ce fond commun où règnent les souvenirs, la culture, l’histoire… et à son droit de disposer d’une armée pour défendre ses intérêts. Jaurès était un patriote.

Pourtant, c’est son combat pour la pacifisme qui lui coutera la vie, en juillet 1914. Avec la mort de Jaurès, le camp de la paix perdait son meilleur atout et la guerre devenait inévitable

Jaurès contre MARX sur l’économie

MARX avait prédit dans « son Capital » la fin du capitalisme (crise de surproduction oblige). Jean JAURES n’y croit pas trop. Il a vu le capitalisme surmonté ses crises, se modifier, évoluer en fonction des circonstances, mais jamais mourir. Il n’a pas vu le prolétaire descendre des les bas-fonds de la misère mais, au contraire, ses conditions de vie s »améliorer. Pour JAURES, le capitalisme ne peut pas se faire sans le prolétariat, sans un prolétariat fort, en bonne santé. Par ailleurs, cette classe (depuis les révolutions) a revendiqué la Démocratie comme mode de gouvernance. La classe dominante doit donc composer, lui accorder toujours plus de droits en un mot : partager les richesses (même si à l’Époque ce partage est encore très inégalitaire).

Une citation que MARX n’aurait pas aimé

Le premier des droits de l’homme c’est la liberté individuelle, la liberté de la propriété, la liberté de la pensée, la liberté du travail. JEAN JAURES.

Et vous vous étonnez de la véhémence de nos paroles, de la force de nos accusations ! Mais songez donc que nous parlons au nom d’un siècle de silence ! Songez donc, qu’il y a cent ans, il y avait dans ces ateliers et dans ces mines des hommes qui souffraient, qui mouraient, sans avoir le droit d’ouvrir la bouche et de laisser passer, en guise de protestation, même leur souffle de misère : ils se taisaient.
Puis un commencement de liberté républicaine est venu. Alors nous parlons pour eux, et tous leurs gémissements étouffés, et toutes les révoltes muettes qui ont crié tout bas dans leur poitrine comprimée vibrent en nous, et éclatent par nous en un cri de colère qui a trop attendu et que vous ne comprimerez pas toujours.

 

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Joindre la conversation 5 commentaires

  1. […] gauche, aux côtés (notamment) de Clemenceau et de Zola, puis rejoint le socialisme aux cotés de Jaurès (il n’est guère convaincu par les thèses […]

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  2. […] L’antisémitisme est alors banal. Il s’affiche dans la presse (Edouard DRUMONT) et coure les couloirs des assemblées. L’affaire Dreyfus, au tournant du siècle, en est la plus célèbre illustration. Le journaliste Théodor HERTZL s’appuiera sur ces évènement pour faire émerger l’idée sioniste visant à créer un État en Israël pour les Juifs. L’affaire DREYFUS divise la France avec, d’un côté, la droite conservatrice (anti-dreyfusarde) et de l’autre la gauche pro-dreyfusarde (où s’illustrent CLEMENCEAU, ZOLA et JAURES). […]

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  3. […] avec cette particularité de n’avoir (presque) jamais exercé de mandats nationaux (Jaurès ne fut que […]

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  4. […] « Pas un cri n’est sorti de vos bouches, pas une parole n’est sortie de vos consciences, et vous avez assisté, muets et par conséquent complices, à l’extermination complète. » Jean JAURES. […]

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  5. […] avec cette particularité de n’avoir (presque) jamais exercé de mandats nationaux (Jaurès ne fut que […]

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