f5Écrit avant la révolution, le discours présente une vision originale des Lumières alors toutes puissantes (Diderot, D’Alembert, Voltaire, Kant,…) en leur conférant, pour la première fois, un côté sombre.

Comme connaître l’origine de l’inégalité parmi les hommes ?

Comme La Boétie (Discours sur la servitude volontaire) avant lui, Rousseau, constate que :

L’homme est né libre, et partout il est dans les fers.

Pour découvrir l’origine de ces inégalités, Rousseau propose de remonter à la source pour observer l’homme avant qu’il ne soit modifier par son histoire, comme on remonterait le temps pour observer à rebours une partie d’échecs pour identifier à quel moment précis l’équilibre originel (le début de la partie) s’est rompu.

Comment connaître la source de l’inégalité parmi les hommes, si l’on ne commence par les connaître eux-mêmes ? Rousseau

Et comment l’homme viendra-t-il à bout de se voir tel que l’a formé la nature, à travers tous les changements que la succession des temps a dû produire dans sa constitution originelle, et de démêler ce qu’il tient de son propre fond d’avec ce que les circonstances et ses progrès ont ajouté ou changé à son état primitif ?

Remontons le temps avec Rousseau

L’homme primitif (théorique selon Rousseau) suit la loi de la nature et, à ce titre, peut être qualifié de « bon » (Rousseau s’oppose ici à Hobbes qui voyait dans l’homme un loup pour l’homme) : il ne connaît que deux instincts (naturels) : celui de conservation et celui de pitié. Sont à lui étrangères, les notions de bien, de mal. Il peut tuer, du gibier par exemple, mais seulement pour se nourrir.

L’homme est retenu par la pitié naturelle de faire lui-même du mal à personne, sans y être porté par rien, même après en avoir reçu.

Le premier pécheur

Quel événement singulier a bien pu sortir l’homme de son état de nature ? Pour Rousseau c’est l’avènement du droit de propriété et la création de la vie en société.

Le premier qui ayant enclos un terrain s’avisa de dire : ceci est à moi et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le véritable fondateur de la société civile…

C’est en entrant en société que l’homme perdit ses qualités originelles. Pour quelle raison ? En quoi la vie sociale engendra-t-elle le vice ?

Sitôt que les hommes eurent commencé à s’apprécier mutuellement, et que l’idée de la considération se fut formée dans leur esprit, chacun prétendit y avoir droit, et il ne fut plus possible d’en manquer impunément pour personne. Tout tort volontaire devint un outrage

C’est ainsi que, chacun punissant le mépris qu’on lui avait témoigné d’une manière proportionnée au cas qu’il faisait de lui-même, les vengeances devinrent terribles et les hommes sanguinaires et cruels.

L’homme fut déchiré entre l’amour qu’il portait toujours à son prochain et sa propre estime de lui-même.

Pourquoi l’homme a -t-il, contrairement aux animaux, évolué ainsi ?

Regardez ce chat ! Il meurt de faim et refuse le bol de graines posé à ses côtés. Dans l’autre cage, un oiseau se laisse dépérir à côté des plus belles viandes. L’animal ne peut sortir de sa nature, de son instinct. Il se laisse mourir sans même essayer les aliments dont il n’a pas l’habitude. Il n’est pas libre ; il est guidé par un logiciel interne qui fixe son attitude, une fois pour toute. L’animal ne peut donc pas se tromper. Il fera toujours ce qui est bon pour lui, pour son espèce.

Regardez maintenant l’homme. Il peut essayer toutes sortes de mets nouveaux. Il peut même nuire à sa propre santé en mangeant ou en buvant à l’excès. Il peut s’abstenir de faire des enfants et mettre ainsi en péril sa descendance. Pour Rousseau, l’homme est libre ; il peut sortir de sa nature. Il est même tellement libre qu’il peut user de cette liberté jusqu’à en mourir. Et cette liberté a une conséquence ; l’homme est libre de faire le bien ou le mal.

La morale est donc par essence humaine.

Une seconde différence qu’identifie Rousseau est l’aptitude de l’homme au progrès : si l’on observe une termitière sous les Pharaons (on en a de très belles fossilisées), on remarque qu’elles sont identiques à nos termitières actuelles. Si on compare maintenant Le Caire (pour rester dans les Pharaons), il y a cent ans, et Le Caire aujourd’hui, ça n’a rien à voir. Car l’homme a cette faculté de progresser, de construire une histoire. Malheureusement, ces progrès peuvent être mis au service du bien ou du mal. C’est le problème quand on est libre. Ici Rousseau s’oppose aux Lumières (Kant, Voltaire, Diderot) pour qui ne voient, dans le progrès, que l’occasion d’améliorer l’homme.

Comment rétablir l’homme-bon ?

Eh bien, il y a deux pistes

  1. on retourne à l’état de nature ; on vit en Hermite, loin des nuisances du progrès (Rêveries d’un promeneur solitaire) ;
  2. on vit en société, mais on établit un « Contrat social ». Ce contrat vise, pour chaque individu, à renoncer à sa liberté de nuire à autrui, en la confiant à une autorité légale (la police) décidée et contrôlée par le groupe. En échange, l’individu reçoit la sécurité offerte par la vie en société (l’union fait la force). La liberté devient la soumission à la loi que l’on s’est prescrite.Chacun se donnant à tous ne se donne à personne. Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit, et l’obéissance en devoir. De là le droit du plus fort.

L’obéissance au seul appétit est esclavage et l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté. ROUSSEAU

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Les lumières, Philosophie, Rousseau

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