Searching for Sugar Man. Incroyable histoire d’un artiste américain, totalement inconnu chez lui, devenu, sans le savoir (et c’est ça qui est incroyable), une Superstar en Afrique du Sud, une véritable icône de la jeunesse blanche anti-apartheid, l’inspirateur de toute une génération de chanteurs contestataires.

Sugar man - Sixto Rodriguez

Sugar man Sixto Rodriguez

Sixto RODRIGUEZ, car c’est de lui qu’il s’agit, débuta sa modeste carrière en 1970 du côté de Détroit, dans les bars des bas-quartiers. Baroudeur d’origine mexicaine, il déclinait sa voix mélancolique sur des guitares blues, dans l’indifférence des scènes enfumées. Il enregistra toutefois un premier album, COLD FACT, avant de tomber dans l’oubli.

L’histoire aurait pu s’arrêter-là.

Mais voilà ! Deux étudiants en partance pour l’Afrique du sud emmenèrent dans leurs valises quelques enregistrements de l’artiste. Arrivés au Cap, ils firent écouter les bandes à des amis qui tombèrent sous le charme des douces mélodies rythmées par la guitare folk de RODRIGUEZ.

Les enregistrements pirates se multiplièrent et Sixto, ou plutôt son, fantôme, devint vite un local HERO. COLD FACT, loin de ses bases américaines se vendit à un million d’exemplaires.

Sixto RODRIGUEZ n’en sut rien. il multipliait les petits boulots dans l’anonymat le plus total pour faire vivre, bien modestement, sa petite famille.

Pendant ce temps, au Cap, on ne connaissait que lui. Les électrophones jouaient ses mélodies et son image furtive plaquée sur la pochette de l’album, un homme assis en tailleur, coiffé d’un chapeau de cow-boy, caché derrière d’épaisses lunettes noires, trônait dans les discothèques.

Qui était-il ? Personne ne le savait. Aucun journaliste ne l’avait rencontré. Il était aussi connu que que Simon and Garfunkel et Jimmy HENDRIX et on ne savait de lui que ce qui était écrit sur les pochettes : c’est-à-dire à peu près rien. La rumeur voulait qu’il se soit suicidé, suite à un concert raté aux USA. La presse spécialisée avait alors abandonné l’idée d’en savoir plus.

Sixto, loin de l’agitation médiatique, montait et démontait des maisons, pour le compte d’entrepreneurs. 20 ans s’écoulèrent.

En 1990, un journaliste, plus curieux que les autres, décida d’éclaircir le mystère, de découvrir celui qui était derrière les lunettes noires. Nous étions dans le milieu des années 90. Il prenait le soleil sur une plage de Durban lorsqu’une Américaine lui demanda le nom de l’artiste qui passait à la radio.

– Comment ça ! Vous ne connaissez pas Sixto RODRIGUEZ ?

– Non. C’est qui ?

– une super-star américaine !

– Je ne pense pas. Jamais entendu parlé de lui !

Le journaliste n’en revint pas. Comment était-il possible que cet américain idolâtré soit inconnu aux États-Unis ? Ici tout le monde le connaissait : dans chaque famille, on trouvait des disques des Beatles, d’Elvis et de Rodriguez. Pour en savoir plus, il remonta la piste de l’argent, investiguant du côté de la maison de disque (SUSSEX), relisant les paroles des titres pour trouver des indices, ce qui le conduisit du côté de New York et d’Amsterdam… Rien. Personne ne connaissait la super-star ! Puis il identifia, dans l’un des titres, une référence à une petite ville américaine (dont j’ai perdu le nom), « d’où venait une jolie fille ». Il décida alors de lancer une bouteille à la mer, qui prit la forme d’un portrait du chanteur, imprimé sur des bouteilles de lait avec la mention : qui connait cet homme ? Et le miracle s’accomplit : il reçut quelques temps plus tard l’appel d’une jeune fille :  » Je connais Sixto RODRIGUEZ, c’est mon père ! Et il n’est pas mort, je vous le passe ! « 

La suite fut encore plus fabuleuse puisque le journaliste proposa à Sixto une tournée en Afrique du Sud. RODRIGUEZ abandonna ses truelles et reprit le métier qu’il avait abandonné 25 ans plus tôt, rouvrant le trésor gravé sur les vieux sillons abandonnés par l’Amérique. Le chanteur enfourcha sa guitare et se produisit devant 30 000 fans totalement acquis à sa cause !

La superstar qui s’ignorait rencontra enfin son public ! Il continua à vivre modestement, refusant de quitter sa banlieue de Détroit, donnant ses gains à sa famille ou à des amis…

Un compte de fée moderne qui mérite d’être vu.

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