Pour y voir plus clair dans cette région du monde aux carrefours de toutes les cultures, nos lecteurs nous ont demandé une petite synthèse sur son histoire en lien avec les conflits actuels. Nous avons relevé le défi et proposons aujourd’hui cette petite synthèse sans ambition que nous souhaitons participative : donc à vos correcteurs et vos stylos !

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Les conflits du moyen-Orient

En deux mots

Le Moyen-Orient est une région d’Asie qui s’étend :

  • du nord au sud de la Turquie à la péninsule arabique ;
  • d’est en ouest, de l’Égypte à l’Iran.

Ce territoire est riche en ressources naturelles, notamment en pétrole et en gaz, ce qui en a fait, depuis la fin du XIXème siècle, une région très convoitée, notamment par les puissances occidentales. Il est à la croisée de trois continents ce qui en a fait un lieu de passage privilégié.

La diversité de sa population est liée à son histoire tourmentée, faite de vagues d’envahisseurs successives. On peut ainsi citer les grandes étapes suivantes :

  • l’installation, dès le deuxième millénaire avant Jésus-Christ, des premiers peuples sémites (en particulier les Hébreux venus de Mésopotamie (l’Irak actuelle)) ;
  • la conquête de la région par les Grecs d’Alexandre-le-Grand, puis les Romains ;
  • les Chrétiens, présents dès le premier siècle, puis arrivant d’Occident avec les Croisades (les Francs), au début du second millénaire ;
  • l’arrivée, au huitième siècle, des Musulmans, partis d’Arabie sous la conduite de Mahomet ;
  • les invasions Mongoles au début du XIIIème siècle ;
  • la conquête ottomane à partir du XVIème siécle ;
  • l’arrivée de puissance occidentales (notamment la France et l’Angleterre) à partir du XIXème siècle.

Les guerres au Moyen-Orient

Les enjeux du Moyen-Orient

Les enjeux territoriaux

Le Moyen-Orient est un territoire riche en ressources naturelles, notamment en hydrocarbures (gaz et pétrole). Sa production d’or noir représente 30% de la production mondiale. Il est en outre une plate-forme majeure d’échanges entre l’Asie et l’Afrique et un carrefour commercial entre la Méditerranée et l’Océan Indien.

Son climat très sec est à l’origine de tensions géopolitiques en raison :

  • d’une ressource en eau limitée (Israël et la Syrie se disputent ainsi les hauteurs du Golan où le Jourdain prend sa source) ;
  • et de surfaces habitables réduites (Vallée du Nil, du Jourdain, du Tigre, de l’Euphrate et le littoral méditerranéen).

Les enjeux religieux

Les trois monothéismes sont présents au Moyen-Orient : Le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam. Jérusalem est ainsi une ville sainte pour ces trois religions. Elle fut :

  • l’emplacement choisi par le roi des Hébreux Salomon pour ériger (-1200 av-JC) son Temple (dont le dernier vestige est l’actuel mur des lamentations) ;
  • le berceau du Christianisme (avec le Saint-Sépulcre où Jésus aurait été crucifié) ;
  • le lieu (aujourd’hui le Dôme du Rocher avec la mosquée al-Aqsa) choisi par Mahomet pour monter au ciel pour rejoindre Allah. Pour les Musulmans, il s’agit du troisième lieu saint après la Mecque et Médine.

Les peuplements

Les Musulmans représentent la majeure partie de la population. On distingue deux grands courants qui s’opposent :

  • les Sunnites (qui suivent l’enseignement du premier Imam Abou Bakr) qui représentent 75 % de l’effectif et qui sont implantés dans tout le Moyen-Orient, à l’exception de l’Iran et du sud-est de l’Irak ;
  • les Chiites (qui ne reconnaissent comme légitime que le neveu du prophète Ali), majoritaires en Iran et dans une partie de l’Irak et de la Syrie.

D’autres groupes minoritaires doivent également être cités : Les Druzes (au Liban) et les Kharidjites.

Les Chrétiens sont essentiellement implantés en Égypte et au Liban. Ils respectent l’autorité du Vatican à Rome.

Les Juifs, autrefois dispersés dans toutes les contrées du Moyen-Orient, sont désormais regroupés en Israël.

Un résumé de l’histoire des conflits au Moyen-Orient

Le démembrement de l’empire Ottoman

Les Nations que l’on connaît aujourd’hui (Irak, Iran, Syrie, Jordanie,…) n’existaient pas au début du vingtième siècle. Elles n’étaient que des provinces de l’empire Ottoman.

L’empire Ottoman fut fondé au XIIIème siècle par les Osmanlis venus de Perse (la Turquie actuelle). Pendant plus de quatre siècles, il domina le monde arabe. Cette hégémonie permit une certaine stabilité de la région. La grande-guerre (1914-1918) remit en cause ce fragile équilibre.

carteOttomanEmpire1798-1923

Carte de l’empire Ottoman

En 1914, l’empire ottoman fut entraîné dans la grande Guerre aux côtés des Empires Centraux (Allemagne et Autriche). Les Britanniques, déjà présents en Égypte, où ils protégeaient le canal de Suez, essentiel pour leur accès aux Indes, décidèrent alors de soulever les tribus arabes pour l’affaiblir. Ils promirent alors au chérif de la Mecque, Feysal, l’indépendance du monde arabe en échange de son appui militaire. Ce fut Lawrence d’Arabie qui conduisit les tribus arabes à la victoire.

Mais Anglais et Français s’étaient déjà partagés en secret cette partie du monde par les accords de Sykes-Picot (1916). Cette trahison du monde arabe par les Occidentaux, nous le verront, est un des facteurs majeurs qui expliquent les conflits qui secouent encore aujourd’hui le Moyen-Orient.

L’empire Ottoman se retrouva dans les camps des vaincus et fut alors contraint de céder ses anciennes possessions.

Ce fut dans le traité de Sèvre, en 1920, que les Alliés organisèrent le Moyen-Orient. Il contenait, en germes, les conflits à venir. Il fut signé, pour les Ottomans, par le Sultan Mehmet IV. Il permit de graver dans le marbre diplomatique les accords secrets de Sykes-Picot déjà évoqués. La France disposa du protectorat sur la Syrie (y compris Mosul, riche en pétrole) et le Liban. Les Britanniques obtinrent l’Irak et la Palestine. Les Arabes, quant à eux, ne gagnèrent pas l’indépendance pourtant promise.

Le traité prévoyait également la création d’un État kurde et d’un État arménien. Il ne fut jamais ratifié.

L’Empire Ottoman à peine démantelé connut juste après la guerre, grâce un général charismatique devenu Président, Mustafa Kemal (dit Atatürk : le père des Turcs), une violente poussée nationaliste. Cette renaissance mit au projet d’Etats kurde et arménien. Le Président turc obtint, par le traité de Lausanne en 1923, la modification, à son avantage, des frontières de la Turquie. Admirateur des Lumières, notamment de Voltaire, il créa le seul état laïc du Moyen-Orient, à l’image des états européens.

Un résumé de l’histoire des conflits au Moyen-Orient

Le conflit Israélo-arabe

Création de l’État d’Israël

Ce fut l’affaire DREYFUS, à la fin du XIXème siècle en France, qui mit en évidence, grâce aux articles du journaliste autrichien Théodore Hertzl, le problème juif : l’existence d’un peuple sans État. Cette affaire donna naissance au « mouvement sioniste », qui connut sa première reconnaissance officielle avec la déclaration du ministre anglais des affaires étrangères, Arthur-James BALFOUR, dans sa célèbre lettre ouverte à Lord ROTHSHILD qui resta connu dans l’histoire sous le nom de « La déclaration de BALFOUR ». Dans celle lettre, il proposa la création d’une terre nationale en Palestine pour les Juifs.

« Sa majesté voit favorablement l’établissement en Palestine foyer national pour le peuple juif […]. Étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte aux droits civiques et religieux des collectivités non-juives existant en Palestine » Arthur-James BALFOUR 1917.

A noter que cette lettre ne dit pas que l’intégralité de la Palestine doive être juive. Cette ambiguïté sera l’objet de nombreuses divergences d’interprétations entre Juifs et Arabes.

Ce fut la première étape qui devait à terme conduire à la création de l’Etat d’Israël. Cette déclaration ne fut pas faite au hasard. En effet, l’empire britannique vit plusieurs avantages à un tel État :

  • récupérer la Palestine au détriment de la France ;
  • protéger ses voies commerciales à travers la Palestine ;
  • protéger la rive Est du canal de Suez ;
  • assurer une présence pro-Européenne au Moyen-Orient.

En 1922, les Britanniques obtinrent de la Société des Nations (SDN) le mandat sur la Palestine (déjà prévu dans le traité de Sèvre). L’immigration juive en Palestine connut alors un pic important, la population étant multipliée par 11 entre 1918 et 1948, en passant de 55 000 à 600 000 âmes. Les Arabes de Palestine commencèrent s’inquiéter de cette menace qui risquait, à terme, de les chasser de leurs terres.

Le 29 novembre 1947, l’Assemblé Générale des Nations-Unies vota le partage de la Palestine entre un État juif et un État Arabe, malgré les votes négatifs de l’ensemble des pays arabes. Jérusalem obtint un statut international. La population Juive accepta ce vote malgré des frontières limitées. La population Arabe, de son côté, qualifia le vote de « Al-Nakba » : la catastrophe. Le vote de 47 fut pour eux « un outrage à la Charte des Nations-Unies » qui stipulait que « chaque peuple possède le droit de disposer de son destin ».

David BEN GOURION, qui deviendra le premier ministre de l’État d’Israël, déclara :

« Si j’étais un leader Arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C’est normal ; nous avons pris leur pays. Il est vrai que Dieu nous l’a promise, mais comment cela pourrait-il les concerner ? Notre Dieu n’est pas le leur. Il y a eu l’antisémitisme, les Nazis, Hitler, Auschwitz, mais était-ce leur faute ? Ils ne voient qu’une seule chose : nous sommes venus et nous avons volé leurs terres. Pourquoi devraient-ils accepter cela ? » David Ben GOURION

Les conflits entre les colons Juifs et la population juive se multiplièrent et on assista à la fuite d’une partie de la population arabe qui rejoignit la Jordanie, la Bande de Gaza et le Liban.

La dégradation rapide de la situation obligea le Conseil de Sécurité de l’ONU à se réunir. Le principe d’un cessez-le-feu fut décidé. Le 17 avril 1948, une « Commission de trêve » fut mise en place pour superviser ce cessez-le-feu. Le Président de la Croix-Rouge fut choisi comme médiateur pour obtenir un règlement pacifique du conflit.

Le 14 mai 1948, les Britanniques, conscients de l’impasse et inquiets des coûts grandissants, mirent fin prématurément à leur mandat sur la Palestine. Ils retirèrent leurs forces armées. L’agence juive proclama le jour même la création de l’Etat d’Israël en respectant le plan de partage de 1947. Les Arabes qui avaient émigré dans les pays arabes voisins n’eurent aucun droit au retour. Les violences redoublèrent. Les États Arabes voisins vinrent en aide aux Arabes de Palestine.

Un résumé de l’histoire des conflits au Moyen-Orient

Le premier conflit Israélo-arabe

Le caractère insoluble de la situation en Palestine s’expliquait par la légitimité des arguments avancés par les deux communautés.

Les Juifs, en premier lieu, avaient subi la Shoah, le massacre par les Nazis de plus de cinq millions d’entre-deux, et revendiquaient la Palestine, terre sainte de leurs ancêtres. La communauté internationale fut, dans un premier temps, bienveillante à l’égard de ce peuple apatride.

Les Arabes, en second lieu, avancèrent leur droit de propriété sur cette terre, qu’ils occupaient depuis des siècles.

Ben GOURION, conscient de la fragilité du nouvel État, décida de renforcer sa capacité militaire. Il arma le pays avec les stocks militaires provenant des armées démobilisées et enrôla des vétérans ayant combattu aux côtés des Britanniques.

Dès la création d’Israël, les dirigeants arabes (Égypte, Syrie, Transjordanie, Liban, Irak et Arabie Saoudite) lui déclarèrent la guerre

Les Israéliens, malgré un désavantage numérique, parvinrent à repousser les forces arabes. Cette victoire éclaire leur permit d’étendre leur territoire au-delà des frontières de 1948. L’ONU intervint et mit en place une convention d’armistice en 1949. Les gains territoriaux d’Israël furent considérables. La superficie de son territoire augmenta de 25%.

L’État d’Israël saisit l’occasion pour acquérir de nouveaux armements militaires auprès des Européens et pour renforcer son armée.

Un résumé de l’histoire des conflits au Moyen-Orient

La crise du Canal de Suez et la guerre des Six-Jours

La défaite de la coalition arabe fut vécue comme une humiliation qui va faire naître, d’abord en Égypte, un mouvement nationaliste (panarabisme). Gamal Abdel NASSER, le Président Égyptien, souhaitait rassembler la communauté arabe sous un seul drapeau (le sien), afin d’effacer les frontières dessinées par les Occidentaux dans le Traité de Sèvre.

Pour NASSER, cette « nation arabe » devait se doter de l’indépendance énergique et supposait donc la construction du barrage d’Assouan. A la recherche de financements, il décida alors de nationaliser le canal de Suez. Cette décision unilatérale fut inacceptable aux yeux des Britanniques, le canal étant leur principal accès aux Indes. NASSER était aussi dans le collimateur des Français qui voyaient d’un mauvais œil son soutien au FLN algérien de Ben BELLAH.

La guerre froide s’invita au Moyen-Orient : en effet, l’influence de l’Union Soviétique sur les pays arabes, et en particulier sur l’Egypte, devint grandissante et commença à inquiéter les pays occidentaux, dont les alliés au Moyen-Orient étaient Israël et l’Iran du Shah PALAVI.

En 1956, NASSER, sûr de l’appui soviétique, bloqua le golf d’Aqaba et interdit la navigation des navires Israéliens sur le Canal de Suez. En représailles, les Anglais et les Français retirèrent leur personnel technique du barrage d’Assouan. Fut alors décidée, en secret (les accords de Sèvre), entre Anglais, Français et Israéliens, l’intervention en Égypte : un corps expéditionnaire franco-britannique fut envoyé sur place dans l’objectif de renverser le président égyptien. De son côté, l’armée israélienne envahit le Sinaï et la bande de Gaza, profitant de l’affaiblissement du flanc est de l’armée égyptienne, occupée à contenir le corps franco-britannique.

Les troupes françaises approchaient du palais présidentiel lorsque l’Union Soviétique menaça d’intervenir. On était aux bords d’un conflit nucléaire. Les États-Unis, conscients du péril, décidèrent de faire pression sur ses alliés. Face à ce double ultimatum (USA et URSS), l’offensive contre l’Égypte fut arrêtée. Israël évacua le Sinaï. Le Moyen-Orient était devenu le nouveau théâtre d’affrontement, par États interposés, des deux super-puissances. Si Nasser perdit sur le plan militaire, il avait remporté une victoire diplomatique importante qui fit de lui le champion du monde arabe.

Espérant faire oublier la défaire militaire, les pays arabes (Egypte, Jordanie et Syrie) lancèrent en 1967 une nouvelle offensive sur l’État Hébreux. Après de premiers revers, Tsahal (l’armée israélienne), avec l’aide militaire américaine, parvint à détruire presque simultanément les forces aériennes de l’Égypte, de la Jordanie et de la Syrie. De nouveau, Israël occupa le Sinaï, les hauteurs du Golan (stratégiques pour les ressources en eau), la bande de Gaza et la Cisjordanie (rive occidentale du Jourdain).

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La guerre du Kippour et du Liban

La mort de NASSER porta son premier ministre, Anouar EL-SADATE au pouvoir. Il continua la politique de son prédécesseur en lançant une attaque-surprise contre Israël le 6 octobre 1973, en profitant de la fête juive du Yom Kippour et en comptant sur la supériorité numérique de ses armées. Cette fois-ci, et pour la première fois, l’Égypte remporta des francs succès sur l’armée israélienne. Mais, de nouveau, la victoire fut de courte durée et Tsahal, bénéficiant de l’appui technologique américain, parvint à repousser l’offensive (où s’illustra Ariel SHARON – futur premier ministre) et gagna ce que l’histoire retint comme « la guerre du Kippour ».

Le premier choc pétrolier (1973)

Ces défaites successives furent vécues par les pays arabes comme autant d’humiliations : Israël semblait, du point de vue militaire, invincible. Ils décidèrent alors d’utiliser l’arme du pétrole, en refusant de livrer leur pétrole aux nations qui soutenaient Israël. Le prix du baril explosa ce qui provoqua une grave crise économique dans le monde occidental. Seule l’Iran du Shah PALAVI refusa de participer à cet embargo.

La guerre civile libanaise

Le Liban, depuis le traité de Sèvre, était administré par la France. Un équilibre précaire existait entre les différentes communautés : chrétiennes (Maronite), chiites, sunnites et Druzes (une branche contestée de l’Islam), mais aussi réfugiés palestiniens Cet équilibre s’écroula en 1975, provoquant une guerre-civile.

Le monde arabe était désormais divisé. La question palestinienne n’y faisait plus l’unanimité. Le FATAH de Yasser ARAFAT (principal groupe palestinien de lutte contre l’occupation israélienne) fut même expulsé de la Jordanie du roi HUSSEIN (installé par les Britanniques après le traité de Sèvre) et trouva refuge au Liban, puis en Tunisie.

Un résumé de l’histoire des conflits au Moyen-Orient

Un conflit à résonance internationale

Développement du sentiment anti-occidental

Les pays arabes se détournèrent progressivement des gouvernements nationalistes (et socialistes) pour emprunter des voies plus religieuses. Le soutien américain à Israël provoqua l’émergence d’un fort sentiment anti-occidental et un repli sur l’identité religieuse. On assista, un peu partout, à l’éclosion de groupuscules qui revendiquèrent l’instauration de la Charia (la loi islamique). En Égypte, les frères musulmans sunnites gagnaient en influence. Le Liban vit l’apparition du HEZBOLLAH chiite et la Palestine, le Hamas sunnite, frères ennemis de l’Islam, mais unis dans la lutte contre Israël.

La révolution iranienne (1919)

Mais c’est en Iran que l’évolution fut la plus spectaculaire : En 1979, le Shah, ami des États-Unis du Président NIXON, fut renversé par l’Ayatollah KHOMEÏNI qui expulsa toutes les compagnies étrangères d’Iran qui exploitaient jusque-là, son pétrole et mit en place un Islam chiite particulièrement rigoureux.

Un sentiment anti-occidental et anti-juif s’installa dans les mentalités arabes.

Pour contrer la menace iranienne, les Occidentaux décidèrent d’armer Saddam HUSSEIN, le Président sunnite irakien du parti laïc Baas. Ce fut le début de 10 années de conflits entre l’Iran et l’Irak qui fit un million de morts, sans changer les frontières.

La première guerre du Golfe (1990)

La fin de ce conflit laissa le dictateur irakien à la tête d’une Nation exsangue, mais forte de sa puissance militaire. Il décida alors de l’utiliser en décidant, en 1990, l’invasion du Koweït, menaçant les approvisionnements du pétrole d l’Occident. Le Président BUSH décida alors l’intervention connue sous le nom de Tempête du Désert, qui permit de repousser l’armée irakienne dans ses frontières.

La deuxième guerre du Golfe (2001)

Une seconde intervention de BUSH-Junior fut toutefois nécessaire pour débarrasser l’Irak de son dictateur. Mais si les États-Unis gagnèrent la guerre, ils perdirent la paix : ils ne parvinrent pas à stabiliser le pays sur le plan politique, cherchant maladroitement à s’appuyer sur la majorité chiite du pays.

Le printemps arabe (2011)

Avec le déclenchement en Tunisie du printemps arabe, un nouveau groupe islamique sunnite commença à déstabiliser le pays : l’Etat islamique, constitué d’anciens militaires de Sadam HUSSEIN et de djihadistes du monde entier.

Bachar al-HASSAD, le président syrien, un Alaouite (branche du Chiisme), menacé par des soulèvements démocratiques au sein de son pays, décida de libérer de ses geôles d’anciens intégristes appelant au djihad pour sauver son trône menacé pas les puissances occidentales (mois la Chine et la Russie). Ces prisonniers libérés vinrent gonfler les rangs de l’État islamique dirigé par Abou Bakr al-Bagdadi, qui se revendique Calife (le successeur du prophète).

Abou Bakr vise la fin des accords de Sykes-Picot en supprimant les frontières notamment entre la Syrie et l’Irak. Nous en sommes à la troisième guerre du Golfe.

Un résumé de l’histoire des conflits au Moyen-Orient

Les répercutions internationales

Peu à peu des mouvements terroristes se sont constitués pour entrer en guerre contre les puissances occidentales. Aujourd’hui, ils ne limitent plus leurs actions au Moyen-Orient, mais cherchent à porter le conflit au-delà leurs frontières, notamment aux États-Unis et en Europe.

Al-Qaïda est le groupe terroriste le plus connu : c’est un mouvement islamiste d’inspiration sunnite fondamentaliste. Cette organisation cible des actes terroristes aux États-Unis et dans les pays occidentaux, mais n’a pas, contrairement à l’État islamique, de stratégie territoriale.

En 2001, un événement terrible s’abattit sur les États-Unis : les attentats du 11 septembre. Deux avions de ligne ont percuté les Tours-Jumelles du World Trade Center de New-York. Au total, 2973 morts, de 93 pays différents, sans compter les Djihadistes, soupçonnés d’appartenir à Al-Qaïda (branche saoudienne).

Oussama Ben Laden, leader présumé de cette opération, voyait dans les attentats une opportunité pour créer une tension entre l’Islam et l’Occident. Les États-Unis en deuil, décidèrent de lancer une contre-attaque contre ces terroristes en Afghanistan en 2001 et en Irak en 2003. Depuis ces attentats, les États-Unis et les puissances occidentales renforcèrent leurs programmes de sécurité notamment avec le plan Vigipirate en France. Ce fut seulement en 2011, que Ben Laden fut retrouvé au Pakistan et tué par un commando Américain.

Ces attentats ne furent pas les seuls actes terroristes recensés à ce jour. En effet, on compte, depuis 2 ans, des actes terroristes d’un nouveau genre, utilisant notamment les moyens modernes de communication. Le 22 septembre 2014, 6 randonneurs furent pris en otage par un groupe terroriste qui avait prêté allégeance à l’État islamique, dans la commune d’Akbil en Algérie. Au bout de 14 heures, les 5 premiers otages furent relâchés, mais Hervé Gourdel, le dernier randonneur resta captif. Hervé GOURDEL fut décapité et son assassinat fit l’objet d’une vidéo publiée sur les réseaux sociaux.

Ce mode de terrorisme est devenu la norme parmi les groupes islamistes. Les conflits au Moyen-Orient ont évolué en guerre de civilisations entre un occident tout puissant, porteur de valeurs démocratiques et de modernité et un Moyen-Orient replié sur son identité religieuse et humilié depuis les accords de Sykes-Picot. Le fossé entre les deux mondes semble irréductible.

Un résumé de l’histoire des conflits au Moyen-Orient

Conclusion

Il est évident que si le Moyen-Orient ne regorgeait pas de pétrole, il ne serait pas le siège de tant de conflits si meurtriers. Les accords de Sykes-Picot, puis le traité de Sèvre, ont été établis par les Alliés pour disposer des ressources pétrolières nécessaires à leur économie alors en pleine croissance. Ils ont eu pour conséquence la création de frontières artificielles qui expliquent aujourd’hui en partie le rejet des valeurs occidentales.

La création de l’Etat d’Israël a également fini de faire basculer le monde arabe dans cette logique, en prenant, dans un premier temps, le chemin de la lutte pour l’identité arabe avant de dériver vers l’Islam radical que l’on connaît aujourd’hui.

 

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Joindre la conversation 6 commentaires

  1. […] Mais avant cela, il convient de retourner ici pour comprendre les origines et les enjeux cachés du conflit. Le Petit-Père COMBES vous propose donc un bref résumé de l’histoire du Moyen-Orient. […]

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Histoire, moyen-orient, Palestine

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