On les connait surtout depuis qu’ils se battent, seuls, avec l’énergie du désespoir, contre l’État islamique. Seuls parce que la coalition internationale, menée par les États-Unis, a décidé qu’elle ne mettrait pas un pied aux sols. Avec l’énergie du désespoir, parce ce que l’issue de la guerre qu’ils mènent contre l’État islamique décidera de l’avenir de leur peuple.

Qui sont les Kurdes ?

Sans les Kurdes, l’État islamique serait aujourd’hui le maître incontesté du nord de l’Irak et de la Syrie. Sans les Kurdes, les quelques dizaines de milliers de YESIDIS, derniers adorateurs de ZOROASTRE (ancêtre des Dieux à tendance monothéiste), encerclés sur

Bref, les KURDES méritent d’être connus. Essentiellement laïcs, seuls dans la région a parlé de l’émancipation de la femme, de démocratie, les KURDES meurent par milliers pour le compte de la communauté internationale, (trop) prudente depuis l’échec cuisant des Américains en Irak.

Le plus ironique dans cette histoire est de constater que, bien que gazés par Sadam HUSSEIN en 1988, bien que persécutés (des milliers de morts) par les Turcs, de Mustapha Kemal (dit Atatürk) à ERDOGAN (premier ministre actuel), le principal parti Kurde, le PKK, le parti des travailleurs kurdes, d’essence Marxiste-léniniste, mais qui se bat aujourd’hui sur tous les fronts pour le compte d’OBAMA, a été inscrit par les USA sur la liste des groupes terroristes ! Voilà qui n’est pas très juste, comme nous allons le voir…

le montagne du SINJAR (au nord de l’Irak) auraient été effacés de la carte par le rouleau compresseur de l’État islamique.

Qui sont les Kurdes ?

Les KURDES ne sont pas arabes. Et ils tiennent à le faire savoir, fiers de leur culture spécifique qu’ils mettent un point d’honneur à défendre. A la lecture d’une carte, on s’aperçoit que le KURDISTAN (qui n’existe pas) est dispersé sur quatre pays et autant de poudrières : l’Irak, l’Iran, la Syrie et la Turquie. Ils était là bien avant la création de ces États par les Alliés, à l’occasion du traité de Sèvre en 1920.

Originaires d’Iran

Les plus anciennes traces les font venir de Mésopotamie (entre deux fleuves : Tigre et Euphrate), et plus particulièrement de Perse (l’Iran actuelle), où, vers le VIIème siècle avant JC, ils auraient bâti un Empire, avant de subir des vagues d’invasions successives d’Alexandre-le-Grand (le Macédonien) à Mahomet (le prophète de l’Islam) au VIIème siècle.

Mahomet et le conquêtes musulmanes (VIème siècle)

Les KURDES sont balayés à partir de 622 par la fougue ravageuse des troupes de Mahomet. Ils restent sous domination arabo-musulmane pendant les dynasties Omeyyades puis Abbassides. Ils cherchent malgré tout à conserver une certaine autonomie vis-à-vis du pouvoir du Calife (le successeur du Prophète dans l’Islam sunnite). Puis les Turcs (Seldjoukide) deviennent la puissance dominante et créent alors la première province du Kurdistan, dans les environs de SINJAR.

Le temps des croisades (premier millénaire) et Saladin

Le temps des Croisades, au XIIème siècle, va donner aux Musulmans un leader exemplaire, un Kurde, qui va reprendre Jérusalem aux Francs de Baudoin : Saladin (Salâh ad-Dîn). Le règne de Saladin va garantir au KURDISTAN une certaine stabilité pour un siècle, jusqu’à l’arrivée des nouveaux envahisseurs : les Mongols, eux mêmes chassés, un siècle plus tard, par les Musulmans. Malgré ces flux et reflux incessants d’envahisseurs, les Kurdes conservent leur culture, leur langue et leur sentiment fort d’appartenir à un même peuple.

L’empire OTTOMAN (XVIème siècle)

Au XVIème siècle, venus de Turquie, les nouveaux maîtres du Moyen-Orient s’appellent les OTTOMANS, musulmans sunnites de la tribu d’Othman. Mais c’est aussi à cette époque que la Perse (l’Iran actuelle) choisit pour se convertir à l’autre branche (rivale) de l’islam : le chiisme. Les KURDES sont pris en tenaille entre ces deux puissances antagonistes. Ils deviennent l’enjeu de tractions politiques et penchent, pour une question simple de survie, vers le camp ottoman, a priori le mieux armé. Bingo ! Les Kurdes, pendant presque trois siècles, vivent à peu près en paix sous le parapluie rassurant de son tuteur ottoman, gagnant, en prime, une certaine autonomie, les Sultans de Constantinople étant soucieux de leur conquête du monde arabe.

Le Kurdistan est alors une constellation de principautés, mais l’idée nationale fait son chemin lentement, doucement, patiemment, portée par les idées venus de Paris (1789). Toutefois, la relative autonomie, dont les Princes kurdes bénéficient, ralentit la progression de l’idée.

C’est finalement, au XIXème siècle, lorsque les Sultans commencent à se mêler un peu trop des affaires kurdes en tentant de soumettre les principautés que le sentiment nationaliste se réveille. La guerre avec l’empire OTTOMAN, conseiller par l’Allemagne,de BISMARCK, devient inévitable.
C’est le pot de fer contre le peau de terre, en l’occurrence le KURDISTAN qui se casse en mille morceaux et tombent sous le joug ottoman.

Première guerre mondiale et le Traité de Sèvre (1920)

L’empire OTTOMAN choisit le mauvais camp, celui des Empires Centraux, l’Allemagne et l’Autriche, et est entraîné dans la guerre. Son Empire est mis à mal par les tribus arabes menées par Lawrence d’Arabie qui libèrent la péninsule arabique, la Palestine, l’Irak et la Syrie. L’empire OTTOMAN, après 4 siècle de règne sans partage sur le Moyen-Orient, est mis en pièce militairement et sur les cartes d’État-major : par les accords de Sykes-Picot (1916), l’Empire est morcelé aux profits des Français et des Anglais.

Leurs maîtres à genoux, les KURDES saisissement leur chance pour arracher, à l’occasion de la conférence de Versailles (1919), leur reconnaissance internationale. Bingo encore ! La création d’un état kurde est intégré au traité de Sèvre de 1920.

Mustapha KEMAL et le traité de Lausanne (1922)

Un général de l’armée ottomane, Mustapha KEMAL, entreprend, à peine deux ans après la fin de la guerre, de libérer l’ouest de la Turquie (Anatolie) occupée par les Alliés (notamment les Grecs) suite au traité de paix. Son audace militaire, et surtout la crainte d’un nouveau conflit en Europe redouté par les Alliés, le conduisent à la victoire en 1922, à la présidence turque et à la rédaction d’un nouveau traité, celui de Lausanne qui annule les dispositions du Traité de Sèvre sur l’autonomie du KURDISTAN ! A noter qu’un sort similaire est réservé aux Arméniens.

MOSUL et le pétrole

Le Moyen-Orient est devenu après la première guerre mondiale un enjeu territorial majeur entre les deux grandes puissances européennes vainqueurs : La France et la grande Bretagne. l’Irak revient à la Grande Bretagne et la Syrie avec la ville kurde de MOSUL à la France. Pour un temps seulement, car nos amis Britanniques, qui ne perdent jamais le sens des affaires, et qui savent le sous-sol de MOSUL est riche en pétrole, exerce leur pouvoir de nuisance auprès de la Société des Nations pour obtenir, en 1925, son rattachement à l’Irak

Le KURDISTAN n’existe pas

La nation kurde attendra puisque le traité de Lausanne la disperse au sein de quatre Nations : L’Irak, la Syrie, la Turquie et l’Iran.

Le réveil Kurde

En Turquie

L’idée d’un état nation n’a jamais disparu. C’est surtout en Turquie qu’il va agir. KEMAL voulait pour son pays, un État, une langue et une religion. Le conflit avec les Kurdes (et les Arméniens) était alors inévitable. Un premier massacre a lieu en 1938. Mais c’est en 1980, avec la création du PKK que tout s’emballe. En 2007, le président turc GÜL regrettent, pour la première fois, que les Kurdes de Turquie soient considérés comme des citoyens de secondes classes. Il engage des pour-parler avec les leader du PKK mais meurt (empoisonné ?) peu de temps après. L’armée reprend sa politique d’oppression des Kurdes, puis ERDOGAN ne fait rien pour améliorer les sort des Kurdes.

En Irak

En 1988, les velléités kurdes d’autonomie se soldent par un gazage en règle de 5000 civils par Ali-le-chimique, cousin germain de Sadam HUSSEIN et alors son ministre de la défense. Bien entendu, dans ces conditions, les KURDES se réjouissent de l’intervention américaine (1990). Ali-le-chimique n’y survivra pas : il est pendu. Bon débarras ! Après la seconde guerre d’Irak, en 2003, les Kurdes soutiennent les Américains qui se dépatouillent comme ils peuvent pour tenter d’imposer (les naïfs) la démocratie en Irak. Les KURDES d’Irak gagnent en autonomie,… …jusqu’au départ des Américains : les milices sunnites, frustrées par le pouvoir chiite mis en place par les Américains, prennent les armes et prêtent allégeance à un nouveau Calife : Abou Bakr Al Badadi qui met en place un Calfat (l’état islamique). C’est la guerre ouverte, les Kurdes devenant la principale force résistante en Irak (dans le SINJAR) et en Syrie (siège de Kobané).

Pour une autonomie Kurde.

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Joindre la conversation 5 commentaires

  1. Pourquoi les gagnants de la première guerre mondiale n’ont pas créer le Kurdistan sur les territoires perdus de l’empire ottoman c-à-d au lieu de créer n’importe comment l ‘Irak et la Syrie ils aurait pu créer le Kurdistan en même temps La logique de culpabilités que l’on essaie de faire passer (au turcs , syriens et aux irakiens) depuis de années est insensées

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  2. […] communauté, prise en tenaille entre les Djihadistes de l’EI et les Kurdes de Syrie, risque aujourd’hui de disparaître de Syrie où elle est installée depuis 2000 […]

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  3. […] adorent un Dieu très ancien bien plus ancien que notre Dieu du Livre (Yahvé ou Allah). Avec les Kurdes, leurs voisins et amis, ils sont donc d’une originalité singulière dans l’océan musulman du […]

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kurdes, moyen-orient

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