Brève histoire de la Libye

Comme tous les états de la méditerranée, la Libye a subi, tout a  u long de l’Antiquité, son  lot d’invasions, passant successivement sous la coupe des puissances dominantes de l’époque et notamment celle :

  • des Phéniciens (-1000 avant JC), peuple sémitique installé alors à Canaan (actuelle Israël) ;
  • des Grecs (- 300 avant JC), Tripoli signifiant « trois villes » ;
  • des Romains (au tournant du millénaire (Empereur Auguste) qui tenaient le pourtour méditerranéen);
  • des Vandales (peuple barbare germanique chassé de Gaule par les Wisigoths au Ier siècle après JC) ;
  • les Byzantins, après le transfert du centre névralgique de la chrétienté de Rome à Constantinople ;
  • les Arabes (les Omeyyades, dynastie de l’Islam sunnite, au VIIème siècle) ;
  • les Ottomans (puissance dominante du Moyen-orient venue de Turquie  au XVIème siècle).

Au cours de la période ottomane, la Libye conserve une certaine indépendance, se

contentant de verser annuellement une rente au Sultan ottoman de Constantinople. Elle assure ses revenus en devenant la championne de la piraterie d’État en Méditerranée.

Un résumé de l’histoire de la Libye

Les guerres mondiales

Le Moyen-Orient fut remodelé entièrement par la première guerre mondiale (accord de Sykes-Picot en 1916 et traité de Sèvre et de San Remo en 1920). La Libye n’échappa pas au grand chambardement. Les troupes italiennes, alors dans le camp des Alliés, occupèrent quelques points stratégiques.

Avec l’arrivée de MUSSOLINI, l’Italie parvient à s’installer de manière plus solide, allant jusqu’à annexer le territoire à la veille de la seconde guerre mondiale.

La Libye devient alors un territoire particulièrement disputé entre les belligérants. Hitler, soucieux de saper l’influence britannique, envoie Rommel, son meilleur général, pour occuper l’Afrique du Nord pour, à terme, parvenir à faire la jonction avec ses armées du Caucase (opération Barbarossa). Les Alliés, soutenus par les troupes de la France Libre et sous l’autorité de Montgomery, parviennent à contenir le renard du désert, puis à la repousser à la mer.

Il faudra encore 10 ans (1952) pour que la Libye obtienne :

  • sa totale indépendance (Muhammad Idris al-Sanusi, héritier d’une célèbre dynastie, devient le premier roi de Libye ;
  • son adhésion à la ligue arabe.

Un résumé de l’histoire de la Libye

Le colonel Khadafi : 50 ans de dictature

Si la première guerre mondiale a dessiné le Moyen-Orient, la découverte du pétrole en a fait une poudrière, disputée farouchement par les puissances occidentales. La Libye n’échappa pas à cette règle. Toutefois, le nationalisme arabe, né en Égypte avec le président Gamal Abdel NASSER, conduit au pouvoir un officier particulièrement ambitieux : le colonel Khadafi.

Ce dernier n’y va pas par quatre chemins. Il installe la révolution des masses sur le modèle soviétique (suppression du secteur privé), dont les principes sont exposés dans son livre vert, allant, sur le plan extérieur, jusqu’à soutenir les mouvements palestiniens (Abou Nidal), basques (ETA) ou irlandais (IRA), ce qui conduira la communauté internationale à inscrire la Libye sur la liste des états terroristes.

Il s’intronise «guide de la révolution » et décide :

  • d’expulser les troupes étrangères résiduelles ;
  • de nationaliser les dernières possessions italiennes, notamment les installations pétrolières ;
  • de supprimer les partis d’opposition ;

Il dénonce furieusement toute tentative d’accord avec Israël et transforme, à ce titre, son pays en dépôt d’armes, alimenté (avec les dollars du pétrole) par les AK 47 (Kalachnikovs) et T-54 (blindés) soviétiques.

La Libye, ayant supprimé son secteur privé, devient totalement dépendante de ses revenus pétroliers. Tout soubresaut du cours de l’or noir est susceptible de mettre le feu aux poudres d’une société, dont les privations menacent le soulèvement.

En 1980, la baisse du prix du baril met le régime de Khadafi à l’épreuve et engendre le glissement des aspirations nationalistes vers d’autres plus religieuses. Des extrémistes religieux tentent d’assassiner le fantasque colonel à plusieurs reprises.

La Libye se fâche avec le monde entier : avec ses ennemis historiques, comme les États-Unis ou la Grande-Bretagne, mais aussi ses voisins : la Tunisie et l’Égypte. La construction d’une usine d’armes chimiques, en 1986, achève de mettre le pays sur le banc des nations. Les Américains envoient des porte-avions en Méditerranée.

Khadafi décide alors d’introduire un soupçon de liberté dans le pays ultra-centralisé autour de sa personne : c’est le retour, certes timide, du secteur privé.

Avec la chute du mur de Berlin (1989), le régime de Khadafi se fragilise un peu plus, ce qui l’oblige à mettre encore un peu plus d’eau dans son vin diplomatique, en particulier avec ses pays limitrophes.

Mais, le naturel reprend vite le dessus : la Libye est accusée d’être à l’origine du crash d’un avion de la PANAM. en 1988 au-dessus de Lockerbie (Écosse). À nouveau, les portes diplomatiques se referment aux frontières de la Libye, jusqu’à l’embargo général décrété par l’ONU en 1992.

En 1997, un assouplissement est obtenu grâce :

  • d’une part à l’intervention de la Ligue arabe ;
  • et d’autre part en raison de l’appétit des Occidentaux pour l’or noir qui dort dans les sous-sols libyens.

La reconnaissance (2001) par la Libye de sa responsabilité dans l’attentat de Lockerbie permet d’engager le processus de réhabilitation du pays et de son Colonel, qui continuera avec le programme de démantèlement des installations chimiques et nucléaires, à partir de 2003. Les États-Unis ré-ouvrent leur ambassade à Tripoli en 2006 et les accords commerciaux se multiplient.

Khadafi est reçu à l’Élysée (contrepartie de la libération des infirmières Bulgares que le colonel détenait dans ses geôles?), puis à Rome où des excuses officielles lui sont présentées en lien avec l’occupation italienne !!!

Un résumé de l’histoire de la Libye

Le printemps arabe et l’hiver de Khadafi

Avec l’avènement du printemps arabe (2011), qui éclate juste derrière ses frontières (dans la Tunisie de Ben-Ali puis dans l’Égypte de Moubarack), le Colonel se raidit une fois de plus. L’est du pays est particulièrement touché par une rébellion, dont le seul programme semble être de couper la tête du Dictateur. Comme à son habitude, Khadafi répond avec les armes et menace de faire un carnage dans les rangs des insurgés. La communauté internationale se mobilise à nouveau contre le guide suprême. Les frappes aériennes, encadrées par une résolution de l’ONU, et menées par les Français et les Britanniques, permettent de tenir l’armée du Dictateur en respect.

Le Conseil national de transition (CNT) est reconnu comme autorité légitime de la Libye. Le Colonel est capturé puis exécuté.

Un résumé de l’histoire de la Libye

La montée de l’islamisme

Comme souvent dans le monde arabe, l’amputation de la main de fer qui tenait le pays libère les haines ancestrales qui couvaient depuis longtemps. Deux clans se forment rapidement les Laïcs (ZINTAN) et les Islamistes modérés d’un côté et les fondamentalistes religieux (MIRATA) de l’autre : les armes sont partout présentes et souvent aux mains de groupuscules terroristes.

Le champ de l’Islam rigoriste en tant que seule loi (charia) est investi par le parti de la Justice et de la Construction, issu de la mouvance sunnite des frères musulmans égyptiens. Malgré des élections, et la victoire (fragile) de partis modérés, aucune force ne parvient à s’imposer. Les milices armées font régner la terreur. Le pays est au bord du chaos, sans gouvernement central reconnu et avec une production pétrolière à l’arrêt. Certaines provinces, comme la Cyrénaïque qui tient l’arme du pétrole, réclament leur indépendance.

Plus personne ne veut diriger le pays. C’est le ministre de la Défense Abdullah al-Thani qui s’y colle contraint et forcé ! Il lance le général Khalifa Haftar (un ex de Khadafi) contre la menace islamiste de Benghazi, pilotée par Ansar Asharia.

Les blocs ennemis sont irréconciliables. La Libye est un champ de ruine où règne l’anarchie la plus totale. Les islamistes prêtes allégeances à l’État islamique d’Abou Bakr. 50 coptes égyptiens sont exécutés. En représailles, le général Al-Sissi bombarde leurs positions faisant une cinquantaine de morts.

Le sud Lybien est devenu un refuge pour les leader d’Al Qaïda, notamment depuis que les forces françaises sont intervenues au Mali. Le 14 juin 2015, un bombardier F15 américain frappe un immeuble dans lequel se tenait une réunion en présence de Moktar Ben Moktar, chef d’Al Qaïda au Sahel. Sa mort reste à confirmer.

 

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