Avec la persécution des Chrétiens de Syrie par l’État islamique (EI), le monde (re)découvre l’existence d’une communauté chrétienne en Syrie, pays éminemment musulman, mais qui fut, au début de notre ère, une terre chrétienne.

chrétiens

Chrétiens de Syrie

Les chrétiens de Syrie

Cette communauté, prise en tenaille entre les Djihadistes de l’EI et les Kurdes de Syrie, risque aujourd’hui de disparaître de Syrie où elle est installée depuis 2000 ans.

Elle fut fondée par le truculent Paul-de-Tarse (Saül chez les Hébreux et Paulus (le petit) chez les Romains), premier persécuteur de Chrétiens vers 50, avant d’entamer une rédemption totale lors de son voyage vers Damas, lorsque, tombé du cheval, le Seigneur s’adressa à lui en ces termes « Paul, pourquoi me persécutes-tu ? ». Paul-de-Tarse fit place à Saint-Paul (le misogyne), dit « l’apôtre des gentils », premier prosélyte, diffuseur efficace de la foi c étienne, notamment au levant, et en particulier Syrie (Antioche) et en Turquie.

Acte des apôtres

Paul resta encore assez longtemps à Corinthe. Ensuite il prit congé des frères, et s’embarqua pour la Syrie, avec Priscille et Aquilas, après s’être fait raser la tête à Cenchrées, car il avait fait un vœu.
La conversion de Constantin Ier (313 ap JC)

Constantin, empereur de Rome, en guerre contre une puissance rivale, vit dans le ciel une croix. La victoire lui était promise s’il apposait le signe chrétien sur les étendards de sa légion. In hoc signo vinces : « Par ce signe tu vaincras ». Constantin emporta la victoire, se convertit et avec lui tout l’empire (dont la Syrie).

La chute de Rome et le schisme

Après la chute de Rome, Constantinople et son Empire (Byzantin) devinrent le seul et unique centre de diffusion de la foi chrétienne dite « orthodoxe (droit dans le dogme) ». Au Vème siècle, un débat s’instaura sur une question fondamentale : le père (Dieu) et son fils (Jésus) sont-ils de la même substance ? En effet, dans une religion qui se veut monothéiste, deux Dieu, ça fait un de trop. Constantinople trancha (Concile de Nicée puis de Chalcédoine) : Dieu et Jésus sont un seul et même Dieu.

L’église de Syrie ne vit pas les choses ainsi : le fils est arrivé après le père, il a donc été engendré, il n’est donc pas de la même nature. Un évêque, Jacob, se fit le porte-parole des récalcitrants, fondant l’Eglise jacobite : l’Eglise de Syrie, réprimée aussitôt par Constantinople.

Les envahisseurs

l’Islam sunnite

Avec l’expansion de l’Islam, à partir du VIIème siècle, et en particulier sa conquête de la Syrie sous la dynastie sunnite des Omeyyades (750-1100), l’influence de Constantinople se réduit à presque zéro. L’Église jacobite put alors se développer, étant à peu près tolérée par les Omeyyades, vers l’Irak et le sud-est de la Turquie.

Les chrétiens catholiques

Antioche était tenue par les Seldjoukides (Tribu venue de Turquie vers le XIème siècle). Ils avaient pris la ville aux Byzantins vers 1085. Mais, répondant à l’appel (1095) de Clermont du pape Urbain II, les Croisés menacèrent la ville (1098). Le siège devint légendaire et tourna en faveur des Croisés, bientôt eux-même assiégés par une armée musulmane venue les déloger. La cohabitation s’installa entre chrétiens d’orient et d’occident. Elle restera chrétienne jusqu’à l’arrivée des Mamelouks (1298,) début de la fin de la domination chrétienne en Syrie.

Les Mongoles

Au XIVe siècle, la fureur mongole dévala d’Asie, rasant sur son passage les églises jacobites, pour prendre finalement Jérusalem. L »Eglise de Syrie connut des heures difficiles.

Les Ottomans

A partir du XVIème siècle, venue de Turquie, la tribu d’Osman Ier inaugura quatre siècles de stabilité dans la région, une stabilité organisée par le Sultan depuis Constantinople.

La première guerre mondiale

Le moyen-orient fut le théâtre de furieuses batailles entre les Empires centraux d’un côté (y compris l’empire Ottoman) et les Alliés (et leurs partenaires arabes qui chassèrent les Ottomans de Syrie avec l’aide de Lawrence d’Arabie). L’Eglise jacobite fut encore persécutés ce qui occasionna des départs notamment vers le Liban et l’Irak.

Epoque contemporaine

Après la seconde guerre mondiale, l’Eglise de Jacob connut encore quelques départs, notamment vers les Etats-Unis où une diaspora importante est aujourd’hui installée.

Dans le pays majoritaire sunnite, le pouvoir tomba dans les mains de la minorité chiite alaouite de Hafez AL-HASSAD, qui toléra plus ou moins les Chrétiens. Son fils Bachar en fit de même, lorsque détonna en 2011, quelque part en Tunisie, le printemps arabe…

Parti d’Irak, l’Etat islamique (sunnite), constitué d’anciens de l’armée de Sadam Hussein et de Djihadistes improvisés venus du monde entier, jura la perte de la dynastie HASSAD. Confisquant la révolution à l’armée syrienne libre, l’Etat Islamique, sous les ordres du Calife auto-proclamé Abou Bakr Al-Bagdhadi, fit la guerre au monde entier, et notamment aux Kurdes du nord de la Syrie. Ils tombèrent sur un os : la résistance acharnée de Kobané devenue leur Stalingrad. Les Kurdes repoussèrent l’EI vers le sud, vers les terres chrétiennes qui commencèrent alors à subir les persécutions génocidaires de l’EI… L’église de Jacob commença à organiser son auto-défense, dernier rempart contre la folie meurtrière des fanatiques.

Et les Assyriens ?

L’EI vient d’enlever une centaine de chrétiens dits « assyriens ». Qui sont-ils ? Comment s’inscrivent-ils dans la mosaïque compliquée des églises orthodoxes d’Orient ?

L’Assyrie (du dieu Sumérien ASSUR) fut, il y a bien longtemps (bien avant l’arrivée des Chrétiens dès 30 ap JC et des Musulmans en 635 ap JC), une puissance significative de Mésopotamie. Elle connut son apogée vers le VIIème siècle avant JC, contrôlant des territoires couvrant les actuels Irak, Syrie, Turquie et Liban.

Les pauvres Assyriens enlevés se revendiquent de cette lignée. Ils ont été convertis très tôt au christianisme, notamment avec l’arrivée de Paul. Ils ont, par la suite embrassé, une hérésie (enfin considérée comme tel par l’orthodoxie) : le nestorianisme qui voulut que deux entités coexistât dans le Christ, l’une humaine et l’autre divine. Leur langue est l’Araméen et leur implantation historique se situait autour de Bagdad : l’ancienne Parthe).

L’instabilité irakienne (au début du XXème siècle, lors du mandat britannique) les a poussés vers les territoires Syriens (du côté d’Alep), alors sous mandat français.

Menacés de nouveau (cette fois-ci par l’EI), ils ont constitué des milices d’auto-défense, ne faisant guère confiance à Damas pour garantir leur sécurité. Ils avaient bien raison d’en douter…

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moyen-orient, Nouveau testament

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