J’ai vu pour vous American Sniper de Clint EASTWOOD

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American Sniper de Clint EASTWOOD Clint EASTWOOD semble être le dernier, ou presque, réalisateur américain à ne pas sombrer dans le sempitérnel scénario christique où le mal triomphe toujours du bien. Avec Clint EASTWOOD, il est rare que l’on se trompe. Une fois de plus, le vétéran du cinéma américain nous livre un bon film, à mi-chemin entre le film de guerre et le compte philosophique.

Il nous propose l’histoire d’un sniper (tireur d’élite) texan qui passe sans transition des courses de Rodéo du Middle-West à la guerre d’Irak (la deuxième du nom, celle voulue par Geoges BUSH fils en 2003). Le Texan est un patriote comme on en trouve beaucoup aux États-Unis, fier d’arborer le drapeau américain, mais aussi la Bible qui ne quitte jamais sa table de nuit. C’est l’attentat du 11 septembre 2001 qui fait prendre conscience au cow-boy (comme il se qualifie lui-me) que sa place est en Irak, aux côtés des troupes, pour défendre son pays. Il quitte sa femme et se retrouve sur un toit de Bagad, avec, dans son viseur, une femme chargée d’une grenade russe et son enfant de 10 ans. Il abat les deux pour protéger le convoi US… D’où les deux questions lancinantes qui parcourent le film :

  • suis-je un salaud parce que je tue des salauds ?
  • le salaud est-il bien celui que l’on croit ?

Chrys KYLE n’a pas d’état d’âmes avec la première question. Il a, à son tableau de chasse, 160 victimes, mais il ne regrette rien : il a sauvé beaucoup de ses compatriotes et cela lui suffit pour apaiser sa conscience. S’il a un remord, c’est bien celui de ne pas en avoir sauvé plus !

Quant à la seconde question, sa réponse est nette : ils (les Irakiens) sont des sauvages. Il est donc du côté du bien et combat le mal pour le bonheur de tous. Un psychiatre, sa femme, un camarade tentent bien d’aller plus loin dans la réflexion, rien n’y change. Pourtant, lorsqu’un énième enfant se saisit d’un lance-roquettes et le dresse en direction d’un char US, ces certitudes semblent un instant se fissurer : il ne tire pas. Le risque est là, mais l’enfant, c’est innocence…

Le manichéisme américain

Ce film met en avant la relativité de la notion de bien et de mal. KYLE n’a qu’une seule référence : la Bible. Il saura « justifier auprès du seigneur tous les morts dont il est responsable ». Il est l’instrument du bien, le bras armé de Dieu sur terre. Il ne se pose jamais la question de la légitimité du combat de l’autre camps.

Nous sommes dans le manichéisme américain traditionnel : le héros apprécie le monde selon les principes absolus du bien et du mal, sans nuances et sans état intermédiaire. Il est du côté du bien absolu, en guerre contre le mal absolu.

En face, nous avons des Irakiens qui tombent dans le même travers : ils n’ont également qu’une seule référence, le Coran. Toutes leurs actions, leurs sacrifices, sont dictés par les paroles du Prophète. Sans nul doute, ils sauront aussi se justifier devant le créateur.

Chacun analyse les évènements avec son référentiel, son crible, étanche aux avis tiers, aux interprétations de l’autre. Le premier voit dans l’attentat-suicide un acte d’amour, un sacrifice qui sera récompensé, un ordre venu du ciel, quand le second y voit le dernier étage de la barbarie.

La paix est hors d’atteinte car le dialogue est impossible

 » Que répondre à un homme qui vous dit qu’il aime mieux obéir à Dieu qu’aux hommes, et qui en conséquence est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ?  » disait VOLTAIRE. Et il avait mille fois raison.

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