Cet article est susceptible de choquer les tenants des théories créationnistes, ceux qui sont attachés aux contes religieux qui font de l’homme une création de Dieu et de la femme sa compagne extraite de sa côte ; une sorte d’alter ego féminin imaginé par Dieu pour éviter que l’homme ne s’ennuie.

Ces contes tirés du livre de la Genèse (Ancien Testament) font remonter la création de l’univers à environ 6500 ans. Rémi PIN propose une date plus ancienne : environ 14 milliards d’années ; la terre, quant à elle, aurait 5 milliards d’années.J'ai lu pour vous L'origine de l'homme – la fascinante aventure de l'espèce humaine de Rémi PIN

Ce que l’on trouve dans le livre de Rémi Pin est donc une autre histoire, bien plus ancienne, qui ne fait de l’homme qu’un accident de la nature, un artefact qui aurait pu ne jamais pu exister. Comme LAPLACE, Rémi PIN ne fait pas appel à Dieu pour expliquer l’évolution des premières cellules jusqu’à Homo Sapiens. Son principal agent, c’est le hasard, le hasard des mutations génétiques qui donnent à certains individus un avantage concurrentiel dans le combat des espèces. Rémi PIN nous propose une histoire de la vie rationnelle, débarrassée de la magie, une histoire où Dieu n’a pas sa place.

Le long chemin de l’évolution

La terre est une vieille dame de 4,5 milliards d’années. La vie est apparue bien plus tard. Tous les êtres vivants auraient une origine commune : LUCA pour Last Universal Common Ancetor. Le passage de la matière inanimée à ce LUCA est encore inexpliqué. Comment des atomes de carbone, d’azote, d’hydrogène ont-ils un jour constitué un corps complexe capable de se répliquer ?

Puis, sont apparues les premières bactéries, dont les cyanobactéries capables de transformer le CO2 dont l’atmosphère était alors riche en O2. Ces bactéries se sont progressivement assemblées en êtres pluricellulaires pour donner, il y a 500 millions d’années, les premiers vertébrés, les poissons, les plantes et les premier

le grand rift

Le grand rift

s animaux terrestres, il y a 410 millions d’années, les premiers mammifères, il y a 200 millions d’années, les dinosaures et enfin les premiers singes, il y a 55 millions d’années.

Remarque du petit-père COMBES :

Sans la miraculeuse météorite venue anéantir, il y a 65 millions d’années, le règne sans partage des dinosaures, les mammifères n’auraient jamais pu envahir toutes les niches écologiques et l’homme ne serait sans doute pas apparu. Faut-il voir dans ce hasard un coup de pouce du destin ou la main de Dieu ? Mais dans ce dernier cas, pourquoi est-il passé par l’étape « Dinosaures » ?

Des mammifères aux hominidés

Les mammifères doivent donc leur réussite à un événement chanceux. Il y 40 millions d’années, la terre est sujette à des bouleversements climatiques, laissant l’hémisphère nord couvert de glace et vierge de tout primate. Les régions tropicales deviennent le refuge des premiers singes. Parmi eux, on trouve les homonoïdes, ancêtres communs aux hommes, aux chimpanzés et aux gorilles. Il faut attendre 16 millions d’années avant notre ère pour que les grands singes sortent d’Afrique. Mal leur en a prit puisque de nouveaux changements climatiques auront raison de leur témérité. Seuls subsistent les individus africains, probablement nos ancêtres.

Homininés : origine inconnue

8 millions d’années avant notre ère, l’est africain est peuplé de grands singes hominoïdes. Les grandes forêts tropicales leur offrent protection et nourriture en abondance. Un événement géologique va alors séparer en deux cet habitat : la formation du grand rift africain. A l’ouest, les région restent abondamment arrosées et l’habitat de grands singes est préservé. En revanche, à l’est, le grand rift empêche le passage des nuages, asséchant les grands espaces qui se transforment en savane. C’est dans cette région que les grands singes, obligés de survivre dans de grands espaces ouverts, vont évoluer vers le genre homo (bipède).

Toutefois, cette théorie proposée par Yves COPENS (le découvreur de LUCY) pourrait être remise en cause par la découverte au Tchad (donc à l’ouest du grand rift) de restes homonoïdes (Toumaï), vieux de 13 millions d’années.

Remarque du petit-père COMBES

On constate que les conditions de vie difficile sont toujours favorables au développement de l’intelligence. Les grand singes n’ont guère évoluer avlors que le genre homo, confronté à de véritables défits, a dû s’organiser, s’adapter. La chasse en groupe a notamment supposé la communication entre les individus, la construction de stratégie et l’anticipation du comportement animal. Ce dernier élément explique peut-être le développement de l’imagination, de la projection mentale d’un monde virtuel : homo sapiens est l’homme qui sait. Il saura aussi bientôt qu’il sait.

Les Australopithèques

Il s’agit des premiers singes bipèdes qui évoluaient il y a 4 millions d’années. Lucy en est le représentant le plus célèbre. La bipédie représente la première étape vers l’hominisation. L’accroissement du volume cérébral sera la seconde. Ils utilisent les premiers outils, mais ne les fabriquent pas encore. A nouveau les bouleversements climatiques vont effacer ces premiers spécimens pour laisser la place aux paranthropes, nos ancêtres.

La trace des premiers hommes

Homo Habilis apparaît, il y a 2 millions d’années, en Tanzanie et au Kenya. La grande évolution réside dans sa capacité à fabriquer des outils, première preuve de la pensée réfléchie : la réflexion (pensée sur soi-même).

Cette invention améliore ses conditions de vie. En introduisant la viande dans son régime, homo habilis alimente son cerveau en protéines, permettant l’augmentation constante de son volume. Il y a 1,3 millions d’années, cependant, Homo Habilis disparaît.

La conquête de l’ancien monde

Homo Habilis fait place à Homo Ergaster, 1 à 2 millions d’années avant notre ère. Il s’affranchit complètement du monde des arbres et présente une réelle capacité pour la marche sur de grandes distances. Il va donc voyager, en particulier pour suivre les troupeaux nomades, jusqu’en Asie et en Europe.

Homo Erectus, l’homme debout

Il apparaît il y a 1,5 millions d’années. Il tient son nom de sa posture redressée. Il est ce qu’on appelle couramment un chasseur-cueilleur. Il sait construire des abris et perfectionne les outils. Mais surtout, il domestique le feu, source de sécurité contre les grands prédateurs, de chaleur, et atout essentiel pour une cuisine qui facilite la digestion. On recense 800 000 individus, répartis entre l’Asie, l’Europe et toujours l’Afrique.

L’homme de Neandertal

Vers 300 000 ans avant notre ère, apparaît une espèce particulière du genre homo : le Néandertalien. Ses traits sont épais, plus rugueux que ceux de l’homme actuel. Doué pour la chasse en groupe, ce genre particulier disparaît toutefois sans explication, il y a 30 000 ans. A t-il subi la concurrence d’Homo Sapiens (l’homme qui sait), dont il a partagé l’habitat pendant plusieurs millénaires ? A t-il été victime de maladies véhiculées par Homo Sapiens ? A t-il été absorbé par Homo Sapiens ? On ne le sait pas aujourd’hui.

Homo Sapiens, l’homme qui pense

Homo Sapiens serait sorti d’Afrique 100 000 ans avant notre ère et aurait supplanté Homo Erectus dans les habitats qu’il avait jusque-là colonisés, notamment en Europe et en Asie. Il atteint le continent américain, il y a 30 000 ans, par voie terrestre, l’Australie, il y a 70 000 ans, par bateaux.

Il y a 20 000 ans, il a conquis l’ensemble de la planète.

Cro-Magnon, le révolutionnaire

Il est le représentant d’Homo Sapiens pour l’Europe. On remarque que pour Cro-Magnon, la course à la subsistance parfois fait une pause. Il a le temps de s’adonner à une nouvelle activité : la culture. Il fabrique ds objets, pas seulement en raison de leur seule utilité (grattoirs, tranchants, pointes), mais aussi parce qu’ils sont simplement beaux (parures). Il ressemble à l’homme moderne, et a une durée de vie moyenne de 35 ans. De nouveaux matériaux sont utilisés, comme l’ivoire. Il s’abrite encore dans des grottes mais commencent à fabriquer des abris, comme des tentes.

La naissance de la culture et de la religion

L’homme développe l’art pariétal. Les bijoux commencent à voir le jour, souvent fabriqués avec des coquillages ou des dents. Les premières statuettes font leur apparition, ainsi que les instruments de musique. L’inhumation des morts donne lieu à un cérémonial. L’homme découvre sa finitude et s’interroge sur l’au-delà. Il cherche à assurer le confort du défunt dans son,, long voyage au pays des morts. Il finit aussi par redouter sa propre mort. Des individus se spécialisent pour expliquer cet au-delà mystérieux et communiquer avec les esprits. Ils prennent un rôle particulier dans la tribu, puis un pouvoir certain sur leurs semblables…

Les cavernes se couvrent de peinture : des points, des flèches, des symboles, des animaux (très peu de végétaux). La signification des représentations fait encore débat. Était-ce l’occasion d’un dialogue avec des esprits pour favoriser la chasse à venir ?

La révolution néolithique (11 000 ans avant JC)

L’homme progressivement se sédentarise : le développement de l’agriculture suppose en effet de longs séjours au même endroit. Le réchauffement climatique fait progressivement reculer les glaciers, en même temps que les grands herbivores migrateurs, obligeant les hommes à se tourner vers les petits mammifères et les poissons. Les pierres sont maintenant polies et la poterie apparaît.

L’homme devient sédentaire

La sédentarisation de l’homme est liée au développement de l’agriculture. Cette dernière a une autre conséquence majeure : la création d’une hiérarchie dans les premières sociétés humaines, liée au stockage et à la distribution des réserves. Les maisons sont maintenant en pierres et se couvrent de toits de chaume. Des villes comme Jéricho en Cis-Jordanie ou Hüyuk en Turquie se développent, avec des maisons en briques de terre cuite et présentent plusieurs étages.

Les premières civilisations apparaissent à Sumer (Mésopotamie), au sud de l’Irak. Uruk compte 20 000 habitants.

L’age du bronze (3500 avant JC) et du fer (1000 avant JC)

Le cuivre et l’or sont les premiers métaux utilisés, puis l’étain qui fondu et mélangé au cuivre donne le bronze, un métal plus résistant pour la fabrication des armes. Vers 1000 ans avant JC, l’homme découvre le fer.

Les villes s’agrandissent et finissent par se toucher ce qui provoque les premiers conflits armés de grande ampleur. L’acheminement du fer, absent de Mésopotamie, nécessite des échanges avec des régions lointaines : le commerce apparaît et avec une bourgeoisie qui se distingue.

L’invention de l’écriture (3500 avant JC)

Son apparition à Sumer est liée à la nécessité de développer une comptabilité et une administration de la cité. Les premiers textes, retrouvés sur des tablettes d’argile, sont des textes comptables. Il s’agit d’une écriture dite cunéiforme (en forme de coin). Rapidement, ils s’étendent à tous les champs de l’administration. Puis, apparaît une véritable littérature, avec l’épopée de Gilgamesh, dont c’est inspiré l’Ancien testament. L’écriture est ensuite adoptée par les Akkadiens (nord de Sumer), puis les Phéniciens qui inventent un alphabet de consonnes, auxquelles les Grecs ajouteront les voyelles.

L’écriture permet au Roi de communiquer avec les contrées éloignées et d’assurer une bonne administration de son royaume. Sargon Ier d’Akkad, qui a mis la mains sur l’ensemble des cités-Etats de Mésopotamie, en est sans doute l’un des premiers représentants.

Les origines du langage

Les outils standardisés vieux de 2 millions d’années supposent l’existence en ces temps reculés du langage : leur technicité nécessite en effet un long apprentissage, la transmission du savoir d’une génération à l’autre. Le gène du langage (FOXP2) était déjà présent chez Neandertal (qui s’est séparé d’Homo Habilis il y a 270 000 ans).

Et après ?

L’homme entre dans l’histoire. Les grandes civilisations se développent autour de trois grands ensembles fluviaux : Le Tigre et l’Euphrate en Mésopotamie, la vallée de l’Indus et le Nil en Égypte. En Mésopotamie, Sumer est supplantée par Akkad (qui construit sous le grand Sargon le premier empire), puis par d’autres envahisseurs, comme les Hitittes d’Anatolie, les Amorites (nomades venus du désert), les Araméens (venus de la péninsule arabique), les Assyriens (venus de la ville d’Assur en Irak), les Perses (Iran actuelle) qui constituent un empire considérable qui, sous les règnes de Darius et d’Ataxercès, s’étend de l’Indus à l’Égypte. Il est balayé toutefois par la fougue d’Alexandre-le-Grand au IVème siècle avant notre ère.

Tous ces empires ont leur heure de gloire puis s’effondrent, les uns après les autres, souvent en raison de leur taille trop importante qui ne permet pas une défense efficace des frontières. L’empire Grec fait place à celui Romain qui s’effondre à son tour au IVème siècle de notre ère, laissant la place à une constellation de royaumes.

A l’ouest, les Francs se christianisent, au Moyen-Orient, l’islam se développe. Au milieu, Byzance, construit sur les ruines d’une ancienne cité grecque (Byzantium) récupère l’héritage de Rome. Le monde devient bipolaire, la religion séparant les hommes.

L’occident finit par débarrasser les affaires de l’État de la religion, contrairement à l’Orient. Une évolution différente des deux pôles conduit à une vision du monde totalement différente : l’occident privilégie la liberté, la reconnaissance du droit de l’individu, la recherche du bonheur ici et maintenant et l’orient privilégie la négation de la vie ici-bas pour mieux préparer la vie après la mort.

Aujourd’hui Homo Sapiens est à l’étroit sur sa planète. Le développement de la médecine, l’allongement de la durée de la vie, l’apparition de la société de consommation met son habitat en péril en raison de la surpopulation et la surconsommation des matières premières, de l’énergie.

L’homme prend lentement conscience que son histoire, vieille de 10 millions d’années, pourrait bien avoir une fin.

 

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Histoire de l'humanité, Science

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