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Destruction des images pieuses : l’état islamique n’a rien inventé !

Nous avons tous en tête ces images de bulldozers venus raser les ruines assyriennes d’Irak et ces barbus armés de masses frappant les statues millénaires du musée de MOSUL.

Quelle est cet étrange manie de vouloir détruire le passé ? D’où vient cette idée un peu saugrenue qui consiste à combatte à coups de marteau d’un Dieu que plus personne ne vénère ? Que peut bien signifier dans ces cerveaux essorés ces amas de plâtres ?

Tout simplement que Dieu est parfait et que sa créature (L’homme) est imparfaite. Il est donc logique de considérer que l’être imparfait ne peut, en images, représenter la perfection. Il injuriera le tout-puissant en, le résumant à quelques traits de crayons. Il en fera une forcément représentation amoindrie, diminuée, atrophiée, limitée par la finitude de son être qui ne peut et ne pourra jamais embrasser le tout.

Cette maladie étrange nous vient de loin

Les Pharaons, par exemple, avait pris l’habitude d’effacer des monuments l’image de leur prédécesseur.

Moïse également avait horreur des idoles : descendu du mont Sinaï où il avait reçu de YAHVÉ les Tables de la loi, il éructa en constatant que ses propres frères avaient en son absence érigé des veaux d’or ; il en brisa les fameuses tables : l’idolâtrie devint le pire crime de lèse-majesté.

La représentation de Dieu (et des tous les saints) devint toutefois autorisée, voire encouragée, dans le monde chrétien naissant. Byzance illustra dans l’art de l’icône (image représentant le sacré). Les icônes vinrent recouvrir les chefs-d’œuvre architecturaux byzantins : mosaïques, peintures, étoffes, tout était alors mis à contribution pour supporter l’image du Seigneur, de la vierge Marie et de tous les saints. Leur adoration fut encouragée, à l’Église bien sûr, mais aussi chez soi, ce qui donnait un côté pratique au culte, une sorte d’autel portatif que l’on pouvait adorer entre la poire et le dessert.

La crise des icônes

La question qui paraît tranchée par l’État islamique a secoué également l’Église orthodoxe, aux alentours du VIIIème siècle après JC (sous Léon III). Les images sacrées deviennent alors impies. Les défenseurs de cette théorie avançait déjà l’argument développé plus haut, renforcé par l’extrait du livre de L’Exode (Pentateuque ou bible hébraïque) :

 » Tu ne feras aucune image sculptée, rien qui ressemble à ce qui est dans les cieux là-haut, ou sur la terre ici-bas, ou dans les eaux au-dessous de la terre. Tu ne te prosterneras pas devant ces images ni ne les serviras, car moi Yahveh, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux. » (Exode,20,4-5).

On commence alors à sortir les masses et à casser de l’icône. Les tenants de cet et doctrine prennent le nom grec d’iconoclaste (briseur d’icônes). Leur furie destructrice eut au moins un avantage indéniable : les artistes commencent à se diversifier, réinventé leur art, à peindre autre chose que des têtes couronnées par des couronnes d’épines ; on voit apparaître des paysages bucoliques, des montagnes, des arbres, des animaux.

Le débat fait rage entre les « pros » ‘saint Jean de Damas (676-749)) et les « anti » icônes. Mais quel type d’argument pouvait bien avancé les « pros » ?

Jean de Damas avance l’idée que la vénération ne peut être assimilée à de l’idolâtrie. Car le fidèle ne s’adresse pas à l’image proprement dite, mais au personnage qui se cache derrière. L’image est un véhicule, un passage qui permet d’entrer en contact avec le divin. L’image reçoit la prière et se charge en spiritualité. Elle devient donc elle-même sacrée.

Il faut attendre le deuxième concile de Nicée (787) pour que les les images sacrées soient de nouveau autorisées. De nouveau les images du Christ se répandent dans tout le monde chrétien.

L’islam

Le monde islamique va plus loin en interdisant la représentation de tout ce qui a une âme, ce qui inclut les hommes.

« Ô croyants ! le vin, les jeux de hasard, les statues [..] sont une abomination inventée par Satan; abstenez-vous-en et vous serez heureux. » Coran, V, 90

L’argument est ici un peu différent. Ce n’est pas la crainte de représenter une image imparfaite de Dieu qui explique la destruction des images, mais plutôt, a l’instar de Abraham ou de Moïse, la peur de l’idolâtrie.

 

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