bacterieUn reportage exceptionnel qui ouvre des perspectives scientifiques et métaphysiques pour expliquer l’origine de la vie. Avant DARWIN, les scientifiques les plus éminents, comme NEWTON ou EINSTEIN, mais également les philosophes comme VOLTAIRE ou PLATON n’émettaient aucun doute quant à une origine intelligente de la vie. Il était alors admis qu’un grand créateur (Dieu pour les croyants) était à l’origine de la vie.

d’après DARWIN BLACK BOX de Michael J. Behe


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Un reportage exceptionnel qui ouvre des perspectives scientifiques et métaphysiques pour expliquer l’origine de la vie. Avant DARWIN, les scientifiques les plus éminents, comme NEWTON ou EINSTEIN, mais également les philosophes comme VOLTAIRE ou PLATON n’émettaient aucun doute quant à une origine intelligente de la vie. Il était alors admis qu’un grand créateur (Dieu pour les croyants) était à l’origine de la vie

Le moteur flagellaire bactérien

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Moteur flagellaire

A partir de DARWIN, l’idée d’un concepteur intelligent disparut entièrement du paysage : la sélection naturelle permettait à elle seule d’expliquer comment des organismes complexes pu apparaître avec, comme seul moteur, le hasard. Cette thèse ne souffrit alors d’aucune discussion. Peu importait si des pans entiers de la biologie restaient inexpliqués : comment par exemple la vie a-t-elle pu surgir de la matière inerte (DARWIN avoue son ignorance sur le sujet) ? Comment le processus de reproduction à l’identique a-t-il commencé ? D’où vient le code génétique ? Toute hypothèse faisant appel à une conception intelligente était alors rejetée sans même être examinée. Les erreurs successives de l’Église, son entêtement dans les erreurs les plus flagrantes, expliquent en grande partie ce rejet épidermique des thèses créationnistes. Par ailleurs, beaucoup de faits, qui sont sans ambiguïté en faveur de la sélection naturelle, ont donné à cette théorie sa résilience.

L’origine intelligente de la vie

Pourtant, la sélection naturelle, telle que décrite par DARWIN, ne peut, à elle-seule, expliquer l’existence de cellules vivantes complexes. L’apparition de cette complexité et son caractère « irréductible » (défini plus loin) ne peuvent être expliqués par la sélection naturelle : l’exemple donné par JOHNSON est parlant. Il s’agit du flagelle des bactéries. Cet appendice est une sorte d’hélice qui permet à la bactérie de se déplacer. Il est mis en mouvement par un moteur comprenant une trentaine de pièces. Le terme « moteur » est utilisé à dessein, car la structure en comprend tous les éléments, comme le rotor, la colonne de transmission, un système de refroidissement ou le stator. Ces éléments sont constitués de protéines qui prennent la forme de tubes, de roues, de colonnes ou de flagelles…

Enlever une pièce au dispositif et il ne fonctionne plus. Une pure merveille technologie à l’échelle microscopique : 100 000 tour par minute. Il peut s’arrêter en un quart de tour et repartir dans une autre direction.

Et c’est là que Darwin atteint ses limites. Selon le scientifique anglais, pour qu’un appendice (comme ici le flagelle) ait une chance d’être retenu par la sélection naturelle, il faut qu’il confère à son hôte un avantage. Ainsi explique-t-on le grand cou de la girafe : les sécheresses ont favorisé les individus à long cou qui pouvaient atteindre les feuilles les plus hautes au détriment des autres individus qui ont progressivement disparu.

Les limites de DARWIN : la complexité irréductible

Mais pour le cas du flagelle qui nous préoccupe, Darwin ne nous ait d’aucun secours : Pour conférer à la bactérie cet avantage indispensable, les trente pièces (protéines) sont nécessaires. C’est ce que JOHNSON appelle la complexité irréductible : le dispositif doit atteindre ce degré de complexité pour avoir une quelconque efficacité. S’il manque une pièce, il ne sert à rien. Un bout de moteur ne sert à rien. Un bout de flagelle ou d’arbre de transmission non-plus. Une construction graduelle via la sélection naturelle est donc difficile à admettre puisque l’avantage donné à la bactérie par le flagelle n’apparait que lorsque ses trente pièces sont assemblées. Si la sélection naturelle décrite par DARWIN avait fait son ouvre, elle aurait supprimé ce bout de flagelle inutile. Et on n’aurait jamais atteint le degré de complexité irréductible indispensable à l’efficacité de la flagelle.

« DARWIN l’avouait lui-même  » Si l’on pouvait démontrer qu’un organisme complexe existe, sans être l’aboutissement d’un succession de nombreuses et infimes modifications, ma théorie s’effondrerait totalement. » Charles DARWIN

La co-option à la rescousse de DARWIN

Cette hypothèse prévoit que le flagelle aurait pu emprunter des éléments à d’autres machines cellulaires. Mais parmi les trente pièces, une vingtaine ne sont présentes que dans le moteur flagellaire. Un emprunt à d’autres assemblages n’est donc pas non-plus possible. La co-option ne nous emmène pas très loin.

Un autre problème surgit : la séquence de l’assemblage est minutieuse, ordonnée. Une erreur dans le montage et le flagelle ne fonctionne pas. Cette question nous envoie donc au fond d’autres abysses de perplexité, comme devant une armoire IKEA sans la notice de montage.

Les limites de DARWIN : d’où vient l’information ?

L’assemblage des trente éléments ne doit donc pas se faire n’importe comment : comme pour la construction d’une maison, il ne faut pas poser le toit avant les murs. Ce plan est inscrit dans le code génétique porté par l’ADN.

Il s’agit d’une molécule en double-hélice qui porte une suite de d’éléments (Cytosines, Thymine, Guanine et Adénine) symbolisés par quatre lettres (C-T-G-A). Lorsque l’organisme a besoin de fabriquer une protéine (le rotor par exemple du flagelle), une « machine » ouvre la double-hélice à l’endroit où le plan se trouve (codé sous la forme d’une succession des quatre lettres) . Une autre molécule dite ARNm (pour messager) lit le plan. Un machine le transporte (via un port moléculaire) dans une usine de fabrication des protéines (le ribosome). La lecture, dans le ribosome, du plan apporté par l’ARNm permet la fabrication, sur une chaine de montage, de la protéine qui deviendra un rotor, un flagelle ou toute autre protéine. Lorsque elle est terminée, une autre cellule en forme de tonneau la met en forme.

Une question posée par l’auteur : l’usine à protéine est constituée de protéines. Comment les protéines constituant l’usine de fabrication des protéines a-t-elle été fabriquée ?

Mais alors se pose une question fondamentale : sans le plan, impossible de construire la protéine. Y compris la plus simple d’entre-elle. Comment (et par qui) ce plan a-t-il été conçu ?

Un peu de probabilité

On peut imaginer qu’il s’est établi par hasard, sous la pression des conditions environnementales qui ont mis à la poubelle les ébauches de plan qui ne conduisaient à rien d’intéressant. Admettons. Mais la probabilité d’obtenir « par hasard » le plan (la suite précise des 3 milliards de lettres (C-T-A-G)) est proche de zéro.

Dans « Evolution from space », l’astrophysicien Fred Hoyle et le mathématicien Chandra Wickramasinghe ont calculé que la probabilité que l’ensemble des protéines nécessaires à la la première cellule soient synthétisées et rassemblées était de 1 chance sur 10E40 : Hoyle expliqua que « la probabilité pour qu’un organisme vivant émerge par hasard d’une soupe prébiotique est aussi improbable qu’un ouragan, balayant le hangar d’un ferrailleur, assemble un Boeing 747 à partir des matériaux disponibles.»

On montre aussi mathématiquement qu’il y a 1 chance sur 4 x 10 puissance 27 pour qu’un polymère apparaisse dans une « soupe » d’atomes. L »ADN est un polymère environ 1 000 fois plus grand que le premier polymère pris en exemple. On en déduit que la probabilité d’apparition de l’ ADN est de 1 sur 10E27000. Cette probabilité n’a rigoureusement aucun sens.

La première cellule et la première protéine

la cellule

Cellule procaryote

Les cellules sont constituées de protéines. La seule exception est la double hélice d’ADN. La question de l’apparition de la première cellule passe donc par celle de la question de la première protéine. Comment est-elle apparue ?

Une hypothèse consiste à imaginer que les protéines (il y en a trente mille environ) se soient constituées par hasard, sans plan, par assemblage chanceux d’une vingtaine d’acides aminés. On a en effet démontré que de tels acides peuvent, quant à eux, spontanément (par affinité chimique) se former dans un milieu proche des conditions existant sur terre à son origine (température élevée, humidité, présence de méthane, d’acide phosphorique, d’ammoniac, de carbone, décharges électriques liées aux orages…). Mais le passage des 20 acides aminés à la chaine protéinique n’a jamais été possible malgré les milliers d’expériences. Les acides restent indépendants. En outre, la probabilité qu’ils s’assemblent dans le bon ordre (il y a des milliards de milliards combinaisons possibles et le milieu à l’origine était bien trop dilué pour permettre assez de collisions accidentelles) est là aussi proche de zéro. Elle se rapproche de la probabilité d’obtenir une tragédie se Shakespeare en tirant au hasard les lettres dans un sac.

Le bon ordre, une nouvelle fois, doit être donné par un plan. Dans l’exemple ci-dessus, c’est Shakespeare qui a rangé les lettres dans l’ordre. Dans le cas de la protéine, c’est l’ADN qui, comme Shakespeare vis-à-vis de sa pièce était là avant la protéine et a ordonné son séquençage

Le plan était donc là avant. La sélection naturelle peut-elle expliquer sa conception ? On peut en douter. Car pour qu’il y ait sélection, il faut qu’il y ait reproduction. Si le plan était là avant la cellule reproductrice, il n’a pu bénéficier de la sélection naturelle. Il faut trouver une autre explication pour l’écriture du plan.

L’information de l’ADN

adn

ADN

A l’époque de DARWIN, on imaginait que pour concevoir la vie de la matière et de l’énergie était nécessaire. Les contraintes de l’environnement étaient alors ensuite suffisantes pour faire évoluer les espèces chimiques vers les cellules vivantes. Aujourd’hui un troisième élément est considéré comme nécessaire : l’information. Elle est entièrement stockée dans l’ADN. Cette information est nécessaire pour assembler dans le bon ordre les acides aminés pour construire la protéine.

 

 

On a donc abouti à deux conclusion :

1. l’information était là, la première ;

2. elle n’a pu apparaitre par hasard.

La conclusion d’une conception intelligente est inévitable.

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  1. La théorie de Darwin contient deux idées ou thèses majeures. La première, c’est que les êtres vivants ont une ascendance commune. Autrement dit, ils sont reliés, via un processus évolutif, à un ou quelques rares ancêtres communs ayant peuplés la terre aux premiers temps de la vie sur terre. La deuxième thèse, celle dite de « L’Horloger aveugle » popularisée par Richard Dawkins, concerne le mécanisme de l’évolution qui, selon Darwin et ses successeurs, repose sur le couple variations aléatoires/sélection naturelle. Ce mécanisme darwinien de l’évolution est un mécanisme aveugle et non dirigé fondé sur le hasard et la nécessité, lequel exclut tout dessein intelligent, toute cause intelligente. Dans ce livre merveilleux qui a fait date, Behe montre comment une découverte extraordinaire faite dans les sciences biologiques au cours des dernières décennies du 20ème siècle, si elle reste compatible avec l’idée d’ascendance commune, sonne en revanche le glas de la thèse de L’Horloger aveugle. De quoi s’agit-il ? Quelle est donc cette découverte qui met à mal l’édifice darwinien? Et bien la voici : les biologistes se sont aperçus qu’au caeur même de l’unité de base de toute vie qu’est la cellule, de nombreuses fonctions absolument vitales étaient remplies par de véritables machines moléculaires ultrasophistiquées dont les prouesses dépassent de très, très, très loin celles de nos technologies les plus avancées. Mais, et c’est là l’essentiel, ces machines moléculaires ne sont pas seulement ultrasophistiquées, elles sont souvent aussi irréductiblement complexes. Or, et Behe le (dé)montre avec force détails mais aussi beaucoup d’élégance, les mécanismes aveugles de type darwiniens sont extraordinairement impotents dès lors qu’il s’agit d’expliquer l’origine des systèmes irréductiblement complexes. Mais alors, si les causes aveugles fondées sur le hasard et la nécessité sont incapables d’expliquer la complexité irréductible que l’on rencontre dans les êtres vivants, que reste-t-il ? A ce stade, Behe fait remarquer qu’on connaît un type de causes capables de produire des systèmes irréductiblement complexes, ce sont les causes intelligentes. Aussi, par un raisonnement connu sous le nom d’ « inférence en faveur de la meilleure explication », Behe conclut que les systèmes irréductiblement complexes des êtres vivants sont mieux expliqués par des causes intelligentes que par des mécanismes aveugles et non dirigés de types darwiniens. La structure logique de son raisonnement est la suivante : 1) Certains systèmes biologiques sont irréductiblement complexes (IC). 2) Il faut expliquer l’origine de ces systèmes IC. 3) Toutes les explications fondées sur le hasard, la nécessité ou la combinaison des deux ont échouées. 4) Or on connaît un type de causes opérant aujourd’hui capable de produire des systèmes IC, ce sont les causes intelligentes. 5) Il est donc scientifiquement fondé d’inférer qu’une cause intelligente est à l’origine de ces systèmes IC. Ce type de raisonnement qui, comme je l’ai dit plus haut porte le nom d’inférence en faveur de la meilleure explication, est un raisonnement classique dont la légitimité est parfaitement admise dans les sciences historiques. J’invite tous ceux que la question de nos origines passionne à lire ce beau livre, ils ne seront pas déçus.

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  2. Commentaires sur le film Limite du Darwinisme et de la sélection naturelle face à la complexité du vivant – Philipp E. JOHNSON Le film Limite du Darwinisme et de la sélection naturelle face à la complexité du vivant est un plaidoyer en faveur du créationnisme qui a pour qualité première la clarté du message. Il montre de fort belles images, très pédagogiques, sur le fonctionnement des différentes structures intra-cellulaires, le message génétique et la synthèse des protéines. La description et la représentation des phénomènes qui se déroulent dans chacune de nos cellules donne le vertige : de telles structures aussi bien ajustées à leur rôle et travaillant avec autant d’efficacité sont difficilement imaginables Les principaux arguments utilisés pour défendre la thèse créationniste sont basés sur : le concept de complexité irréductible qui désigne le fait que certains organes ne fonctionnent pas de mieux en mieux au fur et à mesure qu’ils deviennent plus complexes, ce qui laisserait une prise à la sélection darwinienne, mais qu’ils sont inutiles s’ils ne possèdent pas l’intégralité de leurs composants Or, la probabilité pour que le code génétique fasse exister simultanément tous ces composants est si faible que cette hypothèse n’est pas envisageable. Le flagelle des bactéries, c’est à dire la queue qui leur permet de se diriger, illustre ce concept : il ne peut pas fonctionner si un seul de ses quarante éléments manque. la question de la poule et de l’œuf : le code génétique a besoin de structures intra-cellulaires constituées de protéines pour produire des protéines. Comment les premières structures intra-cellulaire et le code lui-même ont-ils pu être créées ? Ces questions sont réellement pertinentes et un long chemin reste à accomplir avant d’avoir accès à la connaissance des modalités d’apparition de la vie. Concernant le problème de la complexité irréductible, je m’interroge si dans certains cas, on ne peut pas envisager un organe ayant évolué de façon tout à fait darwinienne, qui aurait brusquement trouvé une autre utilité alors qu’il était arrivé à un certain degré de complexité ? La sélection aurait ainsi favorisé les individus dotés des organes complets qui seuls pouvaient assurer sa nouvelle fonction. Mais cette hypothèse est sûrement fausse ou fort naïve. Peu importe. Mon propos ne se situe pas sur le plan de la biologie mais sur celui de la démarche scientifique. Une différence fondamentale sépare le darwinisme du créationnisme : l’un est scientifique, l’autre pas. Le darwinisme peut montrer ses limites, il est réfutable, falsifiable aurait dit Popper. Une découverte est susceptible de le contredire de façon définitive, même s’il convient, avant d’arriver à une telle conclusion, de vérifier la valeur de l’argument sensé le réfuter. Ainsi, une autre théorie scientifique, donc réfutable également, pourrait expliquer à la fois les constats sur lesquels Darwin s’est appuyé et ceux qui avaient échappé à son raisonnement. Celle-ci serait à son tour susceptible d’être remplacée… En revanche, l’hypothèse créationniste est non réfutable, et donc non scientifique. Aucun constat, aucune expérience ne peut la disqualifier tant que la science n’aura pas tout élucidé ce qui n’arrivera sans doute jamais. Ses adeptes, peu importe comment ils se sont appelés au fil du temps, n’ont cessé de céder du terrain devant l’avancée de la connaissance. La Terre n’est plus plate, en revanche certains d’entre eux tentent encore de façon laborieuse, à coup de fontaines pétrifiantes qui expliqueraient la fossilisation ultra rapide d’animaux dits préhistoriques (si si, j’ai entendu ça sur les ondes d’une radio suisse), d’affirmer que l’univers est âgé de moins de 10 000 ans. Mais leur quartier général est établi sur une terre aussi exiguë que vaillamment défendue appelée Complexité Irréductible. Et si ce bastion tombe, ils se replieront sur une terre hors de portée de la science qu’ils n’auront aucune peine à trouver. L’ombre est immense. Dans ce contexte, les thèses créationnistes sont en embuscade, attendant la moindre défaillance de la science pour se présenter comme la seule alternative. Le constat d’un fonctionnement de la cellule incroyablement complexe et efficace est déroutante. La question de l’origine du vivant mérite d’être posée. Peut-être le darwinisme n’explique-t-il pas tout. Peut-être est-il partiellement faux. Mais pourquoi faudrait-il envisager l’œuvre d’un créateur plutôt que de chercher une autre explication ? Pourquoi seulement deux alternatives : darwinisme ou création ? C’est exactement dans ce cadre que se situe le film de Philip E. Johnson. Il n’a pas pour objectif d’éclairer le débat scientifique sur la question de l’apparition de la vie et de l’évolution mais de faire passer le message suivant : Contenu manifeste : des biologistes éminents, darwiniens bon teint, ont réalisé un jour que ce sur quoi ils travaillaient, le vivant, était trop complexe pour être le fruit du hasard ou de l’évolution naturelle. Ils affirment désormais que cette complexité ne peut être que l’œuvre d’un créateur. Cette thèse est appelée dessein intelligent ou intelligent design (en anglais ça a quand même plus de gueule). Contenu latent : si comme Pascal, et comme tout le monde, « le silence éternel des espaces infinis vous effraie », que vous n’êtes pas un spécialiste en biologie, écoutez ces savants qui apportent une réponse de nature à soulager votre angoisse : vous avez un créateur qui a certainement prévu quelque chose pour après votre trépas. La croyance en un au-delà est donc justifiée. Les universitaires appelés à la barre pour faire le procès du darwinisme sont autant de belles prises pour le mouvement créationniste : ils n’hésitent pas à mettre en avant leurs titres pour donner du crédit à leurs propos. Mais dans ces conditions, il est tout à fait légitime, indispensable même, de compléter leur portait pour chercher s’ils ne sont que des professeurs de science et ce qu’ils défendent par ailleurs. D’où parlent-ils ? Les concernant, je n’ai qu’Internet pour source avec ses défauts, ses erreurs et ses malveillances, mais j’y découvre des informations concordantes dont voici une petite synthèse qui n’a aucune prétention d’exhaustivité : Philipp E. Johnson est juriste, membre de l’église presbytérienne, considéré comme le père du mouvement créationniste. Il a eu une révélation lors de la lecture de Richard Dawkins qui lui à fait comprendre l’erreur de la théorie de l’évolution. En outre, la rhétorique des darwinistes l’a convaincu que « ces gens là avaient quelque chose à cacher ». (c’est marrant parce que sur moi, la lecture de Dawkins a eu un effet diamétralement opposé). Mais ce n’est pas tout. Ce brave homme pense que le VIH n’est pas la cause du SIDA. Cette position est nettement plus dangereuse que le créationnisme : elle tue, lorsque des malades qui en sont convaincus interrompent leurs traitements ou abandonnent toute protection lors des rapports sexuels. Rien à voir avec les thèses créationnistes ? C’est vrai, mais la cohabitation des idées interpelle. Paul A. Nelson, présenté dans le film comme philosophe en biologie, appartient au mouvement Young Earth Creationist qui affirme que l’Univers, la Terre et la vie ont été créés par Dieu il y a moins de 10 000 ans, malgré toutes les observations qui établissent le contraire comme le rayonnement fossile, le décalage vers le rouge, les datations au carbone 14… Encore un juxtaposition des idées qui questionne. Michael J. Behe est professeur de biologie moléculaire, père du concept de complexité irréductible. Il soutien la théorie du dessein intelligent et appartient au think tank Discovery Institute de la droite fondamentaliste chrétienne américaine. Décidément, c’est bizarre. Dean H. Kenyon est un professeur de biologie, soutenant la théorie du dessein intelligent et le mouvement Young Earth Créationist. Il est également membre du Discovery Institute. Faut-il encore s’étonner ? Il ne s’agit pas là d’un réquisitoire. Chacun peut penser ce qu’il veut si cela n’a pas de conséquence sur autrui. Cela dit, le dogmatisme en matière de transmission du SIDA. Il s’agit seulement de montrer que les tenants du créationnisme s’inscrivent dans un cadre politico-religieux beaucoup plus large que le dessein intelligent. Existe-il un mouvement darwinien organisé de façon à attirer à lui le plus de monde possible et se félicitant constamment du nombre croissant et de la « qualité » de ses membres ? Non. Il n’existe que des chercheurs persuadés qu’aujourd’hui la théorie de l’évolution est celle qui explique le mieux la diversité du vivant, même si toutes les questions ne sont pas résolues. Ils écrivent des livres pour expliquer leur travail. Ils sont des scientifiques émettant des théories réfutables et c’est ce qui les rend crédibles. Les créationnistes pour leur part soutiennent des théories qui nient les preuves scientifiques, qui n’ont pour but que de faire coïncider une lecture radicale de la Bible avec la science, ou plutôt de fabriquer des théories, qu’ils qualifient de scientifiques, pour qu’elles coïncident avec leur compréhension de la Bible. Pour conclure sur le film, son intérêt est dans les questions qu’il pose et dans la description qu’il fait du vivant, non dans les réponses qu’il apporte. Mais il soulève aussi un autre problème : comment et pourquoi de brillants chercheurs, à un certain moment de leur vie, ont-ils renoncé à la démarche scientifique, pourquoi ont-ils sacrifié leurs recherches pour tenter justifier une religion ? Ils utilisent désormais leurs connaissances pour présenter des problèmes non résolus par la science et y répondre par ce qu’ils interprètent de la Bible. Le nom même du concept de complexité irréductible exprime l’absence d’espoir d’apporter un jour une explication. La leçon à tirer me parait-être que chaque individu, quelle que soit son intelligence ou son instruction, peut dans certaines circonstances, renoncer volontairement à la raison pour basculer dans l’idéologie, puis mettre cette intelligence, restée intacte, au service d’un dogme.

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