L’observatoire de la laïcité du Val d’Oise

Ce week-end (12 et 13 septembre), au parc des Expositions de Pontoise, s’est tenue la troisième édition du Salon musulman du Val d’Oise, consacrée à  » la femme musulmane « .

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Parmi les invités, notons :

  • Rachid Abou Houdeyfa, Imam de Brest, connu pour son fameux :  » si la femme sort sans honneur, qu’elle ne s’étonne pas que les hommes abusent d’elle ! » ;
  • Nader Abou Anas, imam du Bourget et son non-moins fameux « la femme […] ne sort de chez elle que par la permission de son mari ». Si elle refuse d’accomplir le devoir conjugal sous l’injonction de son époux,  » les anges la maudiront toute la nuit !  » ;
  • Hatim Abou Abdillah, imam de de Maisons-Alfort qui promet aux « coquettes et parfumées », c’est-à-dire les  » fornicatrices « , un « châtiment atroce ».

L’observatoire a donc justement appelé à une manifestation contre cette manifestation.

« Personne ne me soumet »

Le Monde rapporte, dans son édition du net, que  » Les « deux imams étaient en train de parler de la question de savoir s’il faut battre ou non sa femme », quand les deux militantes, âgées de 25 et 31 ans, sont montées sur la scène, a raconté Inna Shevchenko, porte-parole des Femen à Paris. Les jeunes femmes – d’origines algérienne et tunisienne, selon Mme Shevchenko – ont crié, en arabe et en français, des slogans qui étaient également peints sur leurs seins et leur dos :

« Personne ne me soumet, personne ne me possède, je suis mon propre prophète. »

Aussitôt, des « Sales putes ! Il faut les tuer ! » ont fusé dans la salle, et une « quinzaine d’hommes ont sauté sur la scène et leur sont tombés dessus », a poursuivi Mme Shevchenko, reconnaissante à l’égard de la police, qui est intervenue très vite pour les protéger. La vidéo montre que hommes donnant des coups de pied aux deux femmes à terre.

Comment peut-on simplement poser de telles questions ?

Le fait même de s’interroger sur une telle question (peut-on battre sa femme ?), d’en discuter devant un parterre d’enfants, est criminel et relève de la cour d’assise. La femme n’appartient qu’à elle même. Elle fait ce qu’elle veut de son corps et si elle risque, comme le raconte ses affreux jojos, les feux de l’enfer, c’est son affaire. Lui interdire d’être tout simplement femme,c’est aller contre la nature, l’envelopper dans des tissus étriqués, la forcer au devoir conjugal c’est la réduire à l’état de chose, et ce, pour le seul bénéfice du mal. De telles considérations sont à l’évidence un machisme poussé à l’extrême que l’on cherche à légitimer derrière le voile pudique de la religion.

Une admiration donc sans fin pour ces Femens courageuses.

L’avis de Céline, élue PS

Propos recueilli par Le Figaro

Ce rassemblement en lui-même poursuit ses propres objectifs, qui sont de rendre le plus visible possible l’un des courants les plus intégristes, obscurantistes et sectaires de l’islam, supposé représenter tous les musulmans. Il y a là une démonstration de force et une stratégie d’influence qui s’adresse autant aux décideurs qu’aux musulmans et qui font pression sur les deux.

Aux musulmans, on fait passer le message qu’aujourd’hui ce sont les islamistes qui tiennent le haut du pavé et que pour «respecter leurs origines», il faut clairement refuser les principes qui structurent notre citoyenneté: émancipation, égalité femmes/hommes, laïcité… C’est clairement l’islam contre la République. Et c’est pensé et instrumentalisé comme tel.

Aux décideurs, on montre ses muscles. Les organisateurs démontrent que ce discours est légitime, puisqu’il est accepté et ne déclenche aucune réaction ni de l’État ni des élus locaux. Et si peu de la société civile, car quand elle manifeste sa désapprobation, elle est renvoyée à une image de raciste, post-colonialiste, par ceux qui devraient la soutenir.

Beaucoup de musulmans ont honte de se voir assimilés à ces fondamentalistes, ils attendent une réaction des pouvoirs publics, qui ne vient pas…

Ce qui est inquiétant c’est le silence de ceux qui sont censés «être responsable de la beauté du monde», selon la belle expression de Marguerite Yourcenar, dans Les mémoires d’Hadrien. «Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux», disait en son temps Étienne de La Boétie parlant de la servitude volontaire, et bien selon moi, en France, on en est là… Et c’est dommage car la société rejette profondément ces discours d’un autre âge.

Beaucoup de musulmans ont honte de se voir assimilés à ces fondamentalistes, ils attendent une réaction des pouvoirs publics, qui ne vient pas…

Femme de terrain, vous estimez que cette démission porte préjudice aux musulmans, et plus largement au socle de valeurs communes qui fondent notre République.

Le 11 janvier, on a vu se lever un peuple, mais pas s’élever une classe politique. À force de mettre le «padamalgam» au cœur de son discours, elle l’a renforcé, le déni appelant la caricature.

Un jour, je m’étonnais de voir arriver voilée une femme que je savais être en quête d’émancipation. Sa réponse a été: «Tu ne sais pas où je vis et dans mon quartier, avoir mis le voile fait que mon fils ne se fait plus traiter de fils de pute et ma fille de fille des caves, et moi de pute tout court, avec les violences et la menace latente de viol qui va avec ces joyeusetés». Quand je lui ai fait remarquer qu’en France, il y avait des lois, elle m’a répondu: «Il y a aussi une réalité». Quand je lui ai parlé d’émancipation, elle a rigolé en me disant: «Tu sais où on les croise le plus les politiques, c’est quand ils viennent faire leur marché à la mosquée et pour l’Aïd. Ils sont bras dessus bras dessous avec ceux-là mêmes qui nous mettent la pression. Entre dominants, ils se sont reconnus, et nous, ils nous ont passées par perte et profit….» En France, la montée en puissance des intégristes musulmans est largement alimentée par nos démissions collectives.

Qui sont les sacrifiés de l’histoire?

D’abord les musulmans, qui se voient assimilés aux pires de leurs représentants et qui voient ceux qui ne portent que la haine et le malheur devenir les seuls à parler en leur nom en occupant le haut de l’affiche. Ils sont bien placés pour savoir ce que l’on peut attendre de ces gens et sont désespérés par la lâcheté des politiques. Encore une fois, les femmes sont en première ligne car elles voient se réduire leurs libertés au quotidien.

En autorisant la tenue de ce salon, on livre ces femmes à leurs despotes car on légitime le discours justifiant leur sort. Qui se souvient en revanche de l’appel des femmes musulmanes d’Aubervilliers cet été contre la généralisation du port du voile?

Mais tous les citoyens sont concernés. Ils ne comprennent pas qu’un discours aussi basique que: « Être Français n’est pas une question d’origine, de couleur de peau, de religion, de sexe ; c’est l’acceptation des principes de la République» (en indiquant bien ce que sont ces principes, et les obligations qui en découlent) ne soit pas plus clairement tenu, et surtout que cela ne se traduise pas en actes. Du coup, le socle commun qui fonde notre citoyenneté, cette base de principes et de repères, que ces citoyens pensaient stables et où ils inscrivaient leur vie leur parait menacé. Ils ont peur, moins parce que nos principes sont attaqués, que parce qu’ils ne sont plus défendus. Ils se sentent abandonnés par ceux-là mêmes qui sont censés les représenter…

Au final, le grand gagnant c’est le FN, qui paraît regarder les choses en face quand les autres partis se complaisent dans ce déni, alors même que garantir les principes de la République n’est pas dans ses intentions. Cherchez l’erreur…

Le grand coupable, selon vous, c’est le clientélisme.

En faisant la preuve de leur capacité à mobiliser, les organisateurs envoient aussi le message qu’ils ont à disposition une réserve de voix faciles pouvant faire ou défaire une élection. L’abstention étant massive, ces grosses réserves de voix pèsent. Et croyez bien que pour des partis exsangues, sans visions ni repères, le communautarisme et son pendant, le clientélisme, sont les seuls moyens de contrôler des territoires et d’assurer la pérennité du pouvoir, serait-ce au prix de la trahison des principes qui fondent la sphère publique et la fraternité, au sens propre. Qu’importe quand on n’habite pas les quartiers populaires, et tant que l’on peut contourner la carte scolaire.

À Pontoise, il s’agit d’un maire de droite, Philippe Houillon, mais le silence assourdissant de tous les élus du territoire est révélateur, notamment celui du député-président de l’agglomération PS, Dominique Lefebvre. Ce n’est pas ici une question de personnes mais de système.

Quand l’abstention est à ce point élevé, l’élection se fait en instrumentalisant les communautés, les particularismes… Pour que les votes soient garantis et massifs, mieux vaut que les individus ne réfléchissent pas trop par eux-mêmes et soient sous emprise. Or l’intégrisme, le fanatisme, le fondamentalisme, c’est la forme la plus aboutie d’emprise. Caricaturalement, négocier avec un « barbu », souvent sous couvert d’aide à une association dite culturelle ou sociale, peut vous permettre de fixer des quartiers entiers.

C’est donc une rente de situation que l’on pérennise en servant les intérêts de ceux qui manipulent leur communauté. Ainsi, communautarisme et clientélisme sont les deux mamelles de l’électoralisme…

C’est donc une rente de situation que l’on pérennise en servant les intérêts de ceux qui manipulent leur communauté. Ainsi, communautarisme et clientélisme sont les deux mamelles de l’électoralisme…

La droite valdoisienne ayant théorisé le fait que si le PS avait gardé la plus grosse ville de l’agglomération de Cergy-Pontoise, c’est parce que l’ancien maire et actuel député, Dominique Lefebvre, avait poussé cette logique à son apogée, elle pousse ses pions, elle aussi, chez les islamistes et sert donc également un intérêt personnel bien compris en renonçant à défendre les principes qui ont pourtant construit notre pays et ce que nous sommes. Quant aux islamistes, ils ont compris le système et se vendent aux plus offrant, ou au plus complaisant…

C’est ainsi qu’on les voit se répartir équitablement sur les listes de droite et de gauche au moment des élections locales. Qui manipule l’autre? Peu importe mais le jeu est dangereux. Il est plus que temps que le discours politique rappelle fortement ce qui fait la France et ce qui n’est pas tolérable sur notre sol, qui que l’on soit et d’où que l’on vienne…

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