babeuf.jpg

Babeuf

Le directeur BARRAS dit dans ses mémoires que BABEUF portait le prénom de Camille  mais tout le monde l’appelait François-Noë. Bon. Nous l’appellerons donc dans un premier temps BABEUF. Il était un vrai « sans-culotte », presqu’une originalité dans l’histoire de la Révolution animée du début à la fin par la haute-bourgeoisie (Mirabeau, Robespierre, Danton, Marat, Brissot,…) qui noyauta le Tiers-État, l’assemblée constituante, puis la Convention, le comité de salut public et enfin le Directoire.

A lire sur le même sujet

Il est né dans l’Aisne, comme Saint-Just le fidèle parmi les fidèles de Robespierre. Mais contrairement aux bourgeois, il s’est cassé sur le dos très tôt sur des chantiers. Il a ensuite exercé plusieurs métiers,dont celui de géomètre. La lecture de ROUSSEAU (L’origine de l’égalité parmi les hommes) fut pour lui comme une seconde naissance.

Il ouvre les yeux sur les imperfections criantes de la société (Le Contrat Social) et met le doigt sur les inégalités insupportables qui règnent dans le monde rural, notamment sur la question de la répartition des terres. Il invente une notion alors nouvelle, celle de la communauté des biens, où la terre n’appartiendrait à personne ou plutôt à tout le monde. Bref, il va beaucoup plus loin que la déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui, en 1789, reconnait encore le droit à la propriété. Il est à l’origine d’une vraie doctrine politique, le Babouvisme, qui n’est autre que l’ancêtre du communisme. Marx se souviendra de Babeuf quand un siècle plus tard, il écrira Le Capital.

A la veille des États généraux (5 mai 1789), il prépara le cahier des dolances pour le compte de la ville où il réside (Roye). Comme bon nombre de meneurs de la Révolution (Camille Desmoulins, Marat, Brissot), il estima que le meilleur moyen de diffuser ses idées fut de créer un journal. A longueur d’articles, il réclama alors une parfaite égalité ce qui l’envoya tout droit en prison (1790). En effet, les propriétaires fonciers et ceux qui avaient acquis des biens du Clergé voyaient d’un très mauvais œil ce trublion qui voulait tout niveler. Ce fut grâce à l’intervention de Marat (le plus à gauche de la gauche montagnarde) qu’il recouvrit le liberté (et son journal).

La Révolution avançait. Une monarchie constitutionnelle fit long feu après la fuite de Varennes et la destitution de Louis XVI enfermé à la prison du temple. Puis, la Révolution (1793) se radicalisa avec le tournant de la Terreur inspirée par Saint-Just et Robespierre. Babeuf rejoignit alors le club le plus influent : celui des Jacobins, dominé, comme la Convention, par Robespierre qui fit arrêter et guillotiné les Girondins (dont Brissot) et la frange modérée de son propre camp (Danton et Desmoulins).

Après la chute de l’incorruptible (1794), Babeuf afficha de plus en plus clairement son appétit pour une société vraiment égalitaire ! En effet, seule la fraction la plus aisée de la bourgeoisie avait pour l’instant bénéficier du mouvement révolutionnaire. Le peuple des sans-culotte n’avait fait que payer de son sang. Il prit un prénom plus adapté que Noël : Gracchus, champion de la réforme agraire sous le Rome antique. Une fois de plus sa soif trop ostentatoire de l’égalité lui attira des ennuis : pour éviter le retour en prison, il se réfugia dans la clandestinité. Ce fut là, à l’abri des espions du Directoire, qu’il installa sa fameuse « Conjuration des Égaux » : son objectif était clairement révolutionnaire, s’il le fallait en s’attaquant directement au Directoire alors dominé par BARRAS. En 1796, ses amis tombèrent les uns après les autres et le souffle glacé de la guillotine se rapprocha de son cou avant de le trancher en 1797.

Un victime de plus du rêve égalitaire !


A lire sur le même sujet


Publicités

Joindre la conversation 8 commentaires

  1. […] les moyens de production qui leur permirent d’exploiter les vrais révolutionnaires (Gracchus Babeuf et ses héritiers massacrés lors de la terreur fomentée par […]

    J'aime

    Réponse
  2. […] les moyens de production qui leur permirent d’exploiter les vrais révolutionnaires (Gracchus Babeuf et ses héritiers massacrés lors de la terreur fomentée par […]

    J'aime

    Réponse
  3. […] Gracchus Babeuf, le premier vrai communiste, fut guillotiné et sa conjuration des égaux fut soigneusement jetés aux ordures. […]

    J'aime

    Réponse
  4. […] propriété privé notamment. Ils firent barrage à l’aile gauche la plus extrême (Hébert, Babeuf). Gracchus Babeuf, le premier vrai communiste, fut guillotiné et sa conjuration des égaux […]

    J'aime

    Réponse
  5. […] les moyens de production qui leur permirent d’exploiter les vrais révolutionnaires (Gracchus Babeuf et ses héritiers massacrés lors de la terreur fomentée par […]

    J'aime

    Réponse
  6. […] La Révolution française vue par un sans-culotte : Gracchus BABEUF […]

    J'aime

    Réponse
  7. […] La Révolution française vue par un sans-culotte : Gracchus BABEUF […]

    J'aime

    Réponse

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

CATÉGORIE

Figures de la Révolution, Histoire, Histoire de France, Les lumières

Mots-clefs

,