Kant et le sexe

Pour parler de de sexe, Kant ne semblait pas être le choix le plus évident. La rumeur le disait vierge.

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Ce qui m’amène à reprendre (en l’adaptant) la formule de ce cher Guy BEDOS : « Lorsque Kant écrit sur le sexe, ça me fait penser à Giscard qui parle des pauvres. » Malgré son manque d’expérience, le philosophe semblait pourtant avoir beaucoup de choses à dire sur le sujet… Il faut dire que la morale était son cheval de bataille. Et comment parler de morale sans évoquer la question du sexe ?

Kant et le sexe

Une morale chrétienne sans Dieu

Que nous dit Kant ?

Il s’interroge avant tout sur notre appétit irrassasiable pour le sexe. Pour Kant, la nature a mis en nous cet appétit (sexuel) pour garantir la pérennité de l’espèce et seulement pour cela. Nous sommes donc piégés par cette nature qui nous pousse l’un vers l’autre, avec l’artifice du plaisir, dans le seul but de faire des enfants. On se croit libre, mais nous ne sommes que les instruments de cette nature dont nous n’avons pas conscience.lingerie 2

Dans sa Métaphysique des mœurs (1798), il nous propose une sorte de nomenclature des actes sexuels en les classant selon deux catégories :

  • les actes conformes à la nature et
  • ceux qui sont contre nature.

Car il reste de l’animal en nous. Et lorsque nous cédons à cette part animale, lorsque nous ne cultivons pas assez notre humanité, nous risquons de nous adonner à des actes que la morale kantienne réprouve. On peut ainsi ranger dans cette catégorie la masturbation, la prostitution, la sodomie, la zoophilie, l’homosexualité, mais aussi les actes sexuels en dehors du mariage. Car pour Kant, l’acte sexuel ne se comprend qu’entre un homme et une femme mariés et dans le seul but de procréer.

Le pape n’aurait pas dit mieux, ni Christine BOUTIN. Le concubinage est ainsi considéré comme une « prostitution réciproque » où chaque partenaire emprunte le corps de l’autre dans la seule fin du plaisir animal. L’autre est ainsi considéré comme un moyen et non une fin.

Kant homophobe

Kant aurait manifesté contre le mariage pour tous. Il aurait vomi sur la gay pride. Il aurait milité contre le PACS. Kant était, en matière de sexe, plus orthodoxe que l’Église. Peut-être était-ce parce qu’il n’avait jamais essayé ?

La morale kantienne est un peu une morale chrétienne débarrassée des textes sacrés. Mais c’est bien une morale chrétienne dans tous ses aspects et, en particulier, ses aspects sexuels. Elle est à l’opposé des morales sadiennes qui laissent libre cours au plaisir, même les plus extrêmes, sans interdit. Elle est répressive, fondée sur toute une liste d’interdits. Freud verrait, dans cette morale rigoriste, tous les ingrédients à l’origine du Malaise dans la civilisation : l’homme ou la femme sont étouffés par tous ces interdits empilés dans leur surmoi (la police de l’esprit). Le ça (ce que je suis) est alors frustré car il ne peut plus réaliser ses fantasmes. Le conflit entre le surmoi et le ça n’est plus régulé par le surmoi (ce que je suis en société). La névrose apparaît alors. Kant participe donc au remplissage des cabinets de psychothérapie.

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