Les Yesidis, dont on n’ignorait jusqu’à l’existence avant l’invention criminelle de DAECH, adorent un Dieu très ancien bien plus ancien que notre Dieu du Livre (Yahvé ou Allah). Avec les Kurdes, leurs voisins et amis, ils sont donc d’une originalité singulière dans l’océan musulman du Moyen-orient.

yesidi.jpg

Yésidi

Le ZOROASTRISME des Yésidi

C’est d’ailleurs ce que leur reproche DAECH, cette adoration d’une idole païenne qui justifie le viole de la femme yesidi (ou kurde) et la réduction en esclavage de l’homme ou son étêtage. C’est selon… Ainsi va la loi islamique…

Mais qui est ce Zarathoustra adoré par les Yesidis ? Quelle est cette religion païenne, le Zoroastrisme qui, bien avant le Judaïsme et le Christianisme, avait inventé le monothéisme ? Quelle est cette religion originale qui prône l’égalité

homme-femme, interdit l’esclavage, encourage l’écologie et la tolérance ? D’où vient cette religion sans clergé, presque sans rite ni statues de pierre ?

C’est ce que nous vous proposons de découvrir…

À l’origine, le Mazdéisme

Elle est née en Perse (Iran actuelle) 1000 ou 2000 ans avant JC. Comme toute religion elle explique à l’homme la création du monde et lui fournit une morale garantissant la vie en société.

Au départ, comme dans toute religion, il y avait le chaos, un désordre incommensurable. Un créateur (Ahura Mazdâ) vint alors (on ne sait d’où puisqu’il n’y avait rien) pour mettre un peu d’ordre. Il régula les quatre éléments : l’eau, la terre, le feu et l’air.

Ce Mazdâ donna son nom à l’ancêtre du Zoroastrisme : le Mazdéisme, qui cohabita quelques temps avec une autre religion persane : le Mithraïsme, en référence à Mithra le Dieu-soleil. Cette histoire, transcrite dans un texte sacré, fut « révélée » aux hommes.

Ainsi parlait Zarathoustra

Ce premier essai n’étant qu’une ébauche, un prophète vint en corriger les principaux défauts : ce prophète, portait le nom de Zarathoustra, même si ce dernier se considérait plus comme un guide spirituel que comme un prophète. Nous étions mille ans avant le Christ et le prophète donna son nom à la seconde version du Mazdéisme : le Zoroastrisme qui devint la religion officielle de la Perse, et ce jusqu’au VIIème siècle ! Un règne de plus de deux mille ans ! Ce fut l’islam, bien entendu, qui raya le Zoroastrisme de la carte du Moyen-orient, mais pas complètement. Aujourd’hui encore, en Iran, sont fêtés quelques fêtes païennes qui prennent leur source dans le Zoroastrisme : ainsi, le 21 mars, on fête le nouvel an de l’ancienne religion. 50 000 fidèles exercent encore leur religion en Iran (et 300 000 dans le monde).

Zarathoustra expliqua le monde aux hommes, et notamment son partage entre :

  • les forces du bien, incarnées par Spenta Mainyu, le fils de Mazdâ (qui reste le seul Dieu), et
  • les forces du mal, , incarnées par Angra Mainyu, le frère gémellaire du premier.

Le premier cité des deux frères s’exprime par la lumière, le jour, le feu, le soleil, la vie alors que le second n’est que ténèbres et mort. Cette part de bien et cette part de mal se retrouvent dans chacun de nous. Le Christianisme recyclera cette vision du monde.

Pas de religion sans morale

L’homme est libre : il peut choisir sa voie et façonner le monde à sa guise. Il peut choisir de faire le bien ou au contraire penché pour le mal. En retour, il recevra ce qu’il a semé. L’homme étant doué de ce libre arbitre, il est responsable de ses actes et son âme sera jugée. Là aussi, on voit la source d’inspiration du Christianisme.

Si le bien pèse plus lourd que le mal, l’âme ira au paradis éternel (la maison des chants). En revanche, si la balance penche du côté du mal, elle ira en enfer (la maison du Druj), avant de rejoindre aussi le Paradis.

Une religion dépouillée des rites

A l’instar du protestantisme, le Zoroastrisme est une religion sans culte (sauf celui du feu), ni clergé. Dans le contexte religieux de l’époque, elle faisait figure de singularité, car les sacrifices étaient interdits ; même chose pour les statues, les temples, les effigies dont la vénération était interdite. Car on ne peut vénérer ce qui n’est pas divin et l’homme, par définition, ne peut construire de ses mains quelque chose de divin (comme une croix en bois par exemple ?).

Une religion tolérante

Cyrus le Grand qui, on le rappelle, fonda l’empire Perse (550 avant Jésus-Christ), fut l’un des premiers conquérants universels. Il prit notamment la ville de Babylone. Très surprenant pour l’époque, il ordonna à ses guerriers méritants d’épargner ses habitants, de ne toucher à rien. Nulle part, il n’imposa sa religion, laissant aux conquis la liberté de leur culte ! Cet original permit aux Juifs alors en captivité à Babylone de retourner chez eux, en terre promise, à Jérusalem pour reconstruire leur Temple. Cette bienveillance du roi perse eut une conséquence majeure : la Torah, on le sait maintenant, fut écrite à Babylone par les exilés hébreux alors en captivité. On retrouve ainsi dans le livre sacré des Juifs des inspirations claires venant du Zoroastrisme.

Une religion contre la soumissions

L’égalité des hommes et des femmes figurent dans les préceptes du Zoroastrisme. On trouve dans l’histoire de la Perse, nombre de femmes aux plus hautes fonctions, y compris chez les prêtres.

L’esclavage était aussi interdit ce qui pour l’époque était tout à fait unique.

Une religion écologiste

Le monde étant régulé par les quatre éléments d’essence divine (l’eau, le feu, la terre et l’air), obligation est faite à l’homme de préserver leur pureté ! Toutefois, les Perses ont vite fait la distinction, entre les trois éléments pérennes que sont l’air, l’eau et la terre et le quatrième, éphémère, qui a besoin du concours de l’homme pour exister. Le feu est donc entretenu savamment dans des rites sacrés.

Les animaux aussi devaient être respectés ! Tuer un animal pour le plaisir était assimilé à un crime ! La Tauromachie, encore en vogue dans le Mithraïsme, était bien entendu réprimée !

Une méritocratie

Malheur au fainéant ! Dans un monde antique où l’avenir d’un peuple et sa grandeur se mesurent aux arpents de blés, les assistés n’étaient pas les bienvenus. On encourageait le travail, notamment celui des champs. Celui qui travaillait plus, gagnait plus, tout simplement.

S’il devait rester une religion

Le Zoroastrisme est donc une religion en avance sur son temps. Elle mériterait presque d’être débarrassée de ses croyances enfantines pour entrer au palais Bourbon, dans l’objectif d’expliquer quelques principes à nos fainéants de mâles accrochés à leur siège, qui peinent à ouvrir leur porte aux femmes, défendent la chasse et la pêche et rechignent à faire deux ou trois efforts pour préserver l’eau, la terre, l’air et le feu.

Vive Zarathoustra !

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

CATÉGORIE

moyen-orient

Mots-clefs