A l’ombre d’un grand mot« Culture » désigne la vie avec la pensée, mais aussi, plus largement, ce qui va des coutumes quotidiennes aux grandes créations de l’esprit. Cet essai est consacré au triomphe de cette seconde acception.


Du même auteur

Le roman inspiré de MEIN KAMPF racontant l’irrésistible ascension d’HITLER. Le crépuscule des idéaux, la référence sur l’origine du nazisme, vous plonge dans l’Allemagne d’après guerre, tiraillée par les maux du siècle : le péril rouge et la peste brune

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La défaite de la pensée de Alain Finkielkraut

Première partie – L’enracinement de l’esprit 

Le Volksgeist

Face aux philosophes des Lumières cherchant à établir, par l’usage de la raison qu’ils veulent universelle, des lois idéales et des vérités absolues, Herder, précurseur des romantiques allemands, introduit en 1774, dans son ouvrage Une autre philosophie de l’histoire, le concept de Volksgeist. Rejetant l’existence d’une raison universelle et de lois idéales, il défend que chaque peuple possède un génie et des valeurs qui lui sont propres, interdisant tout jugement extérieur sur sa façon de vivre. Les Lumières incarnent à ses yeux l’arrogance française voulant étendre au monde ses valeurs particulières en les déclarant universelles. Herder et les romantiques allemands voient dans la culture non pas le résultat du travail de la raison, mais l’âme d’un peuple.

L’humanité se décline au pluriel

Les Jacobins ont voulu bâtir une nation sur le contrat. L’unité reposait sur la volonté de citoyens affranchis de leur caste, de leur ascendance et de leur corporation, individus autonomes partageant une même humanité, de vivre ensemble sous une même loi. La puissance ne venait plus du ciel mais du peuple.

A l’opposé, les conservateurs français, tels que Joseph de Maistre, affirment que chaque homme prend place dans une société qui lui préexiste, façonnée par le travail des siècles, et sur laquelle il n’a pas plus de prise que sur la langue qu’il parle. Les lois se sont élaborées lentement, de façon indissociable du pays où elles ont cours, et il est fou de croire qu’elles pourraient être créées spontanément par une raison manipulant des valeurs universelles.

Ces traditionalistes fondent la vie collective non pas sur le peuple, mais sur un socle encore plus profond : l’âme de la nation. Dieu devient alors le créateur des identités nationales qu’il faut accepter. Il a quitté la vie céleste pour une vie souterraine. La logique traditionaliste fustige le raisonnement et pour Joseph de Maistre « Le chef-d’œuvre de raisonnement est de découvrir le point où il faut cesser de raisonner.» Ces conservateurs prônent le retour à la religion et aux coutumes qui tirent leur légitimité et leur valeur de l’épreuve du temps. Dans leur vision purement immanente, la vérité est dans la longévité.

La chaleur maternelle du préjugé

Romantiques allemands et contre-révolutionnaires français défendent le préjugé qu’ils élèvent à la dignité de culture. Il permet le développement solide et heureux d’une société, alors que l’usage de la raison la trahit, déracine les individus et les coupe de la matrice dont ils sont issus.

Mais, malgré eux, les Traditionalistes innovent. Les valeurs qu’ils défendent deviennent des objets d’études pour la sociologie dont l’essor s’accompagne d’une mise en accusation des philosophes des Lumières d’avoir ignoré l’histoire. Les républicains du XIXe siècle s’appliqueront à concilier l’héritage des Lumières et les leçons de l’histoire.

Qu’est-ce qu’une nation ?

Après leur victoire de 1870, les Allemands, fidèles à l’idée du Volksgeist, considèrent que l’annexion de l’Alsace-Lorraine est un retour dans le sein maternel d’une population de race et de langue germaniques. Sans contredire cet argument, les Français vont lui opposer celui de la volonté des populations concernées. Juste avant l’annexion, les députés d’Alsace-Lorraine ont exprimé dans d’émouvants discours leur amour de la France. Pour Ernest Renan, autrefois défenseur de la communauté ethnique, la valeur de la volonté d’un peuple l’emporte sur celle de son appartenance à une race. Il défend la capacité d’un individu, du fait de son humanité, à rompre avec le contexte national dont il est issu et dont l’influence, certes indéniable, peut être dépassée : « Avant la culture française, la culture allemande, la culture italienne, il y a la culture humaine.»

Une conversation avec Eckermann

Alors que le jeune Goethe, séduit par les idées de Herder, connut en 1771 une révélation esthétique devant la cathédrale de Strasbourg qui le conduisit à en revendiquer le style pour son pays et à écrire un essai « Architecture allemande », la maturité l’entraina sur une voie plus universelle. A contre-courant des penseurs de son temps, sous le joug de l’occupation napoléonienne, il osa déclarer « Une tolérance généralisée sera atteinte le plus sûrement si on laisse en paix ce qui fait la particularité des différents individus humains et des différents peuples, tout en restant convaincu que le trait distinctif de ce qui est réellement méritoire réside dans son appartenance à toute l’humanité.» Au soir de sa vie, en 1927, lors d’une conversation avec Eckermann, il s’ouvrit de la proximité ressentie à la lecture d’un roman chinois. Il était désormais convaincu que l’esprit pouvait déborder ses particularismes, s’arracher à son ancrage dans un sol et une époque pour atteindre le territoire universel « du Bon, du Noble et du Beau.» Tournant le dos à ses enthousiasmes de jeunesse, Goethe invitait artistes et penseurs à sortir de leur cadre national.

L’explosif le plus dangereux des temps modernes

Quarante ans après la mort de Goethe, le Volksgeist, alors moribond, domine à nouveau la pensée allemande : l’Alsace-Lorraine est allemande parce que ses habitants sont allemands de race et de culture. Leur sang prime sur leur volonté passagère, ils ne s’appartiennent pas. Cette conception qui efface l’individu dans le groupe et sépare l’humanité en ethnies de nature différentes ouvre la voie à une guerre totale : mes ennemis ne sont pas de la même espèce que moi, je peux les exterminer sans retenue. Renan exprime ce danger en qualifiant le Volksgeist « d’explosif le plus dangereux des temps modernes.»

Puis Barrès succède à Renan. L’anti-germanisme et la soif de revanche nourrissent bientôt un nationalisme français qui ré-acclimate et fait triompher les idées allemandes constitutives du Volksgeist. L’Affaire Dreyfus sera le point culminant de l’opposition entre les deux conceptions du fondement de la Nation : le contrat ou la race. Pour les nationalistes, Dreyfus est coupable par sa race qui ne lui permet ni d’accéder aux valeurs de la France, ni d’être un patriote. Ils perdront de peu et mais leurs idées reviendront bientôt en force.

La défaite de la pensée de Alain Finkielkraut

Deuxième partie – La trahison généreuse

Un monde désoccidentalisé

Réactivant les idées des Lumières, l’ambition de l’UNESCO à sa création en 1945 était de prévenir le retour du totalitarisme et de l’obscurantisme en éduquant les hommes pour les rendre libres et autonomes. Mais de quel homme parlait-on ? De l’homme universel et désincarné de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ? Les fondateurs eurent rapidement le souci de respecter l’homme concret dans toutes ses formes, sans prendre pour modèle l’homme occidental, maître et possesseur de la nature. Claude Levi-Strauss apporta sa contribution au débat en rédigeant « Race et histoire ». Combattant l’ethnocentrisme, il y rappelle que l’esprit des Lumières a motivé l’expérience coloniale destinée à aider les populations à rattraper le modèle occidental sensé être universel. Il y affirme au contraire que l’humanité est multiple et qu’il n’existe pas un modèle de civilisation mais une pluralité de styles de vie. Les défenseurs des Lumières passent ainsi du statut de procureur à celui d’accusé. Les occidentaux doivent descendre du piédestal où ils s’étaient eux-mêmes placés et reconnaitre qu’ils ne sont qu’une variété d’indigènes et que l’humanité ne tend pas vers un même but dont il serait le fer de lance.

La deuxième mort de l’Homme

Les historiens modernes réfutent, dans le temps, l’idée d’un progrès continu, comme les ethnologues réfutent, dans l’espace, la légitimité d’une comparaison du degré de civilisation des sociétés. Ainsi, il n’existe pas de but commun à toute l’humanité vers lequel la société occidentale aurait cheminé plus rapidement. Au contraire, notre société est à la fois particulière et fugitive. Examinant son fonctionnement interne, la sociologie conclut que la classe dominante a réussi, par la violence et sans considération de valeurs, à faire reconnaitre sa propre culture comme la seule légitime, les autres étant vouées à une humiliation comparable à celles des peuples colonisés. A titre d’exemple les structuralistes considérant tout récit comme la combinaison d’idées de base, présentes en nombre fini dans un répertoire commun à l’humanité. Dans ces conditions, un grand texte ne possède rien de spécifique sinon sa valorisation par la classe dominante.

Reconnaissant l’équivalence de toutes les cultures et les pressions culturelles qui s’exercent sur chaque individu, les sciences sociales doivent renoncer à l’homme universel. Sur cette base, les philosophes de la décolonisation recyclent les vieilles idées de Herder et des romantiques allemands mais pour des raisons diamétralement opposées : il ne s’agit plus de valoriser sa propre culture, mais celle de l’exclu et de l’étranger que la colonisation a coupé de ses racines. « Ils décident de la mort de l’Homme au nom de l’homme différent.»

Portrait du décolonisé

Après avoir combattu le colonisateur européen, l’identité au nom de laquelle il a lutté devient vite une prison pour l’ancien colonisé. Comment peut-il, après avoir trouvé force et réconfort dans le « nous, » revendiquer quoi que ce soit au nom de l’individualité du « je. » Ce piège explique à lui seul que les nations décolonisées sont gouvernées par un parti unique : le régime politique s’est fondé sur la fusion, non sur le contrat. Nul besoin d’aller chercher la confiscation du pouvoir par la bourgeoisie ou par un état étranger. L’identité suffit.

Les pays décolonisées ont tenté de marier le particularisme qu’ils revendiquaient avec la forme d’universalisme à destination des opprimés qu’était le marxisme. Le communisme a accepté d’ajouter le déterminisme culturel au déterminisme économique comme fondement d’une nation, pourvu que le contrat en soit exclu. En effet, le matérialisme historique affirme que « ce n’est pas la conscience qui détermine la vie, c’est la vie qui détermine la conscience. » Mais les pays décolonisés ont rejeté de plus en plus nettement l’idéologie et l’impérialisme soviétiques au profit du Volksgeist. De Maistre avait vaincu Marx. Finalement, la reconnaissance des cultures et la critique des Lumières ont conduit les nations du Tiers Monde à la dictature, les privant de l’expérience démocratique européenne.

Race et culture

« L’identité culturelle a deux bêtes noires : l’individualisme et le cosmopolitisme.» Reprenant à leur compte les idées des romantiques allemands, les pays décolonisés luttent maintenant pour conserver la pureté de leur culture. Au racisme colonial européen, qui hiérarchise sur une même échelle les différentes civilisations au nom d’une même nature humaine, ils opposent un racisme qui essentialise et sépare l’humanité en communautés disjointes. Le premier a pour forme extrême la colonisation, le second, le nazisme. Confondant ces deux formes de racisme, la philosophie de la décolonisation a remis en selle le Volksgeist. Les sciences sociales et naturelles ont réfuté le concept de races, qui avait un temps apporté une caution scientifique à la théorie pré-existante du génie nationale. Qu’à cela ne tienne, le Volksgeist post-colonial écarte la biologie et revient à un racisme fondé sur le seul argument culturaliste.

Le double langage de l’UNESCO

Le projet initial de l’UNESCO était de combattre le totalitarisme par la diffusion du savoir, alors appelé culture. Il a évolué parallèlement au sens de ce mot, vers la conservation des modes de vie des peuples, en refusant tacitement à chacun de ses représentants le droit à l’autonomie. Claude Levi-Strauss donna une conférence à l’UNESCO en 1971, intitulée « Race et culture ». Sans renier son essai « Race et Histoire » il attribuait un rôle majeur à la culture dans la définition génétique et l’évolution biologique d’un peuple. Ces arguments étaient fondés sur les dernières avancées de la génétique des populations. Si cette conférence, qui faisait un éloge mesuré de la xénophobie, fit scandale, c’est parce que l’UNESCO n’osa pas aller au bout de sa logique : après avoir fait la promotion des génies nationaux et de la division, elle conclut par un éloge convenu de la fraternité universelle.

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Troisième partie – Vers une société pluriculturelle

La disparition des Dreyfusards

L’apparition de la « Nouvelle Droite » à la fin des années 1970 marque un changement dans la défense du Volksgeist : chaque peuple dispose d’une culture digne d’être respectée. Or l’Europe est colonisée par des populations immigrées qui viennent s’y établir et y imposer leur mode de vie. Tirant leurs argument de la même idée que toute les cultures se valent, les partisans de l’hospitalité rétorquent que nous ne devons pas privilégier notre culture et que la société doit devenir pluriculturelle. Herder a gagné. Les valeurs universelles des Dreyfusards ne sont plus défendues. Pourtant, les tenants de la société pluriculturelle sont bien devant une contradiction : comment conserver l’identité française dans un pays remplis de gens qui n’ont pour seul point commun de ne pas la partager ?

Une pédagogie de la relativité

Régis Debray est dans cette impasse lorsque, d’une part, il affirme que sa conscience est postérieure à son patrimoine culturel sur lequel il n’a pas prise et que, d’autre part, il fustige le chauvinisme et la haine de l’étranger. Mais la plupart des tenants de la société pluriculturelle ne partagent pas cet avis. Ils refusent la domination de l’inconscient collectif qu’ils veulent combattre par l’éducation. En 1985, le Collège de France remit un rapport au Président de la République intitulé « Propositions pour un enseignement de l’avenir.» Le premier des principes énoncés est « L’unité de la science et la pluralité des cultures » : seule la science peut transcender les communautés humaines alors que chaque culture est définitivement liée à la société où elle est apparue. Oublié le rêve de Goethe d’une littérature universelle au nom d’une sensibilité humaine qui traverse le temps et l’espace. Les grandes œuvres ne sont plus que des archives qui témoignent d’un lieu, d’une époque et d’une sensibilité. Contrairement à Régis Debray, le Collège de France ne valorise pas la culture européenne mais la stigmatise, dans l’esprit de la décolonisation.

La culture en pièces

Avec l’avènement des Temps modernes, Dieu devint invisible, la culture prit le pas sur la religion, l’argumentation sur la tradition. L’unité du genre humain était en vue. Lors du retour des nationalismes, de nombreux intellectuels choisirent la France pour son refus de l’enracinement de l’esprit. « Ses œuvres ne témoignent d’aucun pittoresque, mais, prenant en considération autre chose que la France, sont des contributions originales à la littérature universelle ou à la philosophie.» Aujourd’hui, en renonçant à l’universalité, les défenseurs de la société pluriculturelle réussirent avec l’humilité là où avaient échoué les nationalistes avec l’arrogance : réduire la France à une culture parmi d’autres.

Le droit à la servitude

Les Temps modernes ont également vu la reconnaissance de l’autonomie de l’individu et la disparition de la différence de nature entre le maître et le serviteur. Le Volksgeist a voulu mettre fin à ce scandale. Aujourd’hui cette opposition s’est brouillée. Les tenants de la société multiculturelle défendent, pour l’étranger et au nom de sa liberté, le respect de son appartenance communautaire et de ses traditions, même les plus cruelles telles que l’excision. Parce qu’ils se sentent coupables d’avoir longtemps dominé le Tiers Monde, de nombreux européens refusent de faire partager aux immigrés les acquis de l’émancipation de l’Europe par la critique de la tradition. Au nom des Droits de l’Homme, ils considèrent que chacun peu vivre dans une culture qui les nie.

Il faut pourtant souligner que l’esprit des Temps modernes est compatible avec les minorités nationales ou religieuses tant que leurs usages respectent les droits élémentaires de la personne. L’élargissement de ces droits à l’ensemble des populations immigrées est une condition nécessaire à la résolution des problèmes communautaires en Occident.

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Quatrième partie – Nous sommes le monde, nous sommes les enfants

Une paire de bottes vaut Shakespeare

Les défenseurs du post-modernisme comme les tenants du tiers-mondisme, philosophes de la décolonisation, affirment que toutes les cultures se valent, que tout est culturel et qu’une paire de bottes vaut Shakespeare. Leurs raisons sont pourtant opposées.

  • Les premiers font l’éloge de l’utilité pour répondre aux besoins des nations du tiers monde et pour en valoriser les artistes. Leur pensée donne naissance à l’art minimaliste, à des œuvres qui ne se distinguent plus des objets du quotidien ;
  • Les seconds refusent de choisir entre les différents types de créations, toutes qualifiées de culturelles : un opéra et un jingle, un ballet et un match de football… La culture enseignée à l’école côtoie les activités quotidiennes et les loisirs, qualifiés également de culture. Les penseurs post-modernes renvoient dos à dos, d’une part, les défenseurs de la pureté raciale et de l’intégrité culturelle qui veulent enfermer l’homme dans leur culture et, d’autre part, ceux qui veulent affranchir l’homme de sa tradition pour l’enfermer dans la culture académique qui est une autre forme d’autorité. Ils défendent au contraire une société multiculturelle qui met sur un pied d’égalité la variété et l’opéra, la peinture et l’affiche publicitaire. La culture est devenue un obstacle à l’émancipation des hommes puisqu’elle impose une hiérarchie entre les œuvres. Depuis que la pensée post-moderne s’est imposée, les repères ont disparus et les œuvres ne peuvent plus se situer. Pour la première fois, ce qui vise à éveiller l’esprit comme ce qui vise à l’abrutir cohabitent dans le même mot de culture.

Sa majesté le consommateur

Le bourgeois du XIXe siècle, dont l’unique but était l’enrichissement par le travail servi par la technique, avait relégué la culture au rang de divertissement. Une révolution des valeurs a depuis donné la primauté à la satisfaction des besoins immédiats, jadis stigmatisée. Le bourgeois désavoué a tiré néanmoins partie de cette situation nouvelle. Il a découvert « l’utilité de l’inutile » : les loisirs sont élevés à la dignité de culture qui entre dans la sphère de la consommation. Artistes et hommes de culture, craignant d’être accusés d’élitisme, ne trouvent rien à redire. De plus, ils sont occupés à défendre l’homme démocratique et autonome contre le marxisme et la tentation d’un retour du Volksgeist qui déboucherait sur le totalitarisme. Les philosophes des Lumières voulaient permettre à l’homme de défendre ses intérêts particuliers mais aussi de conduire une réflexion qui les dépasse. Malheureusement ce second but n’est pas atteint et on voit aujourd’hui émerger l’égoïsme combiné à l’affaiblissement de la volonté qui, s’ils n’annoncent pas le totalitarisme, pourrait se transformer en esprit de collaboration.

Une société enfin devenue adolescente

L’école n’est plus en phase avec la jeunesse post-moderne. Elle enseigne les grandes œuvres et fait découvrir Mozart à des élèves qui baignent dans la culture rock. Certains veulent donc la post-moderniser, y introduire l’ordinateur, enseigner les cours sur des airs de rock, apprendre la jeunesse aux jeunes. Le peuple des jeunes est apparu dans les années 1960, lorsque l’éducation de masse les a séparés du reste de la société. Il est devenu autonome avec ses codes, sa décontraction vestimentaire, sa musique rock, ses valeurs inversées par rapport au reste de la société. Les guitares remplacent les mots qui sont vieux de leur histoire. Le sentiment d’appartenance remplace la conversation et dissout le « je » dans le groupe. Alors qu’hier, les jeunes voulaient se vieillir pour gagner en crédibilité, les hommes d’aujourd’hui veulent avoir l’air jeune à tout prix, comme si la jeunesse détenait la vérité. « Le Bourgeois est mort, vive l’Adolescent.»

Les jeunes constituent désormais une quasi-espèce monolithique dont aucun ne peut s’extraire. Pourquoi le ferait-il puisque toute la société veut se rajeunir : les partis politiques modernisent leurs discours, la télévision fabrique des programmes qui ciblent les moins de 15 ans. La morale et la religion sont aussi de la partie. L’une fait des concerts de charité sans penser que l’argent sera détourné par les dirigeants des populations auxquelles qui il était destiné. L’autre met en scène le pape dans des manifestations spectaculaires alors que le discours de l’Eglise ne change pas. Ces spectacles sont vides de sens. Mais la jeunesse a trouvé son hymne : We are the world, We are the children.

Le zombie et le fanatique

le mot culture permet aujourd’hui le développement de l’infantilisme et de l’intolérance en faisant reculer la vie avec la pensée.

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