Tout était écrit dans le Manifeste Al-Souri : Londres, Boston et maintenant Paris. Un djihadisme, low-cost, 2.0, basé sur de petites équipes ultra-motivées, autonomes, dotées d’un seul mot d’ordre : tuer puis mourir.

souri

Al-Souri et Ben-Laden

Un djihadisme « par le bas », qu’Al-Souri nomma nizam la tanzim ; un djihadisme insaisissable, car désordonné, invisible aux radars car dépourvu de commandement central. Terminées les actions éclatantes, les buildings partant en fumée. Car ces opérations hollywoodiennes, aussi héroïques qu’elles fussent, n’avaient permis qu’un piètre résultat :

les Talibans avaient été chassés de leur bastion afghan par la déferlante américaine et l’Irak avait été perdu au profit des Chiites, faisant ainsi échouer le projet de Califat sunnite. Al Qaïda, dont Al-Souri fut l’un des membres éminents, appartenait au passé.

cologne.jpgA ces guerres désuètes, ces vidéos de mauvaises qualité sur bandes VHS, Al-Souri substitua des super-productions à la Assassin Creed et surtout une nouvelle stratégie : il convenait pour le nouveau stratège de la terreur de s’attaquer dorénavant au ventre mou de ses ennemis, l’organe à portée d’autobus : l’Europe et notamment la France déjà investie par des millions de fidèles potentiels, les Musulmans des troisième et quatrième générations qu’il suffisait de réveiller à grands coups de vidéos « disponibles en un clic », pour fabriquer sur place une armée martyres ! Et pour forcer l’allure, Al-Souri en était sûr : ces Musulmans devaient se sentir rejetés, devenir des citoyens de seconde zone ! Rien de tels que le rejet pour fabriquer du révolté ! Chaque balle tirée devait donc dresser les Français de souche contre les Arabes. Chaque musulman devait, aux yeux des Français, devenir un suspect, une bombe en puissance, un porteur de Kalachnikovs prêt à arroser les quartiers. Al-Souri faire pousser sur les terres de France le poison de l’islamophobie ; il voulait que les Français deviennent racistes, anti-arabes, que les deux communautés se séparent par un mur de haine réciproque, que la ratonnade réponde à l’attentat martyre. Alors l’armée du Califat serait possible aux portes de Paris… Car pour Al-Souri, l’islam ne pouvait se comprendre que conquérante et la conquête ne pouvait se faire que dans le sang.

Dans son manifeste, Al-Souri avait proposé de s’attaquer en priorité aux lieux de grands rassemblements, comme les stades, les terrasses de café ou les salles de spectacle. Le but était de faire un maximum de victimes, si possible gratuites, avec un minimum de moyens. Le hasard avait une dimension importante. L’idée n’était pas de cibler une communauté particulière, comme les Juifs, ou un symbole de l’État, comme un policier, mais bien le Français moyen. Il fallait faire prospérer dans la société française un sentiment d’insécurité général et de haine. Et il y a eu Mehra, le Thalys, Charlie, le Bataclan, le Stade de France. Des meurtriers furent lancés au hasard sur la foule, amenant la guerre au cœur de Paris, des morts dans le caniveau, couchés sur la scène désertée par les aigles métalliques… Tuer et mourir ! Pourtant, après la stupéfaction, il semblait que la France gardât son sang froid. Oh ! Il y eut bien quelques réactions islamophobes, des graffitis sur les mosquées, mais rien de plus. La rue pourtant avait changé. Des images que l’on pensait réservées à Jérusalem ou Tel-Aviv surgirent en plein Paris : on vit des camions de l’armée, des bataillons de chasseurs alpins, des gendarmes à chaque coin de rues. Malgré la peur, la République tint bon. Frappée, agressée, elle résistait encore. Ancrée solidement depuis deux siècles à ses principes révolutionnaires, hérités de 89, elle refusait de céder à la tentation du crime, de la vengeance aveugle qui aurait achevé le plan Al-Souri. Mais pour combien de temps ?

Ce fut à Cologne que tout dégénéra, de l’autre côté du Rhin. La nuit de la Saint-Sylvestre, des centaines de femmes furent agressées par des milliers d’individus. Après enquête, la police montra que parmi les agresseurs, figurait une majorité de migrants, ceux qu’Angela MERKEL avait fait venir en Germanie. Six mois plus tôt, L’Europe entière avait pleuré devant la photo du corps sans vie du petit Aylan, trois ans, le nez planté dans le sable d’une plage de Turquie. Les bonnes âmes avaient alors ouvert les portes de l’espace Schengen permettant à des centaines de personnes venues de Syrie, d’Irak, mais aussi du Maghreb du Pakistan, de l’Afghanistan et de l’Afrique subsaharienne de migrer. Parmi elles, les kamikazes du Stade de France. Une aubaine pour la réussite du plan Al-Souri. Quoi de plus facile que de cacher parmi ces foules, de vrais djihadistes, de futures bombes humaines, bref autant de nouvelles munitions faciles pour alimenter sa stratégie du chaos ?

Ce soir-là, sur le parvis de la gare de Cologne, des milliers d’individus se rassemblèrent, plus ou moins spontanément. La foule allemande, peut-être un peu trop naïve, sans doute encore meurtrie ou culpabilisée par son passé nazi, subit brutalement, sans sommation, le choc des civilisations. La femme en terre d’Islam n’est pas grand chose ; la mécréante allemande encore moins aux yeux des plus endoctrinés. Ce fut comme à la foire aux bestiaux. Chacun put se servir, toucher, sans retenue, sans crainte. La police fut débordée. Des centaines de plaintes pour agressions sexuelles furent déposées à la police de Cologne.

L’Allemagne se réveilla avec la gueule de bois : ses femmes avaient été bafouées, humiliées par les énergumènes qu’elle avait accueillis les bras ouverts. Pire qu’une trahison, un coup de poignard obscène dans le dos. Les mise en garde de la Chancelière n’y firent pas grand chose. Le pays venait d’être sali comme jamais il ne l’avait été. Et dire qu’il y avait sur son sol près d’un million d’étrangers !

La suite ne sera-t-elle qu’une fiction ?

PEDIGA vit dans ces évènements la justification attendue de son combat. Cet instrument inconscient de la politique Al-Souri organisa des marches contre « les Canaques ». Des Pakistanais se retrouvèrent à l’hôpital. Et les plaintes continuaient à affluer. Les défilés de PEDIGA se transformèrent en marées humaines, débordant son bastion historique de l’ex RDA. Plus aucun migrant n’était en sécurité. On ne comptait plus les règlements de compte sommaires. Puis les premiers morts : un Marocain fut trouvé dérivant sur le Rhin. Les migrants s’organisèrent en milice, ne se déplaçant plus qu’en groupes, parfois forts de milliers de personnes, sous les huées des badauds plus ou moins excités. Le 8 juillet 2016, une manifestation interdite de PEDIGA se heurta à une dizaine de ces groupes dans les rues de Dresde. L’affrontement fut cette fois-ci général. Lorsque la police parvint à disperser les derniers hooligans, on trouva 27 corps sans vie. Puis, la contamination s répandit dans l’Europe tout entière. En Suède, où les autorités cachèrent les incivilités commises par les migrants. A Paris, ensuite, où l’on voulut venger les victimes du Bataclan : 30 morts. Puis à Bruxelles, où Molenbeeck fut le théâtre de scènes de guérillas urbaines. Chaque camps sortit les armes lourdes : 70 morts. Les Pays-Bas suivirent avec 7 morts recensés à Rotterdam, tous marocains. A Londres, on vit apparaître des crois nazis dans les défilés. A Moscou, une chasse à l’homme géante fut lancée pour traquer les Musulmans et « les expulser du pays à coups de bottes », sous les yeux presque complice du pouvoir.

Ce fut alors que toute la Seine-Saint-Denis s’embrasa. La Courneuve, Aulnay-Sous-Bois, mais aussi Trappes dans les Yvelines, les quartiers nord de Marseille se couvrirent de barricades pour empêcher les forces de l’ordre de pénétrer dans les quartiers. Une manifestation monstre de l’extrême droite se dirigea tout droit vers le nord de Paris, avec la ferme intention de « reconquérir le territoire ». Les porte-paroles voulaient « refaire couler du sang impur dans les sillons ». Et du sang, il en coula. Le Président avait perdu la main. Les militaires le pressaient de déployer les blindés dans les rues pour ramener le calme. Mais il hésitait encore. Il ne voulait pas rester dans l’histoire comme un Président réactionnaire. Et s’il y avait un tir « inapproprié », du sang français sur les pavés de la République ? Non. il ne ferait rien de plus. Le quartier de Barbès était maintenant lui-aussi en état de siège. Tout ce qui ressemblait à un immigré se terrait, se cachait dans les sous-sols. Sur les grands boulevards, des milices armées, encagoulées, faisaient régner leur ordre. Cette fois-ci la garde républicaine fut déployée. Il était temps. Les émeutes avaient fait près de 2000 morts.

Le 24 décembre 2016, à minuit, malgré l’extrême présence policière, un forcené parvint à pénétrer dans la Cathédrale de Notre-Dame-de-Paris. Il sortit son arme automatique et balaya la foule massée dans les travées aux cris d’Allah est grand. Puis, il se fit exploser, faisant chuter sur la foule les masses de pierres saintes suspendues depuis des siècles. La cathédrale n’était plus qu’un amas de gravas. On tira des centaines de corps des décombres, dont celui de l’archevêque. La même scène se produisit à Vienne en Autriche et à Berlin. Deux autres attentats furent déjoués de justesse à Londres et à New-York. C’en était trop. On cria vengeance, encore plus fort. On demanda du sang, un nettoyage du pays, de l’Europe tout entière de « ces chiens galeux ». Les extrêmes se déchaînaient partout. Si le Président n’en était pas capable, eux feraient le ménage. Et les élections qui approchaient. La famille LE PEN était déjà créditée de 53 % dès le premier tour. A droite, les candidats à la primaire ne parlaient plus que des valeurs chrétiennes de la France, de son attachement à la race blanche, de décapage des banlieues ! Les thèmes qui auraient fait bondir les plus radicaux des années 80 étaient devenus banals.

Al-Souri n’en espérait pas temps. La phase suivante de son plan pouvait être lancée : Le 1er mars 2017, il lança son fameux appel de DAESH :  » les Musulmans d’Europe, oppressés, devaient maintenant se lever en masse contre les Croisés. » La guerre des civilisations venait de commencer.

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actualité, Les groupes djihadistes, moyen-orient

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