la génèseL’Ancien Testament est la référence religieuse pour les trois grands monothéismes (Christianisme, Judaïsme et Islam). Il est, pour plusieurs milliards d’humains, l’œuvre de Dieu et l’unique source du droit.

Il s’agit donc d’un texte majeur qui a façonné les sociétés humaines.

Bref résumé critique de l’Ancien Testament

Mais l’ancien Testament est aussi un prétexte, une caution divine utilisés par les hommes pour commettre les plus grands crimes. Dans les frères Karamasov, Dostoïevski a écrit : « Si Dieu n’existe pas, alors tout est permis ! » En fait, c’est parce que Dieu existe que tout est permis…

Cet article se concentre sur les cinq premiers livres de l’Ancien Testament : le Pentateuque (étymologiquement :  » L’étui qui regroupe les cinq livres »).

Le Pentateuque

Les cinq premiers livres de l’Ancien testament, appelés, par les Juifs, la Torah (la Loi), auraient été écrits par Moïse.

Au milieu de principes purement religieux, ils racontent l’histoire du peuple Juif, de la création du monde (La Genèse), jusqu’à la mort de Moïse (Le Deutéronome).

Le Pentateuque comprend cinq volumes :

  • la Genèse, qui décrit la création de l’Univers, des animaux et des hommes ; raconte l’histoire des pères fondateurs (les Patriarches) : Adam, Caïn, Noé, Abraham, Isaac, Jacob et Joseph notamment ;
  • l’Exode, qui raconte la fuite d’Égypte sous la conduite de Moïse, puis leur exode dans le Sinaï où Moïse reçoit les Tables de la Loi ;
  • le Lévitique, qui est guide de morale ;
  • les Nombres qui, comme son nom l’indique, recense les membres de la communauté ;
  • le Deutéronome, dans lequel Moïse propose un résumé des volumes précédents avant de mourir, sans avoir pu poser le pied sur la Terre promise.

Historicité

Le pentateuque n’est pas un livre d’histoire au sens classique du terme. (Lire sur ce sujet l’article : La Bible dévoilée).  L’archéologie a en effet été incapable de confirmer ses récits. Il s’agit de mythes, inspirés, pour la plupart, de mythologies plus anciennes, venues notamment de Mésopotamie (Sumer, Babylone).

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L’épopée de Gilgameh (Sumer)

Le texte a été écrit vers 700 avant Jésus-Christ, lors de la déportation des Hébreux à Babylone. En effet, les références historiques (comme la domestication du chameau) reflètent le paysage de cette époque, celle du roi Josias (VIème siècle avant JC) et certainement pas celle d’Abraham ou de Noé (4000 ou 4500 avant JC). L’élite juive exilée à Babylone s’est inventée une religion pour fédérer la diaspora et ainsi préserver son unité.

Plagiat

Les auteurs se sont inspirés de mythes existants, notamment sumériens, babyloniens et égyptiens. De nombreux passages sont des copies de textes plus anciens comme l’épopée de Gilgamesh (texte sumérien de 2600 avant JC), qui raconte, mots pour mots, l’épisode du déluge :

Et Dieu de donner ce conseil à Utanapishtim : « Démolis ta maison pour te faire un bateau ! Renonce à tes richesses pour sauver ta vie ! Détourne-toi de tes biens pour te garder sain et sauf ! Mais embarque avec toi des spécimens de tous les animaux [..]. Six jours et sept nuits durant, bourrasques, pluies battantes, ouragans et déluge continuèrent de saccager la terre [..]. L’épopée de Gilgamesh.

Absence de traces archéologiques

Les personnages sont donc fictifs. Y compris les grands Rois que furent David et Salomon. Aucun texte n’évoque ces Rois qui auraient vécu au premier millénaire avant. En particulier, les archives égyptiennes, particulièrement fournies, ne citent jamais ces grands rois.

Plus étonnant. Malgré l’exode de deux millions de personnes dans le désert du Sinaï pendant 40 ans, les archéologues n’ont jamais rien trouvé ; pas un vase, ni de sépulture ; ce qui jette un profond discrédit sur l’historicité de l’Exode. Même constat pour Jéricho : les archéologues ont certes trouvé les traces d’un village ancien, mais aucune muraille.

Anachronismes révélateurs

L’archéologie (voir l’article sur La Bible dévoilée) a montré que la plupart des villes citées dans les textes n’existaient pas à l’époque des faits. C’est notamment le cas, d’Arad en Israël, de Pithon en Égypte ou de Jéricho en Palestine. Des anachronismes concernent aussi les peuples : les Philistins (-1200 avant JC pour les traces les plus anciennes) n’ont pu rencontrer les Patriarches qui ont vécu, selon la Bible, bien avant. Pourtant, dans La Genèse, Isaac rencontre le Roi des Philistins en 2200 avant JC. Un Araméen assiste au mariage de Jacob et de Léa à la même époque alors que le peuple n’y était pas encore installé. Et que dire de la monnaie qui n’apparaît qu’en 600 avant JC ? Comment Abraham (1800 avant JC) a-t-il pu payer en Sicles ?

 » Abraham s’entendit avec Ephrôn. Il lui pesa le prix que les fils de Heth l’avaient entendu déclarer, 400 sicles d’argent, au taux du marché. » La Genèse.

Comment dans l’Exode, située vers 1420 avant JC, Moïse a-t-il pu rencontrer Ramsès, alors que le premier Ramsès de l’histoire naquit vers 1320 avant JC ?

Des exagérations

On peut se demander où les rédacteurs ont trouvé 1 million de soldats Éthiopiens dans Les Chroniques, alors que la population entière de l’Éthiopie, à cette époque, était bien plus faible.

Un livre de morale un peu désuet

L’ancien Testament prescrit (Voir le Lévitique) des règles morales aujourd’hui anachroniques. En particulier, l’homosexualité est punie de mort. En revanche, on peut vendre sa fille comme esclave. La polygamie est autorisée ainsi que la possibilité d’avoir recours aux servantes comme mère-porteuse.

En synthèse

Bref, il s’agit plus un livre de comptes et de règles morales qu’un document historique. Par exemple, la date création du monde (4500 avant JC selon la Genèse) peut être mise en doute. La description de la création de l’Univers proposée dans la Genèse doit également être prise avec précaution : on y trouve successivement la création de  :

  • l’homme (Adam) ;
  • la femme à partir de la côte d’Adam ;
  • ex nihilo, des animaux (Les lions par exemple sont créés sans sans passer par la case des primates, des dinosaures ou des hommes de Neandertal) ;
  • des étoiles bien après la terre (les éléments lourds comme le carbone ou le fer  qui constituent la terre apparaissent avant les éléments légers comme l’hydrogène ou l’hélium qui sont le carburant des étoiles).

Mais ceci nous emmènerait trop loin.

Bref résumé critique de la Genèse

Livre I de l’Ancien testament

Comme beaucoup de textes religieux, l’Ancien Testament raconte la création de l’Univers. Celle-ci aurait eu lieu vers 4500 avant JC (à comparer au presque 15 milliards d’années que proposent les physiciens : lire sur ce sujet Une brève histoire du temps de Stephen HAWKING) et aurait duré 6 jours.

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Dieu créée Adam

Avant, il n’y avait rien : ni espace, ni matière, ni lumière, ni temps. Le texte ne précise pas où était Dieu dans ce néant, ni s’il a été lui-même créé et si oui par qui. Dieu est pourtant nécessaire puisque c’est lui qui décide, à ce moment précis (alors que le temps n’existe pas), l’émergence de l’Univers avec dans l’ordre :

  1. la séparation de la lumière et des ténèbres ;
  2. la séparation des eaux basses (la mer) et eaux du ciel ;
  3. la séparation de la terre et de la mer ;
  4. la mise en place du soleil côté jour et de la lune et des étoiles côté nuit ;
  5. la création des poissons et des oiseaux ;
  6. la création des animaux et l’homme (puis de la femme).

Dans un premier temps, Dieu créa sa créature à son image : Adam. Il l’invita dans le jardin d’Éden, un paradis où rien ne manque, enfin presque. Adam vivait nu mais il ne le savait pas. Car il était ignorant et entièrement soumis à son Créateur. Tous les bienfaits de la nature étaient à sa disposition,  à profusion ; le travail était donc une notion qui n’existait pas encore.

Mais Adam s’ennuyait. Dieu lui accorda alors un présent : la femme qui fut extraite de l’une de ses côtes. La femme fut donc créée pour l’homme dans un but récréatif. On comprend mieux alors le statut de la femme dans les grands monothéismes.

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Eve et le fruit défendu

Ève fut abusée par le serpent : un être rusé et malfaisant, qui l’invita à goûter le fruit défendu (pour saint Augustin) de l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

Le fruit est dit « défendu » car Dieu a interdit sa consommation qui donne accès au savoir. Et ça il n’en était pas question ! L’homme devait rester ignorant. Adam et Ève devaient rester des imbéciles heureux.

Ève céda à la tentation et accéda à la connaissance. Elle invita Adam à faire de même. Dieu punit les amoureux : pour subsister, ils devraient dorénavant travailler. Ils furent chassés du jardin d’Eden.

L’ignorance

L’ignorance est une valeur morale fondamentale. Les rédacteurs de la Genèse ont insisté sur ce point. Ils ont voulu prévenir toute tentative de remise en cause. L’ignorant ne s’interroge pas. Il ne questionne pas les textes. Il se contente de croire. Chercher à comprendre, c’est commencer à désobéir ! L’enseignement fut contrôlé par l’Eglise pendant un millénaire : cet enseignement fut basé sur  la mémorisation des textes sacrés, sans place pour l’esprit critique.

Il faudra attendre les Lumières pour braver cet interdit.

Le libre-arbitre

La notion de péché originel a été introduite par saint Augustin  au IVème siècle. L’idée fut d’expliquer l’existence du mal dans la Création. Il y avait en effet une contradiction : Dieu, infiniment bon, ne pouvait pas, par définition, créer le mal. Pour saint Augustin, ce mal venait de l’homme. L’homme a été doté par Dieu du libre-arbitre. Il a la faculté de choisir librement entre le bien et le mal. Ève, en croquant la pomme (image de l’acte sexuel), a choisi le mal qui s’est ensuite transmis de générations en générations. Voilà pourquoi nous-autres, enfants d’Ève, sommes depuis des pauvres pécheurs. L’Église a réussi ainsi à nous culpabiliser en s’appuyant sur une vielle histoire de pomme. L’existence du libre-arbitre est essentielle pour l’église pour justifier le jugement dernier.

En effet, celui qui n’a pas le choix ne peut pas être jugé !

Le meurtre d’Abel

Caïn, Abel et la naissance de la violence

Adam et Eve eurent deux fils :

  • Caïn l’aîné, paysan de son état et
  • Abel qui est berger.
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meurtre d’Abel

Chacun offrit les fruits de son travail à Dieu qui se montra plus enthousiaste par les moutons gras d’Abel. Caïn était fou de jalousie une crise de jalousie et tua son frère. Il devint le premier meurtrier de l’humanité ! Il devint, par la même occasion, le premier menteur : malgré les évidences, il nia son crime. Dieu chassa alors Caïn.

Mais Caïn demanda de la clémence : il savait qu’il serait tué par le premier venu. Dieu lui garantit alors qu’il serait vengé si un tel événement survenait.

Adam a 130 ans, lorsque Dieu lui accorda un troisième fils : Seth. Des hommes illustres descendront de Seth, de Noé à Jésus en passant par David.

Noé

L’histoire du Déluge, nous l’avons vu, a été directement inspirée de l’épopée de Gilgamesh. Dieu constatant le mal sur terre décida de tout détruire. Seul Noé avait son estime. Il demanda à Noé de construire une Arche et d’y installer un couple de chaque espèce. Mais lisons le texte :

Il regarda la terre et vit que la méchanceté se multipliait sur terre. Dieu regretta d’avoir créé l’homme sur terre. Mais Noé trouva grâce à ses yeux.  La Genèse.

Ce passage pose un problème de logique : Dieu sait tout et peut tout. Comment a-t-il pu se tromper à ce point ? Comment a-t-il pu créer une créature capable ainsi de diffuser le mal ? Son premier essai ressemble à un brouillon, une ébauche ratée. Dieu peut donc se tromper.

Noé, je vais mettre fin à la vie sur la terre. [..] Tout fut recouvert par les eaux. Avec la crue, expira toute chair qui remuait sur la terre.

Là aussi, on ne comprend pas comment un Dieu infiniment bon puisse arriver à une telle extrémité : pris de colère, il tua aussi les femmes et les enfants.

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L’arche dans l’épopée de Gilgamesh

Comme dans l’épopée de Gilgamesh, Noé embarqua avec ses animaux. Il attendit quelque jours (150) avant de s’échouer sur le mont Ararat. Il envoya une colombe en éclaireur, puis une seconde qui ne revint pas : les eaux avaient baissé.

La tour de Babel

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Tour de Samarra en Irak

Dieu descendit sur la terre pour voir la tour que les hommes bâtissaient. Dieu dit « ils forment un peuple et parlent une même langue. Ils me semblent tous d’accord. Avec la construction de cette tour ils commencent à devenir célèbre et ils inventeront autre chose. Alors, brouillons leur langue qu’ils ne s’entendent plus les uns les autres.

Chaque homme est un descendant de Noé. En théorie, il devrait y avoir une langue universelle. Or, manifestement, ce n’était pas le cas.

L’histoire de la tour de Babel a été introduite dans le récit de la Genèse pour expliquer la diversité des cultures humaines.

Dieu était jaloux du pouvoir des hommes : ils étaient capables de construire une tour jusqu’au ciel ! Il décida alors de semer la discorde en introduisant plusieurs langues. Les hommes ne se comprenaient plus et ne pouvaient plus collaborer. Ils se dispersèrent sur la terre.

L’attitude de Dieu est étonnante. Pourquoi s’inquiéter de l’entente entre les hommes ? Pour quelle raison souhaite-t-il la discorde ? Pourquoi ne veut-il pas qu’ils « inventent autre chose » ? Dieu serait-il jaloux ? Serait-il inquiet de la concurrence que pourrait lui faire l’homme ? Il préfère, encore une fois, des ignorants se faisant la guerre plutôt que des savants venant questionner son authenticité.

La tour de Babel fut certainement inspirée des tours irakiennes.

Abraham, Isaac et Jacob

Vers 1800 avant JC, si l’on en croit la Bible, Abraham reçut de Dieu l’invitation de se rendre en terre promise (Canaan ou l’actuelle Israël). Accompagné de son neveu Loth (ou Lot) et de sa femme Saraï, il organisa une première exode. Il quitta Ur en Mésopotamie (actuelle Irak), pour marcher en direction de l’ouest et finalement s’installer du côté d’Hébron.

Dans ce passage de la Genèse, le chameau est mentionné à plusieurs reprises. On sait aujourd’hui qu’il sera domestiqué bien plus tard. Abraham se dirigea vers l’Égypte des Pharaons. Mais il craignait pour sa vie : sa femme était charmante. Le Pharaon pourrait lui prendre et le tuer. Il proposa donc à Saraï de se faire passer pour sa sœur. Ainsi le Pharaon pourrai  » connaître » Saraï sans danger pour Abraham.

C’est assez incroyable. Pour Abraham,  Saraï peut être « connue » par le Pharaon. Ce n’est pas très important. L’essentiel est qu’il ait la vie sauve ! L’égalité entre les sexes est encore loin d’être faite. Mais le Pharaon découvrit la supercherie et renvoya Abraham et sa petite troupe.

Les tribus étaient trop nombreuses. Abraham et Loth décidèrent de se séparer. Loth choisit de s’installer à Sodome. Abraham s’installa à Mambré.

La descendance d’Abraham : Ismaël et Isaac

Saraï ne parvint pas à avoir d’enfant. Elle proposa à son mari de « connaître » la bonne : Hagar. Aussitôt dit, aussitôt fait : elle lui donna un premier fils Ismaël, considéré comme l’ancêtre des tribus arabes et donc de l’islam.

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Hagar et Ismaël

On peut bien entendu s’interroger sur cette pratique qui consistait à se servir de la bonne comme d’une mère-porteuse. Cet usage était, semble-t-il, assez courant puisqu’on le retrouve plusieurs fois dans la Bible.

Trois hommes se présentèrent à Mambré. Ils promirent à Saraï, qui avait alors 90 ans, un enfant ! Elle enfanta d’Isaac, ancêtre du peuple Hébreux. Elle s’appelait désormais Sarah.

Sodome et Gomhore

Les Trois hommes (envoyés de Dieu) avaient une mission : ils devaient punir les villes de Sodome et Gomhore qui pratiquaient la sodomie ! Abraham demanda aux trois hommes de la clémence. Dieu lui proposa alors d’épargner les villes s’il trouvait 50 justes. Commença alors une discussion de marchands de tapis. Dieu et Abraham tombèrent finalement d’accord sur le chiffre de 10 justes.

Les trois hommes arrivèrent devant la maison de Loth et demandèrent l’hospitalité. Loth leur accorda. Les villageois se présentèrent alors devant la maison. Ils étaient furieux d’apprendre que des étrangers étaient accueillis. Ils demandèrent à Loth de leur livrer les inconnus pour les « connaître ». La proposition de Loth fut alors stupéfiante :

 » Ne prenez pas ces hommes, prenez plutôt mes filles, elles sont vierges  »

Loth. La Genèse

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Sodome détruite par les flammes

Quel père peut ainsi céder ses filles à une foule déchaînée ? Loth.

Les trois hommes repoussèrent les intrus en les rendant momentanément aveugles. Ils demandèrent à Loth de quitter la ville. Ils avaient décidé de la détruire, de tuer les femmes, les enfants et les vieillards.

Loth ne devra surtout pas se retourner. Au petit matin, la famille quitta la ville et bien sûr, la femme de Loth se retourna. Elle fut changer en statue de sel.

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Loth et ses filles INGRES

Loth se trouva en compagnie de ses filles dans une grotte. Mais il n’avait plus de femme. Alors, « pour ne pas qu’il ne s’ennuie », ses filles lui proposèrent leur charme ! C’était comme ça dans cette époque reculée.

Le sacrifice d’Isaac

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Sacrifice d’Isaac Par Titian

Pour tester la foi d’Abraham (car Dieu ne sait visiblement pas tout), il lui demanda (et c’est assez cruel) de sacrifier son fils. Comment adorer un tel Dieu qui réclame le sacrifice de son fils  ? La Bible ne le dit pas.

Âgé de plus de cent ans, Abraham emmena Isaac (encore jeune) au sommet de la montagne de Moriya. Isaac (naïf ?) se laissa ligoter sur l’autel par le vieillard.

Mais lorsque Abraham voulu mettre le feu à l’autel, Dieu lui retint la main.

Ce sacrifice est à l’origine des fêtes :

  • musulmanes (Aid el kébir) : dans la tradition musulmane, en effet, c’est Ismaël (le premier fils) qui a fait l’objet du sacrifice ;
  • juives : dans cette tradition, c’est bien le premier fils légitime (Isaac) qui  est sacrifié

Isaac

Isaac rencontra Rebecca et lui fit deux enfants, Esaü et Jacob. Dieu dit à Saraï :

 » Ils seront les ancêtres des deux peuples, l’aîné servira le plus jeune. « 

Esaü fut le préféré d’Isaac car, comme lui, il aimait le gibier. Avant de mourir, il lui demanda de lui apporter du gibier pour qu’il le bénisse ou, en d’autres termes, pour en faire son héritier. Mais Rebecca préférait l’autre fils : Jacob. Elle lui demanda alors de mettre les habits de son frère et de se présenter ainsi devant Jacob. Ce dernier était  aveugle. Il fut trompé. Furieux, Esaü voulu tuer son frère. Il le contraint à l’exil.

Jacob (Israël)

Jacob se réfugia chez son Oncle Laban, le frère de Rebecca. Laban avait deux filles, Rachel et Léa. Il tomba amoureux de la plus jeune, Rachel. Il la demande en mariage. Laban préférait qu’il épousât l’aînée : Léa. Il lui promit toutefois Rachel, en échange de 7 années de travail à son service. Jacob épousa Léa et servit son oncle pendant 7 années. En vain.

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Jacob et l’ange

Il lui faudra travailler 7 années supplémentaires pour obtenir la main de Rachel. Il aura 12 enfants de :

  • Léa et Rachel, d’une part,
  • mais aussi de leurs servantes Zilpa et Bilha, d’autre part ;

dans ce qu’il faut bien appeler de la polygamie.

Ces douze enfants , dont Joseph, seront à l’origine des douze tribus d’Israël.

Jacob décida de rentrer finalement au pays. Sur le chemin du retour, il affronta un ange. Il porta alors le nom d’Israël, celui qui s’est battu avec Dieu.

Finalement, les retrouvailles des deux frères (Esau et Jacob) se fit dans la plus grande convivialité.

Joseph, l’aîné de Rachel

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Joseph pardonnant à ses frères

Joseph avait les faveurs de Jacob, provoquant la jalousie de  ses frères. Ces derniers le jetèrent dans une citerne vide. Ils croisèrent une caravane qui se dirigeait vers l’Égypte. Ils vendirent leur frère Joseph aux caravaniers, qui l’emmenèrent à la cour du Pharaon.

Joseph se distingua en interprétant les rêves de Pharaon. Ce dernier lui confia le destin de l’Égypte.

La famine frappa Canaan, ce qui poussa les frères de Joseph vers l’Égypte pour y trouver des subsistances. La famille se retrouva et tout fut  pardonné. Ainsi s’achève la Genèse.

Bref résumé critique de l’Exode

Livre II de l’Ancien testament

On a quitté les Égyptiens et les fils d’Israël en bon termes et on retrouve, au début de l‘Exode, ces mêmes fils en captivité sur les bords du Nil : Ainsi commence l’Exode :

 » Voici les noms des fils d’Israël : Ruben, Siméon, Levi, Juda, Issacar, Zabulon, Benjamin, Dan, Nephthali, Gad et Aser. Les descendants de Jacob étaient soixante-dix. Joseph mourut, ainsi que tous ses frères. Les enfants d’Israël furent féconds. Un nouveau Pharaon régna ; il n’avait point connu Joseph. Il dit à son peuple : « Voilà les enfants d’Israël. Ils sont plus nombreux et plus puissants que nous. Allons ! Montrons-nous habiles ;  Empêchons leur prolifération pour que, s’il survient une guerre, ils ne se joignent pas à nos ennemis. » Et l’on imposa aux fils d’Israël des corvées et des travaux pénibles. Ils bâtirent, pour le compte du Pharaon, les villes de Pithom et de Ramsès, des entrepôts. Mais ils se multipliaient encore. L’exode

Moïse sauvé des eaux

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Moïse par POUSSIN

Le Pharaon craignait le peuple juif qui menaçait, par sa fécondité exceptionnelle, l’intégrité de son royaume. Pour mieux le contrôler, il le réduisit en esclavage. Un homme issu de la tribu de Levi va alors changer la donne. Cet homme, c’était Moïse. Il va devenir la figure majeure de l’Exode.

Retrouvé flottant sur le Nil par la fille du Pharaon, il fut élevé à la cour royale comme un prince. Sa mère avait cherché à le protéger, lorsque la Pharaon avait ordonné le massacre des nouveaux-nés du peuple juif. Cet épisode sera repris par Mathieu pour raconter le massacre des innocents ordonné par Hérode-le-Grand. En d’autres termes, Moïse perdit la trace de ses origines.

La fille du Pharaon le nomma Moïse (sauvé des eaux). Le futur Ramsès II était comme son frère. Ensemble, ils battirent un empire. Tout aurait pu continuer.

Mais Moïse apprit son origine juive. Il prit alors fait et cause pour ses frères miséreux qui tombaient comme des mouches sous les coups de fouets du Pharaon.

Accusé du meurtre d’un Égyptien qui persécutait un Hébreux, il fuit à Madiân et fonda une famille avec Séphora (fille du prêtre Jethtro), avec laquelle il eut deux fils Gershom et Eliezer. La vie s’écoula paisiblement. A l’abri du Sinaï, il éleva des chèvres et vit grandir les enfants. Mais Dieu se rappela à ses bons souvenirs : il se présenta sous la forme d’un buisson ardent sur le mont Horeb et il lui commanda de retourner en Égypte pour libérer les fis d’Israël.

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Moïse et le buisson ardent

Accompagné de son frère Aaron, il s’exécuta. Il chercha, dans un premier temps, à parlementer avec le Pharaon pour résoudre le différend à l’amiable. Peine perdue. Moïse promit alors au Pharaon les fameuses dix plaies divines.

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L’une après l’autre, elles s’abattirent sur la tête des pauvres Égyptiens. Dieu tua notamment tous les nouveaux-nés égyptiens ! Quelles fautes avaient-ils commis ? Comme souvent dans la Bible, lorsque Dieu est en colère, il ne prend pas de pincettes.

Devant l’ampleur du désastre, le Pharaon finit par changer d’avis : il demanda à Moïse d’emmener son peuple hors d’Égypte. Sous sa conduite, les Hébreux quittèrent les bords du Nil. Ils se mirent en route vers Canaan. Un dernier obstacle toutefois se dressait devant eux : la Mer Rouge. D’autant plus que le Pharaon avait encore changé d’avis : il lança ses chars à la poursuite des Hébreux. Dieu ouvrit alors la mer Rouge et les fils d’Israël s’engagèrent dans le corridor asséché. Les chars égyptiens s’aventurèrent bien imprudemment sur leurs traces alors que la mer se refermait sur eux.

Les Hébreux n’étaient toutefois pas au bout de leur peine. Il leur restait un désert à traverser : le Sinaï, dans lequel ils errèrent quarante ans. C’est au sommet de la plus haute colline (le mont Sinaï) que Moïse reçut, après quarante jours de jeune, les fameuses Tables de la Loi, qui comprenaient les 10 commandements. Mais lorsque Moïse redescendit, il constata que son peuple, sous l’autorité de son frère Aaron, était retourné à l’idolâtrie. Il avait notamment dressé des veaux d’or. Il brisa alors de colère les Tables de la Loi. Mais il demanda la clémence à celui qui portait maintenant un nom : YAHVE ! Celui-ci accepta et lui confia de nouvelles Tables. Le peuple devait dorénavant se soumettre entièrement à la Loi de Moïse.

Avec l’exode, la mosaïque de tribus était devenue une Nation à part entière.

Historicité de l’Exode

Malgré le nombre importants de familles (on parle de 600 000 hommes, donc 2 millions de personnes), on ne trouve dans les archives égyptiennes, pourtant bien fournies par ailleurs, aucune trace de l’esclavage de masse des Hébreux. De même, cette grande migration n’a laissé dans le Sinaï, aucun vestige archéologique, aucune sépulture, ni armes, ni objets, ce qui laisse planer le doute sur l’historicité de l’exode. Par ailleurs, la ville de Pithom citée dans le court extrait, n’existait pas au temps du Pharaon. Enfin, toute la région à l’époque était sous la coupe des Pharaons, notamment le Sinaï jusqu’à Canaan. La route empruntée par Moïse parait ainsi compliquée.

Moïse et Sargon d’Akkad

Voici un texte babylonien, antérieur de plusieurs siècles à la Bible, qui ressemble étrangement à l’histoire de Moïse. Il est donc probable que les prêtres Judéen en exil à Babylone en 600 avant Jésus-Christ se soit notamment inspiré de ce texte :

« Ma mère était grande prêtresse. Mon père, je ne le connais pas [..]. Je vivais sur les bords de l’Euphrate. Ma mère, la grande prêtresse, me conçut et m’enfanta en secret. Elle me déposa dans une corbeille de roseaux, dont elle scella l’ouverture. Elle me posa sur le fleuve et le fleuve me m’emporta ; je fus trouvé par Aqqi, le priseur d’eau, qui me retira du fleuve grâce à son seau. Il m’éleva comme son fils, m’enseigna son métier de jardinier. La déesse Ištar tomba amoureuse et pendant 56 années mon destin fut royal ». texte babylonnien.

Le message de l’Exode

Le message est clair : le monothéisme hébraïque est supérieur au polythéisme égyptien. Les multiples dieux du Nil ne peuvent rien contre les plaies de YAHVÉ. Ce dernier peut ouvrir les eaux et les refermer sur ces pauvres égyptiens abandonnés par leurs divinités inutiles. Par ailleurs, les rédacteurs de l’Exode se sont efforcés de créer une nation autour d’un personnage emblématique, une sorte de Roi de droit divin (Moïse), seul à même d’édicter la Loi. Cette structure monarchique survivra jusqu’en 1789.

Bref résumé critique du Lévitique

Livre III de l’Ancien testament

 » Tu ne livreras aucun de tes enfants pour le faire passer à Moloc et tu ne profaneras point le nom de ton Dieu. Je suis l’Eternel. Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination. Tu ne coucheras point avec une bête, pour te souiller avec elle. La femme ne s’approchera point d’une bête, pour se prostituer à elle. C’est une confusion. » Lévitique.

Le Lévitique est de loin le plus ennuyeux des cinq livres du pentateuque. Il s’agit d’une somme de prescriptions morales et de guides pour réaliser des offrandes. On y trouve

  • l’amour du prochain ;
  • le respect (la crainte) des ancêtres ;
  • la condamnation de l’idolâtrie (Dieu est Jaloux de toute concurrence) ;
  • la méthode sacrificielle ainsi que les règles de consommation de la bête sacrifiée ;
  • l’aumône et la bienveillance aux aveugles et aux muets ;
  • la condamnation du vol, de la fraude, de la diffamation ;
  • la justice ;
  • mais aussi la condamnation de l’homosexualité :
    • XXVIII/22 : « Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C’est un abomination.« 
    • XX/13 : « Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable ; ils seront punis de mort : leur sang retombera sur eux.« 
  • la possibilité de requérir à des esclaves :
    • XXV :  » C’est des nations qui vous entourent que tu prendras ton esclave et ta servante qui t’appartiendront, c’est d’elles que vous achèterez l’esclave et la servante. Vous pourrez aussi en acheter des enfants des étrangers qui demeureront chez toi, et de leurs familles qu’ils engendreront dans votre pays ; et ils seront votre propriété. « 
  • la possibilité de vendre sa fille comme esclave…

Chacun jugera.

Bref résumé critique des Nombres

Livre IV de l’Ancien testament

sinai.jpgComme son nom l’indique, il s’agit d’un recensement des familles d’Israël, toujours stationnées au pied du mont Sinaï. Le travail effectué, toujours sous le patronage de Moïse,  les Hébreux reprirent la route de la terre promise (Canaan). Prudent, Moïse envoya des éclaireurs, qui revinrent avec la conviction que la terre promise ne pouvait pas être conquise ! Ils commençaient à douter : peut-être aurait-il mieux fait de rester en Egypte.

Dieu, fâché par cette marque évidente de manque de foi en sa toute puissance, condamna alors les Hébreux à errer 40 ans dans ce terrible Sinaï. Cette première génération qui a vécu l’exode devra y mourir.

Bref résumé critique du Deutéronome

Livre V de l’Ancien testament

Deutéronome signifie seconde loi.  Il s’agit d’une sorte de synthèse, notamment des grands principes de la loi de Moïse.

Ce dernier, malgré une vie de servitude, n’entrera pas en terre promise. Il meurt après l’avoir aperçu du haut d’une montagne. C’est Josué son compagnon, qui entre en Terre promise. Ainsi s’achève le Pentateuque.

Et ensuite ?

La conquête de Canaan

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Jericho

Le fils d’Israël  arrivèrent devant Jéricho. Mais la ville était imprenable, protégée par ses murailles; Dieu ordonna à Josué de faire le tour de la ville pendant six jours, à la tête d’un cortège de sept prêtres portant l’Arche d’alliance et sonnant la trompe. Et les murailles tombèrent. L’archéologie montrera qu’à l’époque, la ville de Jéricho n’était qu’une petite bourgade, sans muraille.

Une série de massacres suivit : les autochtones furent massacrés par les Hébreux qui prirent possession de leurs biens. Femmes, enfants, bétail furent passés par le fil de l’épée avec la bénédiction de Yahvé. Le Dieu de l’Ancien Testament n’était guère miséricordieux pour ces peuples pacifiques qui n’avaient rien demandé à personne.

Les rois

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David

David devint roi des Juifs (1000 avant JC). Il prit Bethsabée comme épouse : Bethsabée était la femme de l’un de ses généraux qu’il envoya à la mort de manière délibérée. La bible ne se prononce pas sur la moralité de David.

Bethsabée lui donna Salomon comme fils. L’archéologie ne trouvera aucune trace de ce grand Roi que fut David., vainqueur de Goliath.

Absalom, son autre fils,  voulait s’emparer du pouvoir, ce qui obligea David à prendre les armes. Absalom fut tué accidentellement. David fut dévasté. Il mourut, offrant le trône à Salomon (965 avant JC), son fils.

Salomon décida de bâtir un temple à Jérusalem. Il était connu pour sa sagesse. Il fut l’auteur du fameux jugement de Salomon. Il prit de nombreuses épouses et concubines, souvent idolâtres.  A sa mort Roboam lui succèda.

La scission

Des tensions entre communautés conduisirent à la scission en deux royaumes :

  • au nord, dix tribus proclamèrent  le royaume d’Israël, avec à sa tête Jéroboam, qui retournait à l’idolâtrie ;
  • au sud, les tribus de Juda et Benjamin créerent autour de Roboam le royaume de Juda, qui connut une période de relative stabilité sous le règne de Jéroboam II.

La déportation à Babylone

Le royaume voisin de Babylone menaçait. Nabuchodonosor conquit Jérusalem. Il incendia le temple et déporta le peuple en captivité. Ce fut probablement à cette époque que fut écrit l’ancien testament, peut-être par des guides spirituels soucieux de maintenir la cohésion des déportés, notamment le prophète Ézéchiel.

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Déportation à Babylone

Dans son palais, Nabuchodonosor était furieux. Nul n’était capable de déchiffrer ses songes. Il fit appel à Daniel, un jeune homme de descendance royale qui lui prophétisa sa chute.

Il jeta Daniel et ses amis dans les flammes, mais ceux-ci survécurent. Nabuchodonosor reconnut la puissance de leur Dieu. Balthazar, son successeur, fut confronté à des inscriptions mystérieuses apparues sur les mur. Il fit lui-aussi appel à Daniel qui lui annonça la fin de son royaume. La nuit suivante, Babylone était prise et Balthazar fut mis à mort. Darius le Mède se fit Roi. Il jeta Daniel aux lions qui survécu brillamment. Lui aussi s’inclina devant la puissance de son Dieu.

Les rédacteurs se sont ici trompés car Darius était Perse.

Demain à Jérusalem

En 556 avant JC, Cyrus, le Perse, puis Darius, exigèrent la reconstruction du temple de Jérusalem. Les rapatriés trouvèrent un pays dévasté. Le prophète Malachie demanda le respect de la loi de Moïse.

Grecs, Égyptiens, Syriens, Romains

Alexandre-le-Grand a soumis la terre entière. Après la mort d’Alexandre, l’un de ses généraux, Ptolémée régna sur l’Egypte. Une diaspora s’installa alors en Egypte. Israël passa sous domination romaine. Pour mettre fin aux révoltes, les Romains soutinrent le nouveau roi de Judée, l’Iduméen Hérode, que les Juifs ne tardent pas à considérer comme un usurpateur.

Gabriel

L’archange Gabriel annonça à Zacharie, un vieil homme, la venue d’un fils que portera sa femme Elisabeth. Puis Gabriel se fit connaître de Marie, fiancée de Joseph, descendant du roi David, et cousine d’Elisabeth. Il lui annonça aussi un fils.

 » L’enfant viendra sur toi et la puissance du très haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi l’enfant sera saint et sera appelé fils de Dieu. »

Le nouveau testament, Hérode et Jésus

massacre

Le massacre des innocents

Elizabeth donna naissance à Jean, celui qui marchera devant le Seigneur. A Bethléem, Marie donna naissance au futur Roi des Juifs : Jésus, auprès duquel les Rois mages vinrent apporter leurs présents.

Gabriel demanda à Joseph de fuir en Égypte, car Hérode, inquiet pour son trône, avait décidé de tuer Jésus.

En effet, les scribes et les grands prêtres avaient annoncé la naissance du « Roi des Juifs ». Ce dernier n’étant pas clairement identifié, Hérode décida la mise à mort de tous les nouveaux-nés, passage de l’Évangile selon Mathieu connu sous le nom de massacre des innocents.

Une chronologie aléatoire dans le Nouveau testament

Hérode dit   » le Grand  » était un personnage central de l’époque romaine. Ce fut grâce à l’historien Flavius Joseph que son histoire est arrivée jusqu’à nous. Bien que contemporain du Christ, il serait mort en – 4 avant JC.  Le massacre des Innocents qui lui est attribué visait les enfants de moins de deux ans. Aussi Jésus avait-il entre  0 et 2 ans, ce qui situe sa naissance entre -6 et – 4 avant JC. Jésus serait donc né avant le Christ !

Noël n’est donc pas synonyme de la naissance du Christ : il s’agit d’une fête romaine ‘Sol Invictus) intégrée par les premiers chrétiens dans leur corpus pour ne pas déstabiliser les habitudes de la population.

L’origine du christianisme : l’hypothèse des Esséniens

manuscrit

les manuscrits de la mer morte

Une communauté vivant en Judée quelques trois siècles avant le christ avait un corpus littéraire et des règles de vie très proches du christianisme : les Esséniens.

Leur histoire est connue à travers les fameux rouleaux découverts en 1947 dans une grotte près le ma mer morte à quelques encablures de Jéricho.

Il s’agissait d’une secte juive repliée à Qumran, installée là depuis le troisième siècle avant JC jusqu’aux interventions militaires romaines vers 70 après JC consécutives aux révoltes juives contre l’occupant. Ils vénéraient un  «Maître de Justice», une sorte d’élu étrangement semblable dans ses caractéristiques au Christ. On a retrouvé dans ces rouleaux des référence :

  • à la circoncision « du cœur » , préférable à la circoncision charnelle (idée que l’on retrouvera chez saint Paul) ;
  • à la chasteté ;
  • à la bénédiction du pain et du vin ;
  • au baptême ;
  • à l’obligation de manger du poisson en lieu et place de la viande animale.

Autre ressemblance étonnante, ils voyaient Dieu comme un tout, l’homme n’étant rien. On retrouve également la notion essentielle du libre-arbitre, l’homme pouvant indifféremment choisir le bien ou le mal (et donc être jugé).

Mais ceci est une autre histoire, à laquelle un nouvel article sera consacré.

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  1. […] Moïse également avait horreur des idoles : descendu du mont Sinaï où il avait reçu de YAHVÉ les Tables de la loi, il éructa en constatant que ses propres frères avaient en son absence érigé des veaux d’or ; il en brisa les fameuses tables : l’idolâtrie devint le pire crime de lèse-majesté. […]

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  2. […] choisi par le roi des Hébreux Salomon pour ériger (-1200 av-JC) son Temple (dont le dernier vestige est l’actuel mur des […]

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  3. […] de l’archéologie biblique. Il met en évidence que l’histoire racontée dans l’Ancien TESTAMENT, la bible Hébraïque, celle de Abraham, Isaac, Jacob David et Salomon, n’a jamais pu être […]

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  4. […] récit du Déluge raconté dans la Bible est un récit copié de traditions sumériennes (4ème millénaire) qui décrivent un Dieu […]

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  5. […] proche des rivages rocailleux de la mer morte. Nous sommes à Qumran, à quelques encablures de Jerusalem, à une dizaine de kilomètres seulement de Jericho. Il fait déjà très chaud et la journée ne […]

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  6. […] L’histoire de la haine envers les pratiques sexuelles non-orthodoxes (l’homosexualité notamment) commence avec le récit de la colère divine contre la cité de Sodome, relatée dans le livre I de l’ancien Testament : LA GENESE. […]

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  7. […] veaux d’or. Le mal menace alors la cohésion du groupe. Il frappe sans distinction (comme à Sodome) ; il est sur le point d’asservir le peuple, de le priver de liberté. Mais, lorsque tout semble […]

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  8. […] le Moyen-Orient abrite les lieux saints des trois grands monothéismes (Judaïsme, Christianisme et Islam). Il fut donc convoité par les fidèles de ces trois courants […]

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  9. […] et Musulmans ont, d’après l’ancien testament, un ancêtre commun : ABRAHAM .Profitons-en pour rappeler […]

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  10. […] histoire, vielle de 1500 ans… A l’époque, David (futur roi des Juifs et père de Salomon dont on connait le Temple) […]

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  11. […] le deuxième millénaire avant Jésus-Christ, des premiers peuples sémites (en particulier les Hébreux venus de Mésopotamie (l’Irak actuelle)) […]

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  12. […] premier monothéisme fut apporté par Abraham (si on en croit l’ancien Testament) qui partit de Sumer (2500 avant JC) pour […]

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  13. […] histoire, vielle de 1500 ans… A l’époque, David (futur roi des Juifs et père de Salomon dont on connait le Temple) affrontait Goliath, le géant […]

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  14. […] et Musulmans ont, d’après l’ancien testament, un ancêtre commun : ABRAHAM .Profitons-en pour rappeler […]

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  15. […] se prit d’amour pour moi et je suis devenu roi, mon règne a duré cinquante-six ans. Je suis Sargon Ier roi de Mésopotamie. J’ai inspiré le personnage der […]

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  16. […] trancha au nom de Dieu. L’ancien testament est, à ce titre, un chef-d’œuvre d’intolérance (voir l’article sur les murs de […]

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  17. […] des premiers instants de l’Univers compatible avec celle donnée au Livre I de l’Ancien Testament (La […]

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  18. […] construit au sommet de ziggourats (des pyramides à degrés). Dans la Bible, la description de la tour de Babel a probablement été inspirée de ces premières […]

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  19. […] notre bref résumé de l’Ancien Testament, nous avons relaté l’histoire de l’humanité, depuis la création de l’Univers (La […]

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  20. […] avait-il avant ? Les seules réponses furent alors d’ordre métaphysique, conformes à la Bible (La Genèse) : il y avait Dieu, la cause première, le premier moteur immobile […]

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  21. […] dit forcément « codeur » ou, pour reprendre les thermes de la Bible « Créateur ». Ainsi, notre Univers serait-il un immense jeu vidéo, […]

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  22. […] l’Ancien Testament (Les Rois), se trouve un passage célèbre qui nous propose une approximation de PI […]

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  23. […] built on top of the ziggurats (the stepped pyramids). In the Bible, the description of the Tower of Babel was probably inspired by the first […]

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  24. […] tackles the sensitive issue of biblical archeology. It highlights that the story told in the Old Testament, the Hebrew Bible, that of Abraham, Isaac, Jacob, David and Solomon, was never confirmed by the […]

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  25. […] our brief summary of the Old Testament , we recounted the history of mankind since the creation of the universe ( Genesis ), and we went […]

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  26. […] the case, what was there before? The only answers were then metaphysical, according to the Bible ( Genesis ): there was God, the first cause, the unmoved mover first […]

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  27. […] un Dieu irascible qui va éradiquer l’humanité sur un coup de colère ! Le Dieu de l’Ancien testament est un dieu jaloux, rancunier et […]

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Ancien testament, Mésopotamie, Religions

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