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Marx

Le capitalisme contient en lui les germes de sa propre disparition. Enfin selon Marx… Le capitalisme ne serait qu’une transition, une étape dans la longue histoire des échanges qui aboutira, c’est une certitude, au communisme. PODEMOS en Espagne ou SYRISA en Grèce seraient-ils les premiers éléments d’un communisme planétaire, issus d’un capitalisme à la dérive ?  

MARX et la fin du capitalisme

“Le production du capitalisme engendre, tel une loi de la nature inexorable, sa propre négation” Karl Marx
C’est la crise de surproduction qui, pour Marx, devrait provoquer l’élimination naturelle du capitalisme. On est passé tout prêt, notamment en France en 1870 (la commune de Paris), en Allemagne en 1979 (ligue spartakistes de Rosa Luxemburg), en Italie ou aux Etats-Unis en 1929. Mais le capitalisme à chaque fois s’est relevé. Il s’est révélé bien plus élastique, résiliant qu’anticiper par Marx : les crises de surproduction ont été surmontées par :
  • les guerres mondiales ;
  • le développement de nouveaux marchés, par la colonisation en Asie ou en Afrique dès le XIXème siècle (Louis Philippe) ;

« Poussée par le besoin de débouchés toujours nouveaux, la bourgeoisie envahit le globe entier. Il lui faut s’implanter partout, exploiter partout, établir partout des relations. » Karl Marx.

  • l’innovation perpétuelle qui garantit, chez le consommateur, une fièvre acheteuse permanente ; Marx n’avait pas vu qu’un jour on achèterait seulement pour le plaisir d’acheter, de posséder le dernier gadget à la mode ;
  • l’obsolescence programmée qui maintient un niveau de consommation minimal ;
  • etc…

Société sans-classe

Au commencement, il n’y avait que des hommes vivant en petits groupes autonome. Cette organisation triballe était nécessaire dans un monde alors hostile où l’homme seul était vulnérable. Le groupe assurait la sécurité. C’était une sorte de Contrat Social originel tel que décrit par Rousseau. Chacun renonçait à son pouvoir de violence et en retour bénéficiait de la sécurité offerte par le groupe. Tout était mis en commun au profit de tous. D’autant plus qu’attraper du grand gibier ne pouvait se concevoir qu’en groupe. La vie nomade limitait au strict minimum les biens que l’on pouvait posséder car ils devaient être transportables. Aussi la propriété privée n’existait-elle tout simplement pas. 

Société pré-féodale

Toutefois, cette époque reculée vit l’émergence de la fonction de Chef, nécessaire par exemple pour développer des stratégies de chasse ou prendre de grandes décisions. Elle fut confiée au plus talentueux. L’apparition d’une hiérarchie fondée sur le talent était alors inévitable.  Les premiers hommes ont inventé une sorte de féodalité. Certains devinrent plus importants que d’autres, le guérisseur, par exemple ou le chef.  Les premiers privilèges leur furent accordés.  Le fait religieux apparût aussi très tôt, du fait de la myriade de questions sans réponse auxquelles l’homme était confronté, mais aussi devant l’évidence de miracles : une guérison miraculeuse, le retour du gibier que l’on croyait perdu…

La propriété privée et la société de classes

Lorsque ces premiers hommes ont substitué à la cueillette et à la chasse, toujours aléatoires, l’agriculture, plus fiable, ils ont inventé, dans le même temps, la propriété privée. La sédentarité imposée par l’agriculture n’est pas étrangère à cette éclosion. Rousseau attribuait au premier planteur de clôture la naissance de ce ce grand malheur que l’on appelle aujourd’hui le capitalisme.

Avec cette propriété privée sont apparues les fameuses classes : la classe de ceux qui possèdent (la terre, le cheval, la charrue) et la classe de ceux qui travaillent (cette même terre). 

La société féodale

On arrivait alors à une société féodale avec :

  • dans le rôle des premiers de la classe, les Aristocrates qui se refilaient de générations en générations, les moyens de production ;

  • dans le rôle des dindons de la farce, les serfs (les prolétaires plus tard dans le langage de Marx) qui n’ont pour eux que leurs bras.

“Les prolétaires n’ont que leur force de travail à vendre” Karl Marx.

Les possédants s’arrangèrent alors pour construire un Etat à leur avantage. L’État devint l’expression du pouvoir politique de la classe dominante (qui possède les moyens de production).

“Les idées dominantes sont celles de la classe dominante” Karl Marx
La classe dominante fixait alors à l’Etat un objectif unique : maintenir le statu quo. L’Etat devint l’outil de domination d’une classe sur une autre. Les moyens de productions passèrent d’une génération à l’autre.
La monarchie a ainsi pu se maintenir pendant plus de mille ans, Louis XIV avouant que  » L’Etat, c’est moi ! « 
L’émergence des Lumières allaient tout remettre en cause : comme Tocqueville l’a montré, la haute bourgeoisie, de plus en plus éclairée et souvent riche, se mit à remettre en cause les privilèges.

Marx et la fin du capitalisme


La révolution française

L’histoire de la Révolution française est l’histoire de la révolte des petits chefs (la haute-bourgeoisie) pour prendre la place des chefs (les Nobles). Les leaders de cette révolution étaient avocats (Danton, Robespierre, Desmoulins), médecins (Marat) ou journalistes. Ils arrêtèrent la Révolution lorsque leurs intérêts furent inscrits dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen : le droit à la propriété privé notamment. Ils firent barrage à l’aile gauche la plus extrême (Hébert, Babeuf)Gracchus Babeuf, le premier vrai communiste, fut guillotiné et sa conjuration des égaux soigneusement jetée aux ordures.

La bourgeoisie a réussi son coup : les serfs ont changés de maîtres (et de nom : ils sont devenus des prolétaires), mais sont restés esclaves.  Les paysans  sont sortis des champs pour mieux rentrer dans les usines, comme l’a montré Tocqueville.

Ce fut la grande époque du capitalisme avec la révolution industrielle du XIXème siècle décrit dans Germinal. Le capitaliste assurait la survie, et juste la survie, de ses prolétaires pour préparer la prochaine génération d’exploités. Les chômeurs étaient l’armée de réserve du capitaliste.

“Les chômeurs forment l’armée de réserve du capitalisme” Karl Marx.

Naissance des droits sociaux

Quelques années plus tard (1848 puis 1871), d’autres révolutionnaires se sont rendus compte que la déclaration des droits de l’homme méritait d’être complétée par une déclaration des droits sociaux ou des droits des travailleurs. La grande aventure du socialisme et du communisme pouvait commencer. Ce fut aussi la naissance des grands syndicats, expression de la parole ouvrière.

“ Une idée devient une force lorsqu’elle s’empare des masses ». Karl MARX
Le prolétaire s’inventa, de bonne foi, communiste et l’aristocrate, libéral ; l’un comme l’autre par pur intérêt, le premier pour accéder au capital, le second pour le conserver.

« Ce n’est pas la conscience des hommes qui déterminent leur existence, c’est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience. » Karl Marx

Max weber et le monde de la technique

Depuis la nuit des temps, le progrès avait été mis au service de l’homme pour soulager sa peine, le libérer des tâches pénibles. Avec le développement du capitalisme, cette logique disparut ; le progrès à partir du XVIIIème siècle, fut mis au service du Capital.

On entrait dans ce que Max Weber appela le monde de la technique. C’est à dire un monde dans lequel le progrès est mis au service de lui même (et celui de l’engraissement des entrepreneurs), sans fin, ni objectif clairement identifiés.

La course aux pixels en est aujourd’hui une parfaite illustration : comment croire qu’un mobile plus puissant peut rendre l’homme plus heureux, plus libre ? Pourtant, des milliards d’€ sont investis en RetD pour augmenter la définition des écrans que l’œil ne peut même pas percevoir. 

Le domaine de la liberté commence là où s’arrête le travail déterminé par la nécessité. Karl Marx

Le capitalisme contient sa propre fin : la crise de surproduction

Pour le Marx du XVIIIème siècle, le capitalisme courait à sa perte. Il suffisait d’attendre. Car, pour survivre, l’entrepreneur savait une chose : si demain, son métier à tisser n’était pas plus performant que celui de son voisin, il était mort !  La concurrence acharnée conduisit naturellement à :

  • la mort des plus faibles (qui n’ont pas su innover ou produire moins cher)
  • et la raréfaction des forts.

Ce fut l’ère du Darwinisme social. Les pauvres étaient toujours plus pauvres et toujours plus nombreux et les forts étaient toujours plus riches et toujours moins nombreux.

La crise de surproduction

Et le fruit pouvait tomber : plus assez de riches pour faire vivre le marché, consommer, et nous voilà dans une crise de surproduction. Les faillites se suivent et les pauvres descendent dans la rue.

Le capitalisme conduit naturellement au communisme

C’est la révolution, enfant naturel du capitalisme, qui conduit au communisme. Pour accélérer le mouvement, Marx préconise un syndicalisme à grande échelle (International). Il a en effet analysé l’échec de la Commune de Paris (1871) et a montré combien le Capital restait fort si le prolétariat n’était pas uni. Pour Marx, l’ouvrier devait s’approprier les moyens de production (enlever les clôtures de nos ancêtres et distribuer les cochons à tous). 

Les prolétaires n’ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! Karl Marx

Rosa Luxemburg montra que la première guerre mondiale fut l’instrument des capitalistes pour conserver ses privilèges : les possédants n’étaient jamais sur les champs de batailles où s’entre-tuaient des prolétaires, non-pas pour défendre un Nation comme on l’aimait leur faire croire, mais au profit des Krupps, Thiessen ou Schneider. La nation est une notion éminemment capitaliste.

Un schisme apparut alors dans l’histoire du socialisme : certains (Proudhon, Bakounine, Luxembourg,…) furent pour confier les clefs du château aux ouvriers ou aux paysans qui, regroupés en Conseils (Soviets), s’auto-géreraient. D’autres, Lénine, Trotski puis Staline pensèrent plutôt à une avant-garde éclairée du prolétariat qui déciderait pour le reste du monde. On aurait du écouter les premiers.

La déclaration des droits de l’homme au service du capitalisme

Marx montra enfin comment l’État bourgeois fit tout pour se maintenir., allant jusqu’à inscrire dans la déclaration des droits de l’homme de 1789 le droit à la propriété privée et à la sûreté. En d’autres termes, que chacun soit libre de commercer, l’État étant cantonné aux missions purement régaliennes que sont le maintien de l’ordre et la justice. Marx n’avait pas fait une lecture de la déclaration inscrite dans son contexte : on venait de l’absolutisme où le monarque s’appropriait ce qu’il voulait sans indemnité et arrêtait ceux qu’il voulait (lettres de cachet dénoncées par Voltaire). Les révolutionnaires cherchaient donc, par leur déclaration, à mettre des barrières à cette toute puissance de l’État, d’où ces droits inaliénables à la propriété privée et à la sûreté. Marx aurait pu par exemple mettre en lumière le droit d’opinion (pas très bourgeois) et la liberté de la presse (pas très bourgeois non-plus) prévus par cette même déclaration. Aurait-il fait une lecture partiale ?

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Joindre la conversation 8 commentaires

  1. […] vraie doctrine politique, le Babouvisme, qui n’est autre que l’ancêtre du communisme. Marx se souviendra de Babeuf quand un siècle plus tard, il écrira Le […]

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  2. […] A cela vint s’ajouter l’émergence de mouvements révolutionnaires (les ligues spartakistes de Rosa LUXEMBURG et Karl LIEBKNECHT) qui firent craindre à l’Allemand de la rue que bientôt les Bolchéviks seraient à […]

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