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Scopenhauer

Si un philosophe a jeté les premiers ponts entre l’occident et l’orient, c’est bien Schopenhauer. Le penseur pessimiste allemand a en effet puisé, dans les sagesses orientales, matière à réflexion, mais aussi cherché les clefs du bonheur.

Sa quête n’a pas dû être aisée tant son œuvre respire l’ennui, voire la dépression. N’est-il pas celui qui décrivait la vie comme une succession de périodes de malheurs interrompues par des périodes d’ennui ?


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 Quelques mots sur le Bouddhisme

Selon les auteurs, le Bouddhisme est une religion ou une philosophie. Elle est sûrement les deux. Le Bouddhisme est né quelque part en Inde au Vème siècle avant JC, lorsque Siddhartha Gautama, s’est éveillé pour devenir le Bouddha et et a commencé à enseigner. Le Bouddhisme embrasse des aspects

  • théologiques : il faut briser le cycle des renaissances (le samsara), qui est aussi un cycle de souffrance, pour atteindre le Nirvana (la délivrance de la souffrance) ; il n’y a pas toutefois de Dieu créateur, comme dans les grands monothéismes, même si le Bouddha fait l’objet d’une sorte de culte ; il n’y pas non-plus de notion d’âme immortelle, la renaissance ne se faisant pas tout à fait à l’identique ;
  • et philosophiques : l’objectif est de se détacher de soi, se tourner vers les autres pour éviter la souffrance.

On retrouve de l’Épicure dans les quatre nobles vérités du Bouddhisme :

  1. la vie implique la souffrance et l’insatisfaction ;
  2. la souffrance trouve son origine dans le désir et les attachements ;
  3. la fin de la souffrance est possible ;
  4. pour faire cesser la souffrance, il faut emprunter « la voie médiane », celle du Noble chemin.

Pour avoir une chance d’atteindre ces 4 vérités, il convient de se prémunir des trois poisons susceptibles de polluer l’esprit :

  1. l’avidité ;
  2. la colère ;
  3. et l’ignorance ;

et cultiver quatre valeurs morales :

  1. la bienveillance ;
  2. la compassion ;
  3. l’altruisme ;
  4. la tranquillité.

Un des chemins pour atteindre le bonheur est la méditation que l’on qualifierait en occident « de pleine conscience ».

L’essentiel pour le bonheur de la vie, c’est ce que l’on a en soi-même. Arthur Schopenhauer.

Schopenhauer et le Bouddhisme

L’origine de la souffrance chez Schopenhauer

La souffrance vient du « vouloir-vivre » (que Nietzsche appellera « la volonté de puissance »). Il s’agit d’une force extrêmement puissante qui nous enferme dans un cycle infernal et infini de désirs. A peine satisfait, un désir est remplacé par un autre, aussi angoissant, puis un suivant, jusqu’à l’épuisement. Notre esprit est impuissant. Le vouloir-vivre dicte notre volonté, définit nos désirs. Bref, on retrouve le lien entre désir et souffrance édicté dans les Nobles vérités.

Le fou court après les plaisirs de la vie et trouve la déception ; le sage évite les maux. Arthur Schopenhauer.

La suppression de la souffrance chez Schopenhauer

Nous sommes les jouets de l’Univers. Nous nous croyons libres, mais nous sommes en fait dirigés, sans que nous en ayons conscience, par le « vouloir vivre ». Par exemple, la femme croit de maquiller « librement ». Elle répond en fait au diktat de l’espèce (humaine) qui souhaite sa propre reproduction et donc l’accouplement entre cette femme et un homme que permettra la séduction. Il faut donc briser ce cercle des désirs pour supprimer la souffrance. C’est la voie médiane du Bouddhisme.

L’ennui domestiqué chez Schopenhauer

« la vie oscille comme un pendule, de gauche à droite, de la souffrance à l’ennui ». Arthur Schopenhauer

L’ennui intervient pendant le laps de temps très court qui suit la satisfaction d’un désir. Il est donc fréquent. Briser le cercle des désirs suppose donc des périodes plus longues d’ennuis, qu’il convient d’accepter comme un rempart contre la souffrance comme un moyen de cultiver l’altruisme. On retrouve l’une des valeurs morale du Bouddhisme.

Le chemin de la contemplation chez Schopenhauer

Comme dans le Bouddhisme, et comme chez Épicure, Schopenhauer nous propose une thérapie. Il faut changer notre regard sur l’ennui, ne pas le fuir à tout prix, mais plutôt le voir comme une période de tranquillité, pendant laquelle on peut, par exemple, se consacrer à la contemplation d’une œuvre artistique, du monde, sans attente particulière, sans désir bien sûr, en paix.

Le chemin de la compassion chez Schopenhauer

La tranquillité retrouvée va nous permettre de consacrer du temps à autrui, qui lui aussi soufre, enfermé qu’il est dans son cycle de désirs. Penser à cet autre nous permet de nous détacher de notre moi par nature égoïste.

Le chemin de la sagesse chez Schopenhauer

Jusque-là, le convalescent connait des périodes de tranquillité heureuses. Ce n’est déjà pas si mal. Le sage, quant à lui, se sera débarrassé de toute souffrance, de tout désir, de toute vanité, du « vouloir vivre », définitivement. Le Bouddha nous a montré la voie.

Ce que chacun recherche et aime avant tout, non seulement dans la simple conversation, mais encore à fortiori dans le service public, c’est l’infériorité de l’autre. Arthur Schopenhauer

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Joindre la conversation 7 commentaires

  1. Le bouddhisme est la pratique des enseignements de Bouddha, également appelés « dharma » qui signifie « protection ». En pratiquant les enseignements de Bouddha, les êtres vivants sont protégés de la souffrance de façon définitive. Bouddha Shakyamouni est le fondateur du bouddhisme. En l’an 589 av. J.-C, à Bodh Gaya en Inde, Bouddha montra comment parvenir à l’accomplissement de l’illumination, le but ultime des êtres vivants. Il commença ensuite à exposer ses profonds enseignements, ou « tourner la roue du dharma ». Bouddha donna quatre-vingt-quatre mille enseignements et le bouddhisme se développa dans ce monde à partir de ces précieux enseignements.

    Aujourd’hui, nous pouvons voir de nombreuses formes différentes de bouddhisme, comme le zen et le bouddhisme théravada. Ces différents aspects sont toutes des pratiques des enseignements de Bouddha et sont donc aussi précieux les uns que les autres. Ce sont simplement des présentations différentes. Dans le livre Un Bouddhisme moderne, Guéshé Kelsang Gyatso explique le bouddhisme selon la tradition kadampa, tradition qu’il a étudiée et pratiquée. Ce livre présente le dharma d’une manière spécialement conçue pour les personnes du monde moderne.

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  2. […] plus proche de nous, la philosophie de Schopenhauer ou de Nietzsche, ce dernier prônant l’Amor Fati, l’acceptation de son […]

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Bouddhisme, Les Allemands

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